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Céphalées

Aide-mémoire N°277
Octobre 2012


Principaux faits

  • Les céphalées comptent parmi les affections du système nerveux les plus répandues.
  • On estime en général que 47% de la population adulte a eu au moins une fois une céphalée au cours de l’année écoulée.
  • Les céphalées s’associent à une charge pour la personne et la société se traduisant par des douleurs, des incapacités, une détérioration de la qualité de vie et des coûts financiers.
  • Dans le monde, seule une minorité des personnes atteintes de céphalées bénéficie d’un diagnostic adapté auprès d’un agent de santé.
  • L’ampleur des céphalées a été sous-estimée et ces troubles sont insuffisamment reconnus et soignés dans le monde.

Définition des céphalées

Les céphalées comptent parmi les affections du système nerveux les plus répandues. Le mal de tête est la manifestation douloureuse et incapacitante d’un nombre restreint de céphalées primitives, à savoir la migraine, les céphalées de tension et l’algie vasculaire de la face. Elles peuvent aussi être provoquées par une longue liste d’états pathologiques ou survenir secondairement à ceux-ci, par exemple la céphalée par surconsommation de médicaments.

Fréquence des céphalées

À l’échelle mondiale, on estime que la prévalence des céphalées courantes chez l’adulte (mal symptomatique au moins une fois au cours de l’année écoulée) est de 47%. Entre la moitié et les trois quarts des adultes âgés de 18 à 65 ans dans le monde ont eu mal à la tête au cours de l’année écoulée et, parmi eux, plus de 10% ont fait état d’une migraine. De 1,7 à 4% de la population adulte mondiale est affectée par une céphalée durant au moins 15 jours par mois. Malgré des variations régionales, les céphalées sont un problème mondial touchant toutes les populations, quels que soit l’âge, la race, le niveau des revenus et la zone géographique.

Charge de morbidité due aux céphalées

En plus d'être douloureuses, les céphalées sont également incapacitantes. Dans l’étude mondiale de la charge de morbidité, actualisée en 2004, la migraine est à elle seule responsable de 1,3% des années de vie corrigées de l’incapacité qui ont été perdues.

Les céphalées font peser un réel fardeau sur les personnes atteintes, avec parfois des souffrances personnelles importantes, une altération de la qualité de vie et un coût financier. Les crises à répétition, accompagnées souvent de l’appréhension constante du prochain épisode douloureux, minent la vie familiale, sociale et professionnelle. Les efforts sur le long terme pour vivre avec des céphalées chroniques peuvent aussi prédisposer le sujet à d’autres maladies. La dépression, par exemple, est trois fois plus courante chez les personnes atteintes de migraines ou de céphalées sévères que chez les sujets sains.

Types de céphalées

La migraine, la céphalée de tension et la céphalée par surconsommation de médicaments sont importantes pour la santé publique et responsables de niveaux élevés d’incapacités et de mauvaise santé dans la population.

Migraine
  • C’est une céphalée primitive.
  • Elle apparaît le plus souvent à la puberté et touche surtout les personnes de 35 à 45 ans.
  • Elle est déclenchée par l’activation d’un mécanisme dans les profondeurs du cerveau qui provoque la libération de substances inflammatoires, engendrant la douleur, autour des nerfs et des vaisseaux sanguins de la tête.
  • Elle est récurrente, sévit souvent toute la vie et se caractérise par des crises.
  • Les crises présentent les caractéristiques suivantes:
    • céphalée d’intensité modérée à sévère;
    • nausées (manifestation la plus caractéristique);
    • douleur unilatérale et/ou pulsatile;
    • aggravation par les activités physiques habituelles;
    • la durée va de quelques heures à 2 ou 3 jours;
    • la fréquence se situe entre une fois par an et une fois par semaine;
    • chez les enfants, les crises tendent à être plus courtes et les symptômes abdominaux sont plus marqués.
Céphalée de tension
  • C’est la céphalée primitive la plus courante.
  • Dans certaines populations, plus de 70% des personnes signalent des céphalées de tension épisodiques; la forme chronique affecte 1 à 3% des adultes.
  • Les céphalées de tension apparaissent souvent à l’adolescence et affectent trois femmes pour deux hommes.
  • Le mécanisme d’apparition pourrait être lié au stress ou s’associer à des problèmes musculo-squelettiques cervicaux.
  • Les crises de céphalée de tension épisodique durent en général quelques heures mais peuvent persister plusieurs jours.
  • La céphalée de tension chronique peut être permanente et elle est beaucoup plus incapacitante que la forme épisodique.
Algie vasculaire de la face
  • C’est une céphalée primitive.
  • Elle est relativement rare, affectant moins d’un adulte sur 1000 et elle touche six hommes pour une femme.
  • Elle se développe la plupart du temps à partir de l’âge de 20 ans.
  • Elle se caractérise par des céphalées récurrentes fréquentes, brèves mais extrêmement sévères, avec des douleurs autour de l’œil qui rougit et larmoie, un nez qui coule ou qui est bouché du côté affecté et parfois la paupière tombante.
  • Il en existe des formes épisodiques et chroniques.
Céphalée par surconsommation de médicaments
  • Elle est causée par la consommation chronique et excessive de médicaments contre les céphalées.
  • C’est la céphalée secondaire la plus courante.
  • Elle pourrait affecter jusqu’à 5% des individus dans certaines populations, les femmes plus souvent que les hommes.
  • Elle est oppressante, persistante, avec fréquemment un paroxysme au réveil.

Poids social et économique

Les céphalées sont un problème de santé publique en raison des incapacités auxquelles elles s’associent et de leur coût financier pour la société. Étant les plus gênantes pour la population active (de la fin de l’adolescence à la cinquantaine), on estime qu’elles ont un coût financier énorme pour la société, principalement à cause de la perte d’heures de travail et de la baisse de productivité.

Au Royaume-Uni par exemple, la migraine est à elle seule responsable de la perte de quelque 25 millions de journées de travail ou de scolarité par an; les céphalées de tension et les céphalées chroniques quotidiennes ont un coût financier cumulé équivalent. Selon une enquête, la céphalée est un motif majeur de consultation des médecins, avec un tiers des consultations en neurologie.

Pourtant, nombre des personnes concernées ne bénéficient pas de soins efficaces. Aux États-Unis d’Amérique et au Royaume-Uni par exemple, la moitié seulement des personnes reconnues comme migraineuses avaient vu un médecin pour un motif lié aux céphalées au cours des 12 derniers mois et seuls deux tiers avaient eu un diagnostic correct. La plupart se soignaient exclusivement au moyen de médicaments en vente libre.

Traitement

Le traitement adapté des céphalées suppose une formation des professionnels de santé, un diagnostic exact, la reconnaissance de l’affection, le traitement avec des médicaments d’un bon rapport coût-efficacité, des modifications simples du style de vie et l’éducation du patient. Les principales classes thérapeutiques pour les prendre en charge sont les analgésiques, les antiémétiques, les antimigraineux et les médicaments prophylactiques. Pourtant, un grand nombre de personnes souffrant de céphalées ne sont ni diagnostiquées, ni traitées.

Obstacles à l’efficacité des soins

Le principal obstacle clinique est le manque de connaissances des personnels de soins. Dans le monde, les écoles en médecine ne consacrent en moyenne que quatre heures aux céphalées au cours de la formation diplômante. Seule une minorité des personnes atteintes dans le monde bénéficient d’un diagnostic professionnel: 40% des sujets atteints de migraine et de céphalée de tension et seulement 10% pour la céphalée par surconsommation de médicaments

La méconnaissance s’étend au grand public. Celui-ci ne perçoit pas la gravité des céphalées car elles sont le plus souvent épisodiques et ne sont ni mortelles, ni contagieuses. À en juger par le petit nombre des consultations dans les pays développés, nombreux sont ceux qui semblent ignorer qu’il existe des traitements efficaces. On estime que 50% des personnes ayant des céphalées pratiquent l’auto-médication.

De nombreux gouvernements, cherchant à contenir les dépenses de santé, n’admettent pas que les céphalées pèsent lourdement sur la société. Il leur arrive de ne pas reconnaître que les coûts directs des traitements sont faibles au regard des économies indirectes considérables qui pourraient être réalisées (par exemple en réduisant le nombre des journées de travail perdues), si des ressources étaient consacrées au traitement correct des céphalées.

Action de l’OMS

Ce fardeau évident appelle à l’action. Reconnaissant cela, l’OMS est un partenaire de l’organisation non gouvernementale Lifting The Burden dans la campagne mondiale contre les céphalées. Cette initiative, qui a démarré en 2004, vise non seulement à sensibiliser au problème mais aussi à améliorer l’accès aux soins et leur qualité dans le monde entier. L’OMS a publié en 2011 un atlas des céphalées (Atlas of headache disorders), où elle décrit la charge de morbidité qui leur est imputable et les ressources disponibles pour les réduire.

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