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Sécurité transfusionnelle et approvisionnements en sang

Aide-mémoire N°279
Juin 2013


Principaux faits

  • Sur les 107 millions de dons de sang collectés chaque année dans le monde, près de la moitié le sont dans des pays à revenu élevé où vit 15% de la population mondiale. Cela représente une augmentation de presque 25% par rapport aux 80 millions de dons collectés en 2004.
  • Dans les pays à faible revenu, jusqu’à 65% des transfusions sanguines sont administrées à des enfants de moins de cinq ans; tandis que dans les pays à revenu élevé, le groupe de patients le plus souvent transfusé est celui des plus de 65 ans, qui représente jusqu’à 76% des transfusions.
  • La proportion de dons de sang est de 39,2 dons pour 1000 habitants dans les pays à revenu élevé, de 12,6 dons dans les pays à revenu moyen et de 4 dons dans les pays à faible revenu.
  • Une augmentation de 7,70 millions de dons de sang provenant de donneurs volontaires non rémunérés a été observée entre 2004 et 2011. 71 pays obtiennent plus de 90% de leurs approvisionnements en sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés; mais 73 pays recueillent encore plus de 50% de leurs approvisionnements en dons pour un membre de la famille/de compensation, ou rémunérés.
  • Seuls 41 des 151 pays produisent des produits médicaux dérivés du plasma par fractionnement du plasma recueilli dans le pays, tandis que les 110 autres importent ces produits.

Politique nationale de transfusion sanguine et organisation des services

La transfusion sanguine sauve des vies et améliore la santé, mais bon nombre de patients qui en ont besoin n’ont pas accès en temps voulu à un sang sécurisé. Un approvisionnement suffisant et sécurisé en sang devrait faire partie intégrante de toute politique nationale de santé et de l’infrastructure sanitaire d’un pays.

L’OMS recommande que toutes les activités relatives à la collecte du sang, au dépistage, au traitement, au stockage et à la distribution de celui-ci soient coordonnées au niveau national grâce à une organisation efficace et à une politique nationale de transfusion sanguine. Celle-ci devrait reposer sur une législation appropriée visant à promouvoir l’application uniforme des normes et la cohérence dans la qualité et la sécurité du sang et des produits sanguins.

En 2011, 68% des pays étaient dotés d’une politique nationale de transfusion sanguine contre 60% en 2004. Globalement, 62% des pays se sont dotés d’une législation spécifique portant sur la qualité et la sécurité de la transfusion sanguine:

  • 81% des pays à revenu élevé;
  • 60% des pays à revenu moyen;
  • 44% des pays à revenu faible.

L’approvisionnement en sang

Près de 107 millions de dons de sang sont collectés chaque année dans le monde, dont près de la moitié dans des pays à revenu élevé, où vit 15% de la population mondiale.

Près de 10 000 centres de transfusion sanguine de 168 pays ont fait état de la collecte de 83 millions de dons au total. Le niveau de la collecte de sang dans les centres de transfusion varie selon le niveau de revenu. Le nombre moyen annuel de dons par centre de transfusion est de 3100 dans les pays à revenu faible ou moyen et de 15 000 dans les pays à revenu élevé.

Il existe une différence marquée dans le niveau d’accès au sang sécurisé entre pays à revenu faible ou élevé. Le taux de dons de sang total est un indicateur de la disponibilité générale de sang dans un pays. Le taux médian de dons de sang dans les pays à revenu élevé est de 39,2 pour 1000 habitants, contre 12,6 dans les pays à revenu moyen et quatre dans les pays à revenu faible (voir Figure 1).

75 pays signalent recueillir moins de 10 dons pour 1000 habitants. Là-dessus, 38 pays appartiennent à la Région africaine de l’OMS, 6 à celle des Amériques, 8 à celle de la Méditerranée orientale, 6 à la Région européenne, 7 à la Région de l’Asie du Sud-Est et 10 à celle du Pacifique occidental. Tous sont des pays à revenu faible ou moyen.

Figure 1: Dons de sang pour 1000 habitants


Âge et sexe des donneurs de sang

Les données relatives à la ventilation selon le sexe des donneurs de sang montrent qu’au niveau mondial, 30% des dons de sang proviennent de femmes, bien que ces proportions varient considérablement. Dans 18 des 104 pays ayant communiqué des données, moins de 10% provenaient de femmes. Le profil d’âge des donneurs de sang montre que, dans l’ensemble, 6% des donneurs appartiennent à la tranche d’âge des moins de 18 ans, 27% à la tranche des 18 24 ans, 38% à celle des 25-44 ans, 26% à celle des 45-64 ans et 3% à la tranche des plus de 65 ans. Dans les pays à revenu faible ou moyen, les jeunes sont proportionnellement plus nombreux à donner leur sang que dans les pays à revenu élevé (voir Figure 2). Les données démographiques concernant les donneurs de sang sont importantes pour la formulation et le suivi des stratégies de recrutement.

Donneurs de sang

Il y a trois types de donneurs de sang:

  • les donneurs volontaires non rémunérés;
  • les donneurs pour un membre de la famille/de compensation;
  • les donneurs rémunérés.

On ne peut assurer un approvisionnement en sang sécurisé suffisant qu’à l’aide de dons réguliers par des donneurs volontaires non rémunérés. Ces derniers sont également le groupe de donneurs le plus sûr car la prévalence des infections véhiculées par le sang y est la plus faible. La résolution WHA63.12 de l’Assemblée mondiale de la Santé invite instamment tous les États Membres à mettre en place des systèmes nationaux de transfusion sanguine fondés sur les donneurs de sang volontaires non rémunérés 1 et à œuvrer à la réalisation de l’objectif d’autosuffisance.

Les données communiquées à l’OMS font apparaître une augmentation importante des dons de sang volontaires non rémunérés dans les pays à revenu faible ou moyen:

  • 156 pays ont fait état d’une augmentation de 7,70 millions des dons de sang provenant de donneurs volontaires non rémunérés entre 2004 et 2011. La plus forte augmentation des dons de sang volontaires non rémunérés a été observée dans les Régions de l’Asie du Sud-Est (65%) et de l’Afrique (48%). L’augmentation maximale en chiffres absolus a été signalée dans la Région du Pacifique occidental.
  • 71 pays recueillent plus de 90% de leur approvisionnement en sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés, dont 60 pays la totalité (ou plus de 99%) : 38 pays à revenu élevé, 22 pays à revenu moyen et 11 pays à faible revenu (voir Figure 3).
    • 15 de ces 60 pays sont parvenus à un taux de 100% (ou plus de 99%) de dons volontaires non rémunérés en 2011 alors qu’ils partaient d’un pourcentage plus faible en 2004: 6 partaient d’un pourcentage inférieur à 75% en 2004: les Îles Cook (40%) le Kenya (53%), le Nicaragua (41%), la Turquie (40%), les Émirats arabes unis (59%) et la Zambie (72%).
  • Dans 73 pays, plus de 50% de l’approvisionnement en sang dépendent encore de dons de compensation/pour un membre de la famille et de dons rémunérés (8 pays à revenu élevé, 45 à revenu moyen et 20 à revenu faible).
  • 22 pays faisaient encore état de la collecte de dons rémunérés en 2011, avec près de 800 000 dons au total. Cinquante-huit pour cent des dons rémunérés se font par hémo-aphérèse.
Figure 3: Pourcentage de dons de sang volontaires non rémunérés


Dépistage

L’OMS recommande un dépistage systématique des infections dans tous les dons de sang avant leur utilisation. Le dépistage devrait être obligatoire pour le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis.

  • 25 pays ne sont pas en mesure de rechercher dans tous les dons de sang une ou plusieurs des infections susmentionnées.
  • Un approvisionnement irrégulier en kits de dépistage est l’un des obstacles les plus couramment rapportés.
  • Dans les pays à faible revenu, 24% des dons de sang ne sont pas contrôlés conformément aux procédures de base pour l’assurance de la qualité, qui prévoient l’utilisation attestée de modes opératoires normalisés et la participation à un système externe d’évaluation de la qualité.
  • La prévalence des infections à transmission transfusionnelle dans les dons de sang dans les pays à revenu élevé est considérablement plus basse que dans les pays à revenu faible ou moyen. La prévalence du VIH dans les dons de sang dans les pays à revenu élevé est de 0,003% (taux médian), contre 0,1% et 0,6% respectivement dans les pays à revenu moyen ou faible. Cette différence reflète la prévalence variable chez les membres de la population aptes à donner leur sang, le type de donneurs (donneurs volontaires non rémunérés provenant d’une population à moindre risque) et l’efficacité du système d’éducation et de sélection des donneurs.

Traitement du sang

Le sang recueilli dans un anticoagulant peut être stocké et transfusé à un patient tel quel. C’est ce que l’on appelle une transfusion de «sang total». Toutefois, le sang peut être utilisé plus efficacement s’il est fractionné en ses différents constituants, tels que concentrés de globules rouges, plasma et cryoprécipité et concentrés de plaquettes. De cette façon, il est possible de répondre aux besoins de plusieurs patients.

Les pays à faible revenu rencontrent des difficultés pour fournir aux patients les différents constituants sanguins dont ils ont besoin: 40% du sang collecté dans ces pays est fractionné, contre 78% dans les pays à revenu moyen et 97% dans les pays à revenu élevé.

Approvisionnement en produits médicaux dérivés du plasma

La résolution WHA63.12 de l’Assemblée mondiale de la Santé invite instamment les États Membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour créer, mettre en œuvre et soutenir des programmes du sang et du plasma coordonnés au niveau national, gérés efficacement et viables en fonction des ressources disponibles, afin d’arriver à l’autosuffisance.

Il incombe au gouvernement de chaque pays de veiller à un approvisionnement suffisant et équitable en produits médicaux dérivés du plasma, à savoir immunoglobulines et facteurs de coagulation, nécessaires pour prévenir et traiter différentes pathologies graves partout dans le monde.

41 pays (20 à revenu élevé, 19 à revenu moyen, deux à faible revenu) sur les 151 pays notifiant des données ont déclaré produire la totalité ou une partie des produits médicaux dérivés du plasma par fractionnement (dans le pays et/ou en sous-traitant) du plasma recueilli dans le pays.

  • 32 pays des 41 pays sus-mentionnés déclarent que le fractionnement du plasma est effectué dans le pays.
  • 9 d'entre eux déclarent que le fractionnement du plasma est sous-traité dans un autre pays.

Les 110 autres pays importent tous les produits médicaux dérivés du plasma.

Près de 10 millions de litres de plasma en provenance des 33 pays notifiant des données (dont17 pays à revenu élevé, 15 à revenu moyen et un à faible revenu, représentant une population de 2,6 milliards d’habitants) ont été fractionnés pour la production de produits médicaux dérivés du plasma pendant l’année. Cela comprend près de 50% du plasma récupéré à partir de dons de sang total.

Utilisation clinique du sang

Les transfusions inutiles et les pratiques transfusionnelles non sécurisées exposent les patients à des risques de réactions transfusionnelles indésirables graves et d’infections à transmission transfusionnelle. Les transfusions superflues réduisent également l’offre de produits sanguins pour les patients qui en ont véritablement besoin.

L’OMS recommande que tous les pays se dotent de comités de transfusion chargés d’appliquer la politique et les directives nationales sur l’usage rationnel du sang dans les hôpitaux, ainsi que d’un système national d’hémovigilance chargé de suivre et d’améliorer la sécurité du processus transfusionnel.

  • 109 pays sont dotés de directives nationales concernant l’utilisation clinique appropriée du sang.
  • 86% des pays à revenu élevé sont dotés d’un système national d’hémovigilance contre 34% des pays à revenu faible ou moyen.
  • Des comités de transfusion sont présents dans 79% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, et près de la moitié dans les pays à revenu moyen ou faible.
  • Des mécanismes de suivi des pratiques transfusionnelles cliniques sont présents dans 91% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, et 58% dans les pays à revenu moyen ou faible.
  • Des systèmes de notification des manifestations transfusionnelles indésirables sont présents dans 93% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, et 76% dans les pays à revenu moyen ou faible.

Transfusions sanguines

Les transfusions inutiles et les pratiques transfusionnelles non sécurisées exposent les patients à des risques de réactions transfusionnelles indésirables graves et d’infections à transmission transfusionnelle. Les transfusions superflues réduisent également l’offre de produits sanguins pour les patients qui en ont véritablement besoin.

Dans les pays à revenu élevé, les transfusions viennent très souvent en soutien en chirurgie cardio-vasculaire, lors de transplantations, de traumatismes massifs ou du traitement de tumeurs malignes ou affections hématologiques. Dans les pays à revenu faible ou moyen, on y a davantage recours pour les complications liées à la grossesse et l’anémie grave chez l’enfant.

Action de l’OMS

La stratégie de l’OMS pour la sécurité transfusionnelle et l’approvisionnement en sang comporte cinq volets principaux:

  • la mise en place de services de transfusion sanguine bien organisés, coordonnés au niveau national, pour garantir la disponibilité rapide de sang et de produits sanguins sécurisés pour tous les patients ayant besoin d’une transfusion;
  • la collecte de sang auprès de donneurs de sang volontaires non rémunérés appartenant aux populations à faible risque;
  • le dépistage avec assurance de la qualité des infections à transmission transfusionnelle, la recherche des groupes sanguins et les tests de compatibilité;
  • l’utilisation sûre et appropriée du sang et une réduction des transfusions superflues;
  • des systèmes de qualité couvrant l’ensemble du processus transfusionnel, du recrutement des donneurs au suivi des transfusés.

À travers son programme de sécurité transfusionnelle, l’OMS aide les pays à développer leurs services de transfusion nationaux afin de garantir un accès rapide à des approvisionnements en sang et en produits sanguins sécurisés et suffisants et de bonnes pratiques transfusionnelles pour répondre aux besoins des patients. Le programme fournit des orientations et une assistance technique aux pays en vue d’assurer l’accès universel à du sang et à des produits sanguins sécurisés et de s’efforcer d’atteindre une autosuffisance en la matière grâce à des dons de sang volontaires non rémunérés pour parvenir à la couverture sanitaire universelle.


1Le don de sang volontaire non rémunéré comprend également le don de plasma et de constituants cellulaires du sang.

Source des données: les données figurant dans cet aide-mémoire proviennent des réponses recueillies pour 2011 dans la base de données de l’OMS sur la sécurité transfusionnelle en provenance de 163 pays. Afin de donner un aperçu plus complet de la situation mondiale, les données pour l’année 2010 ont été utilisées pour 14 pays lorsque les données de 2011 n’étaient pas disponibles. Dans l’ensemble, les réponses reçues de 177 pays couvrent 98% de la population mondiale.

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