Centre des médias

Sécurité transfusionnelle et approvisionnement en sang

Aide-mémoire N°279
Juillet 2016


Principaux faits

  • Sur les 112,5 millions de dons de sang collectés chaque année dans le monde, près de la moitié le sont dans des pays à revenu élevé où vit 19% de la population mondiale.
  • Dans les pays à faible revenu, jusqu’à 65% des transfusions sanguines sont administrées à des enfants de moins de 5 ans; tandis que dans les pays à revenu élevé, le groupe de patients le plus souvent transfusé est celui des plus de 65 ans, qui représente jusqu’à 76% des transfusions.
  • On compte de 33,1 dons de sang pour 1000 habitants dans les pays à revenu élevé, 11,7 dans les pays à revenu moyen et de 4,6 dans les pays à faible revenu.
  • Une augmentation de 10,7 millions de dons de sang provenant de donneurs volontaires non rémunérés a été observée entre 2008 et 2013. 74 pays obtiennent plus de 90% de leurs approvisionnements en sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés; mais 72 pays recueillent encore plus de 50% de leurs approvisionnements en sang par le don d'un membre de la famille/de compensation, ou par des dons rémunérés.
  • Seuls 43 des 175 pays recensés produisent des produits médicaux dérivés du plasma par fractionnement du plasma recueilli dans le pays, tandis que 132 autres importent ces produits.

Politique nationale de transfusion sanguine et organisation des services

La transfusion sanguine sauve des vies et améliore la santé, mais bon nombre de patients qui en ont besoin n’ont pas accès en temps voulu à un sang sécurisé. Un approvisionnement suffisant et sécurisé en sang devrait faire partie intégrante de toute politique nationale de santé et de l’infrastructure sanitaire d’un pays.

L’OMS recommande que toutes les activités relatives à la collecte du sang, au dépistage, au traitement, au stockage et à la distribution de celui-ci soient coordonnées au niveau national grâce à une organisation efficace et à des réseaux d'approvisionnement intégrés. Le système national de sécurité transfusionnelle devrait être régi par la politique nationale de transfusion sanguine et le cadre législatif afin de promouvoir l’uniformité à la fois de l’application des normes et de la qualité et de la sécurité du sang et des produits sanguins.

En 2013, 73% des pay, soit 122 pays sur 167 étaient dotés d’une politique nationale de transfusion. Globalement, 65% des pays, soit 108 pays sur 167, se sont dotés d’une législation spécifique portant sur la qualité et la sécurité de la transfusion sanguine.

  • 79% sont des pays à revenu élevé;
  • 64% des pays à revenu intermédiaire; et
  • 41% des pays à revenu faible.

L’approvisionnement en sang

Près de 112.5 millions de dons de sang sont collectés chaque année dans le monde, dont plus de la moitié dans des pays à revenu élevé, où vit 19% de la population mondiale.

Près de 13 000 centres de transfusion sanguine de 176 pays ont fait état de la collecte de 110 millions de dons au total. Le niveau de la collecte de sang dans les centres de transfusion varie selon le niveau de revenu. Le nombre moyen annuel de dons par centre de transfusion est de 5400 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et de 16 000 dans les pays à revenu élevé.

Il existe une différence marquée dans le niveau d’accès au sang entre pays à revenu faible ou élevé. Le taux de dons de sang total est un indicateur de la disponibilité générale de sang dans un pays. Le taux médian de dons de sang dans les pays à revenu élevé est de 33,1 pour 1000 habitants, contre 11,7 dans les pays à revenu intermédiaire et 4,6 dans les pays à revenu faible.

70 pays indiquent recueillir moins de 10 dons pour 1000 habitants. Là-dessus, 38 pays appartiennent à la Région africaine de l’OMS, 6 à celle des Amériques, 6 à celle de la Méditerranée orientale, 5 à la Région européenne, 6 à la Région de l’Asie du Sud-Est et 9 à celle du Pacifique occidental. Tous sont des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Âge et sexe des donneurs de sang

Les données relatives à la ventilation selon le sexe des donneurs de sang montrent qu’au niveau mondial, 28% des dons de sang proviennent de femmes, bien que ces proportions varient considérablement. Dans 16 des 119 pays ayant communiqué des données, moins de 10% provenaient de femmes. De plus en plus de jeunes gens donnent leur sang.

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les jeunes sont proportionnellement plus nombreux à donner leur sang que dans les pays à revenu élevé. Les données démographiques concernant les donneurs de sang sont importantes pour la formulation et le suivi des stratégies de recrutement.

Donneurs de sang

Il y a 3 types de donneurs de sang:

  • les donneurs volontaires non rémunérés;
  • les donneurs pour un membre de la famille/de compensation; et
  • les donneurs rémunérés.

On ne peut assurer un approvisionnement en sang sécurisé suffisant qu’à l’aide de dons réguliers par des donneurs volontaires non rémunérés. Ces derniers sont également le groupe de donneurs le plus sûr car la prévalence des infections véhiculées par le sang y est la plus faible.

La résolution WHA63.12 de l’Assemblée mondiale de la Santé invite instamment tous les États Membres à mettre en place des systèmes nationaux de transfusion sanguine fondés sur les donneurs de sang volontaires non rémunérés et à œuvrer à la réalisation de l’objectif d’autosuffisance.

Les données communiquées à l’OMS font apparaître une augmentation importante des dons de sang volontaires non rémunérés dans les pays à revenu faible ou moyen:

  • 159 pays ont fait état d’une augmentation de 10,7 millions des dons de sang provenant de donneurs volontaires non rémunérés entre 2008 et 2013. La plus forte augmentation des dons de sang volontaires non rémunérés a été observée dans les régions de l’Afrique (85%) et de l’Asie du Sud-Est (74%). L’augmentation maximale en chiffres absolus a été signalée dans la région de l'Asie du Sud-Est (5,3 millions de dons) et du Pacifique occidental (2,8 millions de dons).
  • 74 pays recueillent plus de 90% de leur approvisionnement en sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés (39 pays à revenu élevé, 26 pays à revenu intermediaire et 9 pays à faible revenu (voir Figure 3). 62 pays recueillent ainsi la totalité (ou plus de 99%) de leur approvisionnement en sang.
  • Dans 72 pays, plus de 50% de l’approvisionnement en sang dépendent encore de dons de compensation/pour un membre de la famille et de dons rémunérés (11 pays à revenu élevé, 45 à revenu intermédiaire et 16 à revenu faible).
  • 24 pays faisaient encore état de la collecte de dons rémunérés en 2013, avec près de 1 650 000 dons au total.

Dépistage

L’OMS recommande un dépistage systématique des infections dans tous les dons de sang avant leur utilisation. Il devrait être obligatoire pour le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et la syphilis. Le dépistage des infections dans les approvisionnements devrait être effectué conformément aux exigences du système de qualité.

  • 16 pays ne sont pas en mesure de rechercher dans tous les dons de sang une ou plusieurs des infections susmentionnées.
  • Un approvisionnement irrégulier en kits de dépistage est l’un des obstacles les plus couramment rapportés.
  • Dans les pays à revenu élevé, 81% des laboratoires chargés du dépistage sont surveillés dans le cadre de systèmes externes de contrôle de la qualité, contre 55% dans les pays à revenu intermédiaire et 34% dans les pays à faible revenu.
  • La prévalence des infections à transmission transfusionnelle dans les dons de sang dans les pays à revenu élevé est considérablement plus faible que dans les pays à revenu faible ou moyen.

Prévalence des infections à transmission transfusionnelle par groupe de revenu (écart interquartile, médian)


VIH HBV HCV
Pays à revenu élevé 0.003% 0.030% 0.020%
(0.001%-0.04%) (0.008% - 0.18%) (0.003% - 0.16%)
Pays à revenu intermédiaire 0.12% 0.91% 0.32%
(0.02% - 0.34%) (0.28% - 2.46%) (0.09% - 0.69%)
Pays à faible revenu 1.08% 3.70% 1.03%
(0.56% - 2.69%) (3.34% - 8.47%) (0.67% - 1.80%)

Ces différences reflètent les variations de la prévalence entre des populations éligibles au don du sang, le type de donneurs (donneurs volontaires non rémunérés de population à faible risque, par exemple) et l’efficacité du système d’éducation et de sélection des donneurs.

Traitement du sang

Le sang recueilli dans un anticoagulant peut être stocké et transfusé à un patient tel quel. C’est ce que l’on appelle une transfusion de «sang total». Toutefois, le sang peut être utilisé plus efficacement s’il est fractionné en ses différents constituants, tels que concentrés de globules rouges, concentrés de plaquettes, plasma et cryoprécipité. De cette façon, il est possible de répondre aux besoins de plusieurs patients.

Les pays à faible revenu rencontrent des difficultés pour fournir aux patients les différents constituants sanguins dont ils ont besoin: 43% du sang collecté dans ces pays est fractionné, contre 78% dans les pays à revenu intermédiaire et 96% dans les pays à revenu élevé.

Approvisionnement en produits médicaux dérivés du plasma

La résolution WHA63.12 de l’Assemblée mondiale de la Santé invite instamment les États Membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour créer, mettre en œuvre et soutenir des programmes du sang et du plasma coordonnés au niveau national, gérés efficacement et viables en fonction des ressources disponibles, afin d’arriver à l’autosuffisance.

Il incombe au gouvernement de chaque pays de veiller à un approvisionnement suffisant et équitable en produits médicaux dérivés du plasma, à savoir immunoglobulines et facteurs de coagulation, nécessaires pour prévenir et traiter différentes pathologies graves partout dans le monde.

43 pays (26 à revenu élevé, 16 à revenu intermédiaire, 1 à faible revenu) sur les 175 pays notifiant des données ont déclaré produire la totalité ou une partie des produits médicaux dérivés du plasma par fractionnement (dans le pays et/ou en sous-traitant) du plasma recueilli dans le pays.

106 pays déclarent importer tous les produits médicaux dérivés du plasma. 18 pays affirment n’avoir utilisé aucun produit médical dérivé du plasma pendant la période considérée: 3 pays indiquent que le plasma recueilli dans le pays a été vendu aux fabricants de tels produits et que les produits ont été achetés aux fournisseurs présents sur le marché.

Près de 14,3 millions de litres de plasma en provenance des 43 pays notifiant des données (32 pays à revenu élevé, 11 à revenu intermédiaire, représentant une population de 3,12 milliards d’habitants) ont été fractionnés pour la production de produits médicaux dérivés du plasma pendant l’année. Cela comprend près de 42% du plasma récupéré à partir de dons de sang total.

Utilisation clinique du sang

Les transfusions inutiles et les pratiques transfusionnelles non sécurisées exposent les patients à des risques de réactions transfusionnelles indésirables graves et d’infections à transmission transfusionnelle. Les transfusions superflues réduisent également l’offre de produits sanguins pour les patients qui en ont véritablement besoin.

L’OMS recommande que tous les pays se dotent de système de transfusion dans les hôpitaux, ainsi que d’un système national d’hémovigilance chargé de suivre et d’améliorer la sécurité du processus transfusionnel.

  • 125 pays sont dotés de directives nationales concernant l’utilisation clinique appropriée du sang.
  • 67% des pays à revenu élevé sont dotés d’un système national d’hémovigilance contre 34% des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Des comités de transfusion sont présents dans 54% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, et près de la moitié dans les pays à revenu intermédiaire ou faible.
  • Des mécanismes de suivi des pratiques transfusionnelles cliniques sont présents dans 92% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, et 40% dans les pays à revenu intermédiaire ou faible.
  • Des systèmes de notification des manifestations transfusionnelles indésirables sont présents dans 72% des hôpitaux pratiquant des transfusions dans les pays à revenu élevé, et 28% dans les pays à revenu intermédiaire ou faible.

Transfusions sanguines

*****Les transfusions inutiles et les pratiques transfusionnelles non sécurisées exposent les patients à des risques de réactions transfusionnelles indésirables graves et d’infections à transmission transfusionnelle. Les transfusions superflues réduisent également l’offre de produits sanguins pour les patients qui en ont véritablement besoin.

Dans les pays à revenu élevé, les transfusions viennent très souvent en soutien en chirurgie cardio-vasculaire, lors de transplantations, de traumatismes massifs ou du traitement de tumeurs malignes ou affections hématologiques. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, on y a davantage recours pour les complications liées à la grossesse et l’anémie grave chez l’enfant.

Action de l’OMS

Le risque de transmission d’infections graves, dont le VIH et l’hépatite, à travers du sang non sécurisé ou en raison de pénuries chroniques de sang a appelé l’attention au niveau mondial sur l’importance de la sécurité transfusionnelle et de l’approvisionnement.

Dans le but d’assurer l’accès universel à du sang et à des produits sanguins sécurisés, l’OMS a été en première ligne pour améliorer la sécurité transfusionnelle et les approvisionnements, et recommande la stratégie intégrée ci-après:

  • Mise en place de services de transfusion sanguine bien organisés, coordonnés au niveau national, de politiques transfusionnelles reposant sur des données probantes, efficaces et éthiques, ainsi que de la législation et réglementation nécessaires pour garantir la mise à disposition rapide d’approvisionnements suffisants en sang et en produits sanguins sécurisés pour tous les patients ayant besoin d’une transfusion.
  • Collecte de sang, de plasma et d’autres produits sanguins auprès de donneurs volontaires non rémunérés réguliers, à faible risque, grâce au renforcement des systèmes de don à une prise en charge efficace des donneurs, soins et conseils compris.
  • Dépistage avec assurance de la qualité des infections à transmission transfusionnelle, dont le VIH, l’hépatite B et C et la syphilis, tests de confirmation des résultats de tous les donneurs réagissant aux marqueurs d’infections, recherche des groupes sanguins et tests de compatibilité et systèmes de transformation des produits sanguins (composants pour la transfusion et produits dérivés du plasma), le cas échéant, pour répondre aux besoins des soins de santé.
  • Usage rationnel du sang et des produits sanguins pour réduire les transfusions superflues et les risques associés aux transfusions, recours à d’autres solutions que la transfusion, si possible, et bonnes pratiques cliniques en matière de transfusion, y compris prise en charge des patients.
  • Mise en œuvre progressive de systèmes de qualité efficaces, y compris gestion de la qualité, normes, bonnes pratiques de fabrication, documentation, formation du personnel et évaluation de la qualité.

À travers son programme de sécurité transfusionnelle, l’OMS aide les pays à développer leurs services de transfusion nationaux afin de garantir un accès rapide à des approvisionnements en sang et en produits sanguins sécurisés et suffisants et de bonnes pratiques transfusionnelles pour répondre aux besoins des patients.

Le programme fournit des orientations et une assistance technique aux pays en vue d’assurer l’accès universel à du sang et à des produits sanguins sécurisés et de s’efforcer d’atteindre une autosuffisance en la matière grâce à des dons de sang volontaires non rémunérés pour parvenir à la couverture sanitaire universelle.


Source des données: les données figurant dans cet aide-mémoire proviennent des réponses recueillies pour 2013 dans la base de données de l’OMS sur la sécurité transfusionnelle en provenance de 156 pays. Afin de donner un aperçu plus complet de la situation mondiale, les données pour l’année 2012 ont été utilisées pour 14 pays et de l'année 2011 pour 9 pays lorsque les données 2013 n’étaient pas disponibles. Dans l’ensemble, les réponses reçues de 179 pays couvrent 98,6% de la population mondiale.

Partager