Centre des médias

Rougeole

Aide-mémoire N°286
Novembre 2014


Principaux faits

  • La rougeole reste l'une des causes importantes de décès du jeune enfant, alors qu’il existe un vaccin sûr et efficace.
  • En 2013, on a recensé 145 700 décès par rougeole dans le monde, soit près de 400 décès par jour ou 16 par heure.
  • Grâce à la vaccination antirougeoleuse, les décès par rougeole dans le monde ont chuté de 75% entre 2000 et 2013.
  • En 2013, environ 84% des enfants dans le monde –contre 73% en 2000– ont reçu une dose de vaccin antirougeoleux avant l’âge de un an, grâce à l’intervention systématique des services de santé.
  • Entre 2000 et 2013, on estime que la vaccination antirougeoleuse a évité 15,6 millions de décès, faisant de ce vaccin le meilleur investissement dans la santé publique.

La rougeole est une maladie virale grave extrêmement contagieuse. En 1980, avant que la vaccination ne se généralise, on estimait à 2,6 millions par an le nombre de décès dus à la rougeole.

La rougeole reste l'une des causes importantes de décès du jeune enfant, alors qu’il existe un vaccin sûr et efficace. On estime que 145 700 personnes, dont une majorité d’enfants de moins de 5 ans, sont mortes de la rougeole en 2013.

C'est une affection due à un virus de la famille des paramyxoviridés. Le virus rougeoleux se transmet habituellement par contact direct ou par l’air, infectant les muqueuses puis se propageant à tout l’organisme. La rougeole est une maladie humaine et on ne connaît pas de réservoir chez l’animal.

L'intensification des activités de vaccination a permis de faire baisser considérablement le nombre de décès dus à la rougeole. Entre 2000 et 2013, on estime que la vaccination antirougeoleuse a évité 15,6 millions de décès, faisant de ce vaccin le meilleur investissement dans la santé publique. Le nombre de décès à l’échelle mondiale a diminué de 75%, passant de 544 200 en 2000 à 147 500 en 2013.

Signes et symptômes

Le premier signe d’infection est en général une forte fièvre qui apparaît environ 10 à 12 jours après l’exposition au virus et persiste 4 à 7 jours. Au cours de ce stade initial, le tableau peut comporter une rhinorrhée (nez qui coule), de la toux, des yeux rouges et larmoyants, et de petits points blanchâtres sur la face interne des joues. L’éruption apparaît plusieurs jours plus tard, habituellement sur le visage et le haut du cou. En trois jours environ, elle progresse pour atteindre les mains et les pieds. Elle persiste 5 à 6 jours avant de disparaître. On l'observe en moyenne 14 jours après l’exposition au virus, dans un intervalle de 7 à 18 jours.

La plupart des décès sont dus aux complications de la maladie. Celles-ci sont plus fréquentes avant l'âge de 5 ans ou chez l’adulte de plus de 20 ans. Parmi les complications les plus graves, on observe des cécités, des encéphalites (qui peuvent s’accompagner d’oedèmes cérébraux), des diarrhées sévères (susceptibles d’entraîner une déshydratation), des infections auriculaires et des infections respiratoires graves comme la pneumonie.

Les formes sévères surviennent plus particulièrement chez les jeunes enfants malnutris, notamment si les apports en vitamine A sont insuffisants ou si leur système immunitaire est affaibli par le VIH/sida ou d’autres maladies.

Dans les populations fortement touchées par la malnutrition et qui ne bénéficient pas de soins de santé adéquats, jusqu’à 10% des cas de rougeole sont mortels. Contractée pendant la grossesse, la rougeole peut également donner lieu à de graves complications et entraîner une fausse couche ou un accouchement prématuré. Les personnes qui guérissent de la rougeole sont immunisées à vie.

Personnes exposées

Les jeunes enfants non vaccinés sont les plus exposés au risque de rougeole et de complications éventuellement mortelles. Les femmes enceintes qui ne sont pas vaccinées courent également un risque. Toutes les personnes qui ne sont pas immunisées (qui n’ont jamais été vaccinées ou qui n’ont jamais contracté la maladie) sont susceptibles d’être infectées.

La rougeole reste fréquente dans beaucoup de pays en développement, notamment dans certaines régions d’Afrique et d’Asie. Plus de 20 millions de personnes en souffrent chaque année. L’immense majorité (plus de 95%) des décès par rougeole surviennent dans des pays où le revenu par habitant est faible et l’infrastructure sanitaire est fragile.

Les flambées de rougeole peuvent être particulièrement mortelles dans les pays qui traversent ou qui viennent de connaître une situation de catastrophe naturelle ou de conflit. La dégradation des infrastructures sanitaires et des services de santé oblige à interrompre la vaccination systématique et le surpeuplement des camps accroît considérablement le risque d’infection.

Transmission

Le virus de la rougeole, extrêmement contagieux, se propage lorsque les malades toussent ou éternuent, par le contact rapproché entre personnes ou par le contact direct avec des sécrétions nasales ou laryngées.

Le virus reste actif et contagieux dans l’air ou sur les surfaces contaminées pendant 2 heures. Les porteurs du virus peuvent le transmettre pendant les 4 jours qui précèdent l’apparition de l’éruption cutanée et les 4 jours qui suivent.

Les flambées de rougeole peuvent entraîner des épidémies susceptibles de provoquer de nombreux décès, notamment parmi les jeunes enfants malnutris. Dans les pays où la rougeole a été en grande partie éliminée, les cas importés restent une source importante d’infection.

Traitement

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la rougeole.

Une prise en charge clinique appropriée permet d'éviter les complications graves de la rougeole. Le malade doit être correctement nourri, avoir un apport hydrique suffisant et recevoir un traitement contre la déshydratation à l’aide de la solution de réhydratation orale recommandée par l’OMS. Cette solution permet de pallier la perte de liquides et d’autres éléments essentiels entraînés par les diarrhées et les vomissements. On prescrira des antibiotiques pour traiter les infections oculaires et auriculaires ainsi que la pneumonie.

Dans les pays en développement, il convient d’administrer à tout enfant pour lequel on pose le diagnostic de rougeole, 2 doses de complément vitaminique A à 24 heures d'intervalle. Ce traitement permet de pallier le déficit en vitamine A qu’entraîne la maladie même chez les enfants bien nourris et peut aider à prévenir les lésions oculaires et la cécité.

L’administration de vitamine A au moment du diagnostic peut contribuer à éviter les lésions oculaires et la cécité. De plus, il a été établi que l’administration de vitamine A permettait de réduire la mortalité rougeoleuse de 50%.

Prévention

La vaccination systématique des enfants contre la rougeole, associée à des campagnes de vaccination de masse dans les pays où les taux de morbidité et de mortalité sont élevés sont des stratégies de santé publique essentielles pour réduire le nombre de décès par rougeole dans le monde. Le vaccin antirougeoleux, utilisé depuis cinquante ans, est sûr, efficace et peu onéreux. Vacciner un enfant contre la rougeole coûte environ moins d’un dollar.

Le vaccin antirougeoleux est souvent associé au vaccin contre la rubéole et/ou au vaccin contre les oreillons dans les pays où ces maladies posent problème. Il est aussi efficace seul qu’associé. Le fait d’associer le vaccin contre la rubéole au vaccin antirougeoleux n’accroît que marginalement le coût mais permet de mettre en commun les coûts de distribution et d’administration.

En 2013, environ 84% des enfants dans le monde – contre 73% en 2000 – ont reçu une dose de vaccin antirougeoleux avant l’âge de un an, grâce à l’intervention systématique des services de santé. Pour garantir l’immunité et prévenir les flambées, il est recommandé d’administrer deux doses de vaccin car environ 15% des enfants vaccinés n’acquièrent pas une immunité dès la première dose.

Action de l'OMS

Le 4e objectif du Millénaire pour le développement (OMD 4) consiste à réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. Étant donné que la vaccination antirougeoleuse permet de faire baisser la mortalité de l’enfant et comme on peut considérer que la couverture par le vaccin permet de mesurer l’accès aux services de santé de l’enfant, la couverture par la vaccination antirougeoleuse systématique a été choisie comme indicateur de la réalisation de l’OMD 4.

De très nombreuses données montrent à quel point il est important d’assurer l’accès universel aux vaccins à valence rougeole et à valence rubéole. La réduction de la mortalité par rougeole est l’un des principaux facteurs à avoir contribué à la baisse de la mortalité générale des moins de 5 ans et à la réalisation de l’OMD 4. On estime qu’en 2000, 544 200 enfants sont morts de la rougeole dans le monde. En 2013, les efforts déployés dans le monde pour améliorer la couverture vaccinale ont permis de réduire le nombre de décès de 75%.

Entre 2000 et 2013, la vaccination antirougeoleuse a permis d'éviter 15,6 millions de décès. En 2013, près de 205 millions d’enfants ont été vaccinés contre la rougeole dans le cadre de campagnes de vaccination de masse dans 34 pays.

Suivant l'objectif des États Membres de la Région de l’Asie du Sud-Est d'éliminer la rougeole d’ici 2020, toutes les Régions de l’OMS se sont fixé pour but d’éliminer cette maladie mortelle. L’OMS et ses partenaires se sont engagés à aider les États Membres à atteindre leur but.

L’initiative contre la rougeole est le fruit de la collaboration de l’OMS, de l’UNICEF, de la Croix-Rouge américaine, des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique et de la Fondation pour les Nations Unies dont le but est d’aider les pays à atteindre leurs objectifs en matière de lutte contre la rougeole et la rubéole.

En 2012, l’initiative contre la rougeole et la rubéole a lancé un nouveau Plan stratégique mondial de lutte contre la rougeole et la rubéole qui couvre la période 2012-2020. Ce plan fixe de nouveaux objectifs mondiaux pour 2015 et 2020.

Il prévoit avant fin 2015 de:

  • déduire le nombre de décès par rougeole dans le monde d’au-moins 95% comparé aux niveaux de l’année 2000;
  • atteindre les objectifs régionaux d’élimination de la rougeole, du syndrome de rubéole congénitale et de la rubéole.

Avant fin 2020:

  • Éliminer la rougeole et la rubéole dans au-moins 5 Régions de l’OMS.

La stratégie est axée sur la mise en œuvre de 5 volets:

  • atteindre et maintenir une large couverture vaccinale par l’administration de deux doses de vaccins à valence rougeole et à valence rubéole;
  • assurer le suivi de la maladie en mettant en place une surveillance efficace et évaluer les efforts des programmes pour garantir la progression et l’impact positif des activités de vaccination;
  • mettre au point et maintenir un plan de préparation aux flambées, d’interventions rapides en cas de flambées et de traitement efficace des cas;
  • communiquer avec le grand public pour renforcer sa confiance et l’inciter à se faire vacciner;
  • réaliser la recherche-développement nécessaire à l’appui d’interventions économiquement efficaces et améliorer les moyens de vaccination et de diagnostic.

Grâce à la mise en œuvre de ce Plan stratégique, la vie des enfants et de leurs mères dans le monde pourra être préservée et améliorée rapidement et durablement.

Ce plan propose des stratégies claires à l’intention des directeurs des services de vaccination dans les pays, qui prévoient leur collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux en vue d’atteindre les objectifs 2015 et 2020 d’élimination de la rougeole et de la rubéole. Il s’appuie sur plusieurs années d’expérience dans la mise en œuvre de programmes de vaccination et sur les enseignements tirés d’initiatives accélérées de lutte contre la rougeole et d’élimination de la poliomyélite.

Sur la base des tendances et des résultats actuels, les experts mondiaux de la vaccination ont conclu que les étapes prévues pour 2015 et le but de l’élimination de la rougeole ne seront pas atteints dans les délais prévus. Pour que les progrès reprennent, il faudra que les pays et les différents partenaires en matière de vaccination fassent davantage connaître l’objectif de l’élimination, surmontent les obstacles à la vaccination antirougeoleuse et consentent des investissements additionnels substantiels et soutenus pour renforcer les systèmes de santé et parvenir à un accès équitable aux services de vaccination.

Pour plus d'informations, contactez:

Centre des médias de l'OMS
Tél.: 41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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