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Rougeole

Aide-mémoire
Juillet 2017


Principaux faits

  • La rougeole reste l'une des causes importantes de décès du jeune enfant, alors qu’il existe un vaccin sûr et efficace.
  • En 2015, on a recensé 134 200 décès par rougeole dans le monde, soit près de 367 décès par jour ou 15 par heure.
  • Grâce à la vaccination antirougeoleuse, les décès par rougeole dans le monde ont chuté de 79% entre 2000 et 2015.
  • En 2016, environ 85% des enfants dans le monde –contre 73% en 2000– ont reçu une dose de vaccin antirougeoleux avant l’âge de un an, grâce à l’intervention systématique des services de santé.
  • Entre 2000 et 2015, on estime que la vaccination antirougeoleuse a évité 20,3 millions de décès, faisant de ce vaccin le meilleur investissement dans la santé publique.

La rougeole est une maladie virale grave extrêmement contagieuse. En 1980, avant que la vaccination ne se généralise, on estimait à 2,6 millions par an le nombre de décès dus à la rougeole.

La rougeole reste l'une des causes importantes de décès du jeune enfant, alors qu’il existe un vaccin sûr et efficace. On estime que 134 200 personnes, dont une majorité d’enfants de moins de 5 ans, sont mortes de la rougeole en 2015.

C'est une affection due à un virus de la famille des paramyxoviridés. Le virus rougeoleux se transmet habituellement par contact direct ou par l’air, infectant les voies respiratoires puis se propageant à tout l’organisme. La rougeole est une maladie humaine et on ne connaît pas de réservoir chez l’animal.

L'intensification des activités de vaccination a permis de faire baisser considérablement le nombre de décès dus à la rougeole. Entre 2000 et 2015, on estime que la vaccination antirougeoleuse a évité 20,3 millions de décès, faisant de ce vaccin le meilleur investissement dans la santé publique. Le nombre de décès à l’échelle mondiale a diminué de 79%, passant de 651 600 en 20001 à 134 200 en 2015.

Signes et symptômes

Le premier signe d’infection est en général une forte fièvre qui apparaît environ 10 à 12 jours après l’exposition au virus et persiste 4 à 7 jours. Au cours de ce stade initial, le tableau peut comporter une rhinorrhée (nez qui coule), de la toux, des yeux rouges et larmoyants, et de petits points blanchâtres sur la face interne des joues. L’éruption apparaît plusieurs jours plus tard, habituellement sur le visage et le haut du cou. En 3 jours environ, elle progresse pour atteindre les mains et les pieds. Elle persiste 5 à 6 jours avant de disparaître. On l'observe en moyenne 14 jours après l’exposition au virus, dans un intervalle de 7 à 18 jours.

La plupart des décès sont dus aux complications de la maladie. Celles-ci sont plus fréquentes avant l'âge de 5 ans ou chez l’adulte de plus de 20 ans. Parmi les complications les plus graves, on observe des cécités, des encéphalites (qui peuvent s’accompagner d’oedèmes cérébraux), des diarrhées sévères (susceptibles d’entraîner une déshydratation), des infections auriculaires et des infections respiratoires graves comme la pneumonie.

Les formes sévères surviennent plus particulièrement chez les jeunes enfants malnutris, notamment si les apports en vitamine A sont insuffisants ou si leur système immunitaire est affaibli par le VIH/sida ou d’autres maladies.

Dans les populations fortement touchées par la malnutrition et qui ne bénéficient pas de soins de santé adéquats, jusqu’à 10% des cas de rougeole sont mortels. Contractée pendant la grossesse, la rougeole peut également donner lieu à de graves complications et entraîner une fausse couche ou un accouchement prématuré. Les personnes qui guérissent de la rougeole sont immunisées à vie.

Personnes exposées

Les jeunes enfants non vaccinés sont les plus exposés au risque de rougeole et de complications éventuellement mortelles. Les femmes enceintes qui ne sont pas vaccinées courent également un risque. Toutes les personnes qui ne sont pas immunisées (qui n’ont jamais été vaccinées ou qui n’ont jamais contracté la maladie) sont susceptibles d’être infectées.

La rougeole reste fréquente dans beaucoup de pays en développement, notamment dans certaines régions d’Afrique et d’Asie. Plus de 20 millions de personnes en souffrent chaque année. L’immense majorité (plus de 95%) des décès par rougeole surviennent dans des pays où le revenu par habitant est faible et l’infrastructure sanitaire est fragile.

Les flambées de rougeole peuvent être particulièrement mortelles dans les pays qui traversent ou qui viennent de connaître une situation de catastrophe naturelle ou de conflit. La dégradation des infrastructures sanitaires et des services de santé oblige à interrompre la vaccination systématique et le surpeuplement des camps accroît considérablement le risque d’infection.

Transmission

Le virus de la rougeole, extrêmement contagieux, se propage lorsque les malades toussent ou éternuent, par le contact rapproché entre personnes ou par le contact direct avec des sécrétions nasales ou laryngées.

Le virus reste actif et contagieux dans l’air ou sur les surfaces contaminées pendant 2 heures. Les porteurs du virus peuvent le transmettre pendant les 4 jours qui précèdent l’apparition de l’éruption cutanée et les 4 jours qui suivent.

Les flambées de rougeole peuvent entraîner des épidémies susceptibles de provoquer de nombreux décès, notamment parmi les jeunes enfants malnutris. Dans les pays où la rougeole a été en grande partie éliminée, les cas importés restent une source importante d’infection.

Traitement

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la rougeole.

Une prise en charge clinique appropriée permet d'éviter les complications graves de la rougeole. Le malade doit être correctement nourri, avoir un apport hydrique suffisant et recevoir un traitement contre la déshydratation à l’aide de la solution de réhydratation orale recommandée par l’OMS. Cette solution permet de pallier la perte de liquides et d’autres éléments essentiels entraînés par les diarrhées et les vomissements. On prescrira des antibiotiques pour traiter les infections oculaires et auriculaires ainsi que la pneumonie.

Dans les pays en développement, il convient d’administrer à tout enfant pour lequel on pose le diagnostic de rougeole, 2 doses de complément vitaminique A à 24 heures d'intervalle. Ce traitement permet de pallier le déficit en vitamine A qu’entraîne la maladie même chez les enfants bien nourris et peut aider à prévenir les lésions oculaires et la cécité.

L’administration de vitamine A au moment du diagnostic peut contribuer à éviter les lésions oculaires et la cécité. De plus, il a été établi que l’administration de vitamine A permettait de réduire la mortalité rougeoleuse de 50%.

Prévention

La vaccination systématique des enfants contre la rougeole, associée à des campagnes de vaccination de masse dans les pays où les taux de morbidité et de mortalité sont élevés sont des stratégies de santé publique essentielles pour réduire le nombre de décès par rougeole dans le monde. Le vaccin antirougeoleux, utilisé depuis plus de 50 ans, est sûr, efficace et peu onéreux. Vacciner un enfant contre la rougeole coûte environ moins d’un dollar.

Le vaccin antirougeoleux est souvent associé au vaccin contre la rubéole et/ou au vaccin contre les oreillons dans les pays où ces maladies posent problème. Il est aussi efficace seul qu’associé. Le fait d’associer le vaccin contre la rubéole au vaccin antirougeoleux n’accroît que marginalement le coût mais permet de mettre en commun les coûts de distribution et d’administration.

En 2016, environ 85% des enfants dans le monde – contre 73% en 2000 – ont reçu une dose de vaccin antirougeoleux avant l’âge de un an, grâce à l’intervention systématique des services de santé. Pour garantir l’immunité et prévenir les flambées, il est recommandé d’administrer 2 doses de vaccin car environ 15% des enfants vaccinés n’acquièrent pas une immunité dès la première dose.

Action de l'OMS

En 2010, l’Assemblée mondiale de la Santé a fixé trois objectifs intermédiaires en vue d’éradiquer la rougeole d’ici à 2015:

  • augmenter la couverture de la vaccination systématique par la première dose de vaccin à valence rougeole (MCV1) chez les enfants âgés d’un an de plus de 90% au niveau national et de plus de 80% dans tous les districts ou unités administratives équivalentes;
  • ramener l’incidence annuelle de la rougeole à moins de 5 cas pour un million et maintenir ce niveau; et
  • réduire la mortalité rougeoleuse estimée de plus de 95% par rapport aux estimations de 2000.

D’ici 2015, l’élan mondial pour améliorer la couverture vaccinale a entraîné une réduction de 79% des décès. Entre 2000 et 2015, avec l’appui de l’Initiative contre la rougeole et la rubéole ainsi que de l'Alliance GAVI, la vaccination antirougeoleuse a permis d’éviter 20,3 millions de décès.

En 2015, environ 183 millions d’enfants ont été vaccinés contre la rougeole dans le cadre de campagnes de vaccination de masse menées dans 41 pays. Toutes les régions de l’OMS ont désormais établi des objectifs pour éliminer cette maladie mortelle évitable d’ici 2020.

Initiative contre la rougeole et la rubéole

Lancée en 2001, l’Initiative contre la rougeole et la rubéole est un partenariat mondial dirigé par la Croix-Rouge américaine, la Fondation des Nations Unies, les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique (CDC), l’UNICEF et l’OMS.

L’Initiative s’est engagée à faire en sorte qu’aucun enfant ne décède de la rougeole ou ne naisse avec le syndrome de la rubéole congénitale, à réduire les décès imputables à la rougeole de 95 % d’ici 2015, et à éliminer la rougeole et la rubéole d’au moins cinq Régions de l’OMS d’ici 2020.

Plan stratégique mondial 2012-2020 contre la rougeole et la rubéole

En 2012, l’Initiative contre la rougeole et la rubéole a lancé un nouveau Plan stratégique mondial de lutte contre la rougeole et la rubéole qui couvre la période 2012-2020.

Ce Plan fixe des stratégies claires pour que les responsables de la vaccination dans les pays, en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux, atteignent les buts fixés en 2015 et 2020 pour la lutte contre la rougeole et la rubéole et leur élimination.

D’ici à la fin de l’année 2015, le plan vise à:
  • réduire les décès mondiaux imputables à la rougeole d’au moins 95 % par rapport aux niveaux de 2000;
  • atteindre les buts régionaux d’élimination de la rougeole et du syndrome de rubéole congénitale.
D’ici à la fin de l’année 2020, le plan vise à:
  • éliminer la rougeole et la rubéole dans au moins 5 Régions de l’OMS.

D’après les tendances actuelles en matière de couverture de la vaccination antirougeoleuse et d’incidence de la maladie, ainsi que sur la base de l’examen stratégique effectué à mi parcours, le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE) de l’OMS est arrivé à la conclusion que les échéances mondiales et les objectifs d’élimination de la rougeole pour 2015 n’avaient pas été atteints en raison de la persistance des lacunes en matière de couverture vaccinale.

Le SAGE recommande d’insister davantage sur l’amélioration des systèmes de vaccination en général pour éviter toute régression par rapport aux avancées obtenues à ce jour en matière de lutte contre la rougeole.

L’OMS continuera de renforcer le Réseau mondial de laboratoires pour garantir le diagnostic rapide de la rougeole et suivre la propagation internationale des virus de la rougeole afin de permettre une approche plus coordonnée de ciblage des activités de vaccination et de réduire les décès dus à cette maladie à prévention vaccinale.


1Les estimations de la mortalité pour l’année 2000 peuvent être différentes des précédents rapports. Lorsque l’OMS et l’UNICEF réexécutent le modèle utilisé pour générer l’estimation du nombre de décès dus à la rougeole chaque année avec les nouvelles données des estimations de l’UNICEF/OMS sur la couverture vaccinale dans les pays (WUENIC), ainsi qu’avec les données de surveillance mises à jour, des résultats ajustés pour chaque année, y compris l’année de référence, sont également produits et mis à jour.

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