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Lits de bronzage, bronzage et exposition aux UV

Aide-mémoire N°287
Mis à jour en avril 2010

Le désir de bronzer parce que c’est à la mode ou plus esthétique a conduit à une augmentation importante de l’utilisation des lits de bronzage artificiel, surtout dans les pays développés. L’engouement pour ces lits de bronzage continue à croître, en particulier chez les jeunes femmes.

Les lits de bronzage utilisés dans les solariums et les lampes à ultraviolets sont des appareils de bronzage artificiel qui prétendent offrir une alternative efficace, rapide et sans danger à l’exposition à la lumière solaire naturelle. Cependant, on a de bonnes raisons de penser que le rayonnement ultraviolet (UV) émis par les lampes utilisées dans ces solariums peut endommager la peau et accroître le risque de cancer cutané.

Il y a chaque année dans le monde quelque 132 000 cas de mélanomes malins (cancer cutané le plus mortel) et plus de deux millions de cas d’autres cancers cutanés. Un cancer sur trois diagnostiqué dans le monde est un cancer cutané. La plupart de ces cancers cutanés sont imputables à une surexposition au rayonnement UV naturel.

Le présent aide-mémoire vient compléter le précédent, fournissant des informations sur les sources d’UV artificiels. Parmi ces sources, les lits de bronzage sont les plus importants et le présent aide-mémoire s’intéresse aux conséquences pour la santé de leur utilisation et à la façon de faire face au problème. Les informations qui y figurent sont tirées de réunions et d’ateliers parrainés par l’OMS, de la littérature scientifique récente, des examens réalisés par les Etats Membres de l’OMS et des recommandations formulées par des ONG internationales.

Conséquences pour la santé

Cancers cutanés

L’exposition aux UV, qu’elle soit naturelle au soleil ou artificielle sous des lampes à ultraviolets par exemple, est un facteur de risque connu de cancer cutané. On sait depuis un certain temps que les UVB (longueur d’ondes comprise entre 280 et 315 nm) sont cancérogènes chez les animaux d’expérience, et tout porte de plus en plus à croire que les UVA (longueur d’ondes comprise entre 315 et 400 nm) émis par les lits de bronzage, qui pénètrent plus profondément dans la peau, jouent également un rôle dans l’apparition des cancers. Une étude effectuée en Norvège et en Suède a montré une augmentation significative du risque de mélanome malin chez les femmes ayant utilisé régulièrement des lits de bronzage.

Il est probable que l’exposition supplémentaire aux UV artificiels vienne renforcer les conséquences néfastes bien connues de l’exposition excessive aux UV solaires. Rien ne permet de penser que l’exposition aux UV émis par n’importe quel type de lit de bronzage soit moins nocive que l’exposition aux UV solaires. On a également retrouvé des cas de kératoses actiniques précancéreuses et de maladie de Bowen chez des utilisateurs de lits de bronzage à la peau claire qui se protégeaient de la lumière solaire, au bout de seulement deux à trois ans d’utilisation régulière.

Vieillissement de la peau, lésions oculaires et autres effets indésirables sur la santé

Toute exposition excessive aux UV, et pas uniquement à ceux émis par les lits de bronzage, peut entraîner des lésions structurelles de la peau chez l’homme. A court terme, ces lésions provoquent des brûlures, une fragilisation du tissu cutané et des cicatrices et, à long terme, un vieillissement cutané photo-induit. Ce photovieillissement, provoqué par la dégradation du collagène présent dans la peau sous l’influence des UV, se manifeste par l’apparition de rides et la perte de l’élasticité cutanée.

Les effets des UV sur l’oeil sont les suivants : cataractes, ptérygions (voile blanc sur la cornée) et inflammations oculaires telles que photokératites et photoconjonctivites. En outre, une exposition excessive aux UV peut abaisser les défenses immunitaires, ouvrant ainsi peut-être la porte à un risque accru de maladies infectieuses.

Certains types cutanés ne peuvent pas bronzer

En fonction de leur sensibilité aux coups de soleil, on classe les types cutanés en six catégories différentes (I VI). Les personnes qui présentent le type cutané I ont la peau la plus claire et ne parviendront pas à avoir même un bronzage léger après des expositions répétées sur des lits de bronzage. Au lieu de bronzer, leur peau souffre en général de réactions de type «coups de soleil».

La possibilité qu’a le consommateur de savoir que son type cutané ne lui permet pas d’utiliser un lit de bronzage est basée sur l’autodiagnostic ou pire sur une expérience malheureuse de coups de soleil. C’est pourquoi il faut former les opérateurs de lits de bronzage à diagnostiquer correctement les types cutanés de leurs clients. Si les types II à VI peuvent bronzer, ils ne sont pas à l’abri de lésions cutanées à la suite d’une exposition excessive aux UV.

Dangers associés à l’exposition aux UV pendant l’enfance

On sait que, pendant l’enfance, l’exposition aux UV et le nombre de brûlures par les UV (solaires ou émis par des lits de bronzage) augmentent le risque d’apparition d’un mélanome à un âge plus avancé. C’est pourquoi il faut veiller tout particulièrement à ce que les enfants et les adolescents n’utilisent pas de lits de bronzage. The United States Department of Health and Human Services a classé l’exposition aux lampes à ultraviolets ou aux lits de bronzage dans la catégorie « connus pour être cancérogènes chez l’homme » et indique que, plus l’exposition est longue, plus le risque augmente, en particulier chez les personnes exposées avant l’âge de 30 ans.

Concernant les lits de bronzage

Ils émettent surtout des UVA et dans une moindre mesure des UVB, qui tous peuvent endommager l’ADN présent dans les cellules de la peau. Toutefois, ces dernières années, on a fabriqué des lampes et des lits de bronzage qui émettent des intensités plus fortes d’UVB afin d’imiter le spectre solaire et d’accélérer le processus de bronzage. Si les UVB ont des propriétés cancérogènes bien connues et si une exposition excessive à ces derniers entraîne l’apparition de cancers cutanés, des études scientifiques récentes laissent à penser que des expositions élevées aux UVA, dont la longueur d’ondes est plus longue, pourraient également avoir une incidence sur l’apparition des cancers cutanés.

Comme pour l’exposition solaire, ces études récentes indiquent qu’il existe un lien entre l’utilisation des lits de bronzage et le mélanome malin, lien qui existe aussi avec les cancers cutanés non mélanocytaires tels l’épithélioma malpighien spinocellulaire de la peau et l’épithélomia cutané basocellulaire. Ainsi, les conséquences d’une utilisation régulière des lits de bronzage peuvent être les suivantes : défigurement à la suite de l’exérèse de cancers cutanés, décès précoce s’il s’agit d’un mélanome malin, ainsi que des coûts non négligeables pour les systèmes de santé nationaux liés au dépistage, au traitement et à la surveillance des sujets atteints de cancer cutané.

Effets bénéfiques pour la santé

En dehors du bronzage proprement dit, beaucoup de gens prétendent que l’utilisation des lits de bronzage les aide à se détendre et leur donne une impression de bien-être. Il est difficile de quantifier des allégations de ce type.

Si l’utilisation des lits de bronzage peut avoir pour effet d’augmenter la synthèse de vitamine D, surtout sous l’action des UVB, pour la majeure partie de la population, une exposition occasionnelle au soleil associée à des apports alimentaires normaux fournit suffisamment de vitamine D à l’organisme pour ses besoins tout au long de l’année. Si certaines personnes ont besoin de davantage de vitamine D que ce que le soleil peut leur fournir (par exemple, parce qu’elles vivent dans des régions polaires), celle-ci devrait être apportée par l’alimentation plutôt que par l’utilisation des lits de bronzage.

On ne doit envisager l’utilisation de lits de bronzage sous supervision médicale que dans des cas très rares et très particuliers. Les appareils médicaux émettant des UV permettent de traiter avec succès certaines affections cutanées telles que la dermatite et le psoriasis. Ces traitements ne doivent être effectués que sous supervision médicale qualifiée dans une clinique médicale agréée et non pas sans supervision dans des établissements de bronzage commerciaux, ni à domicile.

Une fausse croyance très répandue veut qu’un bronzage obtenu à l’aide d’un lit de bronzage offre une bonne protection contre les coups de soleil lors de vacances dans un endroit ensoleillé. En réalité, un bronzage obtenu de cette façon n’offre qu’une protection limitée contre les coups de soleil. On a estimé qu’un tel bronzage a le même effet protecteur que le fait d’utiliser un écran solaire dont l’indice de protection (IP) ne serait que de 2 ou 3.

Arguments solides en faveur de réglementations strictes régissant l’utilisation des lits de bronzage

Aussi longtemps que des lits de bronzage sont mis à la disposition du public, des lignes directrices ou une législation sont nécessaires pour réduire les risques associés à leur utilisation. L’OMS encourage les gouvernements à formuler et à mettre en application des lois régissant l’utilisation de ces lits. Dans les pays où il existe des codes de bonne pratique industrielle, on s’est aperçu que les propriétaires de lits de bronzage n’avaient en général pas fait la preuve qu’ils étaient réellement capables de s’autodiscipliner.

La priorité en matière de réglementation devrait être de limiter l’utilisation de ces lits par les moins de 18 ans et d’interdire l’emploi de personnel qualifié s’il n’est pas supervisé. Les recommandations de l’OMS correspondent à celles de la Commission internationale de Protection contre le Rayonnement non ionisant (ICNIRP) et de la Société européenne pour la Prévention du Cancer de la Peau (EUROSKIN).

Les principales raisons qui font que des réglementations sont nécessaires

  • Accroissement du nombre de lits de bronzage commerciaux non supervisés - Sans un personnel qualifié et des conseils suffisants en matière de santé, le potentiel d’effet nocif chez le consommateur non informé est bien plus important. Cet état de choses, associé à des stratégies de tarification compétitive, par exemple en proposant un nombre de séances illimité dans un laps de temps donné, augmente la probabilité que des lésions cutanées apparaissent.
  • Emission d’UV de forte intensité - Certains appareils peuvent émettre des UV d’intensité très forte, beaucoup plus forte que celle du soleil en été dans la plupart des pays lorsqu’il est au zénith. S’agissant d’une industrie en grande partie non réglementée, où la formation du personnel n’est pas obligatoire, cela augmente considérablement les risques sanitaires.
  • Durée d’exposition et intervalles entre les séances de bronzage - Une utilisation raisonnable des lits de bronzage suppose de se conformer aux durées d’exposition recommandées (qui dépendent du type d’appareil utilisé) et de respecter des pauses suffisamment longues entre les séances. Normalement, il faut au moins 48 heures entre deux séances pour que les lésions de l’ADN provoquées dans les cellules cutanées par les UV soient réparées.
  • Protection des yeux - Il faut porter une protection contre les UV (par exemple des lunettes) pendant les séances de bronzage afin de préserver les yeux.
  • Effets de certains médicaments et produits cosmétiques - Certains médicaments, par exemple les antidépresseurs, les antibiotiques, les psoralènes, les antifongiques et les antidiabétiques, et certains produits cosmétiques augmentent la photosensibilité de la peau, diminuant ainsi la durée nécessaire pour qu’une brûlure apparaisse.
  • La surface de peau exposée - Les lits de bronzage modernes de type « sandwich » exposent en général davantage de surface cutanée aux UV que ce ne serait le cas au soleil, augmentant ainsi les risques pour la santé. Là encore, les jeunes sont plus sensibles aux lésions provoquées par les UV suite à un tel bronzage « intégral ».

Recommandations de l’ICNIRP

Dans sa publication de 2003, l’ICNIRP recommande de ne pas utiliser des appareils émettant des UV pour bronzer ou à d’autres fins non médicales. Elle indique que les groupes qui suivent présentent un risque particulièrement élevé d’effets indésirables pour la santé dus aux UV et doivent donc se voir déconseiller l’utilisation des appareils de bronzage :

  • les gens appartenant aux phototypes cutanés I ou II ;
  • les enfants et les adolescents (tous les moins de 18 ans) ;
  • les gens qui ont un grand nombre de grains de beauté (naevus) ;
  • les personnes qui ont tendance à avoir des taches de rousseur ;
  • les sujets qui ont des antécédents de coups de soleil fréquents au cours de l’enfance ;
  • les personnes qui présentent des lésions cutanées précancéreuses ou cancéreuses ;
  • les gens dont la peau est endommagée par le soleil ;
  • les personnes qui se maquillent. Les produits cosmétiques peuvent renforcer leur sensibilité à l’exposition aux UV ; et
  • les personnes qui prennent des médicaments. En pareil cas, elles doivent demander conseil à leur médecin afin de déterminer si le médicament qu’elles prennent va les sensibiliser aux UV.

Mesures prises par l’Organisation mondiale de la Santé

INTERSUN, le projet mondial de l’OMS concernant le rayonnement ultraviolet, est un projet concerté entre l’OMS, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, l’Organisation météorologique mondiale, le Centre international de Recherche sur le Cancer et l’ICNIRP, qui vise à réduire la charge de morbidité résultant de l’exposition au rayonnement UV. Ce projet évalue et quantifie les risques sanitaires et élabore des réponses appropriées par le biais de lignes directrices, de recommandations et de la diffusion d’informations. En dehors de ses objectifs scientifiques, INTERSUN assure un rôle de conseil auprès des autorités nationales et autres instances concernant des programmes efficaces de sensibilisation à ce problème. Elles s’adressent à différents publics : personnes exposées professionnellement, touristes, enfants d’âge scolaire et grand public.

En 2003, l’OMS a publié une brochure intitulée « Lits de bronzage artificiel : risques et recommandations » dans lequel le grand public, les gérants d’installations de bronzage artificiel et les Etats Membres trouveront des conseils sur la façon dont on pourrait gérer la question des lits de bronzage de manière à protéger la santé publique.

Plus d'informations

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