ArabeChinoisAnglaisFrançaisRusseEspagnol
Page d'accueil
Ensemble de l'OMS Ce site
 

Centre des médias

  OMS > Programmes et projets > Centre des médias > Aide-mémoire
imprimer
Aide-mémoire N° 305
Juillet 2006

Charge mondiale de morbidité due au rayonnement ultraviolet solaire

Introduction

Tout être humain est exposé au rayonnement ultraviolet émis par le soleil. En faible quantité, les UV sont bénéfiques pour la santé et jouent un rôle essentiel dans la synthèse de la vitamine D. En revanche, la surexposition entraîne divers problèmes de santé, en particulier des cancers cutanés et des cataractes. L'OMS a évalué récemment la charge mondiale de morbidité que l'on peut attribuer au rayonnement UV solaire. Ces informations fournissent une base importante à la santé publique au niveau national et international et aux programmes de protection pour aider les populations à éviter les expositions dangereuses au soleil.

Rayonnement UV

Liens connexes

Rayonnement ultraviolet et le Programme INTERSUN

INTERSUN Programme


Le rayonnement UV qui atteint la surface terrestre se compose en grande partie d'UVA, aux longueurs d'onde élevées, et d'une petite fraction d'UVB, à longueur d'onde plus courte. L'atmosphère filtre la majeure partie des UVB et des UVC, à très courte longueur d'onde. L'intensité du rayonnement UV est influencée par :

  • L'élévation du soleil : plus le soleil est élevé dans le ciel, plus le rayonnement UV est intense, avec une augmentation plus rapide des UVB par rapport aux UVA. L'intensité du rayonnement UV varie donc en fonction du moment de la journée et de l'année.
  • La latitude : plus on s'approche des régions équatoriales, plus l'intensité augmente.
  • La couverture nuageuse : l'intensité est maximale quand le ciel est dégagé. Toutefois, même avec des nuages, le rayonnement UV peut être intense en raison de la diffraction dans l'atmosphère.
  • L'altitude : aux altitudes élevées, l'atmosphère se raréfie et la masse d'air décroît ; les UV sont donc moins absorbés.
  • L'ozone : l'ozone de l'atmosphère absorbe une partie du rayonnement UV qui pourrait atteindre la surface terrestre. La déplétion de la couche d'ozone entraîne une augmentation des UVB, mais a peu d'impact sur les UVA.
  • Réverbération au sol : l'herbe, la terre et l'eau réverbèrent moins de 10 % du rayonnement UV alors que la proportion peut atteindre 80 % pour la neige fraîche ; le sable sec d'une plage réverbère environ 15 % des UV et l'écume de mer environ 25 %.

On ne peut ni voir, ni sentir le rayonnement UV. Il faut donc disposer d'appareils de mesures pour en déterminer précisément l'intensité au niveau du sol (intensité ambiante). Les mesures du rayonnement UV, comme l'indice du rayonnement UV total totalisent l'ensemble du rayonnement UV solaire en tenant compte de sa capacité à provoquer des lésions cutanées. Si l'on ne dispose pas de ces mesures, on peut estimer approximativement l'intensité ambiante en se basant sur la latitude.

Au niveau individuel, l'exposition dépend en outre de facteurs tels que le comportement et l'utilisation de protections, habits, chapeaux, écrans solaires, lunettes de soleil, au cours des activités pratiquées à l'extérieur (y compris professionnelles). Le type de peau est également important. Les personnes à la peau claire ont plus facilement des érythèmes solaires que celles qui ont la peau sombre.

Conséquences de la surexposition au rayonnement UV pour la santé

En faisant appel aux données recueillies systématiquement dans la littérature scientifique, l'OMS a identifié neuf événements indésirables pour la santé qui sont clairement dus à l'exposition au rayonnement UV. Elle a ensuite évalué la charge de ces problèmes de santé en y englobant à la fois la morbidité et la mortalité. Les neuf maladies examinées sont les suivantes :

  • Le mélanome malin : il s'agit d'une forme très grave de cancer. Bien que les traitements s'améliorent, le mélanome reste associé à un risque de mortalité important. L'OMS estime qu'entre 50 % et 90 % de la charge de morbidité due aux mélanomes est imputable à l'exposition au rayonnement UV.
  • Le carcinome cutané spinocellulaire : cet autre type de cancer évolue en général moins vite que le mélanome et il est moins susceptible d'entraîner la mort ou des incapacités permanentes. On attribue 50 % à 70 % de ces cancers à l'exposition aux UV.
  • Le carcinome cutané basocellulaire : ce cancer apparaît principalement chez les personnes âgées et évolue lentement par propagation locale. On estime que 50 % à 90 % de l'incidence de ce cancer et de la mortalité qu'il entraîne est due à l'exposition aux UV.
  • Le carcinome spinocellulaire de la cornée ou de la conjonctive : c'est une tumeur très rare de la surface de l'œil. L'exposition aux UV est à l'origine de 50 % à 70 % des cas.

Les affections qui suivent sont également la conséquence d'une exposition excessive aux UV, mais les estimations de la charge globale de morbidité sont très incertaines, car il y a peu de données sur leur incidence ou sur la part attribuable aux UV :

  • Photovieillissement : on associe aux lésions chroniques dues au soleil le développement de troubles cutanés appelés kératoses solaires. Dans de rares cas, ces lésions peuvent être précancéreuses. On attribue aux UV 100 % de la charge de morbidité due à ces kératoses.
  • Erythèmes solaires : certains peuvent être graves et entraîner la formation de cloques. On attribue aux UV 100 % de la charge de morbidité qui en résulte.
  • Cataracte corticale : la cataracte est une maladie de l'œil au cours de laquelle le cristallin s'opacifie progressivement entraînant une déficience de la vision et finalement la cécité. L'exposition de l'œil au soleil sur le long terme accroît le risque d'apparition d'une forme spécifique, la cataracte corticale. On attribue 5 % de la charge de morbidité due aux cataractes à l'exposition aux UV.
  • Ptérygion : il s'agit d'un voile conjonctival triangulaire s'étendant sur la surface de l'œil. L'exposition aux UV est à l'origine de 40 % à 70 % de la charge de morbidité liée à cette affection.
  • Réactivation de l'herpès labial : La surexposition aux UV entraîne une immunosuppression et la réactivation du virus Herpes simplex (le « bouton de fièvre »). On attribue 25 % à 50 % de la charge de morbidité aux UV.

Estimation de la charge mondiale de morbidité due aux UV

L'OMS se sert des années de vie ajustées sur l'incapacité (DALY) pour mesurer l'impact négatif d'un événement particulier sur la santé. Cette mesure ajoute aux années de vie perdues par décès prématuré celles vécues avec une incapacité. Une année de vie ajustée sur l'incapacité équivaut donc à la perte d'une année de vie vécue en bonne santé.

Le tableau qui suit récapitule les calculs pour 2000 des DALY et de la mortalité attribuables à la surexposition aux UV pour les neuf maladies énumérées plus haut. Les estimations hautes et basses indiquent la variation en fonction des hypothèses et des valeurs utilisées pour les calculs. A l'échelle mondiale, environ 1,5 million de DALY (0,1 % de la charge totale de morbidité) sont perdues chaque année à cause de la surexposition au rayonnement UV. On considère comme particulièrement incertaines les estimations portant sur l'érythème solaire et la réactivation de l'herpès labial (bouton de fièvre). C'est pourquoi on présente aussi une estimation récapitulative des DALY excluant ces deux problèmes de santé.


  DALY (en milliers)
Maladie Estimation haute Estimation basse Estimation haute Estimation basse
Mélanome malin 621 345 58 645 32 581
Carcinome spinocellulaire cutané 83 59 9 474 6 767
Carcinome basocellulaire cutané 52 29 2 921 1 623
Kératoses solaires 8 8 0   0  
Erythèmes solaires 294 294 0   0  
Cataracte corticale 529 529 0   0  
Ptérygion 35 20 0   0  
Carcinome spinocellulaire de l'œil 2 1 0   0  
Réactivation de l'herpès labial 68 34 0   0  
Total 1692 1319 71 039 40 970
Total (à l'exclusion de l'érythème solaire et de l'herpès labial) 1330 991 71 039 40 970

En termes de mortalité, seuls les trois types de cancer sont à l'origine des décès attribuables à une exposition excessive aux UV. En 2000, il y a donc eu entre 41 000 et 71 000 décès dus à la surexposition aux UV, la meilleure estimation se situant aux alentours de 60 000 décès.

Variations régionales

Les principaux effets sanitaires contribuant à la charge de morbidité attribuable aux UV varient selon les régions.

Dans la Région OMS de l'Europe, où la population à peau claire est prédominante, le mélanome est de loin la première cause de morbidité attribuable au rayonnement UV. On obtient des résultats similaires dans certain pays de la Région OMS du Pacifique occidental, notamment l'Australie, Brunei, le Japon, la Nouvelle-Zélande et Singapour. Dans une grande partie des Amériques, le mélanome est également la première des causes de morbidité attribuable au rayonnement UV, avec une contribution importante des érythèmes solaires.

Dans la Région OMS de l'Afrique, la cataracte est la principale cause de morbidité attribuable aux UV. Même si les mélanomes malins sont rares dans ces populations à la peau très pigmentée, ils sont la deuxième cause de morbidité dans cette région.

La cataracte est également la première des cause de morbidité associée aux UV dans certain pays de la Région OMS des Amériques, comme la Bolivie, l'Equateur, le Guatemala, Haïti, le Nicaragua, le Pérou, ainsi que dans la Région de la Méditerranée orientale, en particulier en Egypte, en Arabie saoudite, en Iran et en Iraq. Il en va de même dans certains pays de la Région OMS de l'Asie du Sud-Est, comme l'Indonésie, la Thaïlande, l'Inde et le Bangladesh. Dans plusieurs pays du Pacifique occidental, la Chine, la Malaisie et les Philippines, les érythèmes solaires et la cataracte sont les principales conséquences néfastes du rayonnement UV, suivis des mélanomes.

Effets bénéfiques de l'exposition au rayonnement UV

L'exposition aux UV a également des effets bénéfiques, principalement la synthèse de vitamine D. Des quantités suffisantes de vitamine D permettent d'éviter le développement de maladies osseuses comme le rachitisme, l'ostéomalacie et l'ostéoporose. Les effets bénéfiques éventuels sur certains cancers et troubles de l'immunité font l'objet d'études scientifiques approfondies. Les populations vivant dans les basses latitudes (et qui n'ont pas encore une alimentation riche en vitamine D) et celles à la peau très sombre ont particulièrement besoin du rayonnement UV pour synthétiser des quantités suffisantes de vitamine D.

Pour les besoins d'une évaluation théorique des effets de l'absence d'UV, l'OMS a calculé des modèles. Si l'on part de l'hypothèse d'une exposition nulle aux UV, entraînant une carence généralisée et profonde en vitamine D, les maladies qui en résulteraient provoqueraient chaque année la perte de plus de 3,3 milliard de DALY. Il est important de noter que cela ne correspond pas à la situation actuelle. Bien que des études donnent à penser que, chez de nombreuses personnes, la vitamine D n'est pas présente en quantité optimale, elle reste néanmoins à un niveau qui les protège de l'apparition des maladies osseuses évoquées plus haut. De fait, le rachitisme et l'ostéomalacie sont des maladies rares. Dans la plupart des cas, l'exposition minimale ordinaire aux UV suffit à maintenir la vitamine D à des niveaux permettant d'éviter ces problèmes de santé.

Bien plus que la sous-exposition, la surexposition aux UV reste donc le principal sujet de préoccupation pour la santé publique. Ce sont les autorités sanitaires locales qui pourront donner les meilleurs conseils de prévention des maladies résultant de la surexposition au rayonnement solaire et de la carence en vitamine D, en tenant compte du type de peau prédominant dans les populations locales et du rayonnement ambiant dans la région.

Prévention de la surexposition aux UV – recommandations de l'OMS

  • Limiter la durée de l'exposition en milieu de journée. L'intensité du rayonnement UV solaire est maximale entre 10 h et 14 h (en heure solaire, c'est-à-dire deux heures avant et deux heures après le midi solaire). Dans toute la mesure du possible, il faut limiter l'exposition pendant cette période.
  • Rechercher l'ombre. Il est recommandé de se réfugier à l'ombre quand le rayonnement UV est le plus intense. Il faut néanmoins se méfier de l'ombre apportée par les arbres, les ombrelles, les parasols, les auvents ou les marquises par exemple, qui n'offrent pas une protection complète. Pour agir à bon escient, il suffit de mémoriser une règle simple : « restez à l'ombre quand l'ombre est courte ».
  • Porter des vêtements et accessoires de protection. Un chapeau à large bord offre une bonne protection des yeux, des oreilles, du visage et de l'arrière du cou contre le soleil. Les lunettes de soleil, avec une protection latérale suffisante, bloquent 99 % à 100 % des UVA et UVB, ce qui réduit considérablement le risque de lésions oculaires par exposition au soleil. Les vêtements amples au tissage serré apportent une protection supplémentaire.
  • Appliquer de la crème solaire. L'application généreuse d'une crème solaire à large spectre et avec un indice de protection d'au moins 15 toutes les deux heures, ainsi qu'après avoir travaillé, pris un bain, joué ou fait des exercices physiques en plein air, permet de protéger la peau des UV. L'application de ces écrans solaires ne doit pas servir à prolonger l'exposition, le but étant au contraire de protéger la peau quand celle-ci est inévitable.
  • Eviter les lampes et les salons de bronzage. Il vaut mieux éviter totalement d'utiliser des lits de bronzage, qui entraînent des lésions cutanées et oculaires si l'œil n'est pas protégé. L'OMS recommande de les proscrire totalement avant l'âge de 18 ans.
  • Connaître l'indice du rayonnement UV. Cet indice mesure l'intensité du rayonnement UV (voir www.who.int/uv). Plus il est élevé, plus le risque de lésions cutanées ou oculaires est élevé. Il faut s'y référer pour planifier les activités en plein air. Dès que la valeur prévue atteint ou dépasse 3, des mesures de précaution doivent être prises pour se protéger du soleil.
  • Protéger les enfants. En général, les enfants sont plus sensibles que les adultes aux risques de l'environnement. Au cours des activités en plein air, il faut les protéger de l'exposition aux UV en appliquant les mesures décrites ci-dessus. Quant aux nourrissons, il faut toujours les garder à l'ombre. Il est particulièrement important de faire la promotion de la protection solaire dans les écoles pour sensibiliser les enfants aux risques de la surexposition et aux moyens de l'éviter. L'OMS a élaboré des programmes spécifiques sur ces questions.

Prévention de la carence en vitamine D

On a beaucoup parlé récemment des risques de carence en vitamine D par suite d'une sous-exposition au rayonnement UV. De nombreux travaux de recherche sont en cours pour mieux comprendre ces risques et connaître les niveaux d'exposition au soleil qui conviennent. Les populations qui sont très faiblement exposées au soleil, comme les personnes vivant dans des institutions (prisonniers par exemple), celles à la peau très sombre vivant dans des endroits où le rayonnement UV est faible (aux latitudes élevées par exemple) ou celles qui, pour des raisons culturelles ou religieuses, couvrent l'ensemble du corps dès qu'elles doivent sortir, devraient envisager, en consultation avec leur médecin, une supplémentation nutritionnelle en vitamine D. Néanmoins, pour la grande majorité des êtres humains dans le monde, c'est avant tout la prévention de la surexposition aux UV qui doit mobiliser l'attention.

Rôle de l'OMS

Avec son projet mondial INTERSUN, l'OMS donne depuis 1995 des informations scientifiques et des conseils pratiques sur les conséquences sanitaires et les effets environnementaux de l'exposition au rayonnement UV. Dans le cadre d'INTERSUN, des activités sont menées pour réduire la charge de morbidité mondiale imputable à la surexposition aux UV. D'autres organisations internationales (le PNUE, l'OMM, le CIRC et l'ICNIRP), ainsi que plusieurs centres collaborateurs de l'OMS participent activement au projet INTERSUN.

Pour plus d'informations:

WHO Media centre
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int