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Santé et qualité de l'air

Aide-mémoire N°313
Septembre 2011


Principaux faits

  • La pollution de l’air représente un risque environnemental majeur pour la santé En diminuant les niveaux de pollution atmosphérique, on peut aider les pays à réduire la charge mondiale de morbidité imputable aux infections respiratoires, aux cardiopathies et au cancer du poumon.
  • La santé respiratoire ( à court et à long terme) et cardiovasculaire de la population d’une ville dépend directement du niveau de pollution de l’air.
  • On estime que la pollution de l’air intérieur est responsable d’environ 2 millions de décès prématurés, principalement dans les pays en développement. Pratiquement la moitié de ces décès sont dus à la pneumonie chez les enfants de moins de 5 ans.
  • La pollution atmosphérique en milieu urbain serait responsable d’1,3 million de décès dans le monde par an.. Les habitants des pays à revenu moyen supportent une part disproportionnée de ce fardeau.
  • L’exposition aux polluants atmosphériques échappe en grande partie au contrôle individuel et nécessite que les autorités publiques prennent des mesures aux niveaux national, régional et même international.
  • Les lignes directrices de l’OMS concernant la qualité de l’air consituent l’évaluation la plus largement reconnue et la plus à jour des effets de la pollution de l’air sur la santé. Elles préconisent des objectifs de qualité de l’air qui permettraient de réduire fortement les risques sanitaires. Les lignes directrices indiquent qu’en ramenant les concentrations de particules (PM10) de 70 à 20 microgrammes par mètre cube, on pourrait faire baisser la mortalité liée à la qualité de l’air de 15%.

Informations générales

La pollution de l’air, à l’intérieur des locaux comme à l’extérieur, est un problème majeur de santé environnementale touchant aussi bien les pays développés que ceux en développement. Les lignes directices OMS 2005 concernant la qualité de l’air sont conçues pour donner des orientations mondiales et réduire les conséquences de cette pollution sur la santé. Les directives parues pour la première fois en 1987 [1] puis actualisées en 1997 [2] concernaient l’Europe. Les nouvelles directives (2005) s’appliquent au monde entier et se fondent sur l’évaluation des données scientifiques actuelles par des experts. Les concentrations limites recommandées ont été révisées pour un certain nombre de polluants: particules en suspension, ozone (O3), dioxyde d’azote (NO2) et dioxyde de soufre (SO2), et concernent toutes les régions de l’OMS.

Observations fondamentales des lignes directrices de 2005:

  • Actuellement, les particules en suspension (ou matières particulaires) et l'ozone constituent un risque sanitaire grave dans de nombreuses villes des pays développés et en développement. On peut établir une relation quantitative entre le niveau de pollution et certains critères sanitaires (augmentation de la mortalité ou de la morbidité). On obtient ainsi des indications précieuses sur les progrès de la santé auxquels on peut s'attendre si l'on réduit la pollution de l'air.

  • Même à des concentrations relativement faibles, on a associé les polluants atmosphériques à divers effets nuisibles sur la santé.

  • La mauvaise qualité de l'air à l'intérieur des locaux pourrait constituer un risque sanitaire pour plus de la moitié de la population mondiale. Dans les domiciles utilisant des biocombustibles ou du charbon pour la cuisine et le chauffage, les teneurs en particules peuvent être de 10 à 50 fois supérieures aux valeurs indiquées par la directive.

  • On peut obtenir une baisse importante de l'exposition à la pollution de l'air en abaissant les concentrations de plusieurs polluants les plus courants émis en brûlant les combustibles fossiles. Ces mesures auraient également des effets avantageux sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En dehors des valeurs établies, les directives fixent des cibles intermédiaires pour chaque polluant de l'air atmosphérique de façon à faire baisser progressivement les concentrations. En atteignant ces cibles, on observera des réductions significatives des risques de maladies chroniques ou aiguës imputables à la pollution atmosphérique. Il n'en reste pas moins que les valeurs guides sont l'objectif ultime à atteindre.


Particules en suspension

Valeurs recommandées

PM2.5
10 μg/m3 moyenne annuelle
25 μg/m3 moyenne sur 24 heures
PM10
20 μg/m3 moyenne annuelle
50 μg/m3 moyenne sur 24 heures

Les directives 2005 déterminent pour la première fois des valeurs guides pour les particules en suspension (PM). L'objectif est de parvenir à la plus faible concentration possible. Comme l'on n'a pas établi de seuil en dessous duquel on n'observe aucun effet néfaste pour la santé, les valeurs recommandées représentent un objectif acceptable et réalisable pour réduire le plus possible les effets sanitaires en fonction des limitations locales, des moyens disponibles et des priorités de la santé publique.

Définition et principales sources
Les particules en suspension ont plus d'effets sur la santé que tout autre polluant. Les principaux composants en sont les sulfates, les nitrates, l’ammonium, le chlorure de sodium, le carbone, les matières minérales et l’eau. Elles se composent d'un mélange de substances organiques et minérales, sous forme solide ou liquide, et on les classe en fonction de leur diamètre aérodynamique: PM10 (diamètre de moins de 10 μm); PM2,5 (diamètre de moins de 2,5 μm). Ces dernières sont plus dangereuses car, après inhalation, elles peuvent atteindre la région alvéolaire et altérer les échanges gazeux à l'intérieur des poumons.

Effets sur la santé
Aux concentrations auxquelles sont exposées la plupart des populations urbaines et rurales des pays développés et en développement, les particules ont déjà des effets nuisibles sur la santé. L'exposition chronique contribue à augmenter le risque de contracter des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que des cancers pulmonaires. Dans les pays en développement, l'exposition aux polluants émis en brûlant des combustibles solides à l'intérieur des habitations sur des foyers ouverts ou dans des fourneaux traditionnels augmente le risque d'infections aiguës des voies respiratoires inférieures et la mortalité qui s'y associe chez le jeune enfant.
Cette pollution représente également un risque majeur de maladies respiratoires obstructives chroniques et de cancer du poumon chez l'adulte. Dans les villes où l'on observe des niveaux de pollution élevés, la mortalité dépasse de 15 à 20% celle enregistrée dans d'autres villes où l'air est relativement plus sain. Même dans l'Union européenne, l'exposition aux PM2,5 produites par les activités humaines réduit en moyenne l'espérance de vie de 8,6 mois.

Ozone (O3)

Valeurs recommandées

O3
100 μg/m3 moyenne sur 8 heures

La concentration limite recommandée auparavant, 120 mg/m3 (moyenne sur 8 heures), a été ramenée à 100 mg/m3 sur la base des liens concluants établis récemment entre la mortalité quotidienne et des concentrations en ozone inférieures à 120 µg/m3.

Définition et principales sources
Il ne faut pas confondre l'ozone de la couche protectrice dans la haute atmosphère avec celui qui l'on retrouve au niveau du sol et qui est l'un des principaux constituants du smog photochimique. Dans ce cas, l'ozone se forme sous l'effet de réactions photochimiques (c'est-à-dire en présence du rayonnement solaire) entre divers polluants, comme les oxydes d'azote (NOx) émis par les véhicules et l'industrie et les composés organiques volatiles (COV), émis par les véhicules, les solvants et l'industrie. On observe des pics de concentration pendant les périodes de temps ensoleillé.

Effets sur la santé
À des concentrations trop élevées, l'ozone a des effets marqués sur la santé de l'homme. On observe alors des problèmes respiratoires, le déclenchement de crises d'asthme, une diminution de la fonction pulmonaire et l'apparition de maladies respiratoires. En Europe, on considère actuellement que l'ozone est l'un des polluants atmosphériques les plus préoccupants. C'est ainsi que plusieurs études européennes ont signalé un accroissement de la mortalité quotidienne de 0,3% et des maladies cardiaques de 0,4% pour chaque augmentation de 10 μg/m3 de la concentration en ozone.

Dioxyde d’azote (NO2)

Valeurs recommandées

NO2
40 μg/m3 moyenne annuelle
200 μg/m3 moyenne horaire

La valeur guide actuelle de l'OMS de 40 μg/m3 (moyenne annuelle), fixée pour protéger le public des effets du NO2 gazeux sur la santé, reste inchangée par rapport aux directives précédentes.

Définition et principales sources
Dans l'air, le NO2 a les effets suivants:

  • À des concentrations dépassant200 μg/m3, sur de courtes durées, c'est un gaz toxique entraînant une inflammation importante des voies respiratoires.

  • C'est le principal agent responsable de la formation des aérosols de nitrates, qui représentent une proportion importante des PM2.5 et d'ozone, en présence de rayons ultraviolets.

Les émissions anthropiques de NO2 proviennent principalement de la combustion (chauffage, production d'électricité, moteurs des véhicules automobiles et des bateaux).

Effets sur la santé
Les études épidémiologiques ont montré que les symptômes bronchitiques chez l'enfant asthmatique augmentent avec une exposition de longue durée au NO2. On associe également une diminution de la fonction pulmonaire aux concentrations actuellement mesurées (ou observées) dans les villes d'Europe et d'Amérique du Nord.

Dioxyde de soufre (SO2)

Valeurs recommandées

SO2
20 μg/m3 moyenne sur 24 heures
500 μg/m3 moyenne sur 10 minutes

La concentration de SO2 ne doit pas dépasser 500 μg/m3 en moyenne sur 10 minutes. Selon certaines études, une proportion d'asthmatiques voient leur fonction pulmonaire s'altérer et des symptômes respiratoires apparaître après une exposition au SO2 de seulement 10 minutes.

La révision de la directive concernant l'exposition sur 24 heures et ramenant la concentration de 125 à 20 μg/m3 de SO2 se fonde sur les considérations suivantes:

  • On sait maintenant que le SO2 a des effets sur la santé à des concentrations bien plus faibles qu'on ne le soupçonnait auparavant.

  • Il faut s'en protéger davantage.

  • Bien que l'on ne connaisse pas encore exactement la cause des effets du SO2 à de faibles concentrations, il est probable qu'en abaissant celles-ci on obtiendra aussi une réduction de l'exposition aux polluants associés.

Définition et principales sources
Le SO2 est un gaz incolore, d'odeur piquante. Il est produit par la combustion des énergies fossiles (charbon et pétrole) et la fonte des minerais de fer contenant du soufre. La source anthropique principale de SO2 est la combustion des énergies fossiles contenant du soufre pour le chauffage domestique, la production d'électricité ou les véhicules à moteur.

Effets sur la santé
Le SO2 affecte le système respiratoire, le fonctionnement des poumons et il provoque des irritations oculaires. L'inflammation de l'appareil respiratoire entraîne de la toux, une production de mucus, une exacerbation de l'asthme, des bronchites chroniques et une sensibilisation aux infections respiratoires. Le nombre des admissions à l'hôpital pour des cardiopathies et la mortalité augmentent les jours de fortes concentrations en SO2. La réaction avec l'eau produit de l'acide sulfurique, principal composant des pluies acides à l'origine de phénomènes de déforestation.

L’OMS aidera les États Membres à échanger les informations sur les approches fructueuses, les méthodes d’évaluation de l’exposition et le contrôle des effets de la pollution sur la santé.


[1]: Air quality guidelines for Europe. Copenhague, Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Europe, 1987 (Publications régionales de l’OMS, Série européenne, N° 23).
[2]: Air quality guidelines for Europe, 2ème édition. Copenhague, Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Europe, 2000 (Publications régionales de l’OMS, Série européenne, N° 91).

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