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Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Aide-mémoire N°315
Novembre 2016


Principaux faits

  • La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie pulmonaire engageant le pronostic vital qui interfère avec la respiration normale.
  • Plus de 3 millions de personnes sont décédées d’une BPCO en 2015, ce qui correspond à 5% de l’ensemble des décès survenus dans le monde cette année-là.
  • Plus de 90% des décès par BPCO se produisent dans des pays à revenu faible et intermédiaire.
  • La principale cause de BPCO est la fumée du tabac, due au tabagisme actif ou passif.
  • L’exposition à la pollution de l’air intérieur et extérieur et les poussières et fumées dans le milieu professionnel font partie des autres facteurs de risque.
  • Certains cas de BPCO sont dus à l’asthme chronique.
  • Il est probable qu’on observe une recrudescence de la BPCO au cours des prochaines années à cause de la prévalence plus élevée du tabagisme et du vieillissement des populations dans de nombreux pays.
  • On pourrait prévenir de nombreux cas de BPCO en évitant ou en cessant tôt le tabagisme. Il est donc important que les pays adoptent la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (FCTC) et appliquent le programme de mesures MPOWER de façon à ce que le fait de ne pas fumer devienne la norme dans le monde.
  • La BPCO est une maladie incurable mais le traitement peut soulager les symptômes, améliorer la qualité de vie et diminuer le risque d’en mourir.

La bronchopathie chronique obstructive est une maladie pulmonaire se caractérisant par une baisse persistante de l’écoulement des gaz inspirés. Les symptômes s’aggravent progressivement, avec un essoufflement à l’effort finissant par se produire aussi au repos. Elle tend à être sous diagnostiquée et elle peut engager le pronostic vital. On a souvent utilisé les termes de «bronchite chronique» et d’«emphysème» pour parler de cette maladie.

Facteurs de risque

La principale cause de BPCO est la fumée du tabac (notamment le tabagisme passif). Les autres facteurs de risque sont les suivants:

  • pollution de l’air dans les habitations, par exemple, lorsqu’on utilise des combustibles solides pour la cuisine et le chauffage;
  • pollution de l’air atmosphérique;
  • poussières et produits chimiques en milieu professionnel (vapeurs, produits irritants et fumées);
  • des infections fréquentes des voies respiratoires inférieures au cours de l’enfance.

De nombreux cas de BPCO sont évitables. La mise en œuvre globale de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac réduira la prévalence du tabagisme et la charge de cette maladie à l'échelle mondiale.

Qui est exposé au risque?

Auparavant, la BPCO était plus courante chez l’homme mais, à cause de la fréquence comparable du tabagisme chez l’homme et la femme dans les pays à revenu élevé et du risque accru d’exposition à la pollution de l’air intérieur (combustibles solides utilisés pour la cuisine et le chauffage) pour les femmes dans les pays à revenu faible, la maladie sévit désormais presque à égalité chez les hommes et les femmes.

Plus de 90% des décès dus à la BPCO surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où les stratégies efficaces de prévention et de lutte ne sont pas toujours mises en œuvre ou accessibles.

Symptômes

La bronchopathie chronique obstructive se développe lentement et ne se manifeste en général qu’à partir de l’âge de 40 ans ou 50 ans. Les symptômes les plus courants sont l’essoufflement (une impression d’avoir besoin d’air), une toux chronique et des expectorations (avec du mucus). Les activités ordinaires, comme la marche, le fait de monter un petit escalier ou de porter une valise ou même certaines activités du quotidien peuvent devenir très difficiles à mesure que la maladie s’aggrave progressivement.

Les patients souffrent fréquemment d’exacerbations de la maladie, c’est-à-dire des épisodes plus forts d’essoufflement, de toux et d’expectorations qui peuvent durer de quelques jours à quelques semaines. Ces épisodes peuvent être très handicapants, nécessiter des soins médicaux d’urgence (voire l’hospitalisation) et parfois entraîner la mort.

Diagnostic et traitement

On soupçonne en général une bronchopathie chronique obstructive chez les personnes présentant les symptômes décrits ci-dessus et on peut la confirmer à l’aide d’un test appelé «spirométrie» qui permet de mesurer les volumes d’air qu’une personne peut expirer en se forçant et la vitesse de cette expiration.

La bronchopathie chronique obstructive est incurable. Néanmoins, les traitements médicaux et la kinésithérapie peuvent aider à soulager les symptômes, à améliorer la capacité à faire de l’exercice et la qualité de vie et à réduire le risque de mortalité.

Le sevrage tabagique est le traitement le plus efficace et le moins coûteux de la BPCO pour les fumeurs. Il peut ralentir l’évolution de la maladie et diminuer le nombre des décès liés à la BPCO. Dans certains cas mais pas tous, le traitement par des inhalations de corticoïdes peut avoir un effet bénéfique.

Pour la BPCO, les tests de diagnostic et les options de traitement disponibles varient en fonction du niveau des ressources. L’OMS a publié des lignes directrices comportant des recommandations spécifiques pour la prise en charge de la BPCO dans le cadre des soins de santé primaires en situation de ressources limitées.

Plus de 90% des décès par BPCO se produisent dans les pays à revenu faible et intermédiaire où des stratégies efficaces de prévention et de lutte ne sont pas toujours mises en oeuvre ni accessibles.

Réponse de l’OMS

Les travaux de l’OMS sur la BPCO s’inscrivent dans les efforts de l’Organisation visant à lutter contre les maladies non transmissibles. L’OMS a pour but:

  • de sensibiliser à l’épidémie mondiale de maladies chroniques;
  • de créer des environnements plus sains, en particulier pour les populations pauvres et défavorisées;
  • de diminuer les facteurs de risque courants des maladies non transmissibles telles que le tabagisme, la mauvaise alimentation et la sédentarité;
  • de prévenir les décès prématurés et les incapacités évitables dus aux principales maladies non transmissibles.

La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (FCTC) a été élaborée en réponse à la mondialisation de l’épidémie de tabagisme, pour protéger des milliards de personnes de l’exposition nocive au tabac. C’est le premier traité mondial en matière de santé négocié par l’Organisation mondiale de la Santé et il a été ratifié par plus de 180 pays.

L’OMS conduit également l’Alliance mondiale contre les affections respiratoires chroniques (GARD), une alliance volontaire d’organisations, d’institutions et d’organismes nationaux et internationaux travaillant au même objectif visant à réduire la charge mondiale de morbidité due aux maladies respiratoires chroniques. Elle a pour objectif un monde dans lequel chacun pourrait respirer librement. L’Alliance se consacre plus particulièrement aux besoins des pays à revenu faible et intermédiaire et aux populations vulnérables.


Projections of Global Mortality and Burden of Disease from 2002 to 2030.
Mathers CD, Loncar D. PLoS Medicine. 2006 Nov 28; 209–224.