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Aide-mémoire N°316
Le pian: une maladie oubliée
La maladie
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- Le pian est une infection chronique dont la localisation est principalement cutanée, osseuse et cartilagineuse.
- C’est une maladie qui sévit surtout dans les communautés pauvres des régions chaudes, humides et tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
- L’organisme responsable est une bactérie appelée Treponema pertenue, une sous-espèce de Treponema pallidum responsable de la syphilis, maladie vénérienne. Cependant, le pian est une tréponématose non vénérienne.
- Près de 75% des sujets touchés sont des enfants de moins de quinze ans (le pic d’incidence étant observé chez les enfants âgés de six à dix ans); garçons et filles sont touchés de la même façon et aucune race n’y échappe.
- La transmission du pian se fait principalement par contact cutané direct avec une personne infectée.
- Une petite lésion cutanée unique se développe au point d’entrée de la bactérie au bout de deux à quatre semaines. Sans traitement, des lésions multiples apparaissent sur tout le corps.
- La surpopulation, une hygiène individuelle médiocre et un assainissement insuffisant facilitent la propagation de cette maladie.
- C’est une maladie qui est rarement mortelle, mais qui peut entraîner des mutilations et des incapacités chroniques.
- Le pian peut être traité par une dose unique d’un antibiotique bon marché et efficace – une injection de benzathine benzylpénicilline guérit la maladie.
La lutte contre le pian dans le passé
- Entre 1950 et 1970, l’OMS et l’UNICEF ont dirigé une campagne mondiale de lutte contre le pian dans 46 pays.
- Des campagnes de masse faisant appel à des équipes mobiles se déplaçant dans l’ensemble de ces 46 pays ont permis de traiter cinquante millions de personnes et, en 1970, la prévalence de la maladie avait chuté de 95%.
- De ce fait, mais bien malheureusement, dans les années 1970 les programmes verticaux de nombreux pays ont été démantelés et les activités de lutte contre le pian intégrées dans le système de soins de santé primaires chargé de s’occuper des "derniers cas". Les ressources, l’attention et l’engagement dans les activités de lutte contre le pian se sont progressivement amenuisés.
- À la fin des années 1970, la maladie a commencé à refaire surface, donnant lieu à une résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé (WHA31.58) en 1978.
- De nombreux pays (en particulier d’Afrique de l’Ouest) ont essayé de relancer les efforts de lutte au début des années 1980, mais ces tentatives ont échoué au bout de quelques années en raison du manque de volonté politique et de ressources.
- Depuis 1995, les efforts d’élimination ont été relancés dans certaines régions et pays mais sans qu’il y ait de coordination mondiale.
Peut-on éradiquer le pian?
Les experts pensent qu’il est facile de lutter contre le pian, voire de l’éradiquer, pour les raisons suivantes:
- c’est une maladie qui ne touche que l’homme;
- seuls quelques foyers localisés de l’infection demeurent;
- on dispose d’un traitement puissant ayant un bon rapport coût/efficacité, qui consiste en une injection unique de benzathine benzylpénicilline retard;
- le diagnostic clinique est fiable avec une formation minimum du personnel de santé;
- l’expérience passée a montré que l’élimination était possible dans un certain nombre de pays.
Plus récemment, l’Inde a également éliminé le pian.
Prévalence de la maladie dans le passé
Cinquante millions de personnes ont été traitées entre 1950 et 1970. Dans les années 1990, l’OMS a estimé la prévalence mondiale de cette maladie à 2,5 millions de cas, dont 460 000 étaient des nouveaux cas.
Prévalence actuelle
- On ignore quelle est la prévalence actuelle de cette maladie, car il n’y a pas de notification officielle dans le monde et dans de nombreux pays depuis 1990.
- Près de 5 000 nouveaux cas sont notifiés chaque année en Asie du sud-est, principalement en Indonésie et au Timor Leste.
- Il existe des rapports non confirmés indiquant que le pian est toujours présent dans certains pays d’Afrique subsaharienne et de la Région du Pacifique occidental. Par exemple, en 2005, près de 26 000 cas ont été notifiés au Ghana et près de 18 000 en Papouasie Nouvelle Guinée.
- On ne sait pas au juste si des cas de pian se produisent toujours dans les Amériques.
Signes et symptômes
Il y a deux périodes principales de la maladie: la période primaire (infectieuse) et la période tardive (non infectieuse):
- au tout début, une papule initiale apparaît au point d’entrée de la bactérie. Cette papule est remplie de tréponèmes et peut persister pendant trois à six mois puis guérir naturellement. Sans traitement, il s’ensuit l’apparition de lésions cutanées disséminées sur tout l’organisme. Des douleurs et des lésions osseuses peuvent également apparaître;
- la phase tardive du pian apparaît au bout de cinq ans et est caractérisée par les conséquences incapacitantes de l’hyperkératose siégeant au niveau du nez, des os et des paumes/plantes des pieds.
Sur le terrain, le diagnostic est principalement basé sur l’observation clinique et épidémiologique.
Une personne (75% des pianiques sont des enfants de moins de quinze ans) vivant dans une région d’endémie et qui présente un ou plusieurs des signes suivants:
- ulcération non douloureuse recouverte d’une croûte
- papillomes
- hyperkératose (épaississement de la peau) palmaire/plantaire.
Le diagnostic clinique peut être confirmé par l’examen d’un prélèvement de lésion cutanée sous un microscope particulier (examen au microscope à fond noir). Il n’y a pas de test sanguin spécifique pour le pian mais, du fait que la bactérie est étroitement apparentée au tréponème de la syphilis, les tests sanguins de dépistage de la syphilis sont également valables pour le pian.
Traitement
- Une injection intramusculaire unique de benzathine benzylpénicilline est curative. Les rechutes sont très rares. La dose pour adulte est de 1,2 million d’unités et la dose pour enfant de
600 000 unités.
- Pour les sujets allergiques à la pénicilline, on peut utiliser la tétracycline, l’érythromycine et la doxycycline.
Complications
Sans traitement, près de 10% des sujets infectés vont présenter des complications mutilantes et invalidantes au bout de cinq ans parce que la maladie provoque parfois une destruction massive de la peau et des os. Elle peut également engendrer des déformations des jambes, du nez, du palais et de la mâchoire supérieure.
Prévention
Il n’y a pas de vaccin pour prévenir le pian. Les principes de prévention sont basés sur l’interruption de la transmission grâce au diagnostic et au traitement précoces des sujets infectés et de leurs contacts.
Pour plus d'informations veuillez contacter:
M. Dick Thompson
Chargé de communication, OMS
Tél.: +41 22 791 2684
Portable: +41 79 475 5475
E-mail: mediainquiries@who.int
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