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Maladies cardio-vasculaires

Aide-mémoire
Mars 2013


Principaux faits

  • Les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde: il meurt chaque année plus de personnes en raison de maladies cardio-vasculaires que de toute autre cause.(1)
  • On estime à 17,3 millions le nombre de décès imputables aux maladies cardio-vasculaires, soit 30% de la mortalité mondiale totale. (1) Parmi ces décès, on estime que 7,3 millions sont dus à une cardiopathie coronarienne et 6,2 millions à un AVC (statistiques 2008). (2)
  • Plus de 80% des décès interviennent dans des pays à revenu moyen ou faible et touchent presque également hommes et femmes.
  • D’ici 2030, près de 23,3 millions de personnes mourront d’une maladie cardio-vasculaire (cardiopathie ou AVC principalement). D’après les projections, ces maladies devraient rester les premières causes de décès.(1)(3)
  • Il est possible de prévenir la plupart des maladies cardio vasculaires en s’attaquant aux facteurs de risque tels que le tabagisme, une mauvaise alimentation et l’obésité, le manque d’activité physique, l’hypertension artérielle, le diabète et l’hyperlipidémie.
  • 9,4 millions de décès chaque année, soit 16,5% de l’ensemble des décès, peuvent être attribués à l’hypertension artérielle.(4) Celle-ci est ainsi responsable de 51% des décès dus aux AVC et de 45% des décès dus au cardiopathies coronariennes.(5)

Que sont les maladies cardio-vasculaires?

Les maladies cardio-vasculaires constituent un ensemble de troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins, qui comprend:

  • les cardiopathies coronariennes (touchant les vaisseaux sanguins qui alimentent le muscle cardiaque)
  • les maladies cérébro-vasculaires (touchant les vaisseaux sanguins qui alimentent le cerveau)
  • les artériopathies périphériques (touchant les vaisseaux sanguins qui alimentent les bras et les jambes)
  • les cardiopathies rhumatismales, affectant le muscle et les valves cardiaques et résultant d’un rhumatisme articulaire aigu, causé par une bactérie streptocoque
  • les malformations cardiaques congénitales (malformations de la structure du cœur déjà présentes à la naissance)
  • les thromboses veineuses profondes et les embolies pulmonaires (obstruction des veines des jambes par un caillot sanguin, susceptible de se libérer et de migrer vers le cœur ou les poumons).

Les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux sont généralement des événements aigus et sont principalement dus au blocage d’une artère empêchant le sang de parvenir au cœur ou au cerveau. Leur cause la plus courante est la constitution d’un dépôt gras sur les parois internes des vaisseaux sanguins alimentant ces organes. Les accidents vasculaires cérébraux peuvent aussi résulter du saignement d’un vaisseau sanguin cérébral ou de caillots.

Quels sont les facteurs de risque?

Les principaux facteurs de risques des cardiopathies et des AVC, sont une mauvaise alimentation, un manque d’activité physique, le tabagisme et l'usage nocif de l’alcool. Ces facteurs de risque comportementaux sont responsables d'environ 80% des maladies coronariennes et cérébraux vasculaires.

Les effets d’une mauvaise alimentation et du manque d’activité physique peuvent se traduire chez les individus par une hypertension, une hyperglycémie, une élévation du taux de lipides, et le surpoids et l’obésité. Ces «facteurs de risque intermédiaires» peuvent être évalués dans les centres de soins primaires et ils sont le signe d’un risque accru d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral, de défaillance cardiaque et d’autres complications.

On a constaté que cesser de fumer, réduire l’apport en sel dans son alimentation, consommer des fruits et des légumes, pratiquer une activité physique régulière et éviter l’usage nocif de l’alcool permettaient de réduire le risque de maladie cardio-vasculaire. Ce risque peut aussi être diminué en prévenant ou en traitant l’hypertension, le diabète et l’hyperlipidémie.

Les politiques qui créent des conditions propices pour qu’il soit à la fois abordable et possible de faire les bons choix en matière de santé sont essentielles pour inciter les populations à adopter un comportement sain et à s’y tenir.

Quels sont les symptomes courants?

Symptômes des infarctus et AVC

Il est fréquent qu’une maladie cardiovasculaire touchant les vaisseaux sanguins ne donne aucun symptôme. Un infarctus ou un AVC sont parfois le premier signe de la maladie sous-jacente.

Un infarctus peut provoquer notamment les symptômes suivants:

  • douleur ou gêne dans la partie centrale de la poitrine;
  • douleur ou gêne au niveau des bras, de l’épaule gauche, des coudes, de la mâchoire ou du dos.

En outre, la personne peut ressentir des difficultés à respirer ou un essoufflement, éprouver un malaise ou vomir, avoir des sensations vertigineuses ou s’évanouir, être prise de sueurs froides ou pâlir. La probabilité de ressentir des difficultés respiratoires ou des nausées, de vomir ou encore d’éprouver une douleur à la mâchoire ou au dos, est plus forte pour les femmes.

Le symptôme le plus courant d’un AVC est une sensation de faiblesse soudaine au niveau de la face, du bras ou de la jambe, le plus souvent sur un seul côté du corps. Un AVC peut aussi provoquer l’apparition brutale des symptômes suivants: engourdissement de la face, du bras ou des jambes, en particulier d’un seul côté du corps, confusion, difficultés à parler ou à comprendre un discours, difficultés visuelles touchant un œil ou les deux, difficultés à marcher, étourdissement, perte d’équilibre ou de coordination, céphalées sévères sans cause connue et syncope ou perte de conscience.

Les personnes présentant ces symptômes doivent consulter immédiatement.

Cardiopathie rhumatismale

Une cardiopathie rhumatismale est une atteinte des valves et du muscle cardiaques résultant de l’inflammation et des lésions cicatricielles laissées par un rhumatisme articulaire aigu. Cette dernière maladie, causée par une bactérie streptocoque, commence habituellement par une angine ou une amygdalite chez l’enfant.

Le rhumatisme articulaire aigu touche surtout les enfants des pays en développement, en particulier dans les situations de pauvreté généralisée. Au niveau mondial, près de 2% des décès par maladies cardio-vasculaires sont liés au rhumatisme articulaire aigu (2), tandis que 42% sont liés aux cardiopathies ischémiques et 34% aux maladies cérébrovasculaires(2).

Symptômes d'une cardiopathie rhumatismale:

  • essoufflement, fatigue, arythmie cardiaque, douleur thoracique et syncope pour une cardiopathie rhumatismale;
  • fièvre, douleur et gonflement au niveau des articulations, nausées, crampes stomacales et vomissements pour un rhumatisme articulaire aigu.
Traitement
  • Un traitement précoce de l’angine à streptocoque peut stopper le développement du rhumatisme articulaire aigu. Une cure de pénicilline à intervalles réguliers et sur une longue période peut prévenir la réapparition des crises de rhumatisme articulaire aigu, à l’origine de la cardiopathie rhumatismale, et interrompre la progression de cette maladie chez des personnes dont les valves cardiaques sont déjà endommagées.

Pourquoi les maladies cardio-vasculaires constituent-elles un problème de développement pour les pays à revenu faible ou intermédiaire?

  • Plus de 80% des décès par maladie cardio vasculaire dans le monde surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • Les habitants des pays à revenu faible ou intermédiaire sont plus exposés aux facteurs de risque tels que le tabagisme, qui entraînent des maladies cardio-vasculaires et d’autres maladies non transmissibles. Ils font aussi moins l’objet d’efforts de prévention que les habitants des pays à revenu élevé.
  • Les habitants des pays à revenu faible ou intermédiaire souffrant de maladies cardio-vasculaires et d’autres maladies non transmissibles ont moins facilement accès à des services de santé efficaces et équitables répondant à leurs besoins (y compris des services de dépistage précoce).
  • De ce fait, ils meurent plus jeunes de maladies cardio vasculaires ou d'autres maladies non transmissibles, souvent dans leurs années les plus productives.
  • Les habitants les plus pauvres des pays à revenu faible ou intermédiaire sont les plus touchés. Il est amplement démontré que les maladies cardio-vasculaires et d'autres maladies non transmissibles contribuent à la pauvreté des ménages du fait des dépenses de santé catastrophiques et du niveau élevé des paiements directs auxquels ceux-ci doivent faire face.
  • Au niveau macroéconomique, les maladies cardio vasculaires prélèvent un lourd tribut sur les économies des pays à revenu faible ou intermédiaire. On estime que les maladies non transmissibles, dont les maladies cardio-vasculaires et le diabète, auraient pour effet de réduire de jusqu’à 6,77% le PIB de ces pays qui connaissent une croissance économique rapide, car beaucoup de personnes meurent prématurément.

Comment réduire la charge des maladies cardio-vasculaires?

L’OMS a recensé des interventions très efficaces et économiques qu’il est possible de mettre en œuvre même là où les ressources sont rares pour lutter contre les maladies cardio-vasculaires.

Les cardiopathies et les AVC pourraient être évités en adoptant une alimentation saine, en pratiquant régulièrement une activité physique et en évitant l’exposition à la fumée de tabac. Les individus peuvent réduire le risque qu’ils encourent de développer une maladie cardio-vasculaire en ayant une activité physique régulière, en évitant la consommation de tabac et le tabagisme passif, en privilégiant un régime alimentaire riche en fruits et en légumes, en consommant le moins possible de denrées riches en graisses, en sucre et en sel, et en se maintenant à un poids sain et en évitant l’usage nocif de l’alcool.

Ces maladies peuvent être prévenues et contrées par une action globale et intégrée:

  • L’action globale suppose la combinaison d’approches visant à réduire les risques pour l’ensemble de la population et de stratégies ciblant les individus à haut risque ou présentant une maladie déjà établie.
  • Les interventions à l’échelle d’une population pour réduire les maladies cardio-vasculaires sont par exemple des stratégies complètes de lutte antitabac, des politiques de taxation des produits alimentaires riches en graisses, en sucre et en sel, l’aménagement de voies piétonnes et de pistes cyclables pour augmenter l’activité physique de la population, et la fourniture de repas sains dans les écoles.
  • Les approches intégrées visent essentiellement les principaux facteurs de risque communs à une série de maladies chroniques, telles que les CVD, les diabètes et les cancers, à savoir une alimentation malsaine, l’inactivité physique et le tabagisme.

Il existe plusieurs types d’interventions possibles. Certaines de ces interventions peuvent être mises en place même par des agents de santé qui ne sont pas médecins dans des établissements de proximité. Elles sont d’un excellent rapport coût/efficacité, ont un fort impact et sont considérées comme prioritaires par l’OMS. Par exemple:

  • Les personnes à haut risque peuvent être repérées tôt dans le cadre des soins primaires, au moyen d’outils simples tels que des tableaux spécifiques de prédiction des risques. Si ces personnes sont repérées de façon précoce, il existe des traitements peu coûteux pour prévenir un grand nombre de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux.
  • Après un infarctus ou un AVC, le risque de nouvelle attaque ou de décès peut être substantiellement diminué par l’administration combinée de statines pour faire baisser le taux de cholestérol, d’antihypertenseurs et d’aspirine.
  • En outre, des interventions chirurgicales sont parfois nécessaires pour traiter les maladies cardio-vasculaires. Parmi celles-ci figurent le pontage coronarien, l’angioplastie par ballonnet (consistant à dilater l’artère rétrécie au moyen d'un petit ballon gonflable), la réparation et le remplacement des valves cardiaques, la transplantation cardiaque et l’implantation de cœurs artificiels.
  • Les opérations pratiquées pour les traiter comprennent le pontage coronarien, l’angioplastie par ballonnet (consistant à faire passer un dispositif ressemblant à un petit ballon à travers une artère bouchée pour la désobstruer), la réparation et le remplacement des valves cardiaques, la transplantation cardiaque et les opérations faisant appel à un cœur artificiel.

Il faut augmenter les fonds public alloués à la prévention et à la détection précoce par l’intermédiaire de programmes nationaux visant à lutter contre les maladies non transmissibles, dont les maladies cardio-vasculaires.

Références

(1) Rapport sur la situation mondiale des maladies non transmissibles 2010. 2011. Genève, OMS

(2) Global atlas on cardiovascular disease prevention and control. Geneva: WHO; 2011.

(3) Mathers CD, Loncar D. Projections of global mortality and burden of disease from 2002 to 2030. PLoS Med 2006; 3(11):e442.

(4) Lim SS, Vos T, Flaxman AD, Danaei G, Shibuya K, Adair-Rohani H et al. A comparative risk assessment of burden of disease and injury attributable to 67 risk factors and risk factor clusters in 21 regions, 1990-2010: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2010. Lancet 2012; 380(9859):2224-2260.

(5) The global burden of disease: 2004 update. Geneva, World Health Organization, 2008.

Pour en savoir plus sur les maladies cardio-vasculaires:

Centre des médias de l'OMS
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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