Centre des médias

Développement du jeune enfant

Aide-mémoire n°332
Août 2009


PRINCIPAUX FAITS

  • La petite enfance est la phase la plus importante du développement en général d’un bout à l’autre de l’existence.
  • L’environnement du nourrisson influe beaucoup sur son développement cérébral et biologique pendant les premières années de son existence.
  • Les toutes premières expériences déterminent l’état de santé, l’éducation et le rôle économique pour le restant de la vie.
  • Chaque année, plus de 200 millions d’enfants de moins de cinq ans ne réalisent pas tout leur potentiel cognitif et social.
  • Des moyens simples et efficaces s’offrent aux familles et aux personnes qui ont la charge d’enfants de permettre à ceux-ci de se développer de façon optimale.

Durant la petite enfance (de la période prénatale jusqu’à l’âge de huit ans), les enfants connaissent une croissance rapide qui est très influencée par leur environnement. Beaucoup de problèmes observés chez les adultes, comme les troubles mentaux, l’obésité, les cardiopathies, la criminalité, ou encore les difficultés à lire et à compter, trouvent leur origine dans la petite enfance.

Chaque année, plus de 200 millions d’enfants de moins de cinq ans ne réalisent pas tout leur potentiel cognitif et social. La plupart d’entre eux vivent dans le sud de l’Asie et en Afrique subsaharienne. Conséquence d’un développement médiocre, de nombreux enfants ont de mauvais résultats scolaires et, par la suite, de faibles revenus à l’âge adulte. Ils risquent aussi, une fois adultes, d’avoir des enfants très tôt et de ne pas pouvoir leur offrir des soins, une nutrition et une stimulation convenables, contribuant ainsi à la transmission de la pauvreté et d’un piètre développement de génération en génération. Malgré les innombrables preuves de ce phénomène, le secteur de la santé a tardé à promouvoir le développement du jeune enfant et à communiquer aux famille les informations et le savoir-faire indispensables.

Développement cérébral précoce

La petite enfance est la période de développement cérébral la plus intense de toute l’existence. Une stimulation et une nutrition adéquates sont indispensables au développement pendant les trois premières années de la vie. C’est pendant ces années que le cerveau de l’enfant est le plus sensible aux influences de l’environnement extérieur. Un développement cérébral rapide a des effets sur la croissance cognitive, sociale et émotionnelle. Il aide chaque enfant à réaliser son potentiel et à devenir un membre productif d’une société mondiale en pleine évolution.

Plus son environnement initial est stimulant, plus l’enfant se développe et apprend. L’apprentissage du langage et le développement cognitif sont particulièrement importants pendant les six premiers mois et jusqu’à l’âge de trois ans. Un environnement moins stimulant ou moins propice émotionnellement et physiquement pendant les premières années de l’existence nuit au développement cérébral de l’enfant et entraîne des retards dans les domaines cognitif, social et comportemental. Plus tard, l’enfant aura du mal à faire face à des situations et à des environnements complexes. De nombreuses entraves et un stress important pendant la petite enfance peuvent accroître le risque de maladie liée au stress et de problèmes d’apprentissage à l’âge adulte.

Facteurs de risque

De nombreux facteurs peuvent perturber le développement du jeune enfant. Quatre d’entre eux touchent au moins 20 % à 25 % des nourrissons et des jeunes enfants dans les pays en développement:

  • une malnutrition chronique et suffisamment sévère pour provoquer un retard de croissance
  • une stimulation ou possibilités d’apprentissage insuffisantes
  • la carence en iode
  • l’anémie ferriprive

Les autres facteurs de risque importants sont le paludisme, un retard de croissance intrautérine, une dépression maternelle, l’exposition à la violence et à des métaux lourds.

Il est également indispensable pour le bien-être de l’enfant qu’il noue de bonne heure une relation affective avec la personne qui s’occupe de lui. L’absence d’attachement à une personne régulière, comme cela arrive dans certains orphelinats, peut avoir des effets négatifs importants sur le développement cérébral et les fonctions cognitives.

Interventions

Pour réaliser leur potentiel, les jeunes enfants doivent passer du temps dans un environnement bienveillant et attentif à leur besoins, où ils ne risquent pas d’être négligés, ou réprimandés et punis de façon indue.

Les parents et la famille sont les piliers du développement du jeune enfant, mais il faut les aider à lui offrir l’environnement dont il a besoin. Les politiques gouvernementales qui assurent une protection sociale aux familles - revenu familial suffisant, prestations en cas de maternité, aide financière - et qui permettent aux parents et aux personnes qui ont la charge de jeunes enfants de leur consacrer du temps et de l’attention ont des effets bénéfiques.

À l’échelle mondiale, les sociétés qui investissent en faveur des enfants et des familles pendant les premières années de l’existence, qu’elles soient riches ou pauvres, sont celles qui enregistrent le taux d’alphabétisation et d’aptitude au calcul le plus élevé. Ce sont aussi celles où la population jouit du meilleur état de santé et où il y a le moins d’inégalités en santé.

Les interventions visant à favoriser le développement du jeune enfant passent par un apprentissage direct des enfants et des familles. Elles sont:

  • ciblées sur les jeunes enfants et les enfants défavorisés
  • de grande qualité et inscrites dans la durée
  • intégrées dans les systèmes et les services de santé, de nutrition, d’éducation et d’aide aux familles.

Le système de santé et les professionnels de la santé jouent un rôle crucial car ce sont souvent eux qui ont les premiers contacts avec un enfant et ils peuvent l’orienter vers d’autres services destinés à la petite enfance. Les agents de santé sont des sources d’information auxquelles les familles font confiance et ils peuvent leur donner des conseils essentiels sur:

  • la façon de communiquer avec les nourrissons et les enfants
  • les moyens de stimuler les enfants pour qu’ils se développent mieux
  • la conduite à tenir en cas de problèmes de développement courants (sommeil, alimentation et discipline)
  • les précautions à prendre contre les traumatismes fréquents chez l’enfant

Impact économique

Les investissements en faveur de la petite enfance contribuent de façon essentielle au développement de l’économie nationale. Des possibilités d’apprentissage à un âge précoce conjuguées à une meilleure nutrition augmentent les chances qu’a un enfant de pouvoir suivre une scolarité et de devenir un adulte qui a de plus hauts revenus, qui est en meilleur santé, moins enclin à la criminalité et moins dépendant de l’assistance sociale que ceux dont le développement n’a pas été favorisé pendant leur petite enfance.

Action de l’OMS

La Commission des déterminants sociaux de la santé, créée par l’OMS en 2005, a considéré le développement du jeune enfant comme une question prioritaire.

L’OMS et l’UNICEF ont mis au point un ensemble d’outils à l’intention des agents de soins de santé primaires et des dispensateurs de soins communautaires pour aider les parents, les familles et les communautés à favoriser le développement des enfants et éviter les risques ; il s’agit d’une synthèse des méthodes les plus efficaces dans les pays qui ont peu de ressources.

Cette initiative et d’autres actions en faveur du développement de l’enfant tiennent compte des principes d’équité, de droits de l’enfant, d’intégration des services, d’approche englobant toute l’existence et de participation communautaire.

Pour plus d'informations:

WHO Media centre
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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