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La santé des femmes

Aide-mémoire N°334
Septembre 2013


Principaux faits

  • À l’échelle mondiale, les femmes vivent en moyenne quatre ans de plus que les hommes.
  • En 2011, l'espérance de vie des femmes à la naissance était de plus de 80 ans dans 46 pays, mais de seulement 58 ans dans la Région africaine de l'OMS.
  • Les filles risquent beaucoup plus d'être victimes d'abus sexuels que les garçons.
  • Les accidents de la circulation sont la première cause de décès chez les adolescentes des pays à revenu élevé ou intermédiaire.
  • La quasi-totalité (99%) des quelque 28 000 décès maternels survenant chaque année ont lieu dans les pays en développement.
  • À l'échelle mondiale, les maladies cardio-vasculaires, souvent considérées comme un problème «masculin», sont la première cause de décès chez les femmes.
  • Le cancer du sein est le cancer le plus meurtrier chez les femmes âgées de 20 à 59 ans dans le monde.

Petite enfance et enfance (0-9 ans)

Les taux de mortalité comme les causes de décès sont les mêmes pour les garçons et les filles au cours de l'enfance et de la petite enfance. Les naissances avant terme, l'hypoxie à la naissance et les infections sont les principales causes de décès au cours du premier mois de vie, qui est aussi la période au cours de laquelle la mortalité est la plus élevée.

La pneumonie, la prématurité, l’hypoxie à la naissance et la diarrhée sont les principales causes de décès au cours des cinq premières années de vie. La malnutrition est un facteur majeur de 45% des décès d’enfants de moins de cinq ans.

Les adolescentes (10-19 ans)

Santé mentale et traumatismes

Les blessures auto-infligées, les traumatismes résultant des accidents de la circulation et les noyades sont parmi les principales causes de décès chez les adolescentes dans le monde.

Les troubles dépressifs et, chez les adolescentes de 15 à 19 ans, la schizophrénie – sont des causes importantes de morbidité.

VIH/sida

En 2011, près de 820 000 personnes âgées de 15 à 24 ans ont été infectées par le VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire; plus de 60% d’entre elles étaient des femmes.

À l’échelle mondiale, les adolescentes et les jeunes femmes (15-24 ans) sont deux fois plus susceptibles d’être exposées au risque d’infection par le VIH que les garçons et les jeunes hommes du même groupe d’âge. Ce risque plus élevé est associé à une activité sexuelle à risque, souvent non désirée et sous la contrainte.

La grossesse chez les adolescentes

Les grossesses précoces augmentent les risques tant pour les mères que pour leurs nouveau-nés. Bien que l’on soit parvenu à réduire les taux de natalité parmi les adolescentes, sur les 135 millions de naissances enregistrées dans le monde, plus de 15 millions concernent des jeunes filles de 15 à 19 ans.

Les adolescentes enceintes risquent davantage que les femmes adultes de subir un avortement à risque. On estime à trois millions le nombre d’avortements à risque pratiqués chaque année dans le monde chez des jeunes filles de 15 à 19 ans. Les avortements non médicalisés contribuent largement à la mortalité maternelle et à des problèmes de santé durables. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les complications de la grossesse et de l’accouchement sont une cause importante de décès chez les jeunes filles de 15 à 19 ans.

Consommation de substances psychoactives

Les adolescentes sont de plus en plus nombreuses à consommer du tabac et de l'alcool, qui risquent de mettre leur santé en danger, en particulier lorsqu'elles seront plus âgées. Les filles consomment parfois presque autant de tabac et d’alcool que les garçons. Par exemple, dans la Région OMS des Amériques, 23% des garçons et 21% des filles de 13 à 15 ans déclaraient avoir fumé au cours du mois précédent.

Nutrition

Dans 21 pays sur les 41 pour lesquels des données sont disponibles, plus du tiers des jeunes filles de 15 à 19 ans sont anémiques. L’anémie, le plus souvent due à une carence en fer, accroît le risque d’hémorragie et d’infection pendant l’accouchement. Elle entraîne des déficits cognitifs et physiques chez le jeune enfant et réduit la productivité chez l’adulte. Les femmes et les filles sont plus vulnérables du fait du manque de fer dans leur alimentation, de la perte de sang au moment des règles et de périodes de croissance rapide.

L'âge de la procréation (15-44 ans) et les femmes adultes (20-59 ans)

VIH/sida

Pour les femmes âgées de 15 à 44 ans, le VIH/sida est la principale cause de mortalité dans le monde, tandis que les rapports sexuels non protégés constituent le premier facteur de risque dans les pays en développement. Les facteurs biologiques, l'absence d'accès à l'information et aux services de santé, la vulnérabilité économique et l'inégalité des rapports de force dans les relations sexuelles exposent les femmes, et tout particulièrement les jeunes femmes, à l'infection à VIH.

Santé maternelle

Les décès maternels sont la deuxième cause de mortalité chez les femmes en âge de procréer. Chaque année, quelque 287 000 femmes meurent de complications de la grossesse et de l’accouchement, dont 99% dans les pays en développement.

Malgré la progression enregistrée dans l'utilisation des moyens contraceptifs au cours des trente dernières années, dans toutes les régions, les femmes n’ont toujours pas accès à des méthodes modernes de contraception. Par exemple, en Afrique subsaharienne, une femme sur quatre qui souhaite espacer ses grossesses ou ne plus avoir d'enfants n'a recours à aucune méthode de planification familiale.

Tuberculose

La tuberculose est souvent liée à l'infection à VIH et figure parmi les cinq principales causes de décès, dans les pays à faible revenu, chez les femmes en âge de procréer et les femmes adultes de 20 à 59 ans.

Les traumatismes dus aux accidents de la circulation comptent parmi les dix premières causes de décès chez les femmes adultes (20-59 ans) dans le monde. En outre, dans la Région OMS de l'Asie du Sud-Est, les brûlures sont une cause majeure de décès chez les femmes âgées de 15 à 44 ans. Les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à être victimes de traumatismes liés au feu et à en décéder. Nombre de ces décès sont dus à des accidents lors de la cuisson des aliments et de nombreux autres résultent de la violence infligée par le partenaire intime ou la famille.

Cancer du col de l'utérus

Le cancer du col de l'utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, la quasi-totalité des cas étant liés à une infection génitale par le papillomavirus humain (HPV), à transmission sexuelle. Près de 90% des cas surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, en raison du manque d'accès aux services de dépistage et de traitement.

Violence

La violence à l'égard des femmes est une réalité courante dans le monde entier. Les chiffres récents montrent qu’au niveau mondial, 35% des femmes ont subi soit des violences de la part de leur partenaire intime, soit des violences sexuelles de la part d’une autre personne au cours de leur vie. En moyenne, 30% des femmes qui ont vécu en couple ont connu une forme quelconque de violence physique ou sexuelle de la part de leur partenaire.

Au niveau mondial, jusqu’à 38% des meurtres de femmes sont perpétrés par un partenaire intime.

Les femmes qui ont été victimes de violences physiques ou sexuelles présentent, par rapport aux autres, des taux plus élevés de maladie mentale, de grossesses non désirées, d'avortements et de fausses couches. Les femmes qui subissent la violence de leur partenaire ont deux fois plus de risques de souffrir de dépression, presque deux fois plus de risques de présenter des troubles dus à l’usage de l’alcool et une fois et demie plus de risques d’être infectées par le VIH ou de souffrir d’une autre infection sexuellement transmissible; elles sont 42% à avoir subi des traumatismes connexes. Il est aussi de plus en plus fréquent que la violence sexuelle soit employée comme une tactique de guerre durant les conflits.

Dépression et suicide

Les femmes sont plus vulnérables face à la dépression et à l'anxiété que les hommes. La dépression est une cause majeure de morbidité chez les femmes des pays à revenu faible ou intermédiaire. La dépression du post-partum touche 20% des mères des pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure, chiffre supérieur à celui que l’on enregistrait précédemment dans les pays à revenu élevé.

Chaque année, on estime à 800 000 le nombre de décès par suicide dans le monde, pour la majorité des hommes. Il y a cependant des exceptions, par exemple en Chine, où le taux de suicides en milieu rural est plus élevé chez les femmes. Les tentatives de suicide, 20 fois plus nombreuses que les suicides, sont généralement plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes et entraînent une charge d’incapacités non reconnue. Les personnes qui font une tentative de suicide devraient être étroitement suivies par les services de santé appropriés afin de réduire les risques de mortalité éventuelle par suicide.

Incapacités et handicap

Le handicap, qui touche 15% de la population mondiale, est plus répandu chez les femmes que chez les hommes. Les femmes handicapées sont en moins bonne santé, réussissent moins bien dans leurs études, sont moins actives économiquement et souvent plus pauvres que les femmes valides. Les femmes adultes handicapées ont au moins 1,5 plus de risques d’être victimes de violences que les valides.

Bronchopneumopathie chronique obstructive

Le tabagisme et la combustion des combustibles solides utilisés pour la cuisson des aliments sont les premiers facteurs de risque de la bronchopneumopathie chronique obstructive – une affection pulmonaire potentiellement mortelle – chez les femmes. Un tiers de la mortalité et de la morbidité dues à cette maladie chez les femmes sont imputables à l'exposition à la fumée à l'intérieur des habitations, émanant de foyers ouverts ou de réchauds qui fonctionnent mal.

Les femmes âgées (60 ans et plus)

Bien que les hommes soient un peu plus nombreux, parce que les femmes vivent généralement plus longtemps, elles représentent une proportion croissante des personnes âgées: 54% des personnes âgées de 60 ans et plus sont des femmes, une proportion qui passe à près de 60% pour les personnes âgées de 75 ans et plus, et à 70% pour les plus de 90 ans.

Maladies non transmissibles

Les maladies non transmissibles, et en particulier les maladies cardio-vasculaires et les cancers, sont les principales causes de mortalité des femmes âgées, quel que soit le niveau de développement économique du pays dans lequel elles vivent. Les maladies cardio-vasculaires représentent 46% des décès de femmes âgées dans le monde, alors que les cancers représentent 14% – principalement les cancers du poumon, du sein, du côlon et de l’estomac. Les affections respiratoires chroniques, principalement les bronchopneumopathies chroniques obstructives sont responsables quant à elles de 9% des décès de femmes âgées.

Bon nombre des problèmes rencontrés par les femmes au cours de leur vieillesse résultent de facteurs de risque auxquels elles ont été exposées au cours de leur adolescence ou de leur vie d'adulte, tels que le tabagisme, un mode de vie sédentaire et une mauvaise alimentation.

Handicap

Parmi les autres problèmes de santé auxquels sont confrontées les femmes âgées, qui se répercutent sur le fonctionnement physique et cognitif, figurent les déficiences visuelles (y compris les cataractes), les déficiences auditives, l'arthrite, la dépression et la démence. Bien que les hommes aussi souffrent de ces affections, dans de nombreux pays, les femmes sont moins susceptibles de pouvoir se faire soigner ou de bénéficier de dispositifs d’aide.

Les femmes âgées sont plus exposées aux incapacités que les hommes, du fait de déterminants plus larges de la santé tels que:

  • des normes et des politiques inégalitaires défavorables aux femmes;
  • l’évolution des structures familiales; et
  • des taux plus élevés d’emploi dans le secteur informel ou non rémunéré.

Ces facteurs s’allient pour accroître les vulnérabilités et réduire l’accès à des services de santé nécessaires et efficaces.

Principales causes de mortalité au sein de la population féminine par groupe de revenu

Source: Organisation mondiale de la Santé, 2013. Estimations mondiales sanitaires, La Banque mondiale, 2000-2011.

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