Centre des médias

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant

Aide-mémoire N°342
Février 2014


Principaux faits

  • Les nourrissons et les enfants ont tous droit à une bonne nutrition conformément aux dispositions de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.
  • La dénutrition intervient pour 45% dans la charge de morbidité enregistrée chez les enfants de moins de cinq ans.
  • À l’échelle mondiale, on estime que 162 millions d'enfants de moins de 5 ans avaient un retard de croissance en 2012 et que 51 millions avaient un faible poids par rapport à leur taille. Ceci est essentiellement dû à une mauvaise alimentation et à des infections à répétition, tandis que 44 millions d'enfants présentaient une surcharge pondérale ou étaient obèses.
  • En moyenne, 38% environ des nourrissons de 0 à 6 mois sont exclusivement nourris au sein.
  • Peu d’enfants bénéficient d’aliments de compléments sains et satisfaisants sous l’angle nutritionnel; dans bien des pays. Seul un tiers des nourrissons de 6 à 23 mois qui sont allaités satisfont aux critères de diversité alimentaire et de fréquence des repas qui conviennent à leur âge.
  • Près de 800 000 vies d’enfants de moins de 5 ans pourraient être sauvées chaque année si tous les enfants de 0-23 mois étaient nourris au sein de manière optimale.

Tour d’horizon

La dénutrition intervient pour plus d'un tiers de la charge de morbidité enregistrée chez les enfants de moins de cinq ans dans le monde. L’alimentation du nourrisson et du jeune enfant est un domaine primordial pour améliorer la survie des enfants et promouvoir une croissance et un développement sains. Les deux premières années de vie d’un enfant sont particulièrement importantes car une nutrition optimale pendant cette période aura pour effet de réduire le taux de morbidité et de mortalité, ainsi que le risque de maladies chroniques, et de contribuer à un meilleur développement général.

L’allaitement optimal est tellement déterminant qu’il pourrait sauver chaque année la vie de 800 000 enfants de moins de cinq ans. Dans les pays à forte prevalence du retard de croissance, la promotion de l’allaitement maternel et d’une alimentation de complement appropriée pourrait éviter quelque 220 000 décès d’enfants de moins de cinq ans.

  • l’allaitement précoce dans l’heure qui suit la naissance;
  • l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie; et
  • l’introduction, à l’âge de six mois, d’aliments de complément (solides) sains et satisfaisant s sous l’angle nutritionnel, parallèlement à la poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans et au-delà.

Cependant, bon nombre de nourrissons et d’enfants ne bénéficient pas d’une alimentation optimale; par exemple, on constate qu’en moyenne, seuls 38% environ des nourrissons de 0 à 6 mois sont exclusivement nourris au sein dans le monde.

Les recommandations ont été affinées afin de tenir compte des besoins des nourrissons dont la mère a été infectée par le VIH. L’administration d’antirétroviraux permet maintenant à ces enfants d’être exclusivement nourris au sein jusqu’à l’âge de six mois et de continuer à être allaités au moins jusqu’à 12 mois, tout en réduisant sensiblement le risque de transmission du VIH.

L’allaitement au sein

L’allaitement au sein exclusif pendant une période de six mois présente bien des avantages pour le nourrisson et la mère, et notamment l’insigne avantage de protéger contre les infections gastro-intestinales, tant dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Une mise au sein précoce, dans l’heure qui suit la naissance, protège le nouveau-né des infections et réduit le taux de mortalité en rapport. Le risque de mortalité lié à la diarrhée et à d’autres infections peut augmenter chez les nourrissons qui sont partiellement nourris au sein ou qui ne le sont pas du tout.

Le lait maternel est aussi une source importante d’énergie et de nutriments pour les enfants de 6 à 23 mois. Il peut fournir la moitié ou plus des besoins énergétiques de l’enfant de 6 à 12 mois, et le tiers des besoins énergétiques de l’enfant de 12 à 24 mois. Le lait maternel représente aussi une source énergétique et nutritionnelle indispensable en cas de maladie et réduit le taux de mortalité des enfants dénutris.

Les adultes qui ont été allaités quand ils étaient bébés présentent généralement des taux moindres de surpoids et d’obésité. Les enfants et adolescents qui ont été allaités obtiennent de meilleurs résultats aux tests d'intelligence. L’allaitement contribue également à la santé et au bien-être des mères:

Il diminue le risque de cancer du sein et des ovaires et favorise l’espacement des grossesses – l’alimentation exclusive au sein des bébés de moins de six mois a des répercussions hormonales qui entraînent souvent une aménorrhée. C’est une méthode naturelle (mais pas infaillible) de régulation des naissances connue sous le nom de «méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée».

Les mères et les familles doivent être soutenues pour que leurs enfants bénéficient d’un allaitement optimal. Les actions qui aident à protéger, promouvoir et encourager l’allaitement au sein comprennent notamment:

  • l’adoption de moyens d’action comme la Convention C183 du Bureau International du Travail sur la protection de la maternité et le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ;
  • la mise en œuvre des Dix étapes de l’allaitement réussi, énoncées dans l’Initiative des hôpitaux «amis des bébés» à savoir:
    • placer l’enfant contre la peau de la mère immédiatement après la naissance et mettre en place de l’allaitement au sein dans l’heure qui suit;
    • encourager l’allaitement à la demande (c’est-à-dire aussi souvent que le souhaite l’enfant, jour et nuit);
    • laisser les mères et les bébés ensemble 24 heures sur 24 (cohabitation);
    • ne pas donner aux bébés à manger ou à boire autre chose que le lait maternel, pas même de l’eau;
  • la mise en place de services de santé réceptifs, prodiguant des conseils sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant à l’occasion de toutes les consultations avec les soignants et les jeunes enfants, par exemple lors des soins prénatals et post-partum, des consultations de routine et en cas de maladie, et des vaccinations; et
  • l’appui communautaire qui comporte des groupes d’entraide des mères ainsi que des activités d’éducation sanitaire et de promotion de la santé se déroulant en milieu communautaire.

L’alimentation de complément

Vers l’âge de six mois, le nourrisson commence à avoir des besoins d’énergie et de nutriments que le lait maternel ne peut plus satisfaire d’où le recours aux aliments de complément. À six mois environ, son développement lui permet aussi de s’alimenter autrement. Faute de complémenter son alimentation ou de le faire à mauvais escient, on risque de compromettre sa croissance. Les principes directeurs d’une alimentation de complément adaptée sont les suivants:

  • poursuivre un allaitement fréquent, à la demande, jusqu’à l’âge de deux ans, voire plus;
  • être à l’écoute, (par exemple, nourrir les tout-petits directement et aider les plus grands. Nourrir les enfants lentement et patiemment, les encourager à manger mais ne pas les forcer, leur parler et garder le contact visuel avec eux);
  • respecter les règles d’hygiène et manipuler correctement les aliments;
  • commencer à six mois par de petites quantités et augmenter progressivement la ration alimentaire à mesure que l’enfant grandit;
  • augmenter progressivement la consistance et la variété des aliments;
  • augmenter la fréquence des repas: 2 à 3 repas par jour pour des nourrissons de 6 à 8 mois, et 3 à 4 repas par jour pour des nourrissons de 9 à 23 mois, avec une ou deux collations supplémentaires, au besoin;
  • utiliser des aliments de complément enrichis ou une supplémentation en vitamine et en minéraux, le cas échéant; et
  • augmenter l’apport liquidien en cas de maladie, y compris l’allaitement, et proposer des aliments mous, que l’enfant apprécie.

L’alimentation dans des circonstances exceptionnellement difficiles

Les familles et les enfants confrontés à des circonstances difficiles requièrent une attention particulière ainsi qu’un appui concret. Chaque fois que possible, les mères et les nourrissons doivent demeurer ensemble et bénéficier du soutien dont ils ont besoin pour profiter de la meilleure option possible en matière d’alimentation. L’allaitement au sein demeure le mode préféré d'alimentation l’enfant dans la plupart des situations difficiles, notamment dans les cas suivants:

  • faible poids de naissance ou prématurité;
  • mères contaminées par le VIH;
  • mères adolescentes;
  • malnutrition des nourrissons et des jeunes enfants;
  • familles souffrant des conséquences de situations d’urgence complexes;

VIH et alimentation du nourrisson

L’allaitement au sein, et en particulier l’allaitement précoce et exclusif, est l’un des moyens les plus importants pour améliorer le taux de survie du nourrisson. Toutefois, le VIH peut être transmis de la mère à l’enfant pendant la grossesse, le travail ou l’accouchement, mais aussi par le lait maternel. Par le passé, il s’agissait de peser le risque pour l’enfant de contracter le VIH par l’allaitement maternel et le risque plus élevé de décès dû à des causes autres que le VIH, en particulier la malnutrition et des maladies graves telles que la diarrhée et la pneumonie, pour les nourrissons exposés au VIH mais encore non infectés qui n’étaient pas nourris au sein.

Les données factuelles dont on dispose concernant le VIH et l’alimentation du nourrisson montrent que l’administration de médicaments antirétroviraux (ARV) aux mères infectées par le VIH peut réduire sensiblement le risque de transmission par le lait maternel et améliorer également leur santé. Cela permet aux enfants de mères infectées par le VIH d’être nourris au sein avec un faible risque de transmission (1-2%).

Les mères séropositives qui vivent dans des pays où la diarrhée, la pneumonie et la malnutrition sont des causes courantes de décès du nourrisson et de l’enfant et leurs enfants peuvent donc bénéficier des avantages de l’allaitement maternel avec un risque minimal de transmission du VIH.

Depuis 2010, l’OMS recommande que les mères séropositives prennent des ARV et nourrissent leurs enfants exclusivement au sein pendant six mois, puis introduisent des aliments de complément appropriés et continuent d’allaiter l’enfant jusqu’à son premier anniversaire. L’allaitement maternel ne devrait être arrêté qu’une fois une alimentation sûre et adéquate sur le plan nutritionnel sans lait maternel mise en place.

Même lorsque l’on ne dispose pas d’antirétroviraux, il faudrait recommander aux mères d’allaiter exclusivement leurs enfants au sein pendant six mois et de poursuivre l’allaitement après cet âge, sauf si les conditions environnementales et sociales sont suffisamment sûres pour permettre l’alimentation au moyen de préparations pour nourrissons.

Action de l’OMS

L’OMS est attachée à apporter un soutien aux pays pour la mise en œuvre et le suivi du Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant adopté par les États Membres en mai 2012.Ce plan comprend six cibles, dont l’une consiste à faire passer d’ici 2025 le taux d’allaitement au sein exclusif pendant les six premiers mois à au moins 50%.

Les activités susceptibles de contribuer à atteindre cette cible sont notamment décrites dans la Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, qui vise à protéger, promouvoir et soutenir l’alimentation appropriée du nourrisson et du jeune enfant.

En outre, l’OMS et l’UNICEF ont mis au point des cours de formation des agents de santé pour qu’ils puissent apporter un soutien qualifié aux mères allaitantes, les aider à surmonter les problèmes et surveiller la croissance des enfants, qu’elles puissent repérer rapidement le risque de sous-alimentation ou de surpoids/obésité.

L’OMS fournit des orientations simples, cohérentes et pratiques aux pays afin de promouvoir et soutenir une meilleure alimentation des nourrissons de mères infectées par le VIH et d’éviter la transmission de la mère à l’enfant, de promouvoir une bonne alimentation de l’enfant et de protéger la santé de la mère.

Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec

OMS Centre des médias
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

Partager