Alimentation du nourrisson et du jeune enfant
Principaux faits
- Les nourrissons et les enfants ont tous droit à une bonne nutrition conformément aux dispositions de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.
- La dénutrition intervient pour 35% dans la charge de morbidité enregistrée chez les enfants de moins de cinq ans.
- À l’échelle mondiale, on estime que 30% (soit 186 millions) des enfants de moins de cinq ans ont un retard de croissance. 18% (soit 75 millions) ont un faible rapport poids/taille, ce qui est essentiellement dû à une mauvaise alimentation et à des infections à répétition, tandis que 43 millions présentent une surcharge pondérale.
- En moyenne, 35% environ des nourrissons de 0 à 6 mois sont exclusivement nourris au sein.
- Peu d’enfants bénéficient d’aliments de compléments sains et satisfaisants sous l’angle nutritionnel; dans bien des pays, seul un tiers des nourrissons de 6 à 23 mois qui sont allaités satisfont aux critères de diversité alimentaire et de fréquence des repas qui conviennent à leur âge.
- La conjugaison optimale de l’allaitement au sein et de l’alimentation de complément peut, chaque année, sauver la vie d’un million et demi d’enfants de moins de cinq ans.
- Les recommandations tiennent compte des besoins des mères atteintes d’infection à VIH et de leurs nourrissons.
Tour d’horizon
La dénutrition intervient pour 35% dans la charge de morbidité enregistrée chez les enfants de moins de cinq ans. L’alimentation du nourrisson et du jeune enfant est un domaine primordial pour améliorer la survie des enfants et promouvoir une croissance et un développement sains. Les deux premières années de vie d’un enfant sont particulièrement importantes car une nutrition optimale pendant cette période aura pour effet de réduire le taux de morbidité et de mortalité, ainsi que le risque de maladies chroniques, et de contribuer à un meilleur développement général.
En fait, la conjugaison optimale de l’allaitement au sein et de l’alimentation de complément est tellement déterminante qu’elle peut, chaque année, sauver la vie d’un million et demi d’enfants de moins de cinq ans. Les recommandations de l’OMS et de l’UNICEF relatives à l’alimentation optimale des nourrissons et des jeunes enfants sont les suivantes:
- l’allaitement précoce dans l’heure qui suit la naissance;
- l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie; et
- l’introduction, à l’âge de six mois, d’aliments de complément sains et satisfaisants sous l’angle nutritionnel, parallèlement à la poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans et au-delà.
Cependant, bon nombre de nourrissons et d’enfants ne bénéficient pas d’une alimentation optimale; par exemple, on constate qu’en moyenne, seuls 35% environ des nourrissons de 0 à 6 mois sont exclusivement nourris au sein.
Les recommandations ont été affinées afin de tenir compte des besoins des nourrissons dont la mère a été infectée par le VIH. L’administration d’antirétroviraux permet maintenant à ces enfants d’être exclusivement nourris au sein jusqu’à l’âge de six mois et de continuer à être allaités au moins jusqu’à 12 mois, tout en réduisant sensiblement le risque de transmission du VIH.
L’allaitement au sein
L’allaitement au sein exclusif pendant une période de six mois présente bien des avantages pour le nourrisson et la mère, et notamment l’insigne avantage de protéger contre les infections gastro-intestinales, tant dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Une mise au sein précoce, dans l’heure qui suit la naissance, protège le nouveau-né des infections et réduit le taux de mortalité en rapport. Le risque de mortalité lié à la diarrhée et à d’autres infections peut augmenter chez les nourrissons qui sont partiellement nourris au sein ou qui ne le sont pas du tout.
Le lait maternel est aussi une source importante d’énergie et de nutriments pour les enfants de 6 à 23 mois. Il peut fournir la moitié ou plus des besoins énergétiques de l’enfant de 6 à 12 mois, et le tiers des besoins énergétiques de l’enfant de 12 à 24 mois. Le lait maternel représente aussi une source énergétique et nutritionnelle indispensable en cas de maladie et réduit le taux de mortalité des enfants dénutris.
Les adultes qui ont été allaités quand ils étaient bébés ont généralement une tension artérielle et un taux de cholestérol moins élevés et présentent des taux moindres de surpoids, d’obésité et de diabète de type 2. L’allaitement contribue également à la santé et au bien-être des mères; il diminue le risque de cancer du sein et des ovaires et favorise l’espacement des grossesses – l’alimentation exclusive au sein des bébés de moins de six mois a des répercussions hormonales qui entraînent souvent une aménorrhée. C’est une méthode naturelle (mais pas infaillible) de régulation des naissances connue sous le nom de «méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée».
Les mères et les familles doivent être soutenues pour que leurs enfants bénéficient d’un allaitement optimal. Les actions qui aident à protéger, promouvoir et encourager l’allaitement au sein comprennent notamment:
- l’adoption de moyens d’action comme la Convention C183 du Bureau International du Travail sur la protection de la maternité et le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ;
- la mise en œuvre des Dix étapes de l’allaitement réussi, énoncées dans l’Initiative des hôpitaux «amis des bébés» à savoir:
- encourager l’allaitement à la demande (c’est-à-dire aussi souvent que le souhaite l’enfant, jour et nuit);
- laisser les mères et les bébés ensemble 24 heures sur 24 (cohabitation);
- ne pas donner aux bébés à manger ou à boire autre chose que le lait maternel, pas même de l’eau;
- la mise en place de services de santé réceptifs, prodiguant des conseils sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant à l’occasion de toutes les consultations avec les soignants et les jeunes enfants, par exemple lors des soins prénatals et post-partum, des consultations de routine et en cas de maladie, et des vaccinations; et
- la mise en place de services de santé réceptifs, prodiguant des conseils sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant à l’occasion de toutes les consultations avec les soignants et les jeunes enfants, par exemple lors des soins prénatals et post-partum, des consultations de routine et en cas de maladie, et des vaccinations; et
- l’appui communautaire qui comporte des groupes d’entraide des mères ainsi que des activités d’éducation sanitaire et de promotion de la santé se déroulant en milieu communautaire.
L’alimentation de complément
Vers l’âge de six mois, le nourrisson commence à avoir des besoins d’énergie et de nutriments que le lait maternel ne peut plus satisfaire d’où le recours aux aliments de complément. À six mois environ, son développement lui permet aussi de s’alimenter autrement. Faute de complémenter son alimentation ou de le faire à mauvais escient, on risque de compromettre sa croissance. Les principes directeurs d’une alimentation de complément adaptée sont les suivants:
- poursuivre un allaitement fréquent, à la demande, jusqu’à l’âge de deux ans, voire plus;
- être à l’écoute, (par exemple, nourrir les tout-petits directement et aider les plus grands. Nourrir les enfants lentement et patiemment, les encourager à manger mais ne pas les forcer, leur parler et garder le contact visuel avec eux);
- respecter les règles d’hygiène et manipuler correctement les aliments;
- commencer à six mois par de petites quantités et augmenter progressivement la ration alimentaire à mesure que l’enfant grandit;
- augmenter progressivement la consistance et la variété des aliments;
- augmenter la fréquence des repas: 2 à 3 repas par jour pour des nourrissons de 6 à 8 mois, et 3 à 4 repas par jour pour des nourrissons de 9 à 23 mois, avec une ou deux collations supplémentaires, au besoin;
- donner à l’enfant une gamme d’aliments riches en nutriments;
- utiliser des aliments de complément enrichis ou une supplémentation en vitamine et en minéraux, le cas échéant; et
- augmenter l’apport liquidien pendant la maladie, y compris l’allaitement, et proposer des aliments mous, que l’enfant apprécie.
L’alimentation dans des circonstances exceptionnellement difficiles
Les familles et les enfants confrontés à des circonstances difficiles requièrent une attention particulière ainsi qu’un appui concret. Chaque fois que possible, les mères et les nourrissons doivent demeurer ensemble et bénéficier du soutien dont ils ont besoin pour profiter de la meilleure option possible en matière d’alimentation. L’allaitement au sein demeure le mode préféré de réunion avec l’enfant dans la plupart des situations difficiles, notamment dans les cas suivants:
- faible poids de naissance ou prématurité;
- mères contaminées par le VIH;
- mères adolescentes;
- malnutrition des nourrissons et des jeunes enfants;
- familles souffrant des conséquences de situations d’urgence complexes;
- enfants vivant dans des conditions particulières telles que placement familial, ou mères atteintes d’incapacités physiques ou mentales, ou emprisonnées; ou bien toxicomanes ou alcooliques.
VIH et alimentation du nourrisson
L’allaitement au sein, notamment s’il est précoce et exclusif, est l’un des meilleurs moyens d’améliorer le taux de survie des nourrissons. Toutefois, une femme séropositive pour le VIH peut transmettre le virus à son enfant au cours de la grossesse, du travail ou de l’accouchement, et également par l’allaitement. Par le passé, il s’agissait d’équilibrer le risque pour les nourrissons d’attraper le VIH par l’allaitement par rapport au risque plus élevé de décès dus à des causes autres que le VIH, et notamment la malnutrition et les maladies graves telles que la diarrhée et la pneumonie, lorsque les nourrissons n’étaient pas allaités.
Les données dont on dispose sur le VIH et l’alimentation du nourrisson montrent que le fait d’administrer des antirétroviraux (ARV) soit à la mère séropositive pour le VIH soit au nourrisson exposé au VIH permet de réduire considérablement le risque de transmission du VIH par l’allaitement. Cela permet aux mères porteuses du VIH d’allaiter leur nourrisson avec un faible risque de transmission (1 à 2%). Ces mères peuvent par conséquent offrir à leur nourrisson la même protection contre les causes les plus courantes de mortalité infantile et les avantages associés à l’allaitement au sein.
Même lorsque les antirétroviraux ne sont pas disponibles, il faut conseiller aux mères d’allaiter exclusivement au cours des six premiers mois de la vie et de continuer d’allaiter encore après sauf si les conditions environnementales et sociales sont suffisamment sûres et adaptées pour permettre l’emploi de substituts du lait maternel.
Réponse de l’OMS
La Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, approuvée par les États Membres de l’OMS et le Conseil d’administration de l’UNICEF en 2002, vise à protéger, promouvoir et soutenir l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant de façon appropriée. Cette Stratégie est le cadre qui permet à l’OMS de classer par priorité les travaux de recherche et développement dans le domaine de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et de fournir un appui technique aux pays pour faciliter la mise en œuvre.
L’OMS et l’UNICEF ont conçu une formation de 40 heures sur Le Conseil en allaitement: cours de formation et, plus récemment, une autre de cinq jours intitulée Conseil en allaitement, alimentation du nourrisson et du jeune enfant: cours intégré pour former les agents de santé à fournir un soutien qualifié aux mères allaitantes et les aider à surmonter les problèmes. Des conseils élémentaires en matière d’appui à l’allaitement font également partie du cours de formation des agents de santé relatif à la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant.
En 2010, l’OMS a diffusé des lignes directrices révisées sur l’alimentation du nourrisson dans le contexte du VIH. En parallèle, de nouvelles recommandations ont également été publiées sur les thérapeutiques antirétrovirales pour prévenir la transmission mère-enfant du VIH. Ensemble, ces recommandations offrent des avis simples, cohérents et applicables aux pays de manière à favoriser et à soutenir l’amélioration de l’alimentation des nourrissons par les mères contaminées par le VIH.
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