Centre des médias

Mortalité maternelle

Aide-mémoire N°348
Mai 2012


Principaux faits

  • 800 femmes environ meurent chaque jour de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement.
  • 99% de tous les décès maternels surviennent dans des pays en développement.
  • La mortalité maternelle est plus élevée en milieu rural et dans les communautés les plus pauvres.
  • Le risque de complications et de décès dus à la grossesse est plus élevé chez les jeunes adolescentes que chez les femmes plus âgées.
  • L’assistance d’un personnel qualifié avant, pendant et après l’accouchement peut sauver la vie des femmes et des nouveau-nés.
  • Entre 1990 et 2010, la mortalité maternelle a pratiquement diminué de moitié à l’échelle mondiale.

La mortalité maternelle est très élevée, ce qui est inacceptable. Environ 800 femmes meurent chaque jour dans le monde du fait de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. En 2010, 287 000 femmes sont décédées pendant ou après la grossesse ou l’accouchement. La majeure partie de ces décès se sont produits dans des pays à revenu faible et la plupart auraient pu être évités.

Progrès accomplis en vue de la réalisation du cinquième objectif du Millénaire pour le développement

Améliorer la santé maternelle est l’un des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) adoptés par la communauté internationale en 2000. Dans le cadre du cinquième objectif, les pays se sont engagés à réduire de trois quarts la mortalité maternelle entre 1990 et 2015. Depuis 1990, les décès maternels ont reculé de 47% à l’échelle mondiale.

En Afrique subsaharienne, un certain nombre de pays ont réduit de moitié le taux de mortalité maternelle depuis 1990. Dans d’autres régions, dont l’Asie et l’Afrique du Nord, des progrès encore plus considérables ont été réalisés. Toutefois, entre 1990 et 2010, le ratio mondial de mortalité maternelle (c’est-à-dire le nombre de décès maternels pour 100 000 naissances vivantes) n’a diminué que de 3,1% par an. On est encore bien loin de la baisse annuelle de 5,5% qui serait nécessaire pour atteindre le cinquième des objectifs du Millénaire pour le développement.

Où les décès maternels se produisent-ils?

Le niveau élevé de décès maternels dans certaines régions du monde reflète les inégalités dans l’accès aux services de santé et met en lumière l’écart entre les riches et les pauvres. La quasi-totalité des décès maternels (99%) se produisent dans des pays en développement, dont plus de la moitié en Afrique subsaharienne et près d'un tiers en Asie du Sud.

Le ratio de mortalité maternelle dans les pays en développement est de 240 pour 100 000 naissances, contre 16 pour 100 000 dans les pays développés. On note d’importantes disparités entre les pays, quelques-uns ont un ratio de mortalité maternelle extrêmement élevé, qui est de 1000 ou davantage pour 100 000 naissances vivantes. On observe également de grandes disparités à l’intérieur d’un même pays, entre les populations à faible revenu et à revenu élevé et entre les populations rurales et urbaines.

Le risque de mortalité maternelle est plus élevé chez les adolescentes de moins de 15 ans. 1,2 Les complications au cours de la grossesse ou de l’accouchement sont la principale cause de décès chez les adolescentes dans la plupart des pays en développement. 1,2

Dans les pays en développement, en moyenne, les femmes ont beaucoup plus de grossesses que dans les pays développés; le risque de mourir du fait d’une grossesse au cours de leur vie est pour elles bien supérieur. Le risque de décès maternel sur la durée de la vie – c’est à dire la probabilité qu’une jeune femme décédera un jour d’une cause liée à la grossesse ou à l’accouchement – est de 1 sur 3800 dans les pays développés, contre 1 sur 150 dans les pays en développement.

Pour quelles raisons les femmes meurent-elles?

Les femmes décèdent par suite de complications survenues pendant ou après la grossesse ou l’accouchement. La plupart de ces complications apparaissent au cours de la grossesse. D’autres, qui existaient auparavant, s’aggravent à ce moment-là. Les principales complications, qui représentent 80% de l’ensemble des décès maternels, sont les suivantes:

  • hémorragie sévère (pour l’essentiel après l’accouchement);
  • infections (habituellement après l’accouchement);
  • hypertension durant la grossesse (prééclampsie et éclampsie);
  • avortement pratiqué dans de mauvaises conditions de sécurité.

Les autres causes de complications sont associées à des maladies comme le paludisme, et le VIH durant la grossesse.

La santé de la mère et celle du nouveau-né sont étroitement liées. Plus de 3 millions de nouveau-nés meurent chaque année et on compte également 2,6 millions d’enfants mort-nés.3

Comment peut-on sauver la vie des femmes?

La majeure partie des décès maternels sont évitables car on connaît bien les solutions médicales permettant de prévenir ou prendre en charge les complications. Toutes les femmes doivent avoir accès aux soins prénatals pendant la grossesse, bénéficier de l’assistance d’un personnel qualifié lors de l’accouchement et recevoir des soins et un soutien au cours des semaines qui suivent cet accouchement. Il est particulièrement important que toutes les naissances aient lieu avec l’assistance de professionnels de santé qualifiés, car une prise en charge et un traitement rapides peuvent sauver la vie.

Une hémorragie sévère après la naissance de l’enfant peut tuer une femme en bonne santé en deux heures seulement si elle ne bénéficie d’aucune assistance. L’injection d’ocytocine immédiatement après l’accouchement réduit de manière efficace le risque d’hémorragie.

Le risque d’infection après l’accouchement peut être supprimé par la pratique d'une bonne hygiène et si les premiers signes d’infection sont reconnus et traités dans les meilleurs délais.

Il conviendrait de repérer la prééclampsie et de la prendre en charge d’une manière appropriée avant la survenue de convulsions (éclampsie) et autres complications mettant la vie en danger. L’administration de médicaments comme le sulfate de magnésium en cas de prééclampsie peut réduire le risque d’éclampsie chez la femme.

Pour éviter les décès maternels, il est également primordial de prévenir les grossesses non désirées ou trop précoces. Toutes les femmes, y compris les adolescentes, doivent avoir accès au planning familial, à des services d’avortement dans de bonnes conditions de sécurité dans le plein respect du cadre législatif et à des soins de qualité après l’avortement.

Pourquoi les femmes ne bénéficient-elles pas des soins dont elles ont besoin?

Ce sont les femmes pauvres vivant dans des zones reculées qui ont le moins de chances de recevoir des soins médicaux appropriés. Cela est particulièrement vrai dans les régions où les travailleurs de santé qualifiés sont peu nombreux, comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud. Si le niveau de soins anténatals a augmenté dans de nombreuses parties du monde au cours de la dernière décennie, seules 46% des femmes des pays à faible revenu bénéficient de l’assistance d’un personnel qualifié lors de l’accouchement. Autrement dit, des millions de naissances ont lieu sans l’assistance d’une sage-femme, d’un médecin ou d’une infirmière qualifiée.

Dans les pays à haut revenu, la quasi-totalité des femmes bénéficient d’au moins quatre consultations anténatales, de l’assistance d’un agent de santé qualifié lors de l’accouchement et de soins post-partum. Dans les pays à faible revenu, sur l’ensemble des femmes enceintes, un peu plus d'un tiers bénéficient des quatre consultations anténatales recommandées.

Les autres facteurs qui empêchent les femmes de recevoir ou de solliciter des soins durant la grossesse et l’accouchement sont notamment les suivants:

  • la pauvreté;
  • la distance;
  • le manque d’informations;
  • l’inadéquation des services;
  • les pratiques culturelles.

Pour améliorer la santé maternelle, il convient d’identifier les obstacles qui limitent l’accès à des services de santé maternelle de qualité et de prendre des mesures pour y remédier à tous les niveaux du système de santé.

Action de l’OMS

L’amélioration de la santé maternelle est l’une des grandes priorités de l’OMS. L’Organisation oeuvre en vue de réduire cette mortalité en fournissant des recommandations cliniques et programmatiques fondées sur des données factuelles, en fixant des normes mondiales et en apportant un soutien technique aux États Membres. En outre, l’OMS préconise l’utilisation de traitements plus efficaces et d’un coût plus abordable, élabore des matériels de formation et des lignes directrices à l’intention des agents de santé et accorde un soutien aux pays pour la mise en œuvre des politiques et programmes et le suivi des progrès accomplis.

Au cours du Sommet sur les OMD organisé en septembre 2010 par les Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a lancé une Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l’enfant, qui vise à sauver la vie de plus de 16 millions de femmes et d’enfants au cours des quatre prochaines années. L’OMS travaille avec des partenaires à la réalisation de cet objectif.


1 Conde-Agudelo A, Belizan JM, Lammers C. Maternal-perinatal morbidity and mortality associated with adolescent pregnancy in Latin America: Cross-sectional study. American Journal of Obstetrics and Gynecology 2004. 192:342–349.

2 Patton GC, Coffey C, Sawyer SM, Viner RM, Haller DM, Bose K, Vos T, Ferguson J, Mathers CD. Global patterns of mortality in young people: a systematic analysis of population health data. Lancet, 2009. 374:881–892.

3Cousens S, Blencowe H, Stanton C, Chou D, Ahmed S, Steinhardt L, Creanga AA, Tunçalp O, Balsara ZP, Gupta S, Say L, Lawn JE. National, regional, and worldwide estimates of stillbirth rates in 2009 with trends since 1995: a systematic analysis. Lancet, 2011, Apr 16;377(9774):1319-30.

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