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Mortalité maternelle

Aide-mémoire N°348
Novembre 2015


Principaux faits

  • 830 femmes environ meurent chaque jour de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement.
  • 99% de tous les décès maternels surviennent dans des pays en développement.
  • La mortalité maternelle est plus élevée en milieu rural et dans les communautés les plus pauvres.
  • Le risque de complications et de décès dus à la grossesse est plus élevé chez les jeunes adolescentes que chez les femmes plus âgées.
  • L’assistance d’un personnel qualifié avant, pendant et après l’accouchement peut sauver la vie des femmes et des nouveau-nés.
  • Entre 1990 et 2015, la mortalité maternelle a pratiquement diminué de 44% à l’échelle mondiale.
  • Entre 2016 et 2030, dans le cadre du Programme de développement durable, l’objectif est de faire passer le taux mondial de mortalité maternelle au-dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes.

La mortalité maternelle est très élevée, ce qui est inacceptable. Environ 830 femmes meurent chaque jour dans le monde du fait de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. En 2015, 303 000 femmes sont décédées pendant ou après la grossesse ou l’accouchement. La majeure partie de ces décès se sont produits dans des pays à revenu faible et la plupart auraient pu être évités.

Vers un nouvel objectif de développement durable

Améliorer la santé maternelle est l’un des 8 objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) adoptés par la communauté internationale en 2000. Dans le cadre du cinquième objectif, les pays se sont engagés à réduire de trois quarts la mortalité maternelle entre 1990 et 2015. Depuis 1990, les décès maternels ont reculé de 44% à l’échelle mondiale.

En Afrique subsaharienne, un certain nombre de pays ont réduit de moitié le taux de mortalité maternelle depuis 1990. Dans d’autres régions, dont l’Asie et l’Afrique du Nord, des progrès encore plus considérables ont été réalisés.

Entre 1990 et 2015, le taux mondial de mortalité maternelle (soit le nombre de décès maternels pour 100 000 naissances vivantes) n’a diminué que de 2,3% par an. Néanmoins, la baisse de la mortalité maternelle s’est accélérée à partir de 2000. Dans certains pays, le repli annuel de la mortalité maternelle entre 2000 et 2010 s’est situé au-dessus de 5,5%, qui est le taux nécessaire pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

Constatant qu’il est possible d’accélérer le recul, les pays se sont maintenant fixé une nouvelle cible visant à réduire davantage la mortalité maternelle. Une des cibles de l’objectif de développement durable 3 est de faire passer le taux mondial de mortalité maternelle au-dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes, aucun pays ne devant présenter un taux de mortalité maternelle supérieur à deux fois la moyenne mondiale.

Où les décès maternels se produisent-ils?

Le niveau élevé de décès maternels dans certaines régions du monde reflète les inégalités dans l’accès aux services de santé et met en lumière l’écart entre les riches et les pauvres. La quasi-totalité des décès maternels (99%) se produisent dans des pays en développement, dont plus de la moitié en Afrique subsaharienne et près d'un tiers en Asie du Sud. Plus de la moitié des décès maternels se produisent dans des régions instables et plongées dans des crises humanitaires.

Le ratio de mortalité maternelle dans les pays en développement est, en 2015, de 239 pour 100 000 naissances, contre 12 pour 100 000 dans les pays développés. On note d’importantes disparités entre les pays, à l’intérieur d’un même pays, entre les populations à faible revenu et à revenu élevé et entre les populations rurales et urbaines.

Le risque de mortalité maternelle est plus élevé chez les adolescentes de moins de 15 ans. Les complications au cours de la grossesse ou de l’accouchement sont l'une des principales causes de décès chez les adolescentes dans la plupart des pays en développement. 1,2

Dans les pays en développement, en moyenne, les femmes ont beaucoup plus de grossesses que dans les pays développés; le risque de mourir du fait d’une grossesse au cours de leur vie est pour elles bien supérieur.

Le risque de décès maternel sur la durée de la vie – c’est à dire la probabilité qu’une jeune femme décédera un jour d’une cause liée à la grossesse ou à l’accouchement – est de 1 sur 4900 dans les pays développés, contre 1 sur 180 dans les pays en développement. Dans les pays connus pour leur fragilité, ce risque est de 1 pour 54, conséquence de l’effondrement des systèmes de santé.

Pour quelles raisons les femmes meurent-elles?

Les femmes décèdent par suite de complications survenues pendant ou après la grossesse ou l’accouchement. La plupart de ces complications apparaissent au cours de la grossesse et pourraient être évitées ou traitées. D’autres, qui existaient auparavant, s’aggravent à ce moment-là surtout si elles ne sont pas prises en compte dans le cadre des soins. Les principales complications, qui représentent 85% de l’ensemble des décès maternels, sont les suivantes3:

  • hémorragie sévère (pour l’essentiel après l’accouchement);
  • infections (habituellement après l’accouchement);
  • hypertension durant la grossesse (prééclampsie et éclampsie);
  • complications dues à l'accouchement;
  • avortement pratiqué dans de mauvaises conditions de sécurité.

Les autres causes de complications sont associées à des maladies comme le paludisme, et le VIH durant la grossesse.

Comment peut-on sauver la vie des femmes?

La majeure partie des décès maternels sont évitables car on connaît bien les solutions médicales permettant de prévenir ou prendre en charge les complications. Toutes les femmes doivent avoir accès aux soins prénatals pendant la grossesse, bénéficier de l’assistance d’un personnel qualifié lors de l’accouchement et recevoir des soins et un soutien au cours des semaines qui suivent cet accouchement.

La santé maternelle et la santé du nouveau-né sont étroitement liées. Environ 2,7 millions de nouveau-nés meurent chaque année,4 et 2,6 millions d’autres enfants sont mort-nés5. Il est fondamental que toutes les naissances aient lieu en présence de professionnels de la santé compétents, car une prise en charge et un traitement rapides peuvent sauver la vie de la mère et de l’enfant.

Une hémorragie sévère après la naissance de l’enfant peut tuer une femme en bonne santé en 2 heures seulement si elle ne bénéficie d’aucune assistance. L’injection d’ocytocine immédiatement après l’accouchement réduit de manière efficace le risque d’hémorragie.

Le risque d’infection après l’accouchement peut être supprimé par la pratique d'une bonne hygiène et si les premiers signes d’infection sont reconnus et traités dans les meilleurs délais.

Il conviendrait de repérer la prééclampsie et de la prendre en charge d’une manière appropriée avant la survenue de convulsions (éclampsie) et autres complications mettant la vie en danger. L’administration de médicaments comme le sulfate de magnésium en cas de prééclampsie peut réduire le risque d’éclampsie chez la femme.

Pour éviter les décès maternels, il est également primordial de prévenir les grossesses non désirées ou trop précoces. Toutes les femmes, y compris les adolescentes, doivent avoir accès à la contraception, à l’avortement dans de bonnes conditions de sécurité dans le plein respect du cadre législatif et à des soins de qualité suivant l’avortement.

Pourquoi les femmes ne bénéficient-elles pas des soins dont elles ont besoin?

Ce sont les femmes pauvres vivant dans des zones reculées qui ont le moins de chances de recevoir des soins médicaux appropriés. Cela est particulièrement vrai dans les régions où les travailleurs de santé qualifiés sont peu nombreux, comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud. Si le niveau de soins anténatals a augmenté dans de nombreuses parties du monde au cours de la dernière décennie, seules 51% des femmes des pays à faible revenu bénéficient de l’assistance d’un personnel qualifié lors de l’accouchement.6 Autrement dit, des millions de naissances ont lieu sans l’assistance d’une sage-femme, d’un médecin ou d’une infirmière qualifiée.

Dans les pays à haut revenu, la quasi-totalité des femmes bénéficient d’au moins 4 consultations anténatales, de l’assistance d’un agent de santé qualifié lors de l’accouchement et de soins post-partum. Dans les pays à faible revenu, sur l’ensemble des femmes enceintes, un peu plus de 40% bénéficient des 4 consultations anténatales recommandées.

Les autres facteurs qui empêchent les femmes de recevoir ou de solliciter des soins durant la grossesse et l’accouchement sont notamment les suivants:

  • la pauvreté;
  • la distance;
  • le manque d’informations;
  • l’inadéquation des services;
  • les pratiques culturelles.

Pour améliorer la santé maternelle, il convient d’identifier les obstacles qui limitent l’accès à des services de santé maternelle de qualité et de prendre des mesures pour y remédier à tous les niveaux du système de santé.

Action de l’OMS

Améliorer la santé maternelle est l’une des grandes priorités de l’OMS. L’Organisation oeuvre afin de réduire cette mortalité en développant la recheche, en fournissant des recommandations cliniques et programmatiques fondées sur des données factuelles, en fixant des normes mondiales et en apportant un soutien technique aux États Membres.

En outre, l’OMS préconise l’utilisation de traitements plus efficaces et d’un coût plus abordable, élabore des matériels de formation et des lignes directrices à l’intention des agents de santé et accorde un soutien aux pays pour la mise en œuvre des politiques et programmes et le suivi des progrès accomplis.

À l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies 2015, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a lancé à New York la Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, 2016-20306. Cette stratégie est une feuille de route pour l’après-2015 qui relève des objectifs de développement durable. Son but est de mettre fin à l’ensemble des décès évitables de femmes, d’enfants et d’adolescents et de créer un environnement dans lequel ces groupes ne se contenteraient pas de survivre, mais pourraient s’épanouir et voir leur environnement, leur santé et leur bien-être transformés.

Dans le cadre de la Stratégie mondiale et de l’objectif visant à mettre un terme à la mortalité maternelle évitable, l’OMS collabore avec ses partenaires afin:

  • de lutter contre les inégalités dans l’accès aux services de soins de santé génésique, maternelle et néonatale, ainsi que dans la qualité de ces services;
  • d’assurer la couverture sanitaire universelle pour des soins complets de santé génésique, maternelle et néonatale;
  • de lutter contre toutes les causes de mortalité maternelle, de morbidité génésique et maternelle, et d’incapacités connexes;
  • de renforcer les systèmes de santé pour répondre aux besoins et aux priorités des femmes et des jeunes filles; et
  • de veiller à la responsabilisation pour améliorer la qualité des soins et l’équité.

1 Conde-Agudelo A, Belizan JM, Lammers C. Maternal-perinatal morbidity and mortality associated with adolescent pregnancy in Latin America: Cross-sectional study. American Journal of Obstetrics and Gynecology 2004. 192:342–349.

2 Patton GC, Coffey C, Sawyer SM, Viner RM, Haller DM, Bose K, Vos T, Ferguson J, Mathers CD. Global patterns of mortality in young people: a systematic analysis of population health data. Lancet, 2009. 374:881–892.

3 Say L et al. Global Causes of Maternal Death: A WHO Systematic Analysis. Lancet Global Health. 2014;2(6): e323-e333.ancet. 2014.

4 UNICEF, WHO, The World Bank, United Nations Population Division. The Inter-agency Group for Child Mortality Estimation (UN IGME). Levels and Trends in Child Mortality. Report 2013. New York, USA: UNICEF; 2013.

5Cousens S, Blencowe H, Stanton C, Chou D, Ahmed S, Steinhardt L et al. National, regional, and worldwide estimates of stillbirth rates in 2009 with trends since 1995: a systematic analysis. Lancet, 2011, Apr 16;377(9774):1319-30.

6Global Strategy for Women's, Children's and Adolescents' Health, 2016-2030. New York: United Nations; 2015.

Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec:

Centre des médias de l'OMS
Téléphone: +41 22 791 2222
Courriel: mediainquiries@who.int

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