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Virus du Nil occidental

Aide-mémoire N°354
Juillet 2011


Principaux faits

  • Le virus du Nil occidental peut être à l’origine d’une maladie neurologique mortelle chez l’homme.
  • Néanmoins, environ 80% des personnes infectées restent asymptomatiques.
  • Le virus du Nil occidental est principalement transmis par les piqûres de moustiques infectés.
  • Il peut aussi provoquer une maladie grave et la mort chez le cheval.
  • Il existe des vaccins pour les chevaux, mais pas encore pour les êtres humains.
  • Les oiseaux sont les hôtes naturels du virus du Nil occidental.

Le virus du Nil occidental (VNO) peut être à l’origine d’une maladie neurologique chez l’homme et entraîner la mort. On le trouve couramment en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et en Asie occidentale. Il se maintient dans la nature au moyen d’un cycle impliquant une transmission entre les oiseaux et les moustiques. Il peut infecter l’être humain, le cheval et d’autres mammifères.

Le virus du Nil occidental (VNO) appartient au genre flavivirus et au complexe antigénique de l’encéphalite japonaise, dans la famille des Flaviviridae.

Flambées épidémiques

Le virus du Nil occidental a été isolé pour la première fois en 1937, dans le district West Nile, en Ouganda. On l’a retrouvé chez des oiseaux (corvidés et colombiformes) dans la région du delta du Nil en 1953. Avant 1997, on ne considérait pas qu’il était pathogène pour les oiseaux mais, cette année-là, une souche plus virulente a provoqué en Israël la mort d’oiseaux de différentes espèces, présentant des signes d’encéphalite et de paralysie. On a signalé des infections humaines attribuables au VNO dans de nombreux pays du monde au cours des 50 dernières années.

En 1999, un VNO circulant en Tunisie et en Israël a été importé à New York, provoquant une flambée spectaculaire de grande ampleur qui s’est propagée les années suivantes à tout le territoire continental des États-Unis d'Amérique. Cette flambée (1999-2010) a mis en lumière le danger, pour le monde entier, que représentent l’importation et l’installation d’agents pathogènes à transmission vectorielle en dehors de leur habitat courant.

Les plus grandes flambées se sont produites en Israël, en Grèce, en Roumanie, en Russie et aux États-Unis. Elles ont été localisées sur les principales voies de migration des oiseaux. À l’origine, le VNO était présent dans toute l’Afrique, dans certaines parties de l’Europe, au Moyen-Orient, en Asie occidentale et en Australie. Depuis son introduction aux États-Unis en 1999, il s’est propagé et il est désormais largement installé au Canada et au Venezuela.

Transmission

L’infection humaine résulte le plus souvent des piqûres de moustiques infectés. Ces insectes se contaminent en se nourrissant sur des oiseaux infectés, chez lesquels le virus reste pendant quelques jours dans la circulation sanguine. Le virus finit par migrer dans les glandes salivaires du moustique. Lors de repas ultérieurs (quand l’insecte pique), le virus peut être injecté à des êtres humains ou à des animaux. Il se multiplie alors et peut provoquer la maladie.

Le virus peut aussi se transmettre par contact avec d’autres animaux infectés, avec leur sang ou d’autres tissus.

Une très faible proportion d’infections humaines se sont produites lors de transplantations d’organes, de transfusions sanguines ou de l’allaitement au sein. On a signalé un cas de transmission transplacentaire du VNO (de la mère à l’enfant).

Jusqu’à présent, on n’a signalé aucune transmission interhumaine du VNO par les contacts de la vie courante, ni de transmission à des agents de santé lorsque les mesures de base de la lutte contre l’infection en milieu médical sont appliquées.

On a signalé des cas de transmission du VNO à des personnels de laboratoire.

Signes et symptômes

Soit l’infection à VNO est asymptomatique, chez environ 80% des sujets, soit elle entraîne une fièvre du Nil occidental. Elle peut aussi évoluer en maladie grave.

Environ 20% des sujets infectés développent une fièvre du Nil occidental. Le tableau clinique comporte de la fièvre, des céphalées, une asthénie, des douleurs, des nausées, des vomissements et, à l’occasion, une éruption cutanée (sur le tronc) et une adénopathie (gonflement des ganglions).

Le tableau clinique de la forme grave (la maladie neuro-invasive, encéphalite ou méningite du Nil occidental, ou encore paralysie de type poliomyélitique) comporte des céphalées, une forte fièvre, une raideur de la nuque, de la stupeur, une désorientation, le coma, des tremblements, des convulsions, une faiblesse musculaire et la paralysie. On estime qu’environ 1 personne infectée sur 150 développera une forme grave de la maladie. Celle-ci peut survenir à tout âge, mais les sujets de plus de 50 ans et certaines personnes immunodéprimées (comme des patients ayant eu une transplantation) sont les plus exposés au risque de maladie grave s’ils sont infectés par le VNO.

La durée d’incubation varie en général de 3 à 14 jours.

Diagnostic

On peut diagnostiquer le virus du Nil occidental à l’aide d’un certain nombre de méthodes:

  • Séroconversion des anticorps IgG (ou augmentation sensible des titres en anticorps) dans deux série d’échantillons prélevés à une semaine d’intervalle par immuno-enzymologie (ELISA);
  • IGM par immuno-enzymologie (ELISA) ;
  • Essais de neutralisation;
  • Détection virale par RT-PCR (transcription inverse – amplification génique);
  • Isolement du virus en culture.

On peut détecter les IgM dans pratiquement tous les échantillons de liquide céphalorachidien (LCR) et de sérum reçus de patients infectés par le VNO au moment de leur présentation clinique. Les IgM sériques peuvent persister pendant plus d’un an.

Traitement et vaccin

Pour les patients atteints d’une forme neuro-invasive de l’infection à virus du Nil occidental, le traitement est symptomatique et nécessite souvent l’hospitalisation, des perfusions intraveineuses, une assistance respiratoire et la prévention des infections secondaires. Il n’existe pas de vaccin pour l’homme.

Vecteur et hôtes animaux

Le virus du Nil occidental se maintient dans la nature par un cycle de transmission entre l’oiseau et le moustique. On considère en général que les moustiques du genre Culex sont les principaux vecteurs, en particulier Culex pipiens. Le VNO se maintient dans les populations de moustiques par transmission verticale (de l’adulte aux œufs).

Les oiseaux sont le réservoir du VNO. En Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, l’infection à VNO s’associe rarement à une mortalité des oiseaux. Contraste saisissant, le virus est en revanche hautement pathogène pour les oiseaux des Amériques. Les membres de la famille des corvidés (corbeaux, corneilles…) sont particulièrement sensibles, mais l’on a détecté le virus chez des oiseaux morts ou mourants appartenant à plus de 250 espèces. Les voies de transmission chez l’oiseau sont diverses et ne se limitent pas aux piqûres de moustiques. Le potentiel de maintien de la transmission est variable selon les espèces.

Comme l’homme, le cheval représente une «impasse» pour le virus, ce qui signifie que l’infection est possible mais que le cheval ne peut pas la transmettre. Les infections symptomatiques sont également rares dans cette espèce et restent en général bénignes. Elles peuvent toutefois être à l’origine de maladies neurologiques, dont une encéphalomyélite mortelle.

Prévention

Prévention de la transmission chez le cheval

Comme les flambées d’infections à VNO chez le cheval précèdent les cas humains, il est essentiel d’instituer un système de surveillance active de la santé animale pour détecter les nouveaux cas chez les oiseaux et les chevaux et lancer une alerte rapide auprès des autorités de la santé vétérinaire et de la santé publique. Dans les Amériques, il est important d’aider les communautés à signaler les oiseaux morts aux autorités locales.

On a mis au point des vaccins pour les chevaux. Le traitement est symptomatique et conforme à la pratique vétérinaire standard pour les animaux infectés par un agent viral.

Réduction du risque infectieux chez l’homme

En l’absence de vaccin, le seul moyen de réduire le nombre des infections chez l’homme consiste à sensibiliser les populations aux facteurs de risque et à leur faire connaître les mesures qui peuvent être prises pour diminuer l’exposition.

Les messages éducatifs de santé publique doivent être axés sur les points suivants:

  • Réduction du risque de transmission par les moustiques. Les efforts de prévention doivent être axés en premier lieu sur la protection personnelle et celle des communautés contre les piqûres de moustiques, en utilisant des moustiquaires, des produits répulsifs, en portant des vêtements de couleur claire (chemises à manches longues et pantalons) et en évitant les activités à l’extérieur aux moments de la journée où les moustiques sont les plus actifs. De plus, les programmes communautaires doivent inciter les populations locales à détruire les gîtes larvaires dans les zones résidentielles.
  • Réduction du risque de transmission de l’animal à l’homme. Il faut porter des gants et d’autres vêtements de protection lorsqu’on s’occupe d’animaux malades ou de leurs tissus ou pendant les opérations d’abattage.
  • Réduction du risque de transmission par les transfusions sanguines et les transplantations d’organes. En période de flambée épidémique, on envisagera dans les zones affectées des restrictions aux dons de sang et d’organes et des analyses de laboratoire, après évaluation de la situation épidémiologique locale ou régionale.

Lutte antivectorielle

La prévention efficace des infections à VNO chez l’homme dépend de l’élaboration de programme complets et intégrés de surveillance des moustiques et de lutte dans les zones où le virus est présent. Des études doivent identifier les espèces locales de moustiques intervenant dans la transmission du VNO, y compris celles pouvant «faire le lien» entre les oiseaux et l’homme. On mettra l’accent sur des mesures de lutte intégrées, comme la réduction à la source (avec la participation des communautés), la gestion de l’eau, les produits chimiques et les méthodes de lutte biologique.

Prévention de l’infection dans les services de santé

Les agents de santé qui soignent des patients présentant une infection à VNO présumée ou confirmée, ou leur prélèvent des échantillons, doivent appliquer les mesures de base de la lutte contre l’infection en milieu médical. Les échantillons prélevés sur des personnes ou des animaux pour lesquels il y a une présomption d’infection à VNO doivent être manipulés par du personnel travaillant dans des laboratoires suffisamment bien équipés.

Action de l’OMS

Le Bureau régional OMS de l’Europe et la Région OMS des Amériques soutiennent avec énergie les activités de surveillance du VNO et de riposte aux flambées en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique latine et dans les Caraïbes, avec l’aide des bureaux dans les pays et de partenaires internationaux.

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