Centre des médias

La violence chez les jeunes

Aide-mémoire N°356
Septembre 2016


Principaux faits

  • Au niveau mondial, on dénombre 200 000 homicides chaque année chez les jeunes âgés de 10 à 29 ans, soit 43% du nombre total d’homicides enregistrés dans le monde chaque année.
  • L'homicide est la 4ème cause de décès chez les jeunes âgés de 10 à 29 ans. dans 83% des cas, les victimes sont de sexe masculin. Dans 83% des cas, les victimes sont de sexe masculin.
  • Pour chaque jeune tué, beaucoup d'autres subissent des blessures nécessitant une hospitalisation.
  • De 3 à 24% des femmes rapportent que leur première expérience sexuelle a eu lieu sous la contrainte.
  • La violence chez les jeunes a des répercussions graves, souvent à vie, sur le fonctionnement physique, psychologique et social de l’individu.
  • La violence chez les jeunes a d’énormes incidences sur le coût des services de santé, de protection sociale et judiciaires. Elle réduit la productivité, diminue la valeur des biens.

La violence chez les jeunes est un problème de santé publique mondiale. Elle recouvre toute une série d’actes qui vont du harcèlement aux violences physiques, en passant par des violences sexuelles et physiques plus graves pouvant aller jusqu’à l’homicide.

La problématique

On estime que dans le monde il y a 200 000 homicides par an chez les jeunes de 10 à 29 ans, ce qui en fait la quatrième cause de mortalité dans cette tranche d’âge. On observe une variation spectaculaire des taux d’homicide chez les jeunes entre les pays et dans les pays eux-mêmes.

À l’échelle mondiale, 83% des victimes sont de sexe masculin et, dans tous les pays, les garçons et les jeunes hommes constituent également la majorité des auteurs.

Les taux d’homicide chez les jeunes femmes sont bien inférieurs presque partout. Entre 2000 et 2012, les taux d’homicide chez les jeunes ont diminué dans la plupart des pays, même si la baisse a été plus marquée dans les pays à revenu élevé que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Pour chaque jeune tué, beaucoup d'autres subissent des blessures nécessitant une hospitalisation. Les attaques avec des armes à feu occasionnent plus souvent des blessures mortelles que les agressions par coups de poing, coups de pied, avec des couteaux ou avec des objets contondants.

La violence sexuelle touche également un nombre important de jeunes. Ainsi, 3 à 24% des femmes interrogées dans le cadre de l’Étude multipays de l’OMS sur la santé des femmes et la violence domestique rapportent que leur première expérience sexuelle a eu lieu sous la contrainte. Les bagarres et le harcèlement sont également courants chez les jeunes.

Une étude de 40 pays en développement a montré qu'environ 42% des garçons et 37% des filles étaient exposés aux brutalités et au harcèlement.

Les homicides et actes de violence non mortels concernant des jeunes contribuent non seulement considérablement à la charge mondiale de mortalité prématurée, de traumatismes et d’incapacités, mais ont également des répercussions graves, souvent à vie, sur le fonctionnement psychologique et social de l’individu. Cela peut toucher les familles des victimes, leurs amis et leurs communautés. La violence chez les jeunes accroît les coûts des services de santé, de protection sociale et judiciaires, réduit la productivité, diminue la valeur des biens et, d’une manière générale, fragilise le tissu social.

Facteurs de risque au niveau individuel
  • trouble du déficit de l’attention, hyperactivité, troubles de la conduite ou autres troubles comportementaux;
  • implication dans des activités criminelles;
  • consommation précoce d’alcool, de drogues et de tabac;
  • faible niveau intellectuel et mauvais résultats scolaires;
  • manque d’investissement scolaire et échec scolaire;
  • chômage;
  • exposition à la violence au sein de la famille.
Facteurs de risque dans le cadre des relations avec les proches (famille, amis, partenaires intimes et pairs)
  • manque de surveillance et d’encadrement des enfants par les parents;
  • pratiques disciplinaires parentales dures, laxistes ou incohérentes;
  • faible niveau d’attachement entre les parents et les enfants;
  • manque d’intérêt des parents pour les activités des enfants;
  • abus de substances psychoactives ou délinquance des parents;
  • parents dépressifs;
  • faible niveau de revenu familial;
  • chômage;
  • association avec des pairs délinquants ou appartenance à un gang.
Facteurs de risque au sein de la communauté et plus largement de la société
  • accès à l’alcool et consommation abusive;
  • accès aux armes à feu et mauvais usage de celles-ci;
  • présence de gangs et offre locale de drogues illicites;
  • fortes inégalités de revenu;
  • pauvreté; et
  • qualité de la gouvernance d’un pays (lois et application de celles-ci, de même que politiques d’éducation et de protection sociale).

Prévention

Les programmes de prévention qui se révèlent prometteurs sont les suivants:

  • programmes de développement des compétences essentielles et de développement social visant à aider les enfants et les adolescents à gérer la colère, à résoudre les conflits et à acquérir les compétences sociales nécessaires pour résoudre les problèmes;
  • programmes de prévention du harcèlement dans les écoles;
  • programmes qui apportent un soutien aux parents et leur inculquent des compétences parentales positives;
  • programmes préscolaires qui inculquent aux enfants des compétences scolaires et sociales dès le plus jeune âge;
  • approches thérapeutiques pour les jeunes présentant un risque élevé d'être impliqués dans la violence;
  • mesures visant à réduire l’accès à l’alcool;
  • politiques restrictives en matière d’achat et d’autorisation des armes à feu;
  • programmes visant à réduire les concentrations de pauvreté et à améliorer l'environnement urbain.

La prévention de la violence chez les jeunes exige une approche globale qui porte également sur les déterminants sociaux de la violence, tels que les inégalités de revenu, l’évolution démographique et le changement social rapide et de faibles niveaux de protection sociale.

Si l’on veut réduire les conséquences immédiates de la violence chez les jeunes, il est essentiel d’apporter des améliorations aux soins d’urgence et pré-hospitaliers, et notamment en matière d’accès aux soins.

Action de l’OMS

L’OMS et ses partenaires collaborent afin de faire baisser la violence chez les jeunes à travers des initiatives qui aident à définir le problème, le quantifier et y répondre, par les moyens suivants:

  • en appelant l’attention sur l’ampleur de la violence chez les jeunes et sur l’importance de la prévention;
  • en recueillant des données sur l’ampleur et les types de violence dans différents contextes, ce qui est important pour comprendre l’ampleur et la nature du problème au niveau mondial;
  • en élaborant des recommandations à l’intention des États Membres et autres secteurs pertinents afin de prévenir la violence chez les jeunes et de renforcer l’action contre celle-ci;
  • en soutenant les efforts nationaux de prévention de la violence chez les jeunes;
  • en collaborant avec les organismes et organisations internationaux pour décourager la violence chez les jeunes au niveau mondial.
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