Centre des médias

Accidents de la route

Aide-mémoire
Septembre 2016


Principaux faits

  • Les accidents de la route entraînent 1,25 million de décès par an environ.
  • Les accidents de la route sont la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans.
  • 90% des décès sur les routes surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, qui possèdent environ la moitié du parc mondial de véhicules.
  • La moitié des tués sur les routes sont des «usagers vulnérables» (piétons, cyclistes et motocyclistes).
  • Si rien n’est fait, les accidents de la route deviendront, selon les projections, la septième cause de mortalité d’ici à 2030.
  • Le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies a fixé une cible ambitieuse pour la sécurité routière, à savoir diminuer de moitié le nombre total des morts et des blessés dus aux accidents de la route d’ici à 2020.

Chaque année, près de 1,25 million de personnes décèdent dans un accident de la route et 20 à 50 millions d’autres sont blessées, parfois même handicapées.

Les accidents de la route entraînent des pertes économiques considérables pour ceux qui en sont victimes, leur famille et les pays dans leur ensemble. En effet, ils nécessitent des traitements coûteux (y compris pour la réadaptation) et des enquêtes, et entraînent une perte de productivité (et de revenu) pour la victime et les membres sa famille qui doivent interrompre leur travail (ou s’absenter de l’école) pour la prendre en charge.

Il existe peu d’estimations mondiales sur le coût des accidents de la route, mais d’après des études réalisées en 2010, ils représenteraient pour les pays environ 3% du produit national brut. Ce chiffre atteint même 5% dans certains pays à revenu faible ou intermédiaire.

Alors qu’ils sont en grande partie prévisibles et évitables, pendant de nombreuses années, les accidents de la route n’ont pas été pris en compte dans l’action sanitaire mondiale. Dans de nombreux pays, les données montrent qu’il est possible de prévenir les accidents de la circulation de façon particulièrement efficace moyennant des efforts concertés auxquels participe, entre autres, le secteur de la santé.

Qui est exposé?

Statut socio-économique

Plus de 90% des décès sur les routes surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et, parmi ces pays, c’est dans la Région africaine et dans la Région de la Méditerranée orientale de l'OMS que les taux de mortalité sont les plus élevés. Même dans les pays à revenu élevé, les personnes défavorisées risquent davantage que les personnes plus aisées d’être impliquées dans un accident de la route.

Âge

La population âgée de 15 à 44 ans représente 48% des tués sur les routes au niveau mondial.

Sexe

Dès leur jeune âge, les hommes risquent davantage que les femmes d’être impliqués dans un accident de la route. Près de trois quarts (73%) des tués sur les routes sont des hommes. Chez les jeunes conducteurs, les jeunes hommes de moins de 25 ans encourent près de 3 fois plus de risques d'être tués dans un accident de voiture que les jeunes femmes.

Principaux facteurs de risque et prévention des accidents de la route

Les accidents de la route peuvent être évités. Les pouvoirs publics doivent agir de manière globale en faveur de la sécurité routière, avec la participation de plusieurs secteurs (transports, police, santé, éducation), en s’attachant à la sécurité des routes, des véhicules et, bien entendu, des usagers.

Il existe plusieurs interventions efficaces: la conception d’infrastructures plus sûres et la prise en compte de la sécurité routière dans l’aménagement du territoire et la planification des transports, l’amélioration des dispositifs de sécurité sur les véhicules et l’amélioration de la prise en charge des victimes d’accident. Les interventions qui ciblent le comportement des usagers de la route, par exemple l’élaboration et l’application de lois concernant les principaux facteurs de risque, et la sensibilisation à ces facteurs, sont tout aussi importantes.

Vitesse

Il existe un lien direct entre l’augmentation de la vitesse moyenne et la probabilité et la gravité d’un accident. En outre:

  • un piéton adulte a un risque de mourir inférieur à 20% s’il est heurté par une voiture à 50 km/h; à 80 km/h, le risque atteint presque 60%.
  • l’aménagement de zones où la vitesse est limitée à 30 km/h réduit le risque d’accident et est recommandé là où il y a beaucoup d’usagers vulnérables (p. ex. zones résidentielles, abords d’écoles);
  • la baisse de la vitesse moyenne diminue le nombre d’accidents mais a aussi d’autres effets positifs sur la santé (p. ex. une atténuation des problèmes respiratoires liés aux gaz d’échappement).

Conduite en état d’ébriété

La conduite en état d’ébriété augmente à la fois le risque d’accident et le risque de décès ou de blessure grave.

  • Le risque d’être impliqué dans un accident augmente sensiblement quand l’alcoolémie est supérieure à 0,04 g/dl.
  • Les lois qui interdisent la conduite à partir d’un taux d’alcoolémie de 0,05 g/dl, voire inférieur, permettent de faire baisser le nombre d’accidents liés à la prise d’alcool.
  • Les contrôles aléatoires d’alcoolémie sur la route, qui peuvent faire baisser d’environ 20% le nombre d’accidents liés à l’alcool, se sont avérés très rentables.
  • Par rapport aux conducteurs plus âgés et expérimentés, les conducteurs jeunes ou novices ont un risque accru d’être impliqués dans des accidents de la route lorsqu’ils conduisent sous l’influence de l’alcool.
  • Les lois imposant une alcoolémie inférieure ou égale à 0,02 g/dl pour les conducteurs jeunes ou novices peuvent faire baisser le nombre d’accidents impliquant des jeunes dans une proportion pouvant atteindre 24%.

Casque pour motocyclistes

  • Le casque pour motocyclistes, s’il est porté correctement, peut réduire de près de 40% le risque de décès et de plus de 70% le risque de traumatisme grave.
  • Lorsqu’une législation appropriée est appliquée, le taux de port du casque peut dépasser 90%.
  • Pour réduire effectivement la gravité des traumatismes crâniens en cas de choc, les casques doivent être conformes à une norme de sécurité reconnue.

Ceinture de sécurité et dispositifs de sécurité pour enfant

  • Le port de la ceinture de sécurité réduit le risque de décès de 40% à 50% pour les passagers assis à l’avant et de 25% à 75% pour les passagers assis à l’arrière.
  • On a constaté que, sous l’influence d’une législation le rendant obligatoire, le port de la ceinture de sécurité augmentait sensiblement.
  • S’ils sont correctement installés et utilisés, les dispositifs de sécurité pour enfants réduisent de 70% environ les décès des nourrissons et de 54% à 80% les décès des jeunes enfants.

Distraction au volant

De nombreuses distractions peuvent altérer la conduite mais l’essor récent, au niveau mondial, de l’utilisation du téléphone portable au volant pose de plus en plus de problèmes de sécurité. Le téléphone portable altère la conduite: il allonge le temps de réaction (notamment pour le freinage mais aussi pour la lecture de la signalisation routière) et amène le conducteur à ne pas rester dans sa voie de circulation ou encore à ne pas respecter la distance de sécurité.

  • L’envoi et la réception de SMS distraient aussi considérablement le conducteur, sachant que les jeunes sont particulièrement exposés à ce risque.
  • Les conducteurs qui font usage de leur téléphone portable au volant courent 4 fois plus de risques que les autres d’être impliqués dans un accident. Les kits mains-libres n’offrent pas beaucoup plus de sécurité.
  • Il existe peu de données concrètes sur les moyens de réduire l’utilisation du téléphone portable au volant mais les pouvoirs publics doivent prendre des initiatives. Ils peuvent, par exemple, adopter une législation, lancer des campagnes de sensibilisation et collecter régulièrement des données sur la distraction au volant afin de mieux comprendre la nature de ce problème.

Action de l’OMS

Coordination de la Décennie d’action pour la sécurité routière

Une résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2010 proclame la décennie 2011-2020 Décennie d’action pour la sécurité routière. Les activités de cette Décennie ont débuté en mai 2011 dans plus de 110 pays en vue de sauver des millions de vies en améliorant la sécurité des routes et des véhicules, le comportement des usagers et les services d’urgence.

En collaboration avec les commissions régionales des Nations Unies, l’OMS est l’institution chef de file pour la sécurité routière au sein du système des Nations Unies. Elle préside aussi le Groupe des Nations Unies pour la collaboration en matière de sécurité routière et fait fonction de Secrétariat pour la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011-2020.

Elle joue un rôle de premier plan dans l’orientation des efforts mondiaux en continuant de défendre la sécurité routière au plus haut niveau politique, en compilant et en diffusant les bonnes pratiques en matière de prévention, en communiquant au grand public des informations sur les risques et les moyens de les réduire et en insistant sur la nécessité d’accroître le financement.

Suivi des progrès grâce à des rapports de situation mondiaux

Le Rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde 2015 de l’OMS présente des informations sur le sujet dans 180 pays. C’est le troisième de la série et il donne un aperçu de la situation de la sécurité routière dans le monde. Les rapports de situation sont l’outil officiel de suivi pour la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011-2020.

L’OMS participera à l’évaluation de l’impact de la Décennie d’action en établissant des rapports de situation sur la sécurité routière dans le monde. Le premier rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde, publié en 2009, constituait une première évaluation globale et le deuxième, qui servira de base à la Décennie d’action pour la sécurité routière, sera publié en mars 2014.

Appui technique aux pays

L’OMS intervient dans les pays pour tout un éventail d’activités, de la prévention primaire à la réadaptation des victimes d’accident. L’Organisation travaille donc en partenariat avec plusieurs secteurs (p. ex. santé, police, transports, éducation) et avec d’autres acteurs concernés par la prévention des accidents de la route, par exemple des organisations non gouvernementales et des universités.

L’OMS est partenaire de la Bloomberg Initiative for Global Road Safety (BIGRS) 2015-2019, qui cherche à réduire le nombre des morts et des blessés dus aux accidents de la route dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et dans les villes en renforçant la législation sur la sécurité routière au niveau national et en prenant des mesures qui ont fait leur preuve au niveau des villes.

L’OMS participe au programme dans 4 pays – la Chine, les Philippines, la République-Unie de Tanzanie et la Thaïlande – en apportant un appui technique dans les domaines de la législation et de la formation des médias.

L’OMS soutient aussi la sécurité routière par d’autres moyens, par exemple en améliorant la sécurité autour des écoles au Malawi et au Mozambique, en contribuant à l’amélioration des services d’urgence au Kenya et en Inde et en améliorant les systèmes de collecte de données (dans le secteur de la santé et dans les services de police). L’OMS continuera à soutenir ces initiatives et d’autres initiatives nationales en faveur de la sécurité routière afin que les programmes des pouvoirs publics s’inscrivent dans la durée.

L’OMS fournit également des lignes directrices qui mettent en valeur les bonnes pratiques de prévention des accidents de la route puis aide les gouvernements à appliquer les programmes ou les politiques suggérés. Par exemple, un manuel de bonnes pratiques sur le port du casque pour motocyclistes et la lutte contre la conduite en état d’ébriété est utilisé dans plusieurs pays de l’Association des Nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) et un guide pour l’amélioration des soins préhospitaliers sera utilisé au Kenya et en Inde.

Les capacités des pays sont développées grâce à l’utilisation de ces guides mais aussi grâce à la formation dans différents domaines de la prévention des traumatismes (par exemple, grâce à des cours sur la surveillance des traumatismes et l’amélioration des soins de traumatologie).

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