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Géohelminthiases

Aide-mémoire N°366
Avril 2014


Principaux faits

  • Les géohelminthiases sont dues à différentes espèces de vers parasites.
  • Elles sont transmises par les œufs présents dans les excréments humains qui contaminent les sols là où il y a peu de moyens d’assainissement.
  • Environ deux milliards de personnes dans le monde sont infestées par des géohelminthes.
  • Les enfants atteints présentent des troubles physiques, nutritionnels et cognitifs.
  • La lutte est basée sur:
    • un déparasitage périodique pour éliminer les vers;
    • l’éducation sanitaire pour éviter les réinfections; et
    • l’amélioration des moyens d’assainissement pour réduire la contamination des sols par les œufs.
  • Il existe des médicaments sûrs et efficaces pour lutter contre les géohelminthiases.

Les géohelminthiases sont parmi les infections les plus courantes dans le monde et touchent les communautés les plus pauvres et les plus défavorisées. Elles sont transmises par des œufs présents dans les excréments humains, qui contaminent le sol là où l’assainissement laisse à désirer.Les principales espèces de géohelminthes qui infestent l’homme appartiennent à l’embranchement des nématodes (Ascaris lumbricoides, Trichuris trichiura, Necator americanus et Ancylostoma duodenale).

Répartition et prévalence dans le monde

Environ 1.5 milliards de personnes, soit près de 24% de la population mondiale, sont atteintes d’une géohelminthiase. Les géohelminthiases sévissent dans toutes les régions tropicales et subtropicales et surtout en Afrique subsaharienne, dans les Amériques, en Chine et en Asie orientale.

Plus de 270 millions d’enfants d’âge préscolaire et de 600 millions d’enfants d’âge scolaire habitent dans des régions où la transmission de ces parasites est intensive et il faut leur proposer des traitements et des mesures préventives.

Transmission

Les géohelminthes sont transmis par les œufs présents dans les excréments des personnes infestées. Les vers adultes vivent dans les intestins, où ils pondent des milliers d’œufs chaque jour. Dans les endroits où les moyens d’assainissement sont insuffisants, ces œufs contaminent les sols et l’infestation par A. lumbricoides et T. trichiurase produit lors de l’ingestion d’œufs de ces vers. Il existe plusieurs cas de figure:

  • les œufs présents sur les légumes sont ingérés lorsque ces légumes ne sont pas soigneusement cuits, lavés ou épluchés;
  • les œufs sont ingérés lors de la consommation d’eau contaminée;
  • les œufs sont ingérés par les enfants qui jouent par terre et mettent leurs mains à la bouche sans les avoir lavées.

Les œufs de nématodes éclosent dans le sol et libèrent des larves qui, lorsqu’elles atteignent leur forme adulte, peuvent pénétrer dans la peau. L’infestation par les nématodes se produit lorsque les gens marchent pieds nus sur un sol contaminé.

La transmission directe d’une personne à l’autre ou l’infection à partir d’excréments frais est impossible car les œufs doivent se développer environ trois semaines dans le sol avant d’acquérir un pouvoir infectieux. Comme les vers ne se multiplient pas dans l’organisme de l’homme, la réinfection ne peut être que le résultat d’un contact avec le ver à un stade infectieux dans l’environnement.

Morbidité et symptômes

La morbidité est liée au nombre de vers dont le sujet est porteur. Les personnes peu infestées ne présentent en général aucun symptôme. En cas d’infestation plus importante, plusieurs symptômes peuvent apparaître, dont des manifestations intestinales (diarrhée, douleurs abdominales), une fatigue générale et une faiblesse et des troubles du développement cognitif et physique. Les nématodes entraînent des hémorragies intestinales chroniques qui peuvent provoquer une anémie.

Effets sur la nutrition

Les géohelminthes ont plusieurs conséquences sur l’état nutritionnel des personnes touchées.

  • Les vers s’alimentent des tissus de l’hôte, notamment de sang, ce qui entraîne une perte de fer et de protéines.
  • Les vers aggravent la malabsorption des nutriments. En outre, certains nématodes peuvent capter une partie de la vitamine A dans l’intestin.
  • Certains géohelminthes peuvent également entraîner une perte d’appétit et donc une réduction de l’apport nutritionnel et une baisse de la forme physique. T. trichiura, en particulier, peut entraîner une diarrhée et une dysenterie.

On sait que les troubles nutritionnels causés par les géohelminthes ont d’importantes conséquences sur la croissance et le développement.

Stratégie de lutte de l’OMS

Pour lutter contre les géohelminthiases, la stratégie consiste à fournir périodiquement un traitement aux personnes à risque qui habitent dans les zones d’endémie. Les personnes à risque sont:

  • les enfants d’âge préscolaire;
  • les enfants d’âge scolaire;
  • les femmes en âge de procréer (y compris les femmes enceintes au deuxième et au troisième trimestre de grossesse et les femmes allaitantes); et
  • les adultes exerçant certains métiers à haut risque (cueilleurs de thé ou mineurs, par exemple).

L’OMS recommande d’administrer périodiquement, sans diagnostic individuel préalable, un traitement médicamenteux pour le déparasitage à l’ensemble des personnes à risque habitant dans les régions d’endémie. Ce traitement doit être administré une fois par an lorsque la prévalence des géohelminthiases dans une communauté est supérieure à 20% et deux fois par an lorsqu’elle est supérieure à 50%. Cette intervention permet de réduire la morbidité en réduisant la charge de vers. En outre:

  • l’éducation sanitaire et l’éducation à l’hygiène évitent la transmission et la réinfection en favorisant les comportements sains;
  • la mise en place de moyens d’assainissement suffisants est également importante mais n’est pas toujours possible lorsque les ressources sont limitées.

Le but de ces interventions est d’éviter l’apparition de symptômes : le traitement périodique des populations à risque réduit l’intensité de l’infestation et évite donc aux personnes infestées de tomber malades.

Le déparasitage périodique peut être facilement organisé à l’occasion des journées de santé de l’enfant ou de programmes de supplémentation, pour les enfants d’âge préscolaire, ou intégré dans les programmes de santé scolaire. En 2011, plus de 300 millions d’enfants d’âge préscolaire et scolaire ont été traités au moyen de médicaments anthelminthiques dans les pays d’endémie, ce qui représente 30% des enfants exposés.

Les écoles sont eu lieu particulièrement intéressant pour les activités de déparasitage car elles permettent aussi de faire de l’éducation sanitaire et de l’éducation à l’hygiène, par exemple de promouvoir le lavage des mains et l’amélioration de l’assainissement.

Médicaments recommandés par l’OMS

Les médicaments recommandés – l’albendazole (400 mg) et le mébendazole (500 mg) – sont efficaces et peu coûteux et peuvent être facilement administrés par du personnel non-médical (p. ex. des enseignants). Leur innocuité a été soigneusement testée, ils ont été utilisés chez des millions de gens et leurs effets secondaires sont légers et peu nombreux.

Les ministères de la santé reçoivent des dons d’albendazole et de mébendazole par l’intermédiaire de l’OMS.

Objectif mondial

L’objectif mondial est d’éliminer la morbidité due aux géohelminthiases chez l’enfant d’ici 2020. Pour cela, il s’agit de traiter régulièrement au moins 75% des enfants dans les régions d’endémie (873 millions selon les estimations).

Action de l’OMS

En 2001, les délégués à l’Assemblée mondiale de la Santé ont adopté à l’unanimité une résolution (WHA54.19) qui invitait instamment les pays d’endémie à intensifier la lutte contre les vers parasites, notamment les schistosomes et les géohelminthes.

La stratégie de lutte contre les géohelminthiases vise à prévenir la morbidité grâce au traitement périodique de la population à risque dans les zones d’endémie. Ces personnes sont:

  • les enfants d’âge préscolaire;
  • les enfants d’âge scolaire;
  • les femmes en âge de procréer (y compris les femmes enceintes au deuxième et au troisième trimestres de grossesse et les femmes allaitantes).

Le déparasitage périodique peut être facilement organisé à l’occasion des journées de santé de l’enfant ou de programmes de supplémentation en vitamine A, pour les enfants d’âge préscolaire, ou intégré dans les programmes de santé scolaire

Les écoles sont eu lieu particulièrement intéressant pour les activités de déparasitage car elles permettent aussi de faire de l’éducation sanitaire et de l’éducation à l’hygiène, par exemple en encouragent le lavage des mains et l’amélioration de l’assainissement.

Accès aux médicaments anthelminthiques

Dans tous les pays d’endémie, les ministères de la santé peuvent bénéficier, par l’intermédiaire de l’OMS, de dons de médicaments anthelminthiques pour le traitement de tous les enfants d’âge scolaire.

Couverture

En 2012, 285 millions d’enfants ayant besoin d’un traitement se sont vu administrer des anthelminthiques pour des géohelminthiases, soit une couverture mondiale de 32,6%.

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