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Rubéole

Aide-mémoire N°367
Juillet 2012


Principaux faits

  • La rubéole est une infection virale contagieuse, généralement bénigne, qui touche le plus souvent les enfants et les adultes jeunes.
  • Chez la femme enceinte, la rubéole peut entraîner la mort du fœtus ou des malformations congénitales (syndrome de rubéole congénitale).
  • On estime que 110 000 enfants par an naissent avec un syndrome de rubéole congénitale.
  • Il n’y a pas de traitement spécifique contre la rubéole mais il existe un vaccin.

La rubéole est une infection virale aiguë contagieuse. Elle est généralement bénigne chez l’enfant mais elle a de graves conséquences chez la femme enceinte. En effet, elle peut entraîner la mort du fœtus ou des malformations congénitales (syndrome de rubéole congénitale).

Le virus de la rubéole se transmet par les gouttelettes nasales expulsées par les personnes infectées lorsqu’elles éternuent ou toussent. L’homme est le seul hôte connu.

Symptômes

Chez l’enfant, la maladie est généralement bénigne et se manifeste par une éruption cutanée, une légère fièvre (<39 °C), des nausées et une conjonctivite modérée. L’éruption cutanée, qui survient dans 50% à 80% des cas, débute généralement sur la face et le cou avant de s’étendre au reste du corps et dure un à trois jours. Le signe clinique le plus caractéristique de la maladie est l’augmentation du volume des ganglions lymphatiques derrière les oreilles et dans le cou. Les adultes infectés – généralement des femmes – présentent parfois une arthrite et des douleurs articulaires, en général pendant trois à dix jours.

Le virus se propage dans l’organisme en cinq à sept jours et les symptômes apparaissent en général deux à trois semaines après l’exposition. L’infectiosité atteint son maximum un à cinq jours après l’apparition de l’éruption cutanée.

Quand une femme contracte la rubéole en début de grossesse, la probabilité de transmission du virus au fœtus est de 90%. Chez la femme enceinte, la rubéole peut entraîner une fausse couche, une mortinaissance ou de graves malformations congénitales (syndrome de rubéole congénitale). Les nourrissons atteints d’un syndrome de rubéole congénitale peuvent excréter le virus pendant au moins un an.

Syndrome de rubéole congénitale

Les enfants atteints d’un syndrome de rubéole congénitale peuvent présenter une déficience auditive, des malformations oculaires et cardiaques et d’autres maladies dont ils souffriront toute leur vie (autisme, diabète sucré et dysfonctionnement de la thyroïde...), qui exigent souvent des traitements coûteux, des actes chirurgicaux et d’autres soins onéreux.

C’est dans les pays où les femmes en âge de procréer ne sont pas immunisées contre la rubéole (parce qu’elles n’ont jamais été vaccinées ou parce qu’elles n’ont jamais contracté la maladie) que le risque de syndrome de rubéole congénitale est le plus élevé. Avant l’introduction du vaccin, jusqu’à un enfant pour 1000 naissances vivantes présentait ce syndrome.

La vaccination antirubéoleuse à grande échelle au cours de la dernière décennie a permis d’éliminer pratiquement la rubéole et le syndrome de rubéole congénitale dans de nombreux pays développés et dans quelques pays en développement. La Région OMS des Amériques n’a enregistré aucun cas de rubéole de nature endémique (transmise naturellement) depuis 2009.

C’est dans les Régions OMS de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Est, où la couverture vaccinale est la plus faible, que les taux de syndrome de rubéole congénitale sont les plus élevés.

Vaccination

Le vaccin antirubéoleux, qui est préparé à partir d’un virus vivant atténué, est utilisé depuis plus de 40 ans. Une seule dose confère une immunité durable supérieure à 95%, similaire à l’immunité naturelle.

Le vaccin antirubéoleux est disponible en formulation monovalente (c’est-à-dire seul) mais, le plus souvent, il est associé à d’autres vaccins (antirougeoleux, antirougeoleux et antiourlien ou antirougeoleux, antiourlien et antivaricelleux).

Les manifestations postvaccinales indésirables sont généralement bénignes : douleurs et rougeurs au point d’injection, légère fièvre, éruption cutanée et douleurs musculaires. Au cours des campagnes de masse organisées dans la Région des Amériques, qui ont permis de vacciner plus de 250 millions d’adolescents et d’adultes, aucune manifestation postvaccinale indésirable grave n’a été constatée.

Action de l’OMS

L’OMS recommande à tous les pays qui n’ont pas encore introduit le vaccin antirubéoleux d’envisager de le faire en s’appuyant sur les programmes de vaccination contre la rougeole qui sont déjà bien établis.

En avril 2012, l’Initiative contre la rougeole – désormais Initiative contre la rougeole et la rubéole – a présenté un nouveau plan stratégique mondial de lutte contre la rougeole et la rubéole pour la période 2012-2020. Ce plan prévoit de nouveaux objectifs mondiaux pour 2015 et 2020.

D’ici fin 2015
  • Faire baisser le nombre de décès attribuables à la rougeole dans le monde d’au moins 95% par rapport à 2000.
  • Atteindre, au niveau régional, les objectifs relatifs à l’élimination de la rougeole, de la rubéole et du syndrome de rubéole congénitale.
D’ici fin 2020
  • Avoir éliminé la rougeole et la rubéole dans cinq Régions de l’OMS au moins.

La stratégie est axée sur la mise en œuvre de cinq mesures de base:

  • obtenir et maintenir un haut niveau de couverture vaccinale (la vaccination doit consister en l’administration de deux doses de vaccin combinant la valence rougeole et la valence rubéole);
  • surveiller efficacement la maladie et évaluer les efforts programmatiques pour assurer une progression et veiller à ce que les activités de vaccination aient un effet positif;
  • mettre en place et maintenir des dispositifs de préparation et de riposte aux flambées et de traitement efficace des cas;
  • communiquer pour renforcer la confiance du grand public et susciter une demande en faveur de la vaccination;
  • entreprendre les activités de recherche-développement nécessaires pour soutenir l’application de mesures efficaces et d’un bon rapport coût-efficacité et améliorer les outils pour la vaccination et le diagnostic.

L’application de ce plan stratégique peut préserver et améliorer rapidement et durablement la vie des enfants et de leur mère dans le monde entier. Il propose aux responsables de la vaccination dans les pays des stratégies claires, à appliquer en collaboration avec des partenaires pour atteindre, d’ici 2015 et 2020, les objectifs concernant l’élimination de la rougeole et de la rubéole. Le plan s’appuie sur des années d’expérience dans l’application des programmes de vaccination et tient compte des enseignements tirés des initiatives de lutte accélérée contre la rougeole et d’éradication de la poliomyélite.

L’OMS, qui est l’un des membres fondateurs de l’Initiative contre la rougeole et la rubéole, offre un appui technique aux gouvernements et aux communautés afin qu’ils améliorent les programmes de vaccination systématique et organisent des campagnes de vaccination ciblées. En outre, le réseau mondial OMS des laboratoires de la rougeole et de la rubéole facilite le diagnostic des cas de rubéole et de syndrome de rubéole congénitale ainsi que le suivi de la propagation des virus de la rubéole.

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