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Les morsures d’animaux

Aide-mémoire N°373
18 février 2013


Principaux faits

  • Les morsures d’animaux sont une cause majeure de morbidité et de mortalité dans le monde.
  • À l’échelle mondiale, jusqu’à cinq millions de personnes sont mordues chaque année par un serpent, la majorité d’entre elles vivant en Afrique et en Asie du Sud-Est.
  • Pour traiter les morsures de serpent venimeux, il faut un traitement médical rapide au moyen du sérum antivenimeux approprié.
  • Les morsures de chien sont responsables de dizaines de millions de blessures chaque année, les enfants en étant les premières victimes.
  • La rage, transmise par les morsures de chien, de chat ou de singe, est un sujet de préoccupation majeur en matière de santé.

Les morsures d’animaux posent un important problème de santé publique pour les enfants et les adultes dans le monde entier. Les conséquences sanitaires des morsures d’animaux vont dépendre du type d’espèce animale et de la santé de l’animal en cause, de la taille et de la santé de la personne victime de la morsure, et de la possibilité d’accéder à des soins appropriés.

L’être humain peut être mordu par un grand nombre d’espèces animales; toutefois, les morsures les plus graves sont celles infligées par les serpents, les chiens, les chats et les singes.

Les morsures de serpent

Ampleur du problème

À l’échelle mondiale, jusqu’à cinq millions de personnes chaque année sont victimes de morsures de serpent. Parmi celles-ci, les morsures de serpent venimeux sont responsables d’une morbidité et d’une mortalité importantes. On estime à 2,4 millions le nombre d’envenimations (empoisonnements par morsures de serpent) et de 94 000 à 125 000 le nombre de décès chaque année, 400 000 personnes supplémentaires devant être amputées ou souffrant d’autres conséquences graves, telles qu’infection, tétanos, cicatrices, contractures et séquelles psychologiques. Lorsque l’accès aux soins est difficile et que l’on manque de sérum antivenimeux, les blessures comme leur issue sont plus graves.

Qui sont les personnes les plus touchées?

La majorité des morsures de serpent ont lieu en Afrique et en Asie du Sud-Est. Elles touchent principalement les personnes vivant dans les zones rurales pauvres, qui vivent d’une agriculture non mécanisée à faible coût ou de petits travaux agricoles. Les agriculteurs, les femmes et les enfants sont les groupes les plus fréquemment mordus par les serpents. Outre la charge de morbidité que représentent ces blessures, les familles et les communautés doivent supporter le poids de leur impact socio économique. Les victimes adultes sont souvent la source de revenus de la famille ou les personnes prenant soin des enfants ou d’autres membres de la cellule familiale ; les enfants victimes quant à eux peuvent souffrir leur vie durant d’incapacités qui pèseront sur les familles et les communautés.

Traitement

On compte approximativement 600 espèces de serpents venimeux et environ 50 à 70% de leurs morsures provoquent une envenimation. Lorsqu’une personne est mordue, les premiers soins à prodiguer consistent à immobiliser complètement le membre touché et à évacuer rapidement la personne vers un établissement médical. La pose d’un garrot et l’incision de la plaie peuvent aggraver les effets du venin et ne doivent pas faire partie des gestes de premier secours. Il est fréquent que les victimes de morsures de serpent aient besoin d’une injection de sérum antivenimeux. Il est important que le sérum antivenimeux soit adapté aux serpents qui sont endémiques dans la région. Les autres mesures consistent à nettoyer la plaie pour réduire le risque d’infection, à traiter les symptômes en offrant notamment une assistance respiratoire, et à administrer le vaccin antitétanique au patient avant qu’il ne rentre chez lui s’il n’a pas été vacciné correctement contre le tétanos.

Prévention des morsures de serpent

Pour prévenir les morsures de serpent, il convient d’informer les communautés du risque qu’elles représentent et des mesures de prévention à adopter, notamment:

  • éviter de marcher dans les herbes hautes;
  • porter des chaussures ou des bottes pour se protéger;
  • maintenir les lieux de stockage à l’abri des rongeurs;
  • ne pas laisser d’ordures, de tas de bois ou de broussailles à proximité de l’habitation;
  • dans l’habitation, stocker les aliments dans des récipients à l’épreuve des rongeurs, surélever les lits et fixer solidement les moustiquaires sous les matelas.

Pour prévenir ou limiter les graves conséquences sanitaires des morsures de serpent, le personnel soignant doit être formé à la prise en charge des morsures de serpent, y compris au bon usage et à l’administration sans risque des sérums antivenimeux. Les autorités de santé publique et les responsables politiques doivent veiller à ce que les communautés, les pays et les régions qui en ont le plus besoin soient approvisionnés en sérums antivenimeux sûrs et efficaces, en quantités suffisantes, et donner la priorité aux initiatives de recherche qui permettront de déterminer plus précisément la charge que représentent ces blessures.

Les morsures de chien

Ampleur du problème

On ne dispose à l’échelle mondiale d’aucune donnée sur l’incidence des morsures canines bien que des études permettent de penser qu’elles sont responsables de dizaines de millions de blessures chaque année. Aux États-Unis d’Amérique par exemple, environ 4,5 millions de personnes sont mordues par un chien chaque année. Parmi celles-ci, près de 885 000 consultent un médecin; 30 000 ont recours à une chirurgie réparatrice; 3 à 18% contractent des infections et entre 10 à 20 décès sont à déplorer. Dans d’autres pays à revenu élevé comme l’Australie, le Canada et la France, l’incidence et les taux de mortalité sont comparables.

Les données dont disposent les pays à revenu faible ou intermédiaire sont plus fragmentées mais certaines études révèlent que les chiens sont responsables de 76 à 94% des blessures par morsure d’animal. Les taux de mortalité due à la morsure d’un chien sont plus élevés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays à revenu élevé du fait que la rage est un problème dans bon nombre de ces pays, que le traitement postexposition n’est pas toujours administré ou que l’accès aux soins est insuffisant. Le nombre de personnes qui décèdent de la rage est estimé à 55 000 chaque année, et les morsures de chiens enragés sont la cause de la vaste majorité de ces décès.

Qui sont les personnes les plus touchées?

Les enfants sont, en pourcentage, les premières victimes de morsures de chien, l’incidence la plus forte étant constatée après la petite enfance. Le risque de blessure à la tête ou au cou est plus important pour les enfants que pour les adultes, d’où des blessures plus graves, un plus grand besoin de traitement médical et des taux de mortalité plus élevés.

Dans certains pays, les hommes sont plus fréquemment victimes des morsures de chien que les femmes. Ces morsures représentent en outre plus de 50% des blessures infligées par des animaux aux voyageurs.

Traitement

Le traitement dépend de la localisation de la morsure, de l’état de santé général de la victime et du statut vaccinal antirabique du chien responsable. Les principes essentiels en matière de soins sont notamment les suivants :

  • prendre en charge médicalement la victime rapidement;
  • nettoyer et rincer abondamment la plaie;
  • pratiquer une suture primaire de la plaie si le risque d’infection est faible;
  • administrer des antibiotiques à titre prophylactique s’il s’agit de blessures à haut risque ou si la personne est immunodéprimée;
  • fournir le traitement antirabique postexposition en fonction du statut vaccinal de l’animal;
  • administrer le vaccin antitétanique si la personne n’a pas été correctement vaccinée.
Prévention des morsures de chien

Les communautés – les enfants en particulier – doivent connaître les risques que représentent les morsures de chien et les moyens de les prévenir: par exemple, ne pas s’approcher des chiens errants et ne jamais laisser un enfant sans surveillance auprès d’un chien, quel qu’il soit.

Le personnel soignant doit être formé pour pouvoir prendre en charge de manière appropriée les morsures de chien. Les autorités sanitaires et les responsables politiques doivent veiller à la lutte contre la rage dans la population canine, à un approvisionnement suffisant en vaccins antirabiques pour faire face aux cas d’exposition à la rage dans la population, et élaborer des systèmes de collecte des données pour que l’ampleur du problème soit mieux connue.

Les morsures de chat

Ampleur du problème

À l’échelle mondiale, les morsures de chat représentent 2 à 50% des blessures dues à des morsures animales. Elles viennent généralement après les morsures de chien en termes d’incidence. En Italie par exemple, l’incidence des blessures causées par les chats est de 18 pour 100 000 habitants, tandis qu’aux États-Unis d’Amérique, on estime à 400 000 le nombre des morsures de chat et à 66 000 le nombre des consultations dans les services d’urgence des hôpitaux qui en découlent chaque année.

Qui sont les personnes les plus touchées ?

C’est chez les femmes que l’on constate l’incidence la plus élevée.

Traitement

Le traitement dépend de la localisation de la morsure et du statut vaccinal antirabique de l’animal ayant infligé la morsure. Les principes essentiels en matière de soins sont notamment les suivants:

  • prendre en charge médicalement la victime rapidement, notamment en nettoyant la blessure;
  • administrer des antibiotiques à titre prophylactique pour diminuer le risque d’infection;
  • fournir le traitement antirabique postexposition en fonction du statut vaccinal de l’animal;
  • administrer le vaccin antitétanique si la personne n’a pas été correctement vaccinée.
Prévention des morsures de chat

Les communautés doivent connaître les risques que représentent les morsures de chat et les moyens de les prévenir, notamment vacciner les chats contre la rage.

Le personnel soignant doit être formé pour pouvoir prendre en charge de manière appropriée les morsures de chat. Les autorités sanitaires et les responsables politiques doivent veiller à la lutte contre la rage dans la population animale, à un approvisionnement suffisant en traitements postexposition antirabiques et en prophylaxie antibiotique pour les personnes victimes de morsures. Ils doivent également soutenir les initiatives de recherche visant à fournir davantage d’informations sur l’ampleur du problème.

Les morsures de singe

Ampleur du problème

Les morsures de singe représentent 2 à 21 des blessures infligées par un animal. En Inde par exemple, deux études ont révélé que les singes venaient juste après les chiens en tant que principale source de blessures dues à une morsure animale.

Qui sont les personnes les plus touchées

Les morsures de singe représentent un risque important chez les voyageurs, puisqu’elles sont la deuxième cause la plus fréquente de morsure animale dans cette population après les morsures de chien.

Traitement

Le traitement dépend de l’état de santé du patient, de la localisation de la morsure et de la suspicion ou non de rage chez le singe à l’origine de la morsure. Les principes essentiels en matière de soins sont notamment les suivants:

  • prendre en charge médicalement la victime rapidement, notamment en nettoyant la blessure;
  • administrer des antibiotiques à titre prophylactique pour diminuer le risque d’infection;
  • fournir le traitement antirabique postexposition en fonction du statut vaccinal de l’animal;
  • administrer le vaccin antitétanique si la personne n’a pas été correctement vaccinée.
Prévention des morsures de singe

Les communautés et les voyageurs doivent connaître les risques que représentent les morsures de singe et les moyens de les prévenir.

Le personnel soignant doit être formé pour pouvoir prendre en charge de manière appropriée ce type de blessures. Les autorités sanitaires et les responsables politiques doivent veiller à la lutte contre la rage dans les populations de singes, à un approvisionnement suffisant en traitements postexposition antirabiques et en prophylaxie antibiotique pour les personnes victimes de morsures. Ils doivent également soutenir les initiatives de recherche visant à fournir davantage d’informations sur l’ampleur du problème.

L’action de l’OMS

L’OMS agit pour résoudre le problème de santé publique que représentent les morsures animales.

Pour les morsures de serpent, l’Organisation a mis au point plusieurs outils pour contribuer à la mise au point, à la distribution et à l’administration des sérums antivenimeux.

Pour la rage, l’OMS lutte pour un meilleur accès au traitement postexposition en encourageant l’augmentation de la production de produits biologiques antirabiques, pour la formation continue à la lutte contre la rage et pour une large vaccination des populations canines.

Pour toutes les blessures causées par des morsures animales, l’OMS :

  • considère comme prioritaires les initiatives de collecte des données pour contribuer à déterminer la charge et les facteurs de risque de ces blessures;
  • préconise le renforcement des services d’intervention d’urgence pour les personnes blessées;
  • encourage les initiatives de recherche qui mettent l’accent sur les interventions de prévention efficaces et les populations les plus touchées.
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