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Trachome cécitant

Aide-mémoire N°382
Mars 2015


Principaux faits

  • Le trachome est dû à une infection oculaire par une bactérie, Chlamydia trachomatis.
  • On estime que le trachome est endémique dans 51 pays et qu’il est responsable de déficiences visuelles chez près de 1,8 million de personnes, dont 500 000 sont irréversiblement aveugles.
  • Près de 232 millions de personnes vivent dans les zones d’endémie trachomateuse et sont exposées à l’infection.
  • L’infection se transmet par contact entre les personnes (mains, vêtements) et par les mouches qui ont été en contact avec l’écoulement oculaire ou nasal de personnes infectées.
  • En cas d’épisodes répétés sur plusieurs années, l’infection peut entraîner des séquelles chroniques, avec des douleurs et une gêne, et endommager de façon permanente la cornée, conduisant à une cécité irréversible.
  • Une résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé en 1998 visait l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique d’ici 2020.
  • En 2013, près de 234 000 personnes ont eu un traitement chirurgical pour cette maladie à un stade avancé et 55 millions ont bénéficié d’une antibiothérapie.

Le trachome est la principale cause de cécité d’origine infectieuse dans le monde. Il est dû à une bactérie intracellulaire obligatoire connu sous le nom de Chlamydia trachomatis. L'infection est transmise par contact avec l’écoulement oculaire ou nasal de personnes infectées, en particulier les jeunes enfants qui forment le principal réservoir de l’infection. Il est également transmis par les mouches qui ont été en contact avec les yeux ou le nez de personnes infectées.

Caractéristiques cliniques et morbidité

Dans les zones où le trachome est endémique, le trachome évolutif est fréquent chez les enfants d’âge préscolaire, avec des taux de prévalence qui peuvent atteindre 60 à 90%. L’infection est moins répandue et plus courte à mesure que l’âge augmente.

Elle est généralement contractée en raison d’une proximité étroite avec une personne souffrant de la maladie évolutive et la famille est la principale unité de transmission. Le système immunitaire peut vaincre un épisode infectieux isolé, mais dans les communautés d’endémie, les sujets se réinfectent fréquemment.

Après des années d’infections répétées, l’intérieur de la paupière peut se couvrir de tissus cicatriciels (cicatrices conjonctivales) au point que le bord de la paupière se retourne vers l’intérieur et que les cils frottent contre la cornée (trichiasis), ce qui provoque une douleur constante et une intolérance à la lumière; cela et d’autres altérations de l’œil peuvent provoquer l’apparition de cicatrices sur la cornée. Faute de traitement, cette affection conduit à la formation d’opacités irréversibles puis à l’apparition de déficiences visuelles et de la cécité, généralement entre les âges de 30 et 40 ans.

L’âge auquel ces problèmes surviennent dépend de plusieurs facteurs dont l’intensité de la transmission locale. Dans les communautés de forte endémie, ils peuvent apparaître dès l’enfance, mais leur développement entre 30 et 40 ans est plus typique.

Les déficiences visuelles ou la cécité aggravent les difficultés des individus et de leur famille, qui figurent déjà parmi les plus pauvres. Les femmes sont 2 à 3 plus touchées que les hommes, probablement parce qu’elles sont davantage en contact avec des enfants infectés.

Les facteurs de risques environnementaux qui ont une incidence sur la transmission de la maladie sont:

  • le manque d’hygiène;
  • le surpeuplement des habitations;
  • le manque d’eau; et
  • le manque de latrines et de moyens d’assainissement.

Distribution

Le trachome est hyperendémique dans un grand nombre des régions parmi les plus pauvres et les plus rurales de 51 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et en Australie.

Il est responsable de déficiences visuelles chez environ 1,8 million de personnes, dont 500 000 sont irréversiblement aveugles. Cela représente environ 1,4% des cas de cécité totale dans le monde.

Dans l’ensemble, l’Afrique reste le continent le plus touché et celui où les efforts de lutte sont les plus intensifs. En 2013, dans les 29 pays de la Région africaine de l’OMS, 204 000 cas de trichiasis ont été opérés (soit 87% du total mondial) et 54 millions ont été traités par antibiothérapie (soit 98% du total mondial des cas traités).

À ce jour [mars 2015] 7 pays ont déclaré avoir atteint les objectifs d’élimination du trachome, ce qui représente une étape majeure dans la campagne menée pour l’élimination de cette maladie et le passage à la phase de surveillance postendémique. Ces pays sont: la Gambie, le Ghana, l’Iran, le Maroc, le Myanmar, Oman et le Viet Nam.

Impact économique

La charge du trachome pour les personnes et les communautés touchées est considérable. Son coût économique en termes de perte de productivité est estimé entre 2,9 et 5,3 milliards de dollars (US $) par an, voire 8 milliards lorsque l’on inclut le trichiasis.

Prévention et lutte

Les programmes de lutte dans les pays d’endémie sont mis en œuvre dans le cadre de la stratégie CHANCE, recommandée par l’OMS, qui comprend quatre volets:

  • la chirurgie pour traiter le stade cécitant de la maladie (trichiasis trachomateux ou TT);
  • les antibiotiques pour traiter l’infection, en particulier dans le cadre d’une administration massive, donnés par le fabricant aux programmes d’élimination par l’intermédiaire de l’Initiative internationale contre le trachome;
  • le nettoyage du visage pour éduquer la population exposée;
  • l’amélioration de l’environnement, par exemple en améliorant l’accès à l’eau potable et l’assainissement.

La plupart des pays d’endémie ont convenu d’accélérer la mise en œuvre de cette stratégie afin d’atteindre leurs objectifs respectifs en matière d’élimination d’ici 2020.

Les données communiquées à l’OMS par les États Membres en 2013 montrent que, cette année-là, près de 234 000 personnes atteintes de trichiasis trachomateux ont bénéficié d’une chirurgie correctrice et 55 millions de personnes vivant dans les communautés d’endémie ont été traitées au moyen d’antibiotiques actifs contre les chlamydia pour éliminer le trachome.

Les efforts d’élimination doivent se poursuivre si l’on veut atteindre la cible fixée dans la résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé (WHA51.11), à savoir l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique d’ici 2020. L’entière coopération d’ autres secteurs tels que l’assainissement et le développement socio-économique sera particulièrement importante.

Action de l’OMS

L’OMS a adopté la stratégie CHANCE en 1996. Elle a pour mandat de diriger au plan technique et de coordonner les efforts internationaux visant à éliminer le trachome, véritable problème de santé publique. La stratégie recommandée conjugue une série d’interventions mises en œuvre dans le cadre d’une approche intégrée.

En 1997, l’OMS a lancé l’Alliance pour l’élimination mondiale du trachome d’ici 2020 (GET 2020). Il s’agit d’un partenariat qui soutient la mise en œuvre par les pays de la stratégie CHANCE et le renforcement des capacités nationales à travers l’évaluation épidémiologique, le suivi, la surveillance de la maladie, l’évaluation des projets menés et la mobilisation de ressources.

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