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Eau

Aide-mémoire N° 391
Juillet 2017


Principaux faits

  • En 2015, 71% de la population mondiale (5,2 milliards de personnes) utilisait un service d’alimentation en eau potable géré en toute sécurité – c’est-à-dire, situé sur le lieu d’usage, disponible à tout moment et exempt de toute contamination.
  • 89% de la population mondiale (6,5 milliards de personnes) avait accès au moins à un service de base, consistant en un point d’eau amélioré nécessitant un trajet de 30 minutes aller-retour au maximum pour aller chercher de l’eau.
  • 844 millions de personnes ne disposent même pas d’un service de base d’alimentation en eau potable et 159 millions d’entre elles doivent utiliser des eaux de surface.
  • Dans le monde, 2 milliards de personnes utilisent des points d’eau contaminés par des matières fécales.
  • L’eau contaminée peut transmettre des maladies comme la diarrhée, la dysenterie, le choléra, la typhoïde et la poliomyélite. On estime que l’eau de boisson contaminée est à l’origine chaque année de plus de 502 000 décès par diarrhée.
  • D’ici 2025, plus de la moitié de la population mondiale vivra dans des régions soumises au stress hydrique.
  • Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 38% des établissements de santé n’ont aucun accès à un point d’eau, 19% n’ont pas d’installations améliorées d’assainissement et 35% n’ont pas d’eau et de savon pour se laver les mains.

Introduction

Il est très important pour la santé publique de disposer facilement d’une eau salubre, que ce soit pour la boisson, pour un usage domestique, pour la production alimentaire ou pour les loisirs. L’amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement et une meilleure gestion des ressources hydriques peuvent stimuler la croissance économique des pays et contribuer largement à réduire la pauvreté.

En 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu explicitement le droit à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit de l’homme. Tout un chacun a le droit à un accès suffisant, continu, sûr, acceptable et abordable à de l’eau pour son usage personnel et domestique.

Accès à l’eau

Dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement, la cible consistant à réduire le pourcentage de la population mondiale sans accès à un approvisionnement durable en eau potable (OMD 7) était mesurée par l’indicateur relatif à la proportion de la population utilisant une source d’eau potable améliorée, mais ne prenait pas en compte l’emplacement, la disponibilité ou la qualité de l’eau.

La cible 6.1 des objectifs de développement durable appelle à assurer l’accès universel et équitable à l’eau potable à un coût abordable. Cet objectif est suivi au moyen de l’indicateur relatif aux «services d’alimentation en eau potable gérés en toute sécurité», c’est-à-dire l’eau issue d’un point d’eau amélioré qui répond aux critères d’accessibilité, de disponibilité et de potabilité – à savoir exempt de contamination fécale et de pollution par des substances chimiques d’intérêt prioritaire.

En 2015, 5,2 milliards de personnes avaient accès à des services d’alimentation en eau potable gérés en toute sécurité – c’est-à-dire qu’ils pouvaient utiliser des points d’eau améliorés se trouvant sur le lieu d’usage, disponibles à tout moment et non contaminés. Parmi les 2,1 milliards de personnes restantes n’ayant pas accès à des services gérés en toute sécurité en 2015:

  • 1,3 milliard de personnes disposaient de services de base, c’est-à-dire un point d’eau amélioré situé à moins de 30 minutes aller-retour;
  • 263 millions de personnes avaient accès à des services limités, soit à un point d’eau amélioré nécessitant un aller-retour de plus de 30 minutes pour aller récupérer de l’eau;
  • 423 millions de personnes utilisaient l’eau de puits et de sources non protégées;
  • 159 millions de personnes collectaient des eaux de surface non traitées provenant de lacs, d’étangs, de rivières et de ruisseaux.

De profondes inégalités géographiques, socioculturelles et économiques subsistent, pas seulement entre les zones rurales et urbaines, mais aussi dans les villes, petites et grandes, où les personnes vivant avec de faibles revenus dans des implantations spontanées ou illégales ont en général moins accès aux points d’eau améliorés que les autres citadins.

Eau et santé

L’eau contaminée et le manque d’assainissement entraînent la transmission de maladies comme le choléra, la diarrhée, la dysenterie, l’hépatite A, la typhoïde et la poliomyélite. L’insuffisance ou l’absence des services d’alimentation en eau et d’assainissement ou leur mauvaise gestion expose les personnes concernées à des risques évitables pour leur santé.

C’est particulièrement vrai dans les établissements de santé où les patients et le personnel courent un risque supplémentaire d’infection et de maladie lorsqu’il n’y a pas de services d’alimentation en eau, d’assainissement et d’hygiène. À l’échelle mondiale, 15% des patients contractent une infection pendant leur séjour à l’hôpital, cette proportion étant bien plus grande dans les pays à faible revenu.

La mauvaise gestion des eaux usées urbaines, industrielles et agricoles implique pour des centaines de millions de personnes une contamination dangereuse ou une pollution chimique de leur eau de boisson.

On estime que, chaque année, plus de 842 000 personnes meurent de diarrhée à cause de l’insalubrité de leur eau de boisson et du manque d’assainissement et d’hygiène. Cependant, la prévention de la diarrhée est en grande partie possible et on pourrait, par exemple, éviter chaque année la mort de 361 000 enfants de moins de 5 ans si on luttait contre ces facteurs de risque. Lorsque l’eau est difficile à se procurer, il arrive que les gens décident que le lavage des mains n’est pas une priorité, ce qui augmente le risque de diarrhée et d’autres maladies.

La diarrhée est la maladie la plus connue associée aux aliments et à l’eau contaminés, mais elle n’est pas la seule. Par exemple, quelque 240 millions de personnes souffrent de schistosomiase, une maladie aiguë et chronique due à des vers parasites absorbés en s’exposant à des eaux infestées.

Dans de nombreuses régions du monde, les insectes vivant ou se reproduisant dans l’eau sont porteurs de maladies comme la dengue et les transmettent. Certains d’entre eux, appelés vecteurs, se reproduisent plutôt dans une eau propre que sale, et les conteneurs d’eau pour la consommation des ménages peuvent servir de gîtes larvaires. L’intervention simple, consistant à couvrir les conteneurs pour la conservation de l’eau, permet de réduire la reproduction des vecteurs et pourrait avoir l’avantage concomitant de diminuer la contamination fécale de l’eau au niveau des familles.

Effets économiques et sociaux

Lorsque l’eau provient de points d’eau améliorés et plus accessibles, les gens passent moins de temps et font moins d’efforts pour la collecter, ce qui libère leur productivité pour d’autres choses. Il peut aussi en résulter une plus grande sécurité au niveau personnel en réduisant le besoin de faire des déplacements longs et risqués pour aller chercher de l’eau. L’amélioration des points d’eau implique aussi une baisse des dépenses de santé en faisant baisser la probabilité de tomber malade et de devoir assumer des frais de santé ; il est alors plus facile de maintenir la productivité économique.

Lorsque les enfants sont particulièrement exposés au risque de maladies d’origine hydrique, l’accès à des points d’eau améliorés peut leur donner une meilleure santé, épargner le temps passé à aller cherche de l'eau et ainsi améliorer la fréquentation scolaire, avec des conséquences positives à long terme sur leur vie.

Défis

Le changement climatique, la pénurie croissante de l’eau, la croissance et l’évolution démographiques ainsi que l’urbanisation posent déjà des problèmes pour les systèmes d’alimentation en eau. D’ici 2025, la moitié de la population mondiale vivra dans des régions soumises au stress hydrique. Le recyclage des eaux usées, pour récupérer des nutriments ou de l’énergie, devient une stratégie importante.

De plus en plus, les pays utilisent les eaux usées pour l’irrigation et le phénomène concerne 7% des terres irriguées dans les pays en développement. Cette pratique peut entraîner des risques sanitaires qui doivent être pris en compte, elle présente de multiples avantages permettant notamment d'augmenter la production de denrées alimentaires.

Les options pour l’obtention de l’eau de boisson et des eaux d’irrigation continueront d’évoluer et dépendront de plus en plus des eaux souterraines et de nouvelles sources d’approvisionnement, dont les eaux usées. Le changement climatique entraînera de plus grandes fluctuations dans la collecte des eaux pluviales. La gestion de l’ensemble des ressources hydriques devra être améliorée pour garantir la quantité et la qualité de l’approvisionnement.

Action de l’OMS

En tant qu’autorité internationale pour la santé publique et la qualité de l’eau, l’OMS dirige les efforts mondiaux pour éviter la transmission des maladies d’origine hydrique et conseille les gouvernements en matière de réglementation et d’objectifs sanitaires.

L’OMS produit une série de directives sur la qualité de l’eau couvrant l’eau de boisson, l’utilisation sans risque des eaux usées et la salubrité des eaux de baignade. Les Directives de qualité pour l’eau de boisson se fondent sur la gestion des risques et, depuis 2004, comportent la promotion de plans de sécurité sanitaire de l’eau pour déterminer et prévenir les risques avant que l’eau ne soit contaminée.

Depuis 2014, l’OMS a testé les produits pour le traitement des eaux au niveau des ménages par rapport à ses critères de performance basés sur la santé, au moyen de son programme international pour évaluer les technologies de traitement des eaux au niveau des ménages.

Le but est de veiller à ce que ces produits protègent les utilisateurs des agents pathogènes à l’origine des affections diarrhéiques, ainsi que de renforcer les politiques, réglementations et dispositifs de suivi au niveau national pour contribuer au ciblage adapté de ces produits, ainsi qu’à leur utilisation correcte et régulière.

L’OMS travaille en étroite collaboration avec l’UNICEF dans plusieurs domaines ayant trait à l’eau et à la santé, y compris sur les questions relatives à l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les établissements de soins de santé.

En 2015, les 2 organisations ont conjointement mis au point l’outil d'amélioration pour l'eau et l'assainissement dans les structures de santé WASH FIT (Water and Sanitation for Health Facility Improvement Tool), une adaptation de l’approche du plan de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau.

WASH FIT vise à guider les petits établissements de soins de santé primaires dans les zones à revenu faible ou intermédiaire par le biais d’un cycle continu d’améliorations obtenues grâce à l’évaluation, la priorisation du risque et la définition d’actions ciblées spécifiques.