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Assainissement

Aide-mémoire N° 391
Juillet 2017


Principaux faits

  • En 2015, 39% de la population mondiale (2,9 milliards de personnes) avait accès à des installations d’assainissement améliorées, permettant aux excréta d’être éliminés sur place ou traités hors site en toute sécurité.
  • 27% de la population mondiale (1,9 milliard de personnes) avait accès à des installations d’assainissement privées raccordées au tout-à-l’égout dont les eaux usées sont traitées.
  • 13% de la population mondiale (900 millions de personnes) utilisait des toilettes ou des latrines permettant l’élimination sur place des excréta.
  • 68% de la population mondiale (5 milliards de personnes) avait accès au moins à une installation d’assainissement de base.
  • Quelque 2,3 milliards de personnes ne disposent toujours pas de toilettes ou de latrines.
  • Parmi elles, 892 millions défèquent à l’air libre, par exemple dans les caniveaux, derrière des buissons ou dans des plans d’eau.
  • On pense qu’au moins 10% de la population mondiale consomme des aliments provenant de cultures irriguées par des eaux usées.
  • Un assainissement insuffisant est associé à la transmission de diverses maladies, comme le choléra, la diarrhée, la dysenterie, l’hépatite A, la typhoïde et la poliomyélite.
  • Selon les estimations, le manque d’assainissement est à l'origine de près 280 000 décès par maladies diarréhiques. C'est un facteur majeur dans la propagation de plusieurs maladies tropicales négligées, parmi lesquelles les parasitoses intestinales, la schistosomiase et le trachome. Il contribue aussi à la malnutrition.

Introduction

L’hygiène au niveau des services d’assainissement est cruciale pour la santé publique. Depuis 1990, la proportion de la population ayant accès à des installations améliorées est passée de 54% à 68% mais quelque 2,3 milliards de personnes ne disposent toujours pas de toilettes ou de latrines couvertes.

En 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu le droit à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit de l’homme. Elle a appelé à faire davantage d'efforts au niveau international pour aider les pays à fournir à leur population de l’eau potable et des services d’assainissement accessibles et abordables.

Malgré les progrès, la cible des objectifs du Millénaire pour le développement, visant à réduire, d’ici 2015, de moitié la proportion de la population qui n’a pas accès à des services d’assainissement améliorés, n'a pas été atteinte, laissant de côté près de 700 millions de personnes.

Assainissement et santé

Chaque année, plus de 842 000 personnes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire meurent à cause du manque d’eau, d’assainissement et d’hygiène, soit 58% du total des décès par diarrhée. On pense que la cause principale réside dans les mauvaises conditions d’assainissement pour 280 000 d’entre eux.

La diarrhée reste un facteur majeur de mortalité, pourtant en grande partie évitable. Par exemple, l’amélioration de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et de l’hygiène permettrait d’éviter chaque année la mort de 361 000 enfants de moins de 5 ans.

La défécation à l’air libre entretient le cercle vicieux de la maladie et de la pauvreté. Les pays où cette pratique est la plus répandue atteignent aussi les niveaux les plus élevés pour ce qui est de la mortalité des enfants de moins de 5 ans, de la malnutrition, de la pauvreté, avec de fortes disparités dans la répartition des richesses.

De nombreux avantages sanitaires

Les avantages vont bien au-delà de la diminution du risque de diarrhée et comportent:

  • la diminution de la propagation des vers intestinaux, de la schistosomiase et du trachome, des maladies tropicales négligées dont souffrent des millions de personnes;
  • la diminution de la gravité et des conséquences de la malnutrition;
  • la promotion de la dignité humaine et le renforcement de la sécurité, notamment pour les femmes et les jeunes filles;
  • la fréquentation scolaire des jeunes filles augmente en particulier lorsqu’on met à leur disposition des installations séparées d’assainissement;
  • le recyclage potentiel de l’eau, des énergies renouvelables et des nutriments à partir des matières fécales.

Une étude de l’OMS en 2012 a calculé que pour chaque dollar (US $) investi dans l’assainissement, on obtient en retour 5,50 dollars (US $) provenant de la baisse des dépenses de santé, des gains de productivité et de la diminution du nombre des décès prématurés.

Défis

En 2013, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies a lancé un appel à l’action pour l’assainissement comportant l’élimination de la défécation à l’air libre d’ici 2025. L’instauration de l’accès universel aux services de base pour l’eau potable semble à notre portée, mais l’accès universel aux services d’assainissement de base nécessitera des efforts supplémentaires.

La situation des pauvres en milieu urbain pose des difficultés croissantes alors qu’ils vivent de plus en plus dans des mégapoles où le système d’évacuation des eaux usées est précaire ou inexistant, et où l’espace pour les toilettes et l’enlèvement des déchets reviennent chers. Les inégalités d’accès sont encore aggravées lorsque les eaux usées des familles plus aisées se déversent dans des collecteurs d’eaux pluviales, des voies d’eau ou des décharges et polluent ainsi les zones d’habitation pauvres.

On ne dispose pas beaucoup de données fiables mais, selon des estimations, jusqu’à 90% des eaux usées dans les pays en développement sont déversées partiellement traitées ou telles quelles dans les cours d’eau, les lacs ou la mer.

On considère de plus en plus les eaux usées comme une ressource pour fournir de l’eau et des nutriments destinés à la production d’aliments pour nourrir les populations urbaines toujours plus nombreuses. Pour cela, il faut cependant:

  • des pratiques de gestion garantissant un traitement suffisant des eaux usées pour un recyclage sans danger;
  • un encadrement institutionnel et une réglementation;
  • des campagnes d’éducation du public pour informer les populations sur l’utilisation des eaux usées.

Action de l’OMS

En tant qu’autorité internationale de la santé publique, l’OMS dirige les efforts mondiaux pour éviter la transmission des maladies et conseille les gouvernements en matière de réglementation sanitaire.

Pour ce qui est de l’assainissement, l’OMS surveille la charge mondiale de morbidité et le niveau d’accès aux services d’assainissement en analysant ce qui contribue aux progrès ou les freine. Ce suivi donne aux États Membres et aux donateurs des données mondiales les aidant à décider comment investir pour fournir des toilettes et garantir une gestion sans risque des eaux usées et des excreta.

L’OMS collabore avec ses partenaires pour promouvoir des pratiques efficaces en matière d’évaluation du risque et de gestion au moyen de la planification de l’assainissement, de principes directeurs relatifs à l’utilisation sans risque des eaux usées, des excréta et des eaux grises et, à l’avenir, de principes directeurs relatifs à l’assainissement et à la santé, ainsi que d’une future stratégie mondiale sur l’eau, l’assainissement, l’hygiène et les maladies tropicales négligées.

L’OMS a publié conjointement avec l’UNICEF sur un plan d’action mondial pour mettre fin aux décès évitables d’enfants dus à la pneumonie et à la diarrhée d’ici 2025. Celui-ci vise à atteindre plusieurs cibles relatives à la prévention et au traitement, dont l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène dans les établissements de santé et les habitations d’ici 2030.

L’élargissement de l’accès des populations aux installations améliorées d’assainissement, associé à la chimioprévention, fait également partie des 5 stratégies mondiales de la santé publique pour la maîtrise et l’élimination des maladies tropicales négligées.