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Herpès (virus de l'herpès)

Aide-mémoire N°400
Février 2017


Principaux faits

  • Les virus de l’herpès se classent en 2 catégories, le virus Herpes simplex de type 1 (HSV-1) et le virus Herpes simplex de type 2 (HSV-2).
  • Le HSV-1 se transmet principalement par contact des muqueuses buccales et provoque l’herpès orofacial/labial (dont les symptômes comprennent les «boutons de fièvre»), mais aussi l’herpès génital.
  • Le HSV-2 est une infection sexuellement transmissible à l’origine de l’herpès génital.
  • Les 2 infections, à HSV-1 et à HSV-2, perdurent toute la vie.
  • On estime que, dans le monde, 3,7 milliards de personnes de moins de 50 ans (67%) sont infectées par le HSV-1.
  • On estime que, dans le monde, 417 millions de personnes âgées de 15 à 49 ans (11%) sont infectées par le HSV-2.
  • La plupart des infections orales et génitales par le virus de l’herpès sont asymptomatiques.
  • Les infections herpétiques sont les plus contagieuses lorsqu’il y a des symptômes, mais elles peuvent aussi se transmettre en l’absence de symptômes.
  • L’infection par le HSV-2 augmente le risque de contracter ou de transmettre l’infection à VIH.

Introduction

Deux types de virus, le virus Herpes simplexde type 1 (HSV-1) et le virus Herpes simplexde type 2 (HSV-2), peuvent être à l’origine de l’infection couramment appelée herpès. Le HSV-1 se transmet principalement par contact des muqueuses buccales et provoque des infections à l’intérieur ou autour de la bouche (herpès orofacial/labial).

Le HSV-2 se transmet presque exclusivement par voie sexuelle et provoque des infections génitales ou anales (herpès génital). Néanmoins, le HSV-1 peut également être transmis dans la zone génitale lors des rapports oro-génitaux et provoquer un herpès génital.

Qu’elles soient orales ou génitales, les infections herpétiques sont asymptomatiques la plupart du temps, mais elles peuvent provoquer des lésions vésiculaires ou ulcéreuses douloureuses sur le site infecté.

Virus Herpes simplex de type 1 (HSV-1)

Très contagieuse, l’infection par ce virus est courante et endémique dans le monde entier. La plupart des infections à HSV-1 sont contractées pendant l’enfance et elles durent toute la vie. Dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’herpès orofacial/labial (infections à l’intérieur ou autour de la bouche), mais il existe une certaine proportion d’infections génitales à HSV-1 (infection dans la zone génitale ou anale).

Ampleur du problème

En 2012, on estimait que 3,7 milliards de personnes de moins de 50 ans, soit 67% de la population, avaient une infection à HSV-1. L’estimation de la prévalence était la plus forte en Afrique (87%) et la moins élevée dans les Amériques (40-50%).

Pour ce qui est de l’infection génitale à HSV-1, on a estimé en 2012 que 140 millions de personnes de 15 à 49 ans en étaient atteintes dans le monde, mais la prévalence variait beaucoup selon les régions.

On estime que la plupart des infections génitales à HSV-1 surviennent dans les Amériques, en Europe et dans le Pacifique occidental, où l’on continue à contracter cette infection longtemps après être parvenu à l’âge adulte. Dans d’autres régions, en Afrique par exemple, la plupart des infections à HSV-1 sont contractées pendant l’enfance, avant le début des rapports sexuels.

Signes et symptômes

L’herpès orofacial/labial est le plus souvent asymptomatique et, dans la majorité des cas, les porteurs de l’infection à HSV-1 ignorent leur état. Les symptômes comportent des lésions vésiculaires ou des plaies ouvertes (ulcères) douloureuses à l’intérieur ou autour de la bouche. On appelle souvent les lésions labiales «boutons de fièvre».

Les sujets infectés ressentent souvent des picotements, des démangeaisons ou des sensations de brûlure autour de la bouche, avant l’apparition des lésions. Après l’infection initiale, les lésions vésiculaires ou ulcéreuses peuvent réapparaître de temps en temps. La fréquence de ces récidives varie d’une personne à l’autre.

L’herpès génital dû au HSV-1 peut être asymptomatique ou s’accompagner de symptômes bénins qui ne sont pas reconnus. Lorsqu’il y a des symptômes, il se caractérise par une ou plusieurs lésions vésiculaires ou ulcéreuses génitales ou anales. Après un épisode initial parfois sévère, des récidives peuvent se produire, mais elles ne sont pas fréquentes dans le cas de l’herpès génital à HSV-1.

Transmission

Le HSV-1 se transmet principalement par contact des muqueuses buccales, qui provoque l’infection orofaciale ou labiale, à cause de la présence de particules virales dans les plaies, la salive et les surfaces buccales, labiales ou péri-orales. Mais le HSV-1 peut également être transmis à la sphère génitale, lors des rapports oro génitaux; il provoque alors un herpès génital.

Le HSV-1 peut se transmettre à partir de surfaces buccales ou cutanées semblant normales et en l’absence de symptômes. Néanmoins, le risque de transmission est maximal en présence de lésions évolutives.

L’infection ultérieure par le HSV-1 dans la zone génitale est improbable pour les sujets ayant déjà un herpès orofacial/labial à HSV-1.

Dans de rares cas, une mère peut transmettre l’herpès génital à HSV-1 au nouveau-né pendant l’accouchement.

Complications

Formes graves

Chez les sujets immunodéprimés, en cas d’infection à VIH à un stade avancé par exemple, les symptômes de l’herpès à HSV-1 peuvent être plus graves et les récidives plus fréquentes. Rarement, on peut aussi observer des complications plus sévères comme une encéphalite ou une kératite (infection oculaire).

Herpès néonatal

L’herpès néonatal peut survenir lorsqu’un nourrisson est exposé au HSV dans les voies génitales pendant l’accouchement. C’est une maladie rare, qui survient dans environ 10 accouchements sur 100 000 au plan mondial, mais peut entraîner une incapacité neurologique durable ou le décès.

Le risque est le plus élevé lorsque la mère contracte pour la première fois l’infection à HSV à un stade tardif de la grossesse. Les femmes qui ont un herpès génital avant d’être enceintes ont un risque très faible de transmettre le virus à leurs enfants.

Impact psychosocial

Les symptômes récidivants de l’herpès orofacial/labial peuvent être gênants et provoquer une certaine stigmatisation sociale et des troubles psychologiques. Avec l’herpès génital, ces facteurs peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie et les relations sexuelles. Néanmoins, avec le temps, la plupart des gens porteurs de l’un ou de l’autre de ces deux types d’herpès arrivent à s’habituer à vivre avec cette infection.

Traitement

Des médicaments antiviraux, comme l’acyclovir, le famciclovir et le valacyclovir, sont les plus efficaces pour les personnes infectées par le virus de l’herpès. Ils aident à réduire la gravité et la fréquence des symptômes mais ne peuvent pas guérir l’infection.

Prévention

Le HSV-1 est le plus contagieux au moment des poussées symptomatiques d’herpès orofacial, mais il peut aussi se transmettre en l’absence de symptômes visibles ou ressentis. En cas de symptômes évolutifs d’herpès orofacial, on doit éviter tout contact buccal avec autrui et ne partager aucun objet en contact avec la salive. Il faut également s’abstenir des rapports sexuels oro-génitaux pour éviter de transmettre le virus aux organes génitaux du ou de la partenaire. Les sujets présentant des symptômes d’herpès génital doivent s’abstenir de tout rapport sexuel tant que ces symptômes sont présents.

Les personnes ayant déjà une infection à HSV-1 n’ont aucun risque de la contracter de nouveau, mais elles courent toujours le risque de contracter une infection génitale par le virus Herpes simplexde type 2 (HSV-2) (voir ci-dessous).

L’utilisation régulière et correcte des préservatifs peut aider à éviter la propagation de l’herpès génital. Néanmoins, ils ne peuvent que réduire le risque infectieux et il peut y avoir des poussées d’herpès génital en dehors des zones recouvertes par le préservatif.

Les femmes enceintes présentant des symptômes d’herpès génital doivent informer leurs prestataires de soins. La prévention d’une nouvelle infection par l’herpès génital est particulièrement importante pour les femmes en fin de grossesse, car c’est là où le risque d’herpès néonatal est le plus élevé.

De nouvelles études sont en cours pour trouver des méthodes de prévention plus efficaces contre les infections herpétiques, comme des vaccins. Plusieurs vaccins candidats sont actuellement à l’étude.

Virus Herpes simplex de type 2 (HSV-2)

L’infection à HSV-2 est fréquente dans le monde entier et se transmet presque exclusivement par voie sexuelle, entraînant un herpès génital. Le HSV-2 est la principale cause d’herpès génital, mais il peut être dû aussi au virus Herpes simplexde type 1 (HSV 1). L’infection à HSV-2 est incurable et dure toute la vie.

Ampleur du problème

L’herpès génital dû au HSV-2 est un problème mondial et, selon les estimations, 417 millions de personnes vivaient avec cette infection en 2012 dans le monde. On estime que sa prévalence est la plus élevée en Afrique (31,5%), puis dans les Amériques (14,4%). On a également montré qu’elle augmentait avec l’âge, même si l’on observe le plus grand nombre de nouvelles infections chez les adolescents.

Plus de femmes que d’hommes sont infectées par le HSV-2; on estime qu’en 2012, 267 millions de femmes et 150 millions d’hommes vivaient avec cette infection. Cela est dû au fait que la transmission est plus efficace de l’homme à la femme que l’inverse.

Signes et symptômes

Souvent, l’herpès génital est asymptomatique ou présente des symptômes bénins qui ne sont pas reconnus. La plupart des porteurs de l’infection ignorent leur état. En général, de 10 à 20% environ des sujets ayant une infection à HSV-2 signalent avoir eu un diagnostic d’herpès génital.

Lorsque les symptômes surviennent, l’herpès génital se caractérise par une ou plusieurs lésions vésiculaires ou plaies ouvertes appelées ulcères, au niveau génital ou anal. En plus des ulcères génitaux, les symptômes des nouvelles infections comportent de la fièvre, des douleurs corporelles et une adénopathie.

Après un épisode initial d’herpès génital à HSV-2, les récidives sont courantes, mais avec des symptômes souvent moins sévères. La fréquence des poussées ultérieures tend à décroître avec le temps. Les sujets porteurs du HSV-2 peuvent éprouver des sensations de picotement ou d’élancement dans les jambes, les hanches ou le fessier, avant l’apparition des ulcères génitaux.

Transmission

Le HSV-2 se transmet principalement pendant les rapports sexuels, par contact avec les surfaces génitales, la peau, les plaies ou les sécrétions liquides d’un sujet infecté. Il peut être transmis à partir d’une peau d’apparence normale dans la zone génitale ou anale et la transmission a souvent lieu en l’absence de symptômes.

Dans de rares cas, une mère peut transmettre l’infection à HSV-2 à son nouveau-né au cours de l’accouchement.

Complications possibles

HSV-2 et VIH

On a montré une influence mutuelle du HSV-2 et du VIH. L’infection à HSV-2 multiplie presque par trois le risque de contracter une nouvelle infection à VIH. De plus, ceux qui ont simultanément les deux infections ont une probabilité plus grande de transmettre le VIH. Le HSV-2 fait partie des infections les plus courantes parmi les personnes vivant avec le VIH et on l’observe chez 60 à 90% des sujets séropositifs pour le VIH.

Chez les personnes vivant avec le VIH (et les autres sujets immunodéprimés), l’infection à HSV-2 a souvent une présentation plus sévère et les récidives sont plus fréquentes. À un stade avancé de l’infection à VIH, le HSV-2 peut entraîner des complications plus sérieuses, mais rares, comme la méningo-encéphalite, l’œsophagite, l’hépatite, la pneumonie, la nécrose de la rétine ou une infection disséminée.

Herpès néonatal

L’herpès néonatal peut survenir lorsqu’un nourrisson est exposé au HSV dans les voies génitales pendant l’accouchement. C’est une maladie rare, qui survient dans environ 10 accouchements sur 100 000 au plan mondial, mais peut entraîner une incapacité neurologique durable ou le décès.

Le risque est le plus élevé lorsqu’une mère contracte l’infection pour la première fois à un stade tardif de la grossesse. Les femmes ayant un herpès génital avant d’être enceintes ont un risque très faible de transmettre le virus à leurs enfants.

Impact psychosocial

Les symptômes récurrents de l’herpès génital peuvent être douloureux et l’infection peut entraîner une stigmatisation sociale et des troubles psychologiques. Ces facteurs peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie et les relations sexuelles. Néanmoins, avec le temps, la plupart des gens ayant un herpès arrivent à s’habituer à vivre avec cette infection.

Traitement

Des médicaments antiviraux, comme l’acyclovir, le famciclovir et le valacyclovir, sont les plus efficaces pour les personnes infectées par le virus de l’herpès. Ils aident à réduire la gravité et la fréquence des symptômes mais ne peuvent pas guérir l’infection.

Prévention

Les personnes ayant un herpès génital doivent s’abstenir de tout rapport sexuel lorsqu’ils présentent des symptômes de l’infection. Le HSV-2 est le plus contagieux au moment des poussées, mais il peut également se transmettre en l’absence de symptômes visibles ou ressentis.

L’utilisation régulière et correcte des préservatifs peut aider à éviter la propagation de l’herpès génital. Néanmoins, ils ne peuvent que réduire le risque infectieux et il peut y avoir des poussées d’herpès génital en dehors des zones recouvertes par le préservatif. La circoncision médicale peut également protéger l’homme à vie, mais partiellement, contre le HSV-2, en plus du VIH et du papillomavirus humain.

Les femmes enceintes présentant des symptômes d’herpès génital doivent informer leurs prestataires de soins. La prévention d’une nouvelle infection par l’herpès génital est particulièrement importante pour les femmes en fin de grossesse, car c’est là où le risque d’herpès néonatal est le plus élevé.

De nouvelles études sont en cours pour trouver des méthodes de prévention plus efficaces contre les infections herpétiques, comme des vaccins ou des agents microbicides locaux (produits pouvant être appliqués dans le vagin ou le rectum pour se protéger contre les infections sexuellement transmissibles).

Action de l’OMS contre l’herpès (HSV-1 et HSV-2)

L’OMS et ses partenaires travaillent à l’accélération des recherches afin d’élaborer de nouvelles stratégies pour prévenir et combattre les infections génitales et néonatales à HSV-1 et à HSV-2. Ces études incluent la mise au point de vaccins contre le virus de l’herpès et des agents microbicides locaux. Plusieurs vaccins candidats et agents microbicides sont actuellement à l’étude.

De nouvelles estimations sur le nombre des infections à HSV-1 et à HSV-2 dans le monde en 2012 ont été publiées. De nouvelles estimations mondiales pour l’herpès néonatal seront publiées en 2016.