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Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV)

Aide-mémoire N°401
Mai 2017


Principaux faits

  • Le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) est une maladie respiratoire virale due à un nouveau coronavirus (Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient - MERS‐CoV) détecté pour la première fois en 2012 en Arabie saoudite.
  • Les coronavirus constituent une vaste famille de virus pouvant provoquer des maladies diverses, allant du rhume banal au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
  • Parmi les symptômes habituels du MERS figurent la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires. La présence d’une pneumonie est fréquente, mais pas systématique. Des symptômes gastro-intestinaux, dont la diarrhée, ont également été signalés. Certains cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV sont notifiés comme asymptomatiques, ce qui signifie qu’ils ne présentent pas de symptômes cliniques tout en donnant un résultat positif à un test de laboratoire mettant le MERS en évidence. La plupart de ces cas ont été détectés après une recherche énergique des contacts d’un cas confirmé en laboratoire.
  • Environ 35% des cas notifiés d’infection par le MERS-CoV ont abouti au décès du patient.
  • Bien que la majorité des cas de MERS chez l’homme soient attribuables à une transmission interhumaine dans les établissements de soins, les données scientifiques actuelles semblent indiquer que le dromadaire est un hôte réservoir majeur du MERS-CoV et une source animale de l’infection chez l’homme. Toutefois, le rôle précis que jouent ces animaux dans la transmission du virus et le mode exact de transmission ne sont pas connus.
  • Le virus ne semble pas se propager aisément d’une personne à l’autre, à moins d’un contact étroit avec une personne infectée, par exemple lorsque des soins sont prodigués sans protection à un patient. Des flambées liées aux soins de santé se sont produites dans plusieurs pays, les plus importantes ayant été observées en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et en République de Corée.

Symptômes

Le tableau clinique de l’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient est variable, allant de l’absence de symptômes (cas asymptomatiques) à des symptômes respiratoires bénins, voire une maladie respiratoire aiguë grave ou un décès. Les signes cliniques habituels de la maladie à MERS-CoV sont la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires. La présence d’une pneumonie est fréquente, mais pas systématique. Des symptômes gastro-intestinaux, dont la diarrhée, ont également été signalés.

Les formes graves de la maladie peuvent entraîner une insuffisance respiratoire nécessitant une ventilation mécanique et une prise en charge dans des services de soins intensifs. Le virus semble provoquer des formes plus graves de la maladie chez les personnes âgées, les sujets immunodéprimés et les personnes atteintes d’une maladie chronique, telle que cancer, maladie pulmonaire chronique ou diabète. Environ 35% des patients infectés par le MERS-CoV sont morts, mais ce pourrait être une surestimation du taux de mortalité véritable, les cas bénins de MERS pouvant échapper aux systèmes de surveillance actuels. Jusqu’à ce qu’on en sache plus sur la maladie, les taux de mortalité ne sont calculés qu’à partir des cas confirmés en laboratoire.

Source du virus

Le MERS-CoV est un virus zoonotique, ce qui signifie qu’il se transmet de l’animal à l’être humain. Des études ont montré que l’être humain contracte l’infection par contact direct ou indirect avec des dromadaires infectés. On a retrouvé le MERS-CoV chez des dromadaires dans plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite, l’Égypte, Oman et le Qatar. Des anticorps spécifiques de ce virus (signe d’une infection antérieure de l’animale) ont été identifiés chez des dromadaires au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie du Sud.

Les origines de ce virus ne sont pas entièrement connues, mais l’analyse de ses divers génomes laisse penser qu’il proviendrait à l’origine des chauves souris et qu’il a été transmis aux dromadaires dans un passé lointain.

Transmission

Transmission de l’animal à l’homme: le mode de transmission de l’animal à l’homme du MERS-CoV n’est pas encore bien compris, mais le dromadaire semble être un hôte réservoir majeur du virus et une source animale de l’infection chez l’homme. Des souches identiques à celles identifiées chez l’homme ont été isolées chez des animaux de plusieurs pays, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte, Oman et le Qatar.

Transmission interhumaine: le virus ne se transmet pas aisément d’une personne à l’autre, à moins d’un contact étroit, par exemple lorsque des soins sont prodigués sans protection à un patient infecté. Des groupes de cas ont été observés dans des établissements de soins, où la transmission interhumaine a été constatée, en particulier lorsque les pratiques mises en œuvre pour prévenir et combattre l’infection sont inadéquates ou inappropriées.

Jusqu’à présent, la transmission interhumaine est restée limitée et a été observée entre les membres d’une même famille, les patients et le personnel de santé. Jusqu’à maintenant, la majorité des cas notifiés se sont produits dans le milieu des soins et, nulle part dans le monde, on n’a mis en évidence de transmission interhumaine durable.

Depuis 2012, 27 pays ont notifié des cas de MERS: Algérie, Allemagne, Arabie saoudite, Autriche, Bahreïn, Chine, Égypte, Émirats arabes unis, États-Unis d’Amérique, France, Grèce, Italie, Jordanie, Koweït, Liban, Malaisie, Oman, Pays-Bas, Philippines, Qatar, République de Corée, République islamique d’Iran, Royaume-Uni, Thaïlande, Tunisie, Turquie et Yémen.

L’Arabie saoudite a notifié environ 80% des cas humains. Nous savons que l’être humain contracte l’infection lors des contacts avec des dromadaires ou des personnes infectées. Les cas identifiés en dehors du Moyen-Orient sont en général des voyageurs qui ont été infectés dans cette région puis sont allés ailleurs. À de rares occasions, de petites flambées se sont produites en dehors du Moyen-Orient.

Prévention et traitement

Aucun vaccin ou traitement spécifique n’est disponible actuellement. Le traitement est symptomatique, fondé sur l’état clinique du patient.

Par mesure de précaution, toute personne visitant une ferme, un marché, une étable ou un autre endroit où se trouvent des dromadaires et d’autres animaux doit prendre des mesures d’hygiène générale, notamment se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché les animaux, et éviter tout contact avec des animaux malades.

La consommation de produits d’origine animale crus ou mal cuits, y compris le lait et la viande, entraîne un risque élevé d’infection par plusieurs organismes potentiellement pathogènes pour l’homme. Les produits d’origine animale qui ont été cuits ou pasteurisés correctement peuvent être consommés sans danger, mais doivent être manipulés avec précaution pour éviter toute contamination croisée avec des aliments crus.

Le lait et la viande de chameau sont des produits d’une grande valeur nutritive que l’on peut continuer de consommer dans la mesure où ils ont été pasteurisés, cuits, ou ont subi un autre traitement par la chaleur.

En attendant que davantage d’informations soient disponibles, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale, de pneumopathie chronique ou d’immunodéficience sont considérées comme particulièrement vulnérables aux formes graves de la maladie en cas d’infection par le MERS-CoV. Il est recommandé à ces personnes d’éviter tout contact avec les chameaux, de ne pas boire de lait cru ou d’urine de chameau et de ne pas consommer de viande mal cuite.

Établissements de santé

Des cas de transmission du virus à l’intérieur des centres de soins ont été observés dans plusieurs pays, l’infection étant transmise d’un patient à un agent de santé ou à un autre patient avant d’avoir été diagnostiquée. L’identification rapide et sans test de dépistage des patients porteurs de l’infection n’est pas toujours possible car les symptômes et caractéristiques cliniques ne sont pas nécessairement spécifiques.

Il est crucial de mettre en œuvre des mesures de prévention et de lutte contre l’infection pour éviter la propagation du MERS-CoV au sein des établissements de santé. Les centres dans lesquels des cas soupçonnés ou confirmés d’infection par le MERS-CoV sont traités doivent prendre les mesures nécessaires pour réduire le risque de transmission entre un patient infecté et d’autres patients, agents de santé ou visiteurs. Il convient de sensibiliser, de former et d’actualiser régulièrement les compétences du personnel soignant en matière de prévention et de lutte contre cette infection.

Voyages

L’OMS ne préconise aucune restriction des voyages et du commerce, ni la mise en place de procédures de dépistage à l’entrée des pays.

Riposte de l’OMS

En collaboration avec des cliniciens et des scientifiques des pays touchés et du monde entier, l’OMS s’emploie à réunir et partager les données scientifiques nécessaires pour mieux comprendre ce virus et la maladie qu’il entraîne et définir les priorités de la riposte, les stratégies de traitement et les méthodes de prise en charge clinique.

L’OMS collabore en outre avec les pays concernés pour élaborer des stratégies de prévention en matière de santé publique afin de combattre le virus. De concert avec les pays affectés et les réseaux et partenaires techniques internationaux, l’OMS coordonne l’intervention sanitaire mondiale contre le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, s’attachant notamment à:

  • communiquer des informations actualisées sur la situation;
  • mener des évaluations des risques et des enquêtes communes avec les autorités nationales;
  • convoquer des réunions scientifiques;
  • élaborer des orientations et du matériel de formation destinés aux autorités sanitaires et aux organismes techniques de santé sur les recommandations provisoires pour la surveillance, le dépistage des cas en laboratoire, la lutte contre l’infection et la prise en charge clinique.

Le Directeur général de l'OMS a convoqué un Comité d’urgence en vertu du Règlement sanitaire international (2005), lui demandant d’évaluer si cet événement constitue une urgence de santé publique de portée internationale et d’émettre des recommandations sur les mesures de santé publique à mettre en œuvre.

Ce Comité s’est réuni plusieurs fois depuis l’émergence de la maladie. L’OMS encourage tous les États Membres à renforcer leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner attentivement toute présentation inhabituelle des cas d’IRAS ou de pneumonie.

Tous les pays, qu’ils aient ou non notifié des cas de MERS, doivent maintenir un niveau élevé de vigilance, en particulier ceux qui accueillent un grand nombre de voyageurs ou de travailleurs immigrés en provenance du Moyen-Orient. Dans ces pays, la surveillance doit être renforcée conformément aux lignes directrices de l’OMS, de même que les mesures visant à prévenir et combattre l’infection dans les établissements de santé.

L’OMS continue de demander aux États Membres de lui signaler tous les cas confirmés et probables, avec des informations sur les sources d’exposition, les tests réalisés et l’évolution clinique, pour orienter la préparation et la riposte internationales et en assurer l’efficacité.