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Maladie à virus Zika

Aide-mémoire
Mis à jour le 15 avril 2016


Principaux faits

  • La maladie à virus Zika est due à un virus transmis principalement par des moustiques du genre Aedes.
  • Les sujets atteints peuvent présenter une fièvre modérée, une éruption cutanée (exanthème), une conjonctivite, des douleurs musculaires et articulaires, un état de malaise ou des céphalées. Normalement, ces symptômes disparaissent en 2 à 7 jours.
  • Il n’existe actuellement aucun traitement ou vaccin spécifique.
  • La meilleure forme de prévention consiste à se protéger des piqûres de moustiques.
  • On sait que le virus circule en Afrique, dans les Amériques, en Asie et dans le Pacifique.

Introduction

Virus émergent transmis par les moustiques, on a identifié le virus Zika pour la première fois en Ouganda en 1947 chez des singes rhésus, par le biais d’un réseau de surveillance de la fièvre jaune selvatique. On l’a ensuite identifié chez l’homme en 1952 en Ouganda et en République-Unie de Tanzanie. Des flambées de maladie à virus Zika ont été observées en Afrique, dans les Amériques, en Asie et dans le Pacifique.

  • Genre: Flavivirus
  • Vecteur: moustiques du genre Aedes (piquant en général pendant la journée, surtout tôt le matin, en fin d’après-midi et en soirée)
  • Réservoir: inconnu

Signes et symptômes

On ne connaît pas très bien la durée d’incubation (allant de l’exposition à la manifestation des symptômes), mais elle est probablement de quelques jours. Les symptômes ressemblent à ceux d’autres arboviroses, comme la dengue, et comportent de la fièvre, des éruptions cutanées, de la conjonctivite, des douleurs musculaires et articulaires, un état de malaise et des céphalées. Ces symptômes restent en général bénins et disparaissent en 2 à 7 jours.

Complications potentielles

Lors des grandes flambées épidémiques en Polynésie française et au Brésil, en 2013 et en 2015 respectivement, les autorités sanitaires nationales ont signalé des complications neurologiques et auto-immunes potentielles. Récemment, au Brésil, les autorités sanitaires locales ont observé une recrudescence de cas atteints du syndrome Guillain-Barré qui coïncident avec des cas d'infections à virus Zika dans le grand public, ainsi qu’une augmentation du nombre des nouveau-nés atteints de microcéphalie dans le nord-est du pays.

De nombreuses nouvelles études ont conforté l’association entre l’infection à virus Zika et la survenue de malformations fœtales et de troubles neurologiques. D’autres investigations seront toutefois nécessaires pour pouvoir mieux comprendre ce lien. Des investigations sont également en cours sur d’autres causes potentielles.

Transmission

Le virus Zika se transmet à l’être humain par la piqûre d’un moustique infecté du genre Aedes dans les régions tropicales. Celui-ci transmet aussi la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune. La transmission sexuelle du virus Zika est également possible. D’autres modes de transmission, comme par les transfusions sanguines ou la transmission périnatale, font actuellement l’objet d’investigations.

Des flambées de maladie à virus Zika ont été signalées pour la première fois dans le Pacifique en 2007 et en 2013 (îles Yap et Polynésie française respectivement), puis en 2015 dans les Amériques (Brésil et Colombie) et en Afrique (Cabo Verde). Au total, 64 pays et territoires ont signalé la transmission du virus Zika depuis le 1er janvier 2007.

Diagnostic

On peut suspecter l’infection à virus Zika sur la base des symptômes et des antécédents récents de voyage (par exemple le fait d’habiter dans une région où l’on sait que le virus est présent ou d’y être allé). Le diagnostic ne peut être confirmé que par des analyses de laboratoire mettant en évidence la présence d’ARN viral dans le sang ou d’autres liquides biologiques, comme les urines ou la salive.

Prévention

Lutte antivectorielle

Les moustiques et leurs gîtes larvaires représentent un risque important pour l’infection à virus Zika. La prévention et la lutte s’appuient sur la réduction du nombre des moustiques à la source (élimination ou modification des gîtes larvaires) et la diminution des contacts entre ces insectes et l’être humain.

Pour y parvenir, on peut appliquer des produits répulsifs, porter des vêtements (de préférence de couleur claire) couvrant le plus possible le corps, installer des obstacles physiques dans les constructions, écrans anti-insectes, portes et fenêtres fermées et, si nécessaire, ajouter une protection personnelle, comme de dormir sous des moustiquaires pendant la journée.

Il est également extrêmement important de vider, de nettoyer ou de couvrir tous les contenants susceptibles de retenir l’eau, comme les seaux, les pots de fleurs ou les pneus et les gouttières, de façon à éliminer les endroits où les moustiques peuvent se reproduire. Les communautés doivent soutenir les efforts des autorités locales pour réduire la densité de moustiques dans leur localité. Il faut s’efforcer d’éliminer les gîtes larvaires des moustiques (lieux de ponte), comme les accumulations d’eau après la pluie ou dans des contenants usagés et des déchets à l’intérieur et autour des habitations.

Les produits répulsifs doivent contenir du DEET (N, N-diéthyl-3-méthylbenzamide), de l’IR3535 (3-[N-acétyl-N-butyl]-aminopropionate éthyl ester) ou de l’icaridine (1-piperidine carboxylate, 2-(2-hydroxyléthyl)-1-méthylpropylester). Il faut respecter scrupuleusement le mode d’emploi indiqué sur l’étiquetage. On accordera une attention particulière et une aide spéciale à ceux qui peuvent ne pas être capables de se protéger correctement, comme les jeunes enfants, les malades ou les personnes âgées.

Lors des flambées, les autorités sanitaires pourront préconiser des pulvérisations d’insecticide. Les insecticides recommandés par le système OMS d’évaluation des pesticides (WHOPES) peuvent également servir de larvicides pour traiter des conteneurs d’eau relativement grands.

Les voyageurs doivent prendre les précautions de base décrites ci-dessus pour se protéger des piqûres de moustiques.

Transmission sexuelle

La transmission du virus Zika par voie sexuelle est possible. Toutes les personnes ayant été infectées et leurs partenaires sexuels doivent avoir des pratiques sexuelles à moindre risque, en utilisant des préservatifs régulièrement et correctement.

Les partenaires sexuels des femmes enceintes qui vivent dans des zones de transmission locale avérée du virus Zika ou en reviennent doivent avoir des pratiques sexuelles à moindre risque, mettre des préservatifs ou s’abstenir de tout rapport pendant toute la durée de la grossesse.

Les personnes vivant dans des zones de transmission locale avérée du virus Zika doivent avoir des pratiques sexuelles à moindre risque ou s’abstenir de toute activité sexuelle.

De plus, les personnes revenant de zones de transmission locale avérée du virus Zika doivent adopter des pratiques sexuelles à moindre risque ou envisager l’abstinence pendant au moins quatre semaines après leur retour, afin de réduire le risque de transmission ultérieure.

Traitement

La maladie à virus Zika est en général relativement bénigne et ne requiert aucun traitement spécifique. Les sujets atteints doivent beaucoup se reposer, boire suffisamment et prendre des médicaments courants contre la douleur et la fièvre. En cas d’aggravation des symptômes, ils doivent consulter un médecin. Il n’existe actuellement aucun vaccin.

Action de l’OMS

  • définir les recherches nécessaires sur la maladie à virus Zika et établir un ordre de priorité les concernant en réunissant les experts et les partenaires;
  • renforcer la surveillance du virus Zika et des complications potentielles;
  • renforcer les capacités de communication concernant les risques afin d’aider les pays à tenir leurs engagements en vertu du Règlement sanitaire international;
  • assurer une formation sur la prise en charge clinique, le diagnostic et la lutte antivectorielle, notamment par l’intermédiaire d’un certain nombre de centres collaborateurs de l’OMS;
  • renforcer la capacité des laboratoires à détecter le virus;
  • aider les autorités sanitaires à élaborer des stratégies de lutte antivectorielle visant à réduire les populations d’Aedes, par exemple en fournissant des larvicides pour traiter les eaux stagnantes qu’il n’est pas possible de vider, de nettoyer ou de couvrir;
  • formuler des recommandations concernant les soins cliniques et le suivi des porteurs du virus Zika, en collaboration avec les experts et les autres organisations dans le domaine de la santé.
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