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Analyse virologique: aucun lien entre la flambée d’Ebola en Afrique de l’Ouest et celle en République démocratique du Congo

Évaluation de la situation – 2 septembre 2014

Les résultats du séquençage viral des échantillons provenant de la flambée d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) ont été reçus la nuit dernière. Le virus est de l'espèce Zaïre et appartient à une lignée ayant le lien le plus étroit avec le virus de la flambée d’Ebola de 1995 à Kikwit (RDC).

La souche Zaïre du virus est autochtone dans le pays. Le premier virus Ebola est apparu en 1976 lors de flambées pratiquement simultanées en République démocratique du Congo (alors Zaïre) et le Soudan du Sud (alors partie du Soudan).

Les tests de confirmation ont été faits au Centre International de Recherches Médicales de Franceville (Gabon), un centre collaborateur de l’OMS. Auparavant, les analyses en RDC avaient confirmé le virus Ebola pour six des huit échantillons.

La flambée se localise dans le district isolé de Boende, dans la province de l’Équateur, au nord-ouest du pays.

Les résultats de la caractérisation du virus, ajoutés aux conclusions de l’enquête épidémiologique, sont définitifs: la flambée en RDC est un événement distinct et indépendant, sans aucun lien avec celle d’Afrique de l’Ouest.

Comme le rapport du laboratoire au Gabon l’énonce clairement, «le virus dans le district de Boende ne dérive définitivement pas de la variante virale actuellement en circulation en Afrique de l’Ouest».

Ces résultats sont rassurants, car ils excluent la possibilité d’une propagation du virus d’Afrique de l’Ouest vers l’Afrique centrale.

L’enquête épidémiologique a relié le cas indicateur, une femme décédée le 11 août, à la préparation de gibier pour la consommation familiale.

C’est la septième flambée d’Ebola dans le pays depuis 1976. L’introduction du virus dans la population humaine après un contact avec de la viande de gibier infecté (en général des chauves-souris frugivores ou des singes) est conforme à ce que l’on a pu observer au départ des flambées précédentes. Le virus se transmet désormais d’une personne à l’autre.

L’équipe d’intervention a identifié jusqu’à présent 53 cas correspondant à la définition du cas de maladie à virus Ebola dont 23 décès. Sept de ces décès ont concerné des agents de santé. Plus de 160 contacts sont recherchés.

Les autorités ont monté rapidement une riposte énergique en réactivant les comités d’urgence aux niveaux national, provincial et local, en mettant en place des centres de soins en isolement et en fournissant aux chefs des communautés des informations sur la maladie. Le Gouvernement veillera à ce que tous les enterrements se fassent en respectant les règles de sécurité.

L’équipe de l’OMS a confirmé que la collaboration entre le Gouvernement et ses principaux partenaires est excellente.

La zone de la flambée, où l’on observe la transmission la plus intense, est éloignée, à quelque 1200 kilomètres de la capitale, Kinshasa. Il n’y a pas de routes goudronnées reliant cette zone à Kinshasa. Néanmoins, on a détecté des cas ou une transmission en cours de la maladie dans trois sites, ce qui souligne bien la nécessité de surveiller attentivement l’évolution de la situation.

Des mobylettes, des canots et des téléphones par satellite ont été fournis pour faciliter l’enquête sur la flambée et la recherche des contacts. Un hélicoptère sera prochainement réservé à cette mission et mis à disposition.

Contacts pour les médias

Fadéla Chaib
Chargée de communication, OMS
Téléphone: + 41 22 791 3228
Portable:+ 41 79 475 55 56
Courriel: chaibf@who.int

Tarik Jasarevic
Chargé de communication, OMS
Téléphone: +41 22 791 5099
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Courriel: jasarevict@who.int