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Le traitement antiretroviral en échec en raison du manque d'assistance aux malades

Un nouveau rapport qui doit être présenté aujourd'hui à la Conférence internationale de Toronto sur le SIDA révèle que l'accès aux antirétroviraux n'est que l'un des termes de l'équation du traitement. Ce rapport démontre que si l'on n'assiste pas les malades, la prise des médicaments risque de n'être ni assez fréquente ni assez régulière, avec pour effet de réduire à néant les bienfaits thérapeutiques du traitement.

Publié par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Université d'Amsterdam et l'Institut tropical royal des Pays-Bas, ce rapport intitulé "De l'accès à l'observance: les défis du traitement antirétroviral", expose la dure réalité vécue quotidiennement par les personnes vivant avec le VIH et le SIDA au Botswana, en Ouganda et en Tanzanie. Le rapport identifie les raisons pour lesquelles l'observance du traitement se relâche et il formule une série de recommandations destinées à améliorer la situation.

Le taux optimal d'observance de la thérapie antirétrovirale est de 95%, comme le recommande l'OMS. L'inobservation de la thérapie a de graves conséquences pour la santé publique, notamment l'échec du traitement, la propagation de la résistance aux médicaments et le gaspillage de ressources. Le rapport révèle que les personnes qui s'efforcent de prendre tous leurs médicaments sont souvent prises dans un cercle vicieux d'obstacles sociaux, économiques et professionnels qui les empêchent d'observer le traitement.

Sur un échantillon de 514 malades interviewés au Botswana, 23% prenaient moins que les 95% critique de leur dose. En Tanzanie, 79% des 207 malades interviewés étaient au-dessous du seuil critique.

Les raisons qui expliquent ce manque d'observation du dosage prescrit sont: l'abus d'alcool ou de drogues; des problèmes au travail, comme de ne pas avoir le temps de se rendre à la clinique ou la stigmatisation sur le lieu de travail; de longs trajets jusqu'à la clinique et de longs temps d'attente sur place; la discrimination au sein de la communauté et à dans la famille. En Ouganda, il est fréquent que des personnes cessent de se soigner faute de pouvoir se payer la nourriture qu'elles doivent consommer en prenant leurs médicaments; L'éloignement des centres de santé et les coûts engendrés par un traitement à vie ont également été invoqués par les participants à cette étude.

Les équipes de recherche qui ont participé à l'élaboration de ce rapport proposent des priorités spécifiques à mettre en œuvre immédiatement:

  • Application de la législation visant à protéger le droit des travailleurs à l'accès au traitement sans crainte de discrimination
  • Formation et appui aux conseillers communautaires qui fonctionnent depuis chez eux
  • Dispenser les personnes qui suivent une thérapie antirétrovirale de payer des frais d'inscription et de consultation dans les centres de santé
  • Fournir de l'aide alimentaire aux utilisateurs d'antirétroviraux, surtout au début du traitement, lorsque leur appétit augmente
  • Envisager la mise sur pied d'un système de bons de transport pour les personnes qui ne peuvent pas se permettre de se déplacer pour aller chercher leurs médicaments.

La trithérapie antirétrovirale au Botswana, en Ouganda et en Tanzanie, 2005


Country Population size Estimated percentage adult HIV prevalence Number of treatment sites Number of people in need of treatment Estimated percentage treated as of December 2005**
Botswana 1.8 million 24% 32 84 000 85%
Tanzania 37 million 6.50% 44 315 000 7%
Uganda 25 million 6.70% 175 148 000 51%

*Source: "De l'accès à l'observance", p.2, Anita Hardon et al, Organisation mondiale de la Santé 2006
**Pour établir ce tableau les auteurs se réfèrent au Rapport OMS/ONUSIDA "3 en 5" de 2006 et au Rapport 2006 d'ONUSIDA sur l'épidémie mondiale de SIDA.

Pour plus d'informations:

Anita Hardon
Professeur d'anthropologie médicale à l'Université d'Amsterdam
Pays Bas
Tél. portable: +31 64 6177814
Courriel: ahardon@xs4all.nl

Richard Laing
médecin
Organisation mondiale de la Santé
Tél. portable: + 41 79 500 6592
Courriel: laingr@who.int

John Kinsman
Chercheur, Université d'Amsterdam
Pays Bas
Tél. portable: + 46 76 842 6464
Courriel: F.J.Kinsman@uva.nl

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