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Prix des médicaments

Une nouvelle enquête montre que les médicaments pourraient être moins chers

Si les gouvernements et les acheteurs de médicaments veulent trouver le moyen de rendre les médicaments plus abordables, ils doivent mieux s’informer des prix, des différences à ce niveau et des facteurs qui établissent le coût final d’un médicament. Pour cette raison, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Action internationale pour la Santé (HAI : Health Action International) ont publié aujourd’hui Medicine Prices, un manuel d’établissement des prix décrivant comment collecter les données sur 35 médicaments courants et voir ce qui détermine le prix de vente aux patients.

Les prix des médicaments varient d’un pays ou d’une région à l’autre et, jusqu’à présent, les mécanismes de fixation des prix restaient opaques. Dans les pays en développement où, à cause de la pauvreté, un tiers de la population n’a pas les moyens d’acheter des médicaments, il arrive que le même produit soit plus cher que dans les pays industrialisés. Comme fréquemment les malades ne sont pas assurés, les dépenses encourues sont à leur charge la plupart du temps.

En donnant des informations sur la tarification et les différences de prix, ce nouveau manuel sera particulièrement utile aux gouvernements, aux associations de consommateurs, aux organisations non gouvernementales (ONG) et à tout autre groupe acheteur de médicaments. Il propose une méthode de surveillance des prix, d’analyse des données et définit de grandes options politiques pour les obtenir à des prix plus abordables. En bref, il permettra aux acheteurs ou à ceux qui sont chargés de les procurer de faire des choix en étant mieux informés, d’en avoir plus pour leur argent ; l’établissement des prix au niveau mondial sera mieux connu.

Le manuel propose une nouvelle méthode pour mesurer le coût des médicaments. Il incite entre autres à comparer les prix entre les spécialités et les produits génériques équivalents. Des essais sur le terrain ont montré que 30 jours de traitement par une spécialité de ranitidine coûtaient l’équivalent de 50 jours de salaire au Cameroun et 20 jours au Kenya, tandis que le produit générique équivalait à 24 et 8 jours respectivement.

Le manuel met aussi en lumière la différence entre le prix d’achat et le prix de vente au consommateur qui inclut la marge bénéficiaire, les taxes, les droits et d’autres charges. Des essais pilotes du manuel au Pérou par exemple, ont montré que les majorations locales faisaient passer le prix de la ranitidine générique de US $2,90 pour 20 comprimés (prix à l’importation) à US $7,20 (prix au détail).

Même au Brésil, qui produit la grande majorité des médicaments qu’il utilise, les taxes et les marges majorent de 40 % les prix à la sortie d’usine. L’analyse des différents éléments du prix permet d’y voir plus clair sur l’origine des différences : fabricants, systèmes locaux de distribution, honoraires pour la délivrance, taxes et autres facteurs locaux.

D’autres essais du manuel sur le terrain dans un certain nombre de pays à revenu faible ou moyen ont montré que le consommateur achetait la nifédipine par exemple, un antihypertenseur, six fois plus cher en Afrique du Sud qu’au Brésil, les prix se situant à des niveaux intermédiaires au Ghana et aux Philippines.

Il n’est pas rare pour les habitants des pays en développement d’acheter les médicaments plus cher que dans les pays industrialisés, en proportion de leurs revenus comme en valeur absolue. En 2000 par exemple, la lamivudine, utilisée pour la prise en charge du VIH/SIDA, était vendue en moyenne 20 % plus cher en Afrique que dans 10 pays industrialisés. Or, le revenu moyen des Africains équivaut à seulement 2 % de celui des habitants des pays industrialisés riches. La différence d’accessibilité est donc énorme.

A l’instar des médicaments contre le paludisme ou le VIH, le manuel recommande de surveiller les prix des médicaments pour les affections chroniques, qu’on associe en général moins avec les pays en développement mais qui affectent un nombre croissant de leurs habitants.

Avant d’être publiée, la méthodologie a été testée pendant deux ans dans plusieurs pays : Afrique du Sud, Arménie, Brésil, Cameroun, Ghana, Kenya, Pérou, Philippines et Sri Lanka. Les données de ces études pilotes peuvent être consultées sur le site de la HAI : www.haiweb.org/medicineprices.

L’OMS et HAI présenteront le manuel et des détails complémentaires des essais sur le terrain lors d’un point de presse pendant l’Assemblée mondiale de la Santé le 20 mai, à 17 h 30 au Palais des Nations, Salle VIII.

Intervenants :

Eva Wallstam, Initiative Société civile, OMS Jonathan Quick, Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques, OMS Dennis Ross-Degnan, Harvard Medical School Aarti Kishuna, Chercheur principal de l’étude pilote en Afrique du Sud Margaret Ewen, HAI

Tous les journalistes sont les bienvenus

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Le manuel et le logiciel qui l’accompagne sont à la disposition des journalistes, sous embargo, uniquement sur ce lien : avec le mot de passe : pricesmed

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