Centre des médias

La réunion de l’OMS sur la pandémie de grippe a avance dans l'élaboration d'un plan d'endiguement

OMS/Chris Black

Une réunion de 70 experts de la santé publique a permis d'avancer dans la mise au point d'un plan opérationnel visant à endiguer une flambée de grippe pandémique humaine.

La réunion de trois jours qui s'est achevée aujourd'hui à Genève a été organisée et accueillie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Comme l’a souligné le Dr Margaret Chan, Sous-Directeur général de l’OMS chargé des maladies transmissibles et représentant du Directeur général chargé de la grippe pandémique, « une pandémie de grippe humaine constituera un problème considérable, mais ensemble nous sommes en mesure d'y faire face de manière efficace ».

La grippe saisonnière, la grippe aviaire et la grippe pandémique humaine sont des pathologies distinctes. La grippe saisonnière est une infection courante qui peut être bénigne ou grave selon que le sujet est atteint ou non d'une maladie préexistante. La grippe aviaire est une zoonose qui ne touche que très rarement l’homme. Une grippe pandémique humaine est provoquée par un virus nouveau pour l’homme: dans le passé, il y a eu des pandémies dont les conséquences ont été parfois limitées, parfois beaucoup plus graves. Nous ne sommes pas aujourd'hui confrontés à une pandémie. La flambée actuelle de grippe aviaire est provoquée par le virus H5N1, un virus qui fait l’objet d’une surveillance étroite en raison de la possibilité théorique d’une mutation: il pourrait alors devenir facilement transmissible entre humains, déclenchant une pandémie de grippe humaine et c’est à ce niveau que se situeraient les efforts d’endiguement.

Si l’on n’a jamais cherché jusqu’ici à endiguer une pandémie à la source, les indices selon lesquels cette solution serait possible se sont accumulés. La première flambée de grippe aviaire due au virus H5N1 a été endiguée à Hong Kong en 1997 après la décision du Directeur de la santé publique d'alors (le Dr Margaret Chan) d'ordonner la destruction de toutes les volailles à Hong Kong. L’endiguement du SRAS en 2003 a démontré qu’une action mondiale coordonnée pouvait éviter l’apparition d’une nouvelle maladie infectieuse. L’été dernier, des modèles théoriques ont été publiés, montrant que l’endiguement d’une pandémie pourrait être possible.

Ces modèles révélaient que l’endiguement d’une pandémie à la source supposait une action coordonnée ciblant une zone restreinte et se déroulant dans les jours suivant l’émergence du nouveau virus. Il ressort de ces modèles que le succès d'une telle opération serait conditionné par plusieurs facteurs, notamment le dépistage précoce du nouveau virus, une mobilisation rapide des ressources nécessaires et le respect des mesures prescrites par la population cible. La réunion qui a eu lieu cette semaine à Genève a porté essentiellement sur trois domaines, à savoir les mesures de logistique, de surveillance et de santé publique nécessaires pour atteindre les buts fixés.

« Il se peut », a déclaré le Dr Chan, « que les efforts d’endiguement permettent seulement de ralentir la propagation d’une pandémie. Mais même dans ce cas, nous disposerions alors d’un délai de grâce permettant aux pays de commencer à appliquer leur plan de préparation face à la pandémie et aux firmes pharmaceutiques d'engager le long processus de fabrication d’un vaccin efficace contre la pandémie humaine. »

Les résultats de la réunion de cette semaine seront maintenant soumis aux participants; ils seront accessibles sur le Web dès qu’ils seront prêts.

Pour plus d'informations:

Maria Cheng
Chargée de communication
Maladies transmissibles, OMS
Téléphone: +41 22 791 3982
Courriel: chengm@who.int

Dick Thompson
Chargée de communication
Maladies transmissibles, OMS
Téléphone: +41 22 791 2684
Courriel: thompsond@who.int

Partager