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Mise à jour sur la circoncision: Essais cliniques déterminants pour la validation du lien entre la circoncision et la protection contre l'infection à VIH

Pendant que les essais se poursuivent, les institutions des Nations Unies veillent à ce que la circoncision soit pratiquée dans de bonnes conditions

Note d'information aux médias conjointe OMS/ONUSIDA/UNICEF/FNUAP/BM

En juin 2006, les Instituts nationaux de la Santé aux Etats-Unis ont annoncé, après un examen intermédiaire des données, que les deux essais se déroulant en Ouganda et au Kenya, pour étudier le lien entre la circoncision et le risque de contracter l'infection à VIH chez l'homme, devaient se poursuivre. Ces essais doivent prendre fin en juillet et septembre 2007 respectivement. Leurs résultats seront importants pour valider ceux qui ont été annoncés en juillet 2005 après l'essai d'intervention à Orange Farm en Afrique du Sud, financé par l'Agence nationale française de Recherches sur le SIDA (ANRS) et montrant une diminution d'au moins 60 % du risque de contracter l'infection à VIH chez l'homme circoncis.

Les données provisoires des essais en cours en Ouganda et au Kenya ont été examinées en juin 2006 par le Conseil de contrôle des données et de la sécurité (DSMB : Data and Safety Monitoring Board). Celui-ci a recommandé de les poursuivre au motif qu'il n'y avait pas encore suffisamment de données pour tirer des conclusions définitives. Il a également proposé de procéder à une nouvelle analyse intermédiaire dans le courant de l'année prochaine.

« Les résultats des deux essais en cours aideront à établir la relation entre la circoncision et le risque d'infection à VIH dans divers contextes, ce qui est essentiel pour déterminer la reproductibilité et l'application des observations d'Orange Farm, » a fait remarquer le Dr Kevin De Cock, Directeur à l'OMS du département VIH/SIDA. « Pendant que nous attendons ces résultats importants, les partenaires des Nations Unies et d'autres s'efforcent de coordonner leurs conseils et leur assistance aux pays pour les aider à améliorer la sécurité de la circoncision telle qu'elle se pratique actuellement. »

Un autre essai évaluant l'impact de la circoncision sur le risque de transmission du VIH à la femme, mené par des chercheurs de l'Université Johns Hopkins, est en cours en Ouganda et les résultats sont attendus fin 2007. On a aussi étudié l'effet de la circoncision sur le risque de transmission du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, mais aucun essai n'a été fait à ce sujet.

Des recommandations et des efforts d'assistance sont en cours

L'OMS, le FNUAP, l'UNICEF et le Secrétariat de l'ONUSIDA soulignent qu'ils n'ont pas modifié leur position actuelle et qu'ils ne recommandent toujours pas la circoncision aux fins de la prévention du VIH. Toutefois, les Nations Unies reconnaissent l'importance d'anticiper et de se préparer à l'éventualité d'une demande accrue si les essais actuels venaient à confirmer l'action protectrice de la circoncision. Selon des modèles mathématiques récents, partant de l'hypothèse d'une réduction de 60 % de la transmission du VIH chez l'homme circoncis, le nombre d'infections et de décès liés au VIH pourrait, en une vingtaine d'années, diminuer considérablement en Afrique subsaharienne si ce niveau de protection se confirmait et si la pratique de la circoncision se généralisait.

Les pays qui étudient actuellement les moyens d'améliorer la sécurité de leurs services devront veiller à ce que la circoncision soit pratiquée dans de bonnes conditions d'hygiène par des professionnels qualifiés, disposant du matériel adéquat, avec un suivi attentif des patients et les soins postopératoires requis. Ils doivent aussi s'assurer que d'autres conditions soient réunies, à savoir le consentement éclairé, la confidentialité et le conseil personnalisé soulignant la nécessité de continuer à prendre de multiples mesures de prévention du VIH.

« Même si de nouveaux essais démontrent un risque plus faible pour les hommes circoncis de contracter l'infection à VIH, la circoncision n'offre pas une protection complète contre ce virus, » explique Catherine Hankins, Conseillère scientifique en chef à l'ONUSIDA. « Les hommes circoncis peuvent toujours contracter l'infection à VIH et la transmettre à leurs partenaires. Si la circoncision s'avère efficace, il faudra la considérer comme l'un des éléments d'un ensemble de mesures de prévention du VIH, comprenant l'utilisation correcte et régulière des préservatifs, la diminution du nombre des partenaires sexuels, le report à un âge plus tardif du premier rapport sexuel, le conseil et le dépistage volontaire et confidentiel du VIH pour connaître son statut sérologique. De la même façon que plusieurs médicaments associés sont plus efficaces qu'un seul pour traiter les personnes infectées par le VIH, il est plus efficace d'associer plusieurs méthodes de prévention que de miser sur une seule d'entre elles. »

Depuis l'annonce des résultats de l'étude à Orange Farm, le Secrétariat de l'ONUSIDA, l'OMS, le FNUAP, l'UNICEF, la Banque mondiale et d'autres partenaires ont travaillé ensemble pour élaborer des documents d'orientation et du matériel pratique destinés aux pays et aux institutions qui ont choisi d'améliorer la sécurité des services de circoncision ou de les développer maintenant ou à l'avenir.

Le plan de travail des Nations Unies sur la circoncision, élaboré avec le soutien financier des Instituts nationaux de la Santé aux Etats-Unis, du Secrétariat de l'ONUSIDA, de l'ANRS et de la Fondation Bill et Melinda Gates, prévoit l'élaboration de recommandations techniques et de méthodes d'enquête pour aider les pays à déterminer leurs besoins et leurs capacités de développement des services, à contrôler la mise en œuvre et à constater les modifications des comportements sexuels. Dans le cadre du plan des Nations Unies, un certain nombre de réunions nationales des parties intéressées sont organisées pour aider les pays à évaluer la situation en matière de circoncision : droits de l'homme, aspects culturels et éthiques, moyens cliniques, lacunes dans les connaissances.

Alors que les travaux sur les programmes et les politiques sont en cours, certains pays à forte prévalence du VIH s'efforcent déjà d'améliorer la sécurité des circoncisions et envisagent de proposer ce geste dans le cadre de la prévention du VIH. Les institutions des Nations Unies insistent sur le fait que les résultats définitifs des essais en cours seront essentiels pour déterminer l'efficacité de la circoncision dans la prévention de l'infection à VIH chez l'homme dans les divers cadres socioculturels. Une fois les résultats de ces essais annoncés et revus en 2007, l'OMS, le Secrétariat de l'ONUSIDA et leurs partenaires définiront une politique spécifique et des recommandations pour les programmes.

Pour plus d'informations:

OMS
Anne Winter
Téléphone: +41 79 440 6011
Courriel: wintera@who.int

Cathy Bartley
Téléphone: +44 7958 561 671
Courriel: cathy.bartley@ukonline.co.uk

Iqbal Nandra
Téléphone: +41 22 791 5589
Tél. portable: +41 79 509 0622
Courriel: nandrai@who.int

Tunga Namjilsuren
Téléphone: +41 22 791 1073
Courriel: namjilsurent@who.int

ONUSIDA
Sophie Barton-Knott
Téléphone: +41 22 791 1697
Tél. portable: +41 79 472 7917
Courriel: bartonknotts@unaids.org

UNICEF
Gerrit Beger
Téléphone: +1 212 326 7116
Tél. portable: +1 646 764 0200
Courriel: gbeger@unicef.org

FNUAP
Patricia Leidl
Téléphone: +1 212 297 5088
Tél. portable: +1 917 535 9508
Courriel: leidl@unfpa.org

Banque mondiale
Phil Hay
Téléphone: +1 202 473 1796
Tél. portable: +1 202 409 2909
Courriel: phay@worldbank.org

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