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Risques sanitaires majeurs à la suite des inondations dans la Corne de l'Afrique

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) est toujours très préoccupée par la situation sanitaire des populations dans les régions affectées par les inondations dans la Corne de l'Afrique. Depuis octobre, des précipitations inhabituelles ont entraîné en Ethiopie, au Kenya et en Somalie de grosses inondations qui devraient persister et mettent en grand danger la santé des populations. L'association du déplacement des populations, de leur entassement, du manque d'eau salubre et de la destruction des systèmes d'assainissements expose de 1,5 à 1,8 million de personnes à des risques de maladies infectieuses telles que le choléra, la rougeole ou le paludisme, ainsi qu'à des problèmes de carences nutritionnelles.

« Les inondations devraient persister au moins jusqu'à fin décembre, voire jusqu'au début de l'année prochaine. Nous sommes déjà dans une situation grave où des gens meurent de maladies liées à des problèmes d'eau et d'assainissement. Le paludisme va devenir aussi un sérieux problème dans les semaines à venir », estime le Dr David Okello, Représentant de l'OMS au Kenya.

Les trois pays ont des profils sanitaires semblables. En Ethiopie, on a notifié 40 000 cas de diarrhée liquide aiguë, dont 403 mortels. En Somalie, une centaine de cas se sont produits, notamment chez des enfants de moins de 5 ans. L'insécurité dans ce pays s'aggrave et les populations fuyant le conflit vont chercher refuge au Kenya. Il y aura donc une forte augmentation du nombre des personnes vivant dans des camps et un accroissement des risques sanitaires potentiels.

Les systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement sont désorganisés et les sources d'eau habituelles sont devenues impropres à la consommation du fait des crues et de pollutions. « Dans l'une des régions les plus touchées du Kenya, le district de Garissa, les gens ont dû puiser leur eau dans des sources contaminées : les deux litres disponibles par personne ne suffisent pas à couvrir les besoins de base, la quantité d'eau recommandée étant dix fois plus élevée, explique le Dr Michelle Gayer, spécialiste de l'OMS pour les maladies transmissibles, après une visite dans la région. De nombreuses routes sont coupées, certaines personnes ont rejoint des camps provisoires tandis que d'autres sont bloquées chez elles sans avoir suffisamment de nourriture et sans soins médicaux. »

Le nombre des consultations médicales a doublé à Garissa et même triplé au cours de la dernière semaine par rapport à une période normale, avant les inondations. Les trois principaux motifs de consultations sont les affections diarrhéiques, le paludisme et les infections respiratoires aiguës. On a signalé des flambées de choléra, avec des décès, et l'on s'attend, sur le court terme, à ce qu'elles se poursuivent.

On sait que de nombreux problèmes sanitaires sont endémiques dans la région, comme le choléra, les diarrhées, les shigelloses, la fièvre de la Vallée du Rift, la rougeole, la méningite et la malnutrition. De nombreux indicateurs de santé sont à des niveaux préoccupants, y compris les taux de couverture vaccinale.

Les dégâts des routes et des infrastructures gênent l'accès aux centres de santé. De nombreux soignants ne peuvent se présenter à leur travail et les patients n'arrivent pas à se rendre dans ces établissements. Il s'ensuit une interruption des soins de routine, notamment pour les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou transmissibles. En raison des périodes de sécheresse qui ont précédé, les populations de la région ont connu de graves pénuries alimentaires et on observe des taux élevés de malnutrition. Leur immunité est affaiblie, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies.

« Les priorités de l'OMS dans la région sont d'améliorer les systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, la surveillance des flambées épidémiques, le fonctionnement des services de santé et la nutrition. Nous allons également instaurer des pulvérisations d'insecticide à effet rémanent à l'intérieur des habitations, pour lutter contre le paludisme, et vacciner les enfants dans les camps, au moins contre la rougeole, l'un des principaux facteurs de mortalité de l'enfant », déclare le Dr Okello. L'OMS s'est pleinement engagée aux côtés des autorités et des partenaires pour apporter son assistance aux populations dans le besoin.

« L'OMS constitue une réserve de médicaments essentiels pour le traitement des maladies véhiculées par l'eau, de matériel pour les laboratoires et d'autres fournitures. Elle aide aussi le Ministère de la Santé à contrôler la qualité de l'eau », a-t-il ajouté.

L'une des grandes préoccupations de l'OMS a trait aux lacunes dans la préparation aux flambées épidémiques. La région manque de laboratoires pour confirmer les maladies à tendance épidémique et de stocks de médicaments et de matériel d'urgence. Il n'y a aucune structure pouvant pratiquer des soins en isolement et les établissements de santé ont peu de moyens pour lutter contre les infections.

Pour plus d'informations:

Fadela Chaib
Chargée de la Communication à l'OMS
Téléphone: +41 22 791 3228
Portable: +41 79 475 5556
Courriel: chaibf@who.int

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