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L’OMS élargit la lutte contre la maladie du Chagas avec l’appui de Bayer

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étend l’effort mondial visant à éliminer la maladie de Chagas - une maladie parasitaire qui touche 9 millions de personnes, selon les estimations, surtout des enfants.

Le programme élargi est appuyé par Bayer HealthCare, le fabricant du nifurtimox, un médicament utilisé contre cette maladie. Bayer HC a fourni les fonds nécessaires à l’élargissement des efforts d’élimination de la maladie de Chagas de l’OMS et donné 2,5 millions de comprimés gratuitement, ce qui devrait permettre de traiter 30 000 malades pendant cinq ans.

Pendant des décennies, la maladie de Chagas a sévi avant tout en Amérique latine, en milieu rural. Les symptômes de la maladie sont silencieux et n’apparaissent souvent que de nombreuses années après l’infection. La plupart des porteurs de la maladie ne savent pas qu’ils sont infectés. Ces dernières années, l'émigration à grande échelle de latino-américains vers d’autres parties du monde a fait de la maladie de Chagas un problème mondial.

Les dons de sang et la sécurité transfusionnelle insuffisante ont conduit à des infections par la maladie de Chagas ailleurs qu'en Amérique latine car certains porteurs sains ont donné leur sang dans leur nouveau pays de résidence. Ainsi, la maladie a maintenant fait son apparition dans plusieurs pays européens et dans plusieurs parties des Etats-Unis d’Amérique.

Comme l’a souligné le Dr Mirta Roses Periago, Directeur régional de l'OMS pour la Région des Amériques, « cette maladie constitue encore une menace pour de nombreux latino-américains et cette menace s’est maintenant propagée à d’autres pays par l’intermédiaire des banques de sang qui n’ont pas les moyens voulus pour dépister les donneurs infectés. Cette disposition constitue en fait une importante mesure en vue de l’élimination de la maladie de Chagas dans le monde entier. »

Accès mondial

La menace que représente la maladie de Chagas ailleurs qu'en Amérique latine a amené l’OMS à reformuler les efforts d’élimination sous la forme d’un programme mondial. Pour le Dr Jean Jannin, Coordonnateur chargé de la maladie de Chagas, Lutte contre les maladies tropicales négligées, à l’OMS, « la question de la sécurité transfusionnelle et de la surveillance des malades devient un problème croissant en Europe et aux Etats-Unis. Le problème constitue désormais une menace pour la santé publique mondiale et doit être traité en conséquence. ». Les campagnes d’élimination qui se limitaient auparavant à l’Amérique latine seront étendues à d’autres pays, en Europe et dans certaines parties des Etats-Unis d'Amérique où l’on voit apparaître de nombreux cas de la maladie.

Deux produits sont actuellement efficaces pour le traitement de la maladie de Chagas, le benznidazole et le nifurtimox. Les pays d’endémie utilisent l’un des deux produits pour le traitement des victimes de la maladie et appliquent des programmes de lutte visant à éliminer les insectes vecteurs de la maladie. L’ensemble de la production de nifurtimox de Bayer HealthCare sera fourni gratuitement à l’OMS en vue d’être distribué aux pays, ce qui assurera l’accès au médicament à ceux qui en ont le plus besoin. Ce don devrait permettre de traiter 30 000 malades pendant cinq ans.

Un ennemi mortel mais caché

On estime que 9 millions de personnes, surtout des enfants, sont encore touchées. La maladie de Chagas se propage quand l’insecte vecteur, le triatome, s'est infecté en faisant un repas de sang sur un animal ou une personne contaminé. Après son repas, le triatome élimine dans ses fèces un parasite appelé Trypanosoma cruzi. Les triatomes se nourrissent la nuit. La transmission s'opère lorsqu’une personne frotte les déjections contaminées à l'endroit de la piqûre ou porte ensuite ses mains à ses yeux ou à la bouche.

Une fois infecté, le sujet peut rester sain pendant plusieurs décennies. Chez la plupart des sujets infectés apparaissent ensuite des complications cardiaques entraînant des incapacités, voire une issue fatale. Des complications intestinales apparaissent aussi chez certains malades entraînant une hypertrophie de l’oesophage ou du colon qui empêche le sujet de se nourrir normalement ou d’aller à la selle. On constate ensuite une lente hypertrophie des organes internes qui finit par provoquer la mort.

Optimisme

Le programme s’inscrit dans le cadre de la stratégie OMS d’élimination mondiale de cette maladie. Comme le souligne Arthur J. Higgins, Président du Comité exécutif de Bayer HealthCare AG et Président du Conseil d’administration de Bayer Schering Pharma AG, « nous sommes heureux d’être un partenaire fidèle à long terme qui appuie l’OMS dans la lutte contre cette maladie grave et répandue… En tant que firme pharmaceutique, nous nous sommes engagés à répondre aux besoins médicaux non satisfaits et à nous pencher sur les maladies négligées. »

Jusqu’ici les initiatives régionales en Amérique latine ont conduit à une réduction spectaculaire du nombre de cas qui est passé de 16 – 18 millions en 1990 à quelque 9 millions en 2006, selon les estimations. La transmission de la maladie a été interrompue au Chili, en Uruguay, dans une grande partie du Brésil et sur une large partie du territoire de l’Argentine, de la Bolivie et du Paraguay, ainsi qu'en Amérique centrale. En élargissant le réseau de la lutte contre la maladie de Chagas au niveau mondial, l’OMS espère rendre possible l’élimination mondiale de la maladie. Ce nouvel accord contribue à rapprocher l’OMS du but de l’élimination définitive de ce problème de santé mondiale.

Pour plus de renseignements, s’adresser :

Tiffany Domingo
OMS, Genève
Téléphone: +41 22 791 1540
Portable: +41 79 516 3136
Courriel: domingoc@who.int

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