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Les services de santé mentale communautaires réduiront l'exclusion sociale, assure l'OMS

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a mis en évidence l'urgent besoin pour les pays de mettre en place un réseau de services de santé mentale communautaires lors de son Forum mondial pour la santé mentale communautaire (Genève, 30-31 mai 2007). L'OMS a invité pour la première des personnes vivant avec des troubles mentaux à assister au Forum, signifiant ainsi aux pays qu'il est important de donner la parole à ce groupe marginalisé, afin qu'il puisse faire valoir ses droits et assurer sa participation à la société.

"Les services de santé mentale communautaires sont non seulement plus accessibles aux personnes atteintes de déficiences mentales sévères, mais ils permettent aussi de répondre à leurs besoins de manière plus efficace que les hôpitaux psychiatriques. Les services de santé mentale communautaires sont moins exposés aux actes de négligence ou de violation des droits de l'homme que l'on rencontre encore souvent dans les hôpitaux psychiatriques" a déclaré le Dr Benedetto Saraceno, Directeur à l'OMS du département Santé mentale et abus de substances psychoactives.

Près de 54 millions d'habitants de notre planète sont atteints de troubles mentaux graves tels que schizophrénie et troubles bipolaires (psychose maniacodépressive). En outre, 154 millions de personnes souffrent de dépression. Les habitants des pays en développement sont affectés de manière disproportionnée. Les troubles mentaux sont en augmentation dans les pays en développement, où ils sont la conséquence de conditions persistantes engendrées par la pauvreté, la transition démographique, les conflits au sein d'états fragiles et les catastrophes naturelles. Dans le même temps, plus de 50% des pays en développement n'assurent aucun soin aux personnes atteintes de troubles mentaux dans la communauté. Ces troubles pèsent lourdement non seulement sur ceux qui en souffrent mais aussi sur ceux qui s'occupent d'eux -- souvent la famille, compte tenu du manque de ressources en matière de santé mentale dans les pays en développement. En conséquence, 90% des épileptiques et plus de 75% des grands dépressifs des pays en développement ne sont pas traités comme ils le devraient.

L'appel en faveur de services de santé mentale communautaires intervient de manière particulièrement opportune, car en dépit d'un message clair envoyé par l'OMS en 2001, seuls quelques pays peuvent se targuer de progrès dans ce domaine. De plus, dans de nombreux pays la fermeture d'hôpitaux psychiatriques ne s'accompagne pas de la mise sur pied de services communautaires, ce qui laisse un vide en matière de service.

"Tout le monde devrait se préoccuper de ce problème, car beaucoup trop de personnes atteintes de troubles mentaux ne reçoivent aucun soin. Le défi immédiat pour les pays à faible revenu est de tirer parti du cadre des soins de santé primaires, particulièrement à l'aide d'approches communautaires utilisant des ressources locales peu coûteuses, afin d'assurer que ces troubles bénéficient de soins appropriés" a déclaré le Dr Catherine Le Galès-Camus, Sous directeur général de l'OMS en charge des maladies non transmissibles et de la santé mentale. "Le défi consiste à renforcer le système en prenant des modèles locaux efficaces et en les diffusant à travers un pays. Le Forum mondial de l'OMS pour la santé mentale communautaire consistait précisément à faire connaître des modèles qui se sont révélés efficaces pour dispenser des soins de santé mentale dans des situations où les ressources sont limitées," a-t-elle ajouté.

Le Forum a permis des échanges d'informations et suscité l'entraide mutuelle, tout en donnant un sentiment d'appartenance aux utilisateurs, aux familles et aux prestataires, ainsi qu' à tous ceux qui ont à cœur de faire passer la santé mentale d'institutions de longue durée à des soins de santé à base communautaire efficaces. Les partenaires du Forum étaient notamment des organisations non gouvernementales, des associations professionnelles et des personnes intéressés à titre individuel. On peut citer notamment BasicNeeds, la Christoffel Blindenmission et l'Association mondiale de réhabilitation psychosociale. Le Département de la santé du Royaume-Uni a apporté une assistance active au Forum, qui était organisé par le département Santé mentale et abus de substances psychoactives de l'OMS.

Parmi les options viables auxquelles les communautés peuvent avoir recours pour améliorer la vie des personnes atteintes de troubles mentaux et leur permettre d'exercer leurs droits à la détection au niveau communautaire et au traitement on peut mentionner:

Afin de mettre en oeuvre ces interventions efficaces, les gouvernements doivent établir des politiques qui articulent clairement ces mesures puis élaborer des plans systématiques comprenant un budget spécial et un calendrier accepté. L'OMS apporte un appui technique aux pays en développement pour les aider à prendre ces mesures destinées à rendre les soins de santé mentale accessibles sur leur territoire.

  • l'intégration des soins de santé mentale dans le système de soins de santé primaires;
  • la réinsertion des patients ayant longtemps séjourné en hôpital psychiatrique;
  • la mise en oeuvre de programme de lutte contre la stigmatisation dans les communautés;
  • le déclenchement d'interventions efficaces de prévention au sein de la population; et
  • la participation pleine et entière à la communauté des personnes atteintes de troubles mentaux.
Pour en savoir plus sur:
Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Shekhar Saxana
Santé mentale et abus de substances psychoactives, OMS
Tél: +41 22 791 3625
Portable: +41 79 308 9865
Courriel: saxenas@who.int

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