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Les infections liées aux soins plus fréquentes dans les pays en développement

Note d'information aux médias

La première analyse qui ait jamais été faite de toutes les données scientifiques disponibles sur les infections liées aux soins dans les pays aux ressources limitées révèle qu’il s’agit d’un problème majeur pour la sécurité des patients dans le monde en développement. Elle indique qu’il est essentiel d’améliorer la surveillance et la notification pour en comprendre l’ampleur et y remédier, selon une étude publiée aujourd’hui dans la revue médicale britannique The Lancet.

Ces infections peuvent prolonger les séjours hospitaliers, causer des incapacités sur le long terme, renforcer les résistances à des médications indispensables, augmenter les coûts pour les patients et leurs familles et même provoquer la mort.

Bien que, selon les estimations, les infections liées aux soins concernent des centaines de millions de personnes dans le monde, on ne dispose toujours pas de chiffres précis à cause des difficultés pour réunir des données fiables au niveau mondial. Alors que de nombreux pays à revenu élevé se sont dotés de systèmes nationaux de surveillance, ceux-ci n’existent pas dans l’immense majorité des pays à revenu faible ou intermédiaire.

«Dans les systèmes de santé des pays à revenu élevé, on a établi depuis longtemps que les infections liées aux soins étaient la plus grande cause d’événements indésirables et de décès évitables. Nous savons désormais que la situation est encore pire dans les pays en développement, où le niveau des infections liées aux soins est au moins deux fois plus élevé, nous informe le Dr Benedetta Allegranzi, chef technique du programme Un soin propre est un soin plus sûr. Dans certains milieux aux ressources limitées, un patient opéré sur trois est infecté. Des solutions existent et nous devons agir dès maintenant. Tout retard se traduirait par un nombre encore plus grand de morts tragiques.»

Plusieurs facteurs accroissent le risque d’infections liées aux soins, parmi lesquels:

  • l’insuffisance de l’hygiène et de l’élimination des déchets,
  • l’insuffisance des infrastructures et des équipements,
  • les sous-effectifs,
  • les conditions de promiscuité,
  • l’insuffisance des connaissances de base en matière de lutte contre les infections et de leur application,
  • des procédures médicales dangereuses,
  • une absence de directives et de politiques

Pour l’instant cependant, il n’y a pas de système en place dans les pays à revenu faible ou intermédiaire pour déterminer la probabilité et l’ampleur du risque infectieux associé à chacun de ces facteurs.

«Il devrait y avoir beaucoup moins d’infections liées aux soins dans les pays à revenu élevé, parce que nous savons ce qui marche et nous avons les moyens d’agir. Les pays à revenu faible ou intermédiaire sont confrontés à beaucoup plus de difficultés, mais cela ne veut pas dire que le problème est insurmontable. Plusieurs interventions sont simples et ont un faible coût», explique le professeur Didier Pittet, Chef du Centre collaborateur pour la Sécurité des patients aux Hôpitaux universitaires de Genève et auteur de l’étude dans The Lancet.

Certaines des solutions devant être adaptées à la réalité de ces milieux sont la mise en place, à l’échelle des systèmes, de la surveillance, de la formation, de l’éducation et d’une bonne communication, l’utilisation convenable des dispositifs et le respect des procédures à suivre, ainsi que des pratiques optimales pour l’hygiène des mains. Pour réussir, toutes ces solutions nécessitent un changement de comportement de la part des agents de santé, quel que soit le milieu dans lequel ils travaillent.

La surveillance est indispensable pour faire baisser le nombre des infections liées aux soins. En plus d’indiquer certains aspects à prendre immédiatement en considération, elle permet aux établissements et aux autorités de la santé publique de saisir l’ampleur du problème, de comprendre les interventions nécessaires et d’évaluer leur impact.

Pour plus d'informations, veuillez prendre contact avec:

Dr Benedetta Allegranzi
Chef technique
Un soin propre est un soin plus sûr
Département OMS Sécurité des patients
Portable: +41 79 728 771
Courriel: allegranzib@who.int

Caroline-Anne Coulombe
Administrateur technique
Communication
Département OMS Sécurité des patients
Portable: +41 79 477 0430
Courriel: coulombec@who.int

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