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Première feuille de route pour en finir avec les décès d'enfants dus à la tuberculose

L’enveloppe nécessaire pour mettre fin aux décès dus à la tuberculose chez les enfants est estimée à 120 millions de dollars (US $) par an au moins.

Note d'information aux médias

Plus de 74 000 enfants pourraient être sauvés chaque année grâce aux mesures présentées dans le premier plan d’action mis au point spécifiquement pour éviter les décès par tuberculose chez les enfants.

Selon la feuille de route intitulée Roadmap for Childhood TB: Toward Zero Deaths qui a été présentée aujourd’hui à Washington par les leaders mondiaux de la lutte contre la tuberculose1 pour mettre fin aux décès chez les enfants, un montant estimé à 120 millions de dollars (US $) par an permettrait d’avoir un impact majeur et de sauver les vies de dizaines de milliers d’enfants atteints de tuberculose, notamment des enfants infectés à la fois par la tuberculose et le VIH.

Chaque jour, plus de 200 enfants de moins de 15 ans meurent de la tuberculose – une maladie que l’on peut à la fois prévenir et guérir. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’à l’échelle mondiale jusqu’à un cas de tuberculose sur 10 (soit de 6 à 10% de tous les cas de tuberculose) se situe dans ce groupe d’âge, et que ce nombre pourrait être encore plus élevé du fait que de nombreux enfants sont simplement sous-diagnostiqués. La nouvelle feuille de route tire parti des dernières connaissances sur la maladie et définit des mesures claires visant à prévenir ces décès chez les enfants.

«Tout enfant qui meurt de la tuberculose est une victime de trop», déclare le Dr Mario Raviglione, Directeur du Programme mondial de lutte contre la tuberculose à l’OMS. «La tuberculose peut être évitée et guérie, et cette feuille de route est axée sur les mesures immédiates que les gouvernements et les partenaires peuvent prendre pour que les enfants cessent de mourir.»

Le lancement de la première feuille de route sur la tuberculose et les enfants fait suite à une meilleure prise de conscience de l’urgence qu’il y a à traiter ce problème. Dans le cadre du mouvement «S’engager pour la survie de l’enfant: une promesse renouvelée», plus de 175 pays ont signé un engagement en juin 2012, promettant de redoubler d’efforts pour que les enfants ne meurent plus de maladies évitables, notamment de la tuberculose.

120 millions de dollars pour mettre fin à une maladie mondiale

Sur cette somme de 120 millions de dollars (US $) par an de financements supplémentaires demandée aux gouvernements et aux donateurs pour lutter contre la tuberculose chez l’enfant, 40 millions seront destinés à la thérapie antirétrovirale contre le VIH et à la thérapie préventive (afin de prévenir la tuberculose active) pour les enfants souffrant d’une co-infection tuberculose-VIH.

Les fonds permettront aussi d’améliorer le dépistage, de mettre au point des médicaments mieux adaptés aux enfants et d’intégrer le traitement de la tuberculose dans les programmes existants relatifs à la santé de la mère et de l’enfant. Faire en sorte que davantage de professionnels de la santé de l’enfant puissent dépister activement la tuberculose et lutter contre celle-ci au moyen d’outils plus performants, tels que les médicaments, les produits de diagnostic et les vaccins, permettra de connaître pleinement l’ampleur de l’épidémie et de faire bénéficier plus tôt davantage d’enfants de traitements salvateurs.

«Beaucoup trop d’enfants atteints de tuberculose ne bénéficient pas du traitement dont ils ont besoin», déclare Nicholas Alipui, Directeur de programmes pour l’UNICEF. «La plupart de ces enfants vivent dans les foyers les plus pauvres et les plus vulnérables. Il est injuste que des enfants puissent mourir à défaut d’obtenir un traitement simple à un prix abordable, en particulier lorsqu’il existe des possibilités au sein des communautés d’assurer ces interventions salvatrices.»

Dix mesures pour sauver les vies des plus jeunes

La feuille de route recommande 10 mesures aux niveaux national et mondial:

  • Intégrer les besoins des enfants et des adolescents dans les travaux de recherche et d’élaboration des politiques, et dans les pratiques cliniques.
  • Recueillir et notifier des données de meilleure qualité, y compris concernant les mesures préventives.
  • Élaborer du matériel pédagogique et des outils de référence sur la tuberculose chez l’enfant à l’intention des agents de santé.
  • Favoriser les compétences et la prise en main au niveau local parmi les agents chargés de la santé de l’enfant à tous les niveaux des systèmes de santé.
  • Utiliser des stratégies d’intervention essentielles, telles que la recherche intensive des cas, la recherche des contacts et la thérapie préventive; mettre en œuvre des politiques permettant un diagnostic précoce; et veiller à un approvisionnement ininterrompu en médicaments antituberculeux de grande qualité pour les enfants.
  • Mobiliser les principales parties prenantes et établir une communication et une collaboration efficaces entre le secteur de la santé et d’autres secteurs qui traitent des déterminants sociaux de la santé et de l’accès aux soins.
  • Mettre au point des stratégies intégrées axées sur la famille et la communauté afin de fournir des services complets et efficaces au niveau communautaire.
  • Remédier aux lacunes dans la recherche dans les domaines suivants: épidémiologie, recherche fondamentale, conception de nouveaux outils (tels que les produits de diagnostic, les médicaments et les vaccins) et combler les lacunes dans la recherche opérationnelle et la recherche portant sur les systèmes et services de santé.
  • Éliminer tous les déficits de financement dans le domaine de la tuberculose de l’enfant.
  • Former des coalitions et des partenariats pour étudier et évaluer les meilleures stratégies visant à prévenir et à prendre en charge la tuberculose de l’enfant, et à améliorer les outils utilisés pour le diagnostic et le traitement.

«Si un petit enfant peut rassembler son courage pour aller jusqu’au bout d’un traitement antituberculeux de six mois, la communauté mondiale peut bien elle aussi se montrer suffisamment courageuse dans ses ambitions pour mettre fin à l’épidémie», déclare le Dr Lucica Ditiu, Secrétaire exécutif du Partenariat Halte à la tuberculose. «Pour parvenir à zéro décès dû à la tuberculose, nous devons axer nos efforts sur les groupes les plus vulnérables, et les enfants sont les plus vulnérables de tous. Les mesures décrites dans cette feuille de route sont simples et leur coût est faible. Nous avons, envers les enfants du monde, l’obligation de mettre ce plan à exécution.»

Intégrer la lutte contre la tuberculose de l’enfant dans les services existants

Au fur et à mesure que la nécessité de lutter contre la tuberculose de l’enfant recueillait davantage d’attention, les experts ont cherché à élargir le champ des acteurs et à faire participer des organisations et des organismes qui sont en contact avec les enfants, au-delà des programmes nationaux de lutte contre la maladie. La feuille de route recommande que, dans la mesure du possible, les services de lutte contre la tuberculose destinés aux enfants soient intégrés aux services de santé de l’enfant existants, et que davantage de responsabilités soient accordées aux prestataires de soins primaires.

«En élargissant la portée des outils existants et en investissant dans des approches améliorées pour l’avenir, nous pouvons inverser la tendance de cette épidémie cachée. Mais nous devons mettre ces outils entre les mains des agents de santé de première ligne et saisir chaque occasion de recenser les enfants qui courent le risque de contracter la tuberculose», déclare le Dr Tom Kenyon, Directeur du Center for Global Health au sein des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique. «Nous devons nous assurer que, dans le cadre des services sanitaires, communautaires et des services axés sur l’enfant existants, des systèmes au service des enfants sont bien en place.»

Pour adopter ce type d’approche centrée sur la famille ou sur la communauté, il faudra toutefois une collaboration et une planification conjointe efficaces au sein des programmes de lutte contre la tuberculose, des services de santé de la mère et de l’enfant, et des services de lutte contre le VIH.

«Si nous pouvons faire en sorte que le diagnostic et le traitement de la tuberculose ne soient plus confinés aux programmes spécialisés mais intégrés aux activités existantes pour la santé de la mère et de l’enfant, automatiquement, nous gagnerons en portée et en envergure», déclare José Luis Castro, Directeur exécutif par intérim de l’Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies respiratoires. «Si, parallèlement, nous investissons dans les outils et les médicaments, nous pourrons sauver des dizaines de milliers de vies.»

«En intégrant les interventions essentielles de lutte contre la tuberculose chez l’enfant aux services de santé communautaires, nous contribuerons à l’objectif mondial de mettre fin aux décès d’enfants qui sont évitables », précise Katie Taylor, Administrateur assistant adjoint au Bureau for Global Healh de l’USAID. «La prochaine étape nécessitera un investissement et un engagement à tous les niveaux, y compris de la part des familles, des agents de santé de première ligne et des leaders communautaires. La feuille de route permet à toutes les parties concernées d’être dotées des outils nécessaires pour lutter contre la tuberculose chez l’enfant. En conséquence, les enfants recevront l’ensemble des soins de qualité qu’ils méritent près de chez eux.»

«Actuellement, les produits de diagnostic sont insuffisants, les médicaments parfois toxiques ou les formulations pharmaceutiques inadaptées pour les enfants atteints de tuberculose», précise Colleen Daniels, Directeur tuberculose/VIH au sein du Treatment Action Group. «L’innovation sera essentielle pour lutter contre la tuberculose chez l’enfant et les investissements actuels sont dans le meilleur des cas des investissements minimums. Il faut de toute urgence beaucoup plus d’investissements et une plus forte mobilisation pour lutter contre la tuberculose chez l’enfant.»


1 L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Partenariat Halte à la tuberculose, l’Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies Respiratoires (l’Union), l’UNICEF, les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique (CDC), l’Agence des États-Unis d’Amérique pour le développement international (USAID) et le Treatment Action Group (TAG).

À propos du Programme mondial de lutte contre la tuberculose

Le Programme mondial de lutte contre la tuberculose de l’Organisation mondiale de la Santé oriente l’action mondiale pour libérer le monde de la tuberculose en promouvant l’accès universel à la prévention de la tuberculose, aux soins et à la lutte contre cette maladie; en encadrant l’action face à la menace au moyen de normes, de critères et de stratégies; en apportant un soutien technique aux États Membres; en assurant le suivi de la charge de morbidité et des actions entreprises; et en promouvant l’innovation. L’OMS est l’autorité directrice et coordonnatrice des travaux menés dans le domaine de la santé au sein du système des Nations Unies.

À propos du Partenariat Halte à la tuberculose

Le Partenariat Halte à la tuberculose ouvre la voie vers un monde libéré de la tuberculose, maladie qui peut être soignée mais qui tue encore trois personnes toutes les minutes. Nos partenaires représentent une force collective qui transforme la lutte contre la tuberculose dans plus de 100 pays. Parmi ceux-ci figurent des organisations internationales et techniques, des programmes gouvernementaux, des organismes de recherche et de financement, des fondations, des ONG, la société civile, des groupes communautaires, ainsi que le secteur privé.

À propos du l’Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies respiratoires

La mission de l’Union internationale contre la Tuberculose et les Maladies respiratoires (l’Union) est d’apporter innovations, compétences, solutions et soutien aux populations à revenu faible ou intermédiaire pour faire face aux problèmes de santé. Forte de près de 15 000 membres dans 150 pays, l’Union a son siège à Paris et des bureaux dans les régions de l’Afrique, de l’Asie-Pacifique, de l’Europe, de l’Amérique latine, de l’Amérique du Nord et de l’Asie du Sud-Est. Ses départements scientifiques axent leurs travaux sur la tuberculose et le VIH, la santé respiratoire et les maladies non transmissibles, la lutte contre le tabagisme et la recherche.

À propos de l’UNICEF et du mouvement «Une promesse renouvelée»

L’UNICEF est à pied d’œuvre dans plus de 190 pays et territoires du monde pour aider les enfants à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l’UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l’accès à l’eau potable et à des moyens d’assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le sida. L’UNICEF abrite le Secrétariat du mouvement mondial «Une promesse renouvelée», qui cherche par l’action et la sensibilisation à accélérer la réduction de la mortalité évitable chez les mères, les nouveau-nés et les enfants.

Ce mouvement a vu le jour dans le cadre de l’Appel à l’action pour la survie de l’enfant, un forum de haut niveau organisé en juin 2012 par les gouvernements de l’Éthiopie, de l’Inde et des États-Unis, en collaboration avec l’UNICEF, afin d’examiner les moyens d’accélérer les progrès dans le domaine de la survie de l’enfant et de faire progresser les objectifs de la Stratégie Chaque femme, chaque enfant lancée par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, pour mobiliser et intensifier l’action mondiale en vue d’améliorer la santé des femmes et des enfants partout dans le monde. Plus de 175 gouvernements ont signé un engagement dans lequel ils promettent de redoubler d’efforts pour que les femmes et les enfants ne meurent plus de causes évitables. Des centaines d’organisations de la société civile, telles que Save the Children, ont signé leurs propres engagements de soutien à cet effort mondial.

À propos des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) protègent la santé et la sécurité des populations en luttant contre les maladies et les traumatismes; ils contribuent à l’amélioration des décisions en matière de santé en fournissant des informations crédibles sur les principales questions de santé; et favorisent des conditions de vie saines par l’intermédiaire de partenariats forts avec les organisations locales, nationales et internationales.

À propos de l’United States Agency for International Development

Le peuple américain, par l’intermédiaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), contribue au développement économique et social et fournit une assistance humanitaire dans le monde entier depuis plus de 50 ans. Les programmes d’USAID dans le domaine de la santé mondiale témoignent de l’engagement et de la détermination du gouvernement des États-Unis à établir des partenariats avec les pays afin de prévenir les souffrances, de sauver des vies et d’offrir un avenir moins sombre à des familles du monde entier. Le Bureau for Global Health d’USAID contribue à l’objectif du Président Obama qui est d’éliminer l’extrême pauvreté en s’efforçant de mettre fin aux décès évitables chez les enfants et de parvenir à une génération sans sida.

À propos du Treatment Action Group

Le Treatment Action Group est un groupe indépendant de recherche et de réflexion sur le sida luttant pour parvenir à de meilleurs traitements, à un vaccin, et permettre aux malades de guérir du sida. Les travaux du TAG visent à ce que toutes les personnes infectées par le VIH reçoivent des informations, un traitement et des soins salvateurs. Nous militons pour des traitements basés sur des données scientifiques et travaillons pour élargir et accélérer les travaux de recherche indispensables et renforcer de manière efficace la mobilisation des communautés auprès des institutions chargées des travaux de recherche et des stratégies. Le TAG joue un rôle catalyseur dans l’action collective menée par l’ensemble des communautés touchées, des scientifiques et des responsables politiques, afin d’éliminer le sida.

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

Glenn Thomas
Chargé de communication
OMS
Téléphone: +41 22 791 3983
Portable: +41 79 509 0677
Courriel: thomasg@who.int

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