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L’OMS lance un plan d’action pour protéger la santé dans l'Afrique de l'Ouest ravagée par la guerre

Appel à une aide immédiate pour faire face à une situation catastrophique

L’Organisation mondiale de la Santé a lancé aujourd’hui un plan d’action commun visant à atténuer les souffrances provoquées par la crise qui secoue l’Afrique de l’Ouest. Au cours d’une réunion de trois jours avec les représentants des ministères de la santé de la région qui a eu lieu à Accra, des responsables de l’OMS ont examiné les problèmes qui se posent pour le secteur de la santé et mis au point une stratégie d’action coordonnée.

La réunion a été organisée dans le cadre d’une mission de l’ONU chargée d’analyser la situation et dirigée par Carolyn McAskie, envoyé humanitaire du Secrétaire général pour la crise en Côte d’Ivoire.

Comme l’a souligné le représentant de l’OMS au Ghana, le Dr Melville George, « l’OMS invite instamment les donateurs à réagir face à la catastrophe humanitaire en Afrique de l’Ouest pour éviter un effondrement total des systèmes de santé de la région. Nous devons prendre des mesures immédiates pour aider les pays à faire face à la crise. Il faut renforcer les installations de santé, améliorer la surveillance des maladies et garantir l’accès des plus vulnérables aux soins de santé. »

Le plan d’action régional de l’OMS est fondé sur trois principes fondamentaux : renforcement de la coordination ; évaluations de la situation sanitaire avec surveillance des maladies ; et mesures de santé publique à prendre d’urgence. Actuellement, les mécanismes de coordination des interventions sanitaires sont très faibles. Le nombre des organismes et des ONG partenaires ainsi que des ministères concernés par les problèmes sanitaires rend la coordination de l’ensemble des activités liées à la santé dans la région particulièrement difficile.

Comme l’a relevé le Vice-Ministre ghanéen de la Santé, M. Moses Dani Baah, dans son allocution liminaire, « la surveillance des maladies et les stratégies de lutte définies d’un commun accord constituent des éléments essentiels de la riposte aux épidémies. Aujourd’hui en effet, les flambées de maladies transmissibles sont détectées tardivement, ce qui a des conséquences catastrophiques. »

Le plan d’action insiste également sur une action d’urgence prévoyant notamment la formation d’agents de santé, la surveillance de l’état nutritionnel de la population et la fourniture de médicaments et de vaccins essentiels. Pour que ces activités puissent être menées à bien, l’OMS a besoin d’un montant total de US $3,5 millions pour une période de neuf mois. Cela signifie que tous ceux qui disposent d’informations fiables doivent les faire connaître rapidement.

Ce sont des années de conflits et de troubles qui ont gravement affaibli le secteur de la santé dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest. L’instabilité politique et des résultats économiques médiocres ont conduit la majorité des services de santé à un point de rupture. La situation sanitaire de la population reste ainsi bien inférieure aux normes minimales ; par ailleurs des épidémies – de choléra, de diarrhée, de fièvre jaune et de méningite par exemple – ont dévasté la région. Le paludisme entraîne chaque année des milliers de décès d’enfants et le VIH/SIDA se propage rapidement dans la population civile et parmi les réfugiés.

En outre, les troubles qui secouent la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002 ont désorganisé le système de santé dans le nord du pays. Aujourd’hui, 80 % de l’infrastructure sanitaire dans le nord n’est plus opérationnelle et plus de 85 % des agents de santé ont abandonné leur foyer et leur poste de travail. A la suite de cet exode, les installations du secteur public sont incapables d’offrir même des services de base et l’on ne compte plus guère que quelques dispensateurs de soins privés mal équipés.

Les pays voisins doivent également faire face aux effets de cette crise. On constate d’importants mouvements de population de la Côte d’Ivoire vers le Liberia, le Ghana, le Burkina Faso, le Mali et la Guinée. Des réfugiés libériens établis dans l’ouest de la Côte d’Ivoire ainsi que des Ivoiriens de la même région cherchent par exemple refuge au Liberia et en Guinée. On assiste aussi à des déplacements du même type vers les autres pays voisins. Les services de santé n’ont pas eu le temps de se préparer à faire face à cet afflux.

Ainsi que l’a fait observer le Dr Brou Aka Noel, Directeur de la Santé communautaire au Ministère ivoirien de la Santé, « Répondre aux besoins sanitaires de milliers de personnes déplacées et en détresse à l’intérieur des pays est une tâche particulièrement difficile compte tenu de l’état de délabrement de nos infrastructures de santé. Nous ne pourrons sauver des vies qu’au prix d’une action coordonnée qui tienne également compte des besoins des différents pays.

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