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La fréquence des cancers pourrait augmenter de 50 % dans le monde, avec 15 millions de nouveaux cas par an en 2020

Le rapport sur le cancer dans le monde montre clairement que les mesures prises contre le tabagisme, les infections et pour une alimentation plus saine peuvent éviter un tiers des cas et permettre de guérir un autre tiers

La fréquence des cancers pourrait encore augmenter de 50 % et il y aurait alors 15 millions de nouveaux cas par an en 2020, selon le World Cancer Report, l’examen le plus complet à ce jour de la situation. Ce document montre aussi clairement que l’adoption de modes de vie sains et les mesures de santé publiques prises par les gouvernements et les professions de santé pourraient retourner cette tendance et éviter jusqu’à un tiers des cas.

En 2000, les tumeurs malignes ont été à l’origine de 12 % des quelque 56 millions de décès dans le monde, toutes causes confondues. Dans de nombreux pays, plus d’un quart des morts sont imputables au cancer. En 2000, 5,3 millions d’hommes et 4,7 millions de femmes ont développé une tumeur maligne et 6,2 millions d’êtres humains en sont morts.

Le rapport révèle également que le cancer est aussi devenu un grand problème de santé publique dans les pays en développement, avec des répercussions comparables à celles dans les pays industrialisés.

« Le World Cancer Report nous indique que la fréquence des cancers va augmenter à un rythme alarmant dans le monde, mais que nous pouvons agir en prenant immédiatement des mesures. Nous avons la possibilité d’endiguer cette augmentation. Le rapport demande aux gouvernements, aux professions de santé et au grand public de prendre d’urgence des mesures. On pourra ainsi éviter un tiers des cancers, guérir un deuxième tiers et assurer des soins palliatifs de qualité pour le dernier tiers », a déclaré le Dr Paul Kleihues, Directeur du CIRC et co-rédacteur du rapport.

Le World Cancer Report est un document concis de 351 pages décrivant la charge mondiale de morbidité, les causes du cancer, les principaux types de tumeurs malignes, le dépistage précoce et le traitement. Il est publié par le Centre international de Recherche sur le cancer (CIRC), qui fait partie de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS, déclare : « Ce rapport nous donne une base pour prendre des mesures de santé publique et nous aide à atteindre nos objectifs : diminuer la morbidité et la mortalité du cancer, améliorer la qualité de vie des sujets atteints et de leur famille partout dans le monde ».

On peut donner quelques exemples de mesures qui auront un effet certain sur l’augmentation de la fréquence des cancers et permettront la prévention d’un tiers des cas :

  • Diminution de la consommation de tabac. La consommation de tabac reste le plus grand risque évitable de cancer. Au vingtième siècle, environ 100 millions de personnes sont mortes dans le monde de maladies liées au tabagisme.
  • La qualité des modes de vie et de l’alimentation joue un grand rôle. La consommation fréquente de fruits et légumes et l’exercice physique ont de réels effets.
  • Le dépistage précoce, notamment des cancers du col de l’utérus et du sein, est une mesure de prévention qui permet également de traiter les tumeurs avec succès.

La forte augmentation que l’on prévoit pour le nombre des cas, de 10 millions en 2000 à 15 millions en 2020, sera principalement due au vieillissement de la population dans les pays développés comme dans ceux en développement, ainsi qu’aux tendances actuelles au niveau du tabagisme et de l’adoption de modes de vie préjudiciables pour la santé.

« Les autorités, les médecins, les éducateurs sanitaires à tous les niveaux doivent s’efforcer beaucoup plus d’aider les gens à modifier leurs comportements de façon à éviter les cancers, affirme Bernard W. Stewart, co-rédacteur du rapport, Directeur des services de cancérologie et professeur à la faculté de médecine de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie. « Si nous appliquions dans le monde entier les connaissances, les technologies et les stratégies décrites dans ce rapport, nous ferions d’énormes progrès dans la prévention et le traitement des cancers au cours des vingt prochaines années au moins. » « Dans une perspective globale, l’orientation des actions de prévention sur les deux principaux facteurs de risque, le tabac et l’alimentation, se justifie pleinement. Nous devons également poursuivre nos efforts pour endiguer les infections à l’origine de cancers, ajoute le Dr Rafael Bengoa, Directeur à l’OMS du département Prise en charge des maladies non transmissibles. «Ces facteurs sont à l’origine de 43 % de tous les décès imputables au cancer en 2000, soit 2,7 millions de morts, et de 40 % des nouveaux cas, soit 4 millions. »

Dans le cadre des efforts pour retourner cette tendance, l’OMS s’est engagée à lutter contre le tabagisme et à améliorer l’alimentation, la nutrition et l’exercice physique. La consommation de tabac reste le plus grand risque évitable de cancer. Le rapport passe en revue et recommande un certain nombre de stratégies pour la réduire dans le monde, ce qui demandera l’engagement coordonné des organismes de santé des gouvernements et des collectivités, des professions de santé et des individus. La convention-cadre pour la lutte antitabac, traité novateur de santé publique, que les Etats Membre de l'Organisation mondiale de la Santé ont accepté de présenter à l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2003, est un outil puissant pour veiller à la mise en œuvre de ces stratégies.

L’OMS s’est également engagée dans la préparation d’une stratégie mondiale sur l’alimentation, l’exercice physique et la santé, après avoir été chargée par les Etats Membres, en mai 2002 de s’occuper du fardeau croissant des maladies chroniques, dont les cancers, les maladies cardio-vasculaires, le diabète et l’obésité. L’OMS a entrepris de nombreuses consultations avec les Etats Membres, les institutions des Nations Unies, le secteur privé et la société civile à propos de cette stratégie, qui sera présentée à l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2004. Elle comprendra des recommandations faites aux gouvernements pour la nutrition et l’exercice physique et des interventions en population pour diminuer la prévalence des maladies chroniques, dont le cancer.

Rapport sur le cancer dans le monde – Thèmes principaux

Le tabac, preuve du bien-fondé de la prévention primaire
La consommation de tabac reste le plus grand risque évitable de cancer. Dans le monde au cours du vingtième siècle, environ 100 millions de personnes sont mortes de maladies liées au tabagisme (cancer, pneumopathies chroniques, maladies cardio-vasculaires, accident cérébro-vasculaire). La moitié des fumeurs réguliers meurt de cette habitude. Un quart des fumeurs mourront prématurément (entre 35 et 69 ans).

Le risque de cancer pulmonaire pour les fumeurs réguliers par rapport aux non-fumeurs (risque relatif) est multiplié par un facteur allant de 20 à 30. Dans les pays à forte prévalence du tabagisme et où de nombreuses femmes fument des cigarettes tout au long de leur vie adulte, on attribue à cette consommation environ 90 % des cancers pulmonaires dans les deux sexes. Pour la vessie et le bassinet (du rein), le risque relatif est de 5 à 6, ce qui signifie toutefois que plus de 50 % des cas sont dus au tabac.

Le risque relatif pour les cancers de la cavité buccale, du pharynx, du larynx et de l’œsophage (cancer spinocellulaire) dépasse 6 et il est de 3 à 4 pour les carcinomes pancréatiques. Ces estimations dépassent celles qui avaient été faites antérieurement et, malheureusement, on a découvert des risques relatifs de 2-3 pour de nouvelles formes de cancer en association avec le tabagisme : estomac, foie, col de l’utérus, rein (hypernéphrome), cavité nasale et sinus, œsophage (adénocarcinome) et leucémie myéloïde.

La fumée inhalée par tabagisme passif est également cancérigène et pourrait augmenter de 20 % le risque de cancer pulmonaire. On n’a pour l’instant aucune preuve que le tabac provoque des cancers du sein, de la prostate ou de l’endomètre.

La situation du tabagisme est particulièrement inquiétante dans les pays d’Europe centrale et orientale et dans de nombreux pays en développement ou récemment industrialisés. Dans le monde entier, les jeunes ont tendance à fumer de plus en plus tôt, ce qui les prédispose à des risques importants à un stade ultérieur de leur vie.

S’il est mieux de ne jamais commencer à fumer, les données épidémiologiques montrent aussi les énormes avantages qu’il y a à arrêter. On observera la plus grande diminution du nombre des décès dus au cancer dans les prochaines décennies chez ceux qui mettront fin à cette habitude. L’arrêt a les meilleurs effets lorsqu’il est décidé au début de la trentaine, mais l’on obtient des diminutions du risque très impressionnantes, de plus de 60 %, même chez les fumeurs qui décident d’arrêter après 50 ans.

Le rapport passe en revue et recommande un certain nombre de stratégies pour faire diminuer la consommation de tabac dans le monde, ce qui suppose une action coordonnée de la part des autorités, des organisations de santé locales, des professionnels de la santé et de la population en général. Le nouveau traité de santé publique, la convention-cadre pour la lutte antitabac, que les Etats Membres de l'Organisation mondiale de la Santé ont décidé de soumettre à l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2003, constitue un outil puissant pour la mise en œuvre de ce type de stratégies.

Infections et cancer : il est indispensable d’intervenir
Dans les pays en développement, jusqu’à 23 % des affections malignes sont provoquées par des agents infectieux, dont les virus des hépatites B et C (cancer hépatique), les papillomavirus humains (cancers du col, de la région anale et de l’appareil génital) et Helicobacter pylori (cancer de l’estomac). Dans les pays développés, les cancers provoqués par les infections chroniques ne représentent qu’environ 8 % des affections malignes. Cette disparité est particulièrement flagrante pour le cancer du col. Dans les pays développés, où la santé publique s’appuie sur d’excellentes infrastructures et où l’observance des femmes est bonne, le dépistage cytologique de cette tumeur (frottis) a permis une diminution impressionnante de la mortalité alors que, dans d’autres régions du monde, Amérique centrale, Afrique du Sud-Est ou Inde, l’incidence et le taux de mortalité restent très élevés. Aujourd’hui, plus de 80 % des décès dus au cancer du col surviennent dans les pays en développement.

La vaccination pourrait jouer un rôle essentiel dans la prévention de ces cancers. On a montré que le vaccin contre l’hépatite B évitait les cancers du foie dans les pays de forte incidence et il est probable qu’un vaccin contre les papillomavirus humains verra le jour dans les 3 à 5 ans.

Dans l’appareil digestif, toute lésion chronique des tissus avec nécrose et régénération tissulaire comporte un risque de cancérisation. La consommation de boissons très chaudes par exemple peut donner lieu à un cancer spinocellulaire de l’œsophage, les reflux gastro-œsophagiens peuvent entraîner des adénocarcinomes de l’œsophage, la gastrite chronique, provoquée par H. pylori, des cancers de l’estomac, la maladie de Crohn des cancers de l’intestin grêle et les rectocolites hémorragiques des cancers du colon.

Pauvreté, richesse et charge mondiale du cancer
Dans les pays développés, la probabilité du diagnostic pour les cancers est plus de deux fois plus grande que dans les pays en développement. Pourtant, près de la moitié des patients continuent d’en mourir. Dans les pays en développement, le diagnostic n’est posé, dans 80 % des cas, qu’à un stade tardif où la tumeur est devenue incurable, ce qui souligne la nécessité de mettre en place de bien meilleurs programmes de dépistage.

La charge plus élevée du cancer dans les sociétés riches s’explique principalement par le fait que l’épidémie de tabagisme a commencé plus tôt, de même que l’exposition professionnelle à des agents cancérigènes, et aussi par l’alimentation et le mode de vie de type occidental. Toutefois, avec l’augmentation de la richesse et l’industrialisation, de nombreux pays connaissent des modifications rapides du style de vie qui aboutiront à une forte augmentation de la charge de morbidité dans le futur.

Alors que le cancer était autrefois considéré comme une maladie des sociétés occidentales, le Rapport souligne que les pays en développement supportent déjà 50 % de la charge, à la fois en nombre de cas et de décès. « Pour la première fois, le cancer est devenu un problème majeur de santé publique dans les pays en développement, avec des effets comparables à ceux dans les pays industrialisés. C’est un problème mondial qui s’accroît. Mais nous pouvons prendre des mesures pour ralentir cette augmentation », déclare Paul Kleihues, Directeur du CIRC et co-rédacteur du rapport.

Le mode de vie occidental et ses conséquences pour la santé
Le mode de vie occidental se caractérise par une alimentation riche en calories, en graisses, en glucides raffinés, le tout s’associant à une faible activité physique avec pour conséquence un déséquilibre des apports énergétiques. De nombreuses pathologies en découlent : obésité, diabète, hypertension artérielle, cancer.

Dans les sociétés riches, les principales affections malignes sont les suivantes : cancer du sein, du colon/rectum, de l’utérus (endomètre), de la vésicule biliaire, du rein et de l’œsophage (adénocarcinome). Le cancer de la prostate est aussi fortement lié à ce mode de vie, mais il s’y ajoute une composante ethnique : il semblerait que le risque soit plus élevé dans les populations noires que chez les blancs et que les populations asiatiques soient les moins exposées de toutes. On associe à des modes de vie similaires des charges de cancer comparables. Avec une cause identique, on retrouve les mêmes associations de cancers. Aucune région du monde ne connaît une forte incidence du cancer du sein sans la charge correspondante des cancers du colon.

L’obésité se répand dans le monde comme une épidémie. Elle matérialise un déséquilibre énergétique chronique et c’est un facteur prédictif indépendant pour le risque de cancer, notamment pour les carcinomes de l’endomètre, du rein et de la vésicule biliaire.

Avec le rapport indépendant publié en mars 2003 par l’OMS et la FAO sur l’alimentation et les maladies chroniques, le rapport sur le cancer donne aux responsables politiques les informations les plus récentes à partir desquelles formuler des avis.

Nutrition et cancer : les bonnes nouvelles
Le cancer de l’estomac fait partie des affections malignes les plus courantes dans le monde, avec quelque 870 000 cas par an et 650 000 décès. Les pays en développement enregistrent 60 % des cas et l’on retrouve les incidences les plus élevées en Asie orientale, dans les régions andines de l’Amérique du Sud et en Europe orientale. On se réjouira de constater que ce cancer est en régression dans le monde entier, d’une manière assez spectaculaire dans certaines régions. En Suisse et dans les pays européens voisins, la mortalité a chuté de 60 % en une génération. Si cette tendance se poursuit, le cancer de l’estomac pourrait devenir une maladie rare dans certaines régions du monde dans les trente prochaines années. L’invention du réfrigérateur est principalement à l’origine de cette évolution favorable en permettant de conserver le poisson et la viande sans les saler. La baisse de l’incidence et des taux de mortalité est par conséquent particulièrement impressionnante dans les pays nordiques comme l’Islande, où l’on consomme traditionnellement beaucoup de poisson. Dans les populations qui préfèrent encore les aliments salés, comme le Portugal et le Brésil (morue séchée, bacalao), le Japon et la Corée (marinades et salades), les taux sont encore élevés mais ont également commencé à baisser de manière importante. La disponibilité de fruits frais et de légumes tout au long de l’année dans de nombreux pays constitue un facteur supplémentaire qui contribue à cette tendance.

Prévention du cancer :
l’importance d’une alimentation saine ! Les études épidémiologiques révèlent que la consommation fréquente de fruits et légumes pourrait réduire le risque de cancers épithéliaux, dont les carcinomes du pharynx, du larynx, du poumon, de l’œsophage, de l’estomac, du colon et du col. Les données livrées récemment par l’Etude prospective européenne sur la nutrition et le cancer (EPIC : European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) permettent de penser que la consommation quotidienne de 500 grammes de fruits et légumes peut diminuer l’incidence des cancers de l’appareil digestif d’une proportion qui pourrait atteindre 25 %.

Le rapport indique également que, compte tenu des multiples répercussions de l’alimentation sur le cancer, de nombreux pays devraient encourager la consommations des légumes, des fruits et des produits agricoles locaux et dissuader l’adoption des habitudes alimentaires occidentales. Le CIRC affirme que ces mesures auraient des effets bénéfiques au-delà du cancer, dans la mesure où l’on associe à d’autres affections non transmissibles, comme les maladies cardio-vasculaires ou le diabète, les mêmes facteurs de risque liés au mode de vie.

Le dépistage précoce : la meilleure stratégie après la prévention primaire La meilleure prévention possible contre le cancer reste d’éviter l’exposition aux agents cancérigènes : c’est ce qu’on appelle la prévention primaire (tabac, agent cancérigènes industriels, etc.).

On a de bonnes raisons de penser que la baisse récente de la mortalité due au cancer dans certains pays est en grande partie imputable au dépistage précoce. L’évolution des techniques d’imagerie médicale (mammographie, IRM, scanners) n’explique pas à elle seule cette réussite : il y a également une sensibilisation à la maladie et l’action des programmes éducatifs pour les premiers symptômes typiques.

Les dépistages des cancers du col par la cytologie et des cancers du sein par la mammographie ont eu, jusqu’à présent le plus de succès. Une analyse récente a permis à un groupe de travail du CIRC de conclure que, dans les conditions de l’essai, la mammographie peut diminuer la mortalité du cancer du sein de 25 à 30 % et il semblerait que, dans le cadre de programmes nationaux de dépistage, une diminution de 20 % soit faisable. Selon de nouvelles données, le dépistage du cancer de la prostate par titrage des antigènes prostatiques spécifiques dans le sérum pourrait abaisser le taux de mortalité, mais les méthodes de prise en charge des lésions précoces restent très invasives. Pour le cancer du colon, la coloscopie est considérée comme la méthode de référence bien que sa généralisation pour des programmes de dépistage appliqués à des populations entières demande des ressources médicales considérables.

Stratégies de lutte contre le cancer
La lutte anticancéreuse a pour but de diminuer à la fois l’incidence de la maladie, la morbidité et la mortalité qui s’y associent, ainsi que d’améliorer la qualité de vie des patients et de leur famille. En dehors des possibilités importantes de prévention primaire, le rapport souligne également le potentiel du dépistage précoce, du traitement et des soins palliatifs. Il exhorte tous les pays à mettre en place des programmes globaux de lutte contre le cancer pour réduire l’incidence de la maladie et améliorer la qualité de vie des patients et de leur famille. Dans les pays en développement notamment, où l’on diagnostique une forte proportion des cas à un stade tardif de la maladie, il faudra faire d’urgence des efforts pour le diagnostic précoce et la délivrance des soins palliatifs et des traitements antalgiques.

Le cancer en chiffres
Le cancer pulmonaire est le plus fréquent dans le monde avec 1,2 million de nouveaux cas par an. On trouve en suite le cancer du sein, avec un peu plus d’un million de cas, le cancer du colon ou du rectum, 940 000 cas, de l’estomac, 870 000 cas, du foie, 560 000 cas ; du col de l’utérus, 470 000 cas, de l’œsophage, 410 000 cas, de la tête et du cou, 390 000 cas, de la vessie, 330 000 cas, les lymphomes non hodgkiniens, 290 000 cas, les leucémies, 250 000 cas, le cancer de la prostate ou du testicule, 250 000 cas, du pancréas, 216 000 cas, de l’ovaire, 190 000 cas, du rein, 190 000 cas, de l’endomètre, 188 000 cas, du système nerveux, 175 000 cas, les mélanomes, 133 000 cas, le cancer de la thyroïde, 123 000 cas, du pharynx, 65 000 cas et la maladie de Hodgkin, 62 000 cas.

Les trois formes de cancer les plus mortelles sont aussi les plus courantes : le cancer pulmonaire est responsable de 17,8 % des décès par cancer, le cancer de l’estomac de 10,4 % et le cancer du foie de 8,8 %.

Les pays industrialisés connaissant les taux les plus élevés de cancer sont les suivants : Etats-Unis d'Amérique, Italie, Australie, Allemagne, Pays-Bas, Canada et France. Les pays en développement enregistrant les taux les plus faibles se trouvent en Afrique du Nord, en Asie du Sud et en Asie orientale. (Voir la liste complète par pays sur http://www-dep.iarc.fr/.

Le cancer pulmonaire chez la femme
Le cancer pulmonaire frappe chaque année 900 000 hommes et 330 000 femmes. Chez l’homme, le tabagisme est à l’origine de plus de 80 % des cas. Chez la femme, il provoque 45 % des cas dans le monde, mais 70 % en Amérique du Nord et en Europe du Nord. Chez l’homme comme chez la femme, l’incidence est faible avant 40 ans, mais elle augmente jusqu’à l’âge de 70 à 75 ans.

L’augmentation de la prévalence du tabagisme chez la femme est une source majeure d’inquiétude en santé publique. Aux Etats-Unis, les femmes meurent en plus grand nombre des cancers pulmonaires induits par le tabagisme que des cancers du sein et, dans certains pays nordiques, dont l’Islande et le Danemark, le cancer pulmonaire commence à faire plus de victimes chez les femmes que chez les hommes. Si l’on considère que désormais, dans plusieurs pays européens, jusqu’à 50 % des femmes fument régulièrement, on observera dans les prochaines décennies une augmentation significative de la charge de morbidité chez la femme.

Cancer du colon Les cancers du colon et du rectum sont rares dans les pays en développement, mais ils se classent en deuxième par ordre de fréquence des affections malignes dans les sociétés riches. On recense plus de 940 000 cas par an dans le monde et près de 500 000 décès.

La principale cause en est l’alimentation riche en graisse, en sucres raffinés et en protéines animales, le tout s’associant à un manque d’exercice physique. La sensibilité génétique ne paraît être en cause que dans moins de 5 % des cas. Des études épidémiologiques donnent à penser que l’on peut diminuer le risque en réduisant la consommation de viande (notamment les viandes transformées) et en augmentant celle des fruits et légumes. Les immigrants atteignent rapidement le niveau de risque du pays d’adoption, ce qui est un autre signe du rôle fondamental des facteurs environnementaux.

La coloscopie est le moyen le plus fiable de dépistage précoce. L’amélioration progressive du diagnostic et du traitement a permis d’obtenir un taux de survie à 5 ans de 50 %.

Observations essentielles

  • La consommation du tabac est la première cause évitable de cancer dans le monde.
  • La recherche moléculaire sur le génome livrera de grandes quantités d’informations sur le cancer mais l’on ne sait pas encore clairement comment ces découvertes se traduiront en terme de vies sauvées. Leurs conséquences pourraient se limiter à certaines formes rares de cancer.
  • A mesure que les pays en développement adopteront des modes de vie comparables à ceux de l’Europe, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Japon, ils devront faire face à une incidence du cancer beaucoup plus élevée, notamment des cancers du sein, du colon, de la prostate et de l’utérus (carcinome de l’endomètre).
  • Les chercheurs apporteront la preuve que la modification des comportements – tabagisme, alcool et alimentation – permettra d’éviter un nombre bien plus grand de cancers que l’élimination des toxines dues à la pollution industrielle, aux gaz d’échappement des véhicules, ou des dioxines.
  • Le frottis cervical est la meilleure méthode de dépistage existant actuellement en cancérologie. La communauté médicale doit donc mettre au point une vaste gamme de tests pour dépister les autres cancers et elle évalue un grand nombre de méthodes pour savoir si elles sont efficaces et pratiques.
  • On constate les plus grandes différences d’incidence entre l’homme et la femme pour les cancers du poumon, du foie, de l’estomac, de l’œsophage et de la vessie, qui sont prédominants chez l’homme. Cette différence s’explique pour la plus grande part par les modalités d’exposition aux causes de ces cancers et, dans une certaine mesure, par des différences intrinsèques de sensibilité entre les deux sexes.
  • Plus d’un million de cas de cancer du sein surviennent chaque année, avec quelque 580 000 cas dans les pays développés (> 300/100 000 habitants par an) et le reste dans les pays en développement (en général < 1500/100 000 habitants par an), malgré des populations plus nombreuses et plus jeunes en moyenne.
  • En 2000, dernière année pour laquelle nous disposions de données mondiales, quelque 400 000 femmes sont mortes du cancer du sein, soit 1,6 % de tous les décès de femmes. Cette proportion est beaucoup plus élevée dans les pays riches (2 %) que dans les régions économiquement défavorisées (0,5 %).
  • Mais il y a des raisons d’espérer : les taux de mortalité ont commencé à diminuer pour le cancer du sein en Amérique du Nord, en Europe occidentale et en Australie, principalement en raison de l’amélioration du dépistage et des traitements avec la chimiothérapie et le tamoxifène, rappelle le Dr Stewart. Les taux de survie à cinq ans dépassent les 75 % dans la plupart des pays développés.
  • Le rapport affirme que de nombreux facteurs interviennent dans le développement de l’épidémie de cancers du sein dans le monde : maternité, génétique, rayonnements (notamment au moment du développement des seins) et mode de vie occidental avec un régime hypercalorique et un manque d’exercice physique.
  • Les recommandations alimentaires doivent être élaborées en étroite collaboration avec les programmes de prévention d’autres maladies non transmissibles, notamment les maladies cardio-vasculaires, les maladies respiratoires chroniques et le diabète, nous informe le Dr Kleihues.

Le CIRC préconise la mise en place de programmes d’éducation scolaire efficaces et soigneusement évalués pour empêcher le tabagisme et promouvoir de bonnes habitudes alimentaires. En effet, très peu de pays disposent actuellement de tels programmes. Le CIRC, établi à Lyon (France), demande aussi d’établir des programmes nationaux de lutte contre le cancer qui veillent à ce que les autorités des pays prennent les mesures nécessaires afin de garantir la motivation du public pour qu’il adopte de saines habitudes au niveau personnel.

Les nouveaux médicaments ne feront pas obligatoirement disparaître les tumeurs mais, utilisés en association avec d’autres agents thérapeutiques, ils pourront transformer des cancers mortels à brève échéance en maladies chroniques susceptibles d’être prises en charge, affirme le Dr Stewart.

Lutte – Selon le rapport du CIRC, pour avoir le maximum d’effet sur le cancer, les sociétés doivent changer leurs priorités en faisant passer la prévention avant le dépistage et le traitement.

Un train de mesures peu coûteuses et efficaces constitue la pierre angulaire de cette stratégie : lutte antitabac, lutte contre les infections, alimentation saine, programme de soin des cancers qui peuvent être traités, soins palliatifs.

En agissant dès maintenant, les pays peuvent obtenir d’ici 2020 une diminution importante de l’incidence des cancers et du taux de mortalité, déclare le Dr Stewart. Les possibilités existent et la seule question est de savoir si nous voulons que l’humanité puisse en bénéficier.

Ce document inédit sera distribué aux ministères de la santé, aux écoles de médecine et dans les librairies, annonce le Dr Kleihues. Il n’a aucun équivalent dans le monde entier. Personne n’a essayé de faire ce qui a été tenté avec ce livre. Nous nous sommes efforcés de produire un ouvrage qui renferme un grand nombre de détails techniques tout en restant compréhensible et présentant un intérêt à la fois pour l’homme de la rue et le spécialiste. »

Pour de plus amples informations :

Aux Etats-Unis, les médias peuvent s’adresser à : Ian Larsen, Hoffman & Hoffman Public Relations, +1 703 820 2244 (bureau) ; portable : +1 703 29 2099 ; ou à Nils Hoffman, +1 703 820 2244 (bureau) ; portable : +1 703 967 1490.

Au Royaume-Uni, les médias peuvent s’adresser à Victoria Sabin ou à Julia Hobsbawn, Hobsbawn Media and Marketing Communications, +44 207 964 8570 (bureau), ou au + 44 07971 430244 (portable de Victoria Sabin).

Nicolas Gaudin, Chef, Communication, Centre international de Recherche sur le cancer, tél. : +33 472 738 567 Portable:+33 680 572 966, télécopie: +33 472 738 311, mél: com@iarc.fr.

Rebecca Harding, Chargée de communication, Organisation mondiale de la Santé, portable : (+41) 79 509 0651.

Veuillez noter que le site de l’OMS propose des photos à haute résolution qui pourront être téléchargées à partir du 3 avril.

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