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Publication par l’OMS et la FAO d’un rapport d’experts sur l’alimentation, la nutrition et la prévention des maladies chroniques

Les secteurs de la santé et de l’agriculture doivent collaborer pour faire face à la charge croissante des maladies chroniques dans le monde

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la Santé (WHO) publient aujourd’hui un rapport d'experts indépendants sur l'alimentation qui servira de base pour élaborer une stratégie mondiale de lutte contre la charge croissante des maladies chroniques. Diet, Nutrition and the Prevention of Chronic Diseases est un document qui résulte des travaux menés pendant deux ans par la consultation mixte d’experts FAO/OMS. Publié officiellement par les directeurs de ces deux institutions, il demande une collaboration étroite pour relever le défi.

Le document reprend les connaissances scientifiques les plus actuelles sur les liens existant entre l’alimentation, la nutrition, l’exercice physique et les maladies chroniques. Il passe en revue les maladies cardio-vasculaires, plusieurs formes de cancer, le diabète, l’obésité, l’ostéoporose et les affections bucco-dentaires. La charge des maladies chroniques croît rapidement. En 2001, elles étaient à l’origine d’environ 59 % des 56,5 millions de décès enregistrés au total dans le monde et de 46 % de la charge mondiale de morbidité. Selon les conclusions du rapport, une alimentation pauvre en graisses saturées, en sucre et en sel, mais riche en fruits et légumes, aura des effets profonds sur la mortalité et la morbidité, si elle s’associe à la pratique régulière d’activités physiques.

Tous les pays doivent agir avec beaucoup plus de détermination pour prévenir les maladies chroniques en préconisant une alimentation plus saine et l’exercice physique. Dans la plupart des pays en développement, les systèmes de santé n’ont tout simplement pas les moyens de faire face à la charge croissante des maladies chroniques, qui vient s’ajouter aux problèmes sanitaires qu’ils connaissent déjà, rappellent les deux institutions.

“Les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les cancers, l’obésité ne posent plus seulement des problèmes dans les pays riches, affirme le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. On enregistre la majorité des cas de maladies chroniques dans les pays en développement. Notre expérience prouve que des interventions même modestes sur l’alimentation et l’exercice physique, mais généralisées à toute une population, peuvent modifier de manière importante la charge des maladies chroniques dans un laps de temps étonnamment bref. Ce rapport est crucial car il nous servira de base scientifique pour élaborer la stratégie mondiale de l’OMS sur l’alimentation, l’exercice physique et la santé, que nous préparons pour faire face à la charge croissante des maladies chroniques.”

Les deux institutions soulignent que, pour trouver des solutions à la recrudescence mondiale des maladies chroniques, il faudra renforcer les liens entre les secteurs de l’agriculture et de la santé, au niveau mondial, régional et national. “Ce document aidera la FAO et l’OMS à mettre au point des stratégies favorisant une alimentation nutritive et des habitudes alimentaires plus saines, estime le Dr Jacques Diouf, Directeur général de la FAO. De nos jours, seule une minorité dans le monde consomme les quantités de fruits et légumes recommandés dans le rapport. Nos organisations ont la tâche difficile de trouver les moyens d’accroître l’approvisionnement en fruits et légumes d’une manière qui permette à toutes les populations du monde d’y avoir accès.”

Le Rapport mixte d’experts FAO/OMS se fonde sur le jugement collectif d’un groupe de 30 experts indépendants qui ont une perspective mondiale de la question et ont travaillé avec 30 de leurs pairs pour passer en revue les connaissances les plus actuelles sur l’alimentation, la nutrition et leurs effets sur les maladies chroniques. Ce document fait des recommandations spécifiques en matière d’alimentation : les lipides consommés ne doivent pas représenter plus de 15 à 30 % de l’apport calorique quotidien et les graisses saturées moins de 10 % ; les glucides doivent être majoritaires dans la ration calorique – entre 55 et 75 % de l’apport énergétique total quotidien, mais avec moins de 10 % de sucre ajouté ; la consommation quotidienne de sel, qui doit être iodé, doit rester inférieure à 5 grammes par jour tandis que celle de fruits et légumes doit être d’au moins 400 grammes ; en ce qui concerne les protéines, l’absorption quotidienne recommandée est de 10 à 15 %. Le rapport note également que l’exercice physique est un facteur jouant un rôle essentiel dans la dépense énergétique quotidienne et donc dans l’équilibre calorique et le maintien d’un poids sain.

Comme le rappelle le Dr Brundtland : “Nous savons depuis longtemps qu’une alimentation riche en graisses saturées, en sucre et en sel est mauvaise pour la santé. Or, dans le monde entier, nous consommons de plus en plus d’aliments riches en calories mais d’une faible valeur nutritionnelle, tout en devenant de plus en plus sédentaires. Tous ces facteurs, sans oublier le tabagisme, sont les principaux responsables de l’énorme recrudescence des maladies chroniques que nous constatons. En revanche, l’élément nouveau, c’est que nous posons les bases d’une riposte mondiale.”

Elle ajoute que les Etats Membres considèrent que cette question est une priorité sanitaire. Ils ont demandé spécifiquement à l’OMS de mettre au point une stratégie mondiale en consultation et en collaboration avec les principales parties intéressées dans l’alimentation, la nutrition, l’exercice physique et les maladies chroniques. Elle estime que le secteur agro-alimentaire a un rôle essentiel à jouer dans la mise au point de solutions durables et elle fait observer qu’elle va rencontrer le mois prochain les hauts responsables de certaines des plus grandes sociétés du secteur, de même que les représentants des principales ONG professionnelles ou de consommateurs. Toutes ces consultations seront prises en compte pour mettre au point la stratégie mondiale devant être finalisée et présentée au Conseil exécutif en janvier 2004.

“Pour faire durablement des progrès, il faudra associer l’énergie, les ressources et les compétences de toutes les institutions concernées des Nations Unies, des professionnels de la santé et de la nutrition, du secteur privé et de la société civile, continue-t-elle. Nous avons fait en sorte que le processus soit aussi transparent et complet que possible, tout en restant fidèle à notre mandat constitutionnel d’améliorer la santé publique. C’est aux Etats Membres et à leur population que nous devons, en premier lieu, rendre compte de notre action. Les consultations que nous avons eues avec eux jusqu’à présent ont confirmé à la fois l’importance de notre action et la variété des problèmes auxquels les pays en développement en particulier sont confrontés.”

Les deux institutions font observer que, pour créer un environnement où le choix de la santé soit le plus facile à faire, il faudra agir au niveau de l’information des consommateurs, de l’étiquetage, de l’éducation et des loisirs. Cela aura aussi de profondes répercussions sur la production agricole, les méthodes de transformation ainsi que le commerce. C’est pour cette raison que les deux organisations se sont engagées dans une collaboration étroite sur l’alimentation et la prévention des maladies chroniques.

Selon le Dr Diouf : “Ce rapport d’experts indépendants fait un certain nombre de recommandations très intéressantes. Les spécialistes demandent à la FAO d’examiner l’évolution de la consommation alimentaire pour évaluer comment modifier les tendances en fonction des recommandations et étudier comment le secteur agro-alimentaire peut s’adapter à ces nouveaux besoins. Nous devons également examiner les conséquences que cela aura sur la production et le commerce.”

Le Dr Diouf déclare que le rapport, ainsi que les réactions de la FAO à ses conclusions, seront présentés dès que possible aux organes directeurs de l’Organisation, ce qui comprendra une analyse de l’effet des recommandations sur les consommateurs et les agriculteurs des pays en développement, souvent pauvres et sous-alimentés.

Le Dr Brundtland conclut : “Il faudra du temps pour faire des progrès sur le long terme. Nous devons envisager une perspective de plusieurs dizaines d’années, nous engager dès maintenant pour améliorer la santé de nos contemporains et des générations à venir dans le monde entier. L’action que nous entreprenons pourrait entraîner l’une des évolutions de la santé les plus positives de l’histoire.”

Site Web de la FAO : FAO.org

Diet, Nutrition and the Prevention of Chronic Diseases Report

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