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Les traumatismes font plus de 5 millions de morts par an

Les accidents de la circulation à l’origine d’un décès par traumatisme sur cinq

Deux nouvelles publications de l’OMS montrent que les traumatismes font plus de 5 millions de morts dans le monde chaque année et sont à l’origine de près de 10 % des décès. En outre, des dizaines de millions de victimes de traumatismes passent chaque année dans les services d’urgence. Qu’ils soient involontaires – résultant par exemple d’accidents de la route, de noyades ou de chutes – ou intentionnels – résultant d’agressions, de suicides ou de faits de guerre – les traumatismes touchent tous les groupes d’âge et toutes les classes sociales. Les deux publications Injury Chartbook et Injury : A leading Cause of the Global Burden of Disease font des constatations frappantes concernant la mortalité et la morbidité consécutives aux traumatismes aussi bien quant à la nature que quant à l’ampleur du phénomène. Elles comparent les différents types de traumatismes dans le monde et rapprochent les traumatismes des autres principales causes de décès.

Sur les 5 millions de décès provoqués par des traumatismes en 2000, 1,2 million environ résultaient d’accidents de la circulation, 815 000 de suicides et 520 000 d’homicides. Au nombre considérable des morts, s’ajoutent les millions de blessés qui subissent les conséquences non fatales des traumatismes dans leur santé. L’ampleur du problème varie beaucoup selon l’âge, le sexe, la région et le revenu.

Les traumatismes peuvent avoir un impact économique grave. De nombreuses victimes assurent le revenu principal de la famille. Au niveau mondial, près de 50 % des décès liés à des traumatismes touchent des jeunes de 15 à 44 ans. En fait, 7 des 15 principales causes de décès entre 5 et 29 ans – accidents de la circulation, suicides, homicides, faits de guerre, noyades, intoxications et brûlures – sont liées aux traumatismes.

Comme l’a déclaré le Directeur général de l’OMS, le Dr Gro Harlem Brundtland, « Leur décès ou leur incapacité a des conséquences graves pour les victimes, leur famille et les autres personnes à charge, entraînant une réduction de la qualité de vie, des souffrances et une aggravation de la pauvreté. Du point de vue strictement économique, les coûts associés aux interventions chirurgicales, à une hospitalisation prolongée et à la réadaptation à long terme des victimes de traumatismes et de la violence, sans compter la perte de productivité, se chiffrent par dizaines de milliards de dollars par an. Nous devons redoubler d’effort pour éviter les décès dus aux traumatismes, notamment ceux consécutifs aux accidents de la circulation, à la violence interpersonnelle, aux guerres et aux conflits, ou à la violence contre soi-même. »

Type de traumatisme   Nombre de s dus des traumatismes en 2000  
Accidents de la circulation   1 260 000  
Suicides   815 000  
Violence interpersonnelle   520 000  
Noyades   450 000  
Intoxications   315 000  
Guerres et conflits   310 000  
Chutes   283 000  
Blures   238 000  

Différences entre les sexes et les régions

Dans le monde, la mortalité par traumatisme est deux fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes. La route tue trois fois plus d’hommes que de femmes et la proportion est la même en ce qui concerne les homicides. Dans le Pacifique occidental et en Asie par contre, les taux de suicides et de brûlures sont plus élevés chez les femmes.

La répartition selon le type de traumatisme varie d’une région à l’autre. Si les taux de mortalité par accidents de la circulation, brûlures et noyades sont particulièrement élevés en Afrique et en Asie, ceux liés aux chutes sont les plus importants en Europe occidentale. Les taux d’homicide sont trois fois plus élevés que les taux de suicide en Afrique et dans les Amériques. Inversement, en Europe et en Asie du Sud-Est, les taux de suicide sont plus de deux fois plus élevés que les taux d’homicide.

L’OMS estime que près de 90 % des décès liés aux traumatismes surviennent dans des pays pauvres. Les taux de mortalité par l’ensemble des traumatismes sont les plus élevés dans les nouveaux Etats indépendants d’Europe alors qu’ils sont les plus faibles en Amérique du Nord, en Europe occidentale et en Australie/Nouvelle-Zélande.

On a tiré des leçons importantes des traumatismes au cours des dernières décennies en constatant notamment que les traumatismes ne sont pas inévitables. De nombreuses stratégies ont déjà apporté la preuve de leur efficacité. Ainsi le port de la ceinture de sécurité en voiture et le port du casque par les motocyclistes, le ralentissement de la circulation pour protéger les piétons, l’application d’une politique contre l’alcool au volant et les excès de vitesse, la formation des parents et les visites à domicile pour éviter la violence au foyer, l’utilisation de matériel de protection sur le lieu de travail ou pour la pratique de certains sports, le stockage des armes à feu et des munitions sous clé et séparément, l’utilisation de vêtements ignifugés et d’emballages spéciaux pour éviter les intoxications figurent parmi les mesures qui ont contribué à réduire le nombre des traumatismes.

L’OMS a accru ses efforts pour répondre aux problèmes des traumatismes et de la violence en fournissant des données complètes sur l’ampleur et l’impact de ces problèmes majeurs de santé publique et sur ce qu’on sait concernant les stratégies appliquées dans le monde pour les éviter. L’OMS coopère avec les Etats Membres et les ONG afin d’élaborer des lignes directrices détaillées dans les domaines de la recherche, de la prévention et des services aux victimes.

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