Nouvelle initiative pour la recherche et le développement de médicaments contre les maladies les plus négligées
Delhi, 25 juin 2003 - Le Conseil indien de la recherche médicale (the Indian Council of Medical Research – ICMR), Médecins Sans Frontières (MSF), organisation lauréate du Prix Nobel, et quatre grands instituts publics de recherche ont uni leurs forces dans le cadre d’une initiative unique pour pallier les insuffisances dans la recherche et le développement de médicaments contre les maladies négligées. L’initiative Médicaments pour les maladies négligées (DNDi – Drugs for Neglected Diseases initiative) opérera en étroite collaboration avec le Programme OMS/TDR de recherche sur les maladies tropicales (1) .
“Les parasites ne font pas la une des journaux et ne génèrent aucun profit. C’est pourquoi, malgré les succès du TDR qui travaille à la fois avec le secteur public et le secteur privé, il a été difficile de trouver des partenaires et de développer les investissements pour les maladies négligées tout au long de ces années, reconnaît le Dr Carlos Morel, Directeur du TDR. Nous collaborons avec cette initiative dans l’espoir qu’elle va jouer un rôle essentiel pour sensibiliser, trouver des investissements et accélérer le processus conduisant, à partir de la recherche, à la production de médicaments pour ces maladies.”
Dans le monde, on ne consacre que 10 % de la recherche à des maladies qui totalisent 90 % de la charge mondiale de morbidité. A côté des plus connues, paludisme, tuberculose et lèpre, on trouve aussi les maladies les plus négligées, à savoir la leishmaniose viscérale (kala-azar), la trypanosomiase africaine (maladie du sommeil) et la maladie de Chagas, qui affectent les pays en développement les plus pauvres.
Abandonnés à leur sort, tous ces patients ont désespérément besoin de nouveaux médicaments abordables, accessibles et efficaces, mais ils ne constituent pas un marché suffisant pour attirer la recherche et le développement. Les investissements dans les médicaments contre les maladies négligées sont dérisoires par rapport aux sommes investies pour la recherche et le développement de traitements contre le cancer, l’hypertension ou des pathologies liées au mode de vie ou au confort, impotence, obésité ou calvitie par exemple.
“Chaque année, des millions de personnes meurent parce qu’elles n’ont pas à leur disposition des médicaments abordables et efficaces contre des maladies tropicales que l’on pourrait guérir”, s’indigne Bernard Pecoul, Directeur de la campagne de MSF pour l’accès aux médicaments essentiels.
Un certain nombre d’organismes cherchent pourtant des solutions pour traiter les personnes souffrant de maladies tropicales. Les six partenaires de l’initiative appartiennent principalement au secteur public et ont déjà travaillé sans relâche dans les domaines de la santé publique et de la recherche : MSF, l’Institut Pasteur, le Kenya Medical Research Institute (KEMRI), la Fondation Oswaldo Cruz, le Conseil indien pour la recherche médical (ICMR) et le Ministère malaisien de la Santé. Afin de satisfaire les besoins de ceux qui sont victimes des maladies négligées, les partenaires travailleront dans le cadre de l’initiative avec l’OMS/TDR en consacrant leurs moyens existants et des ressources mondiales au développement de projets de médicaments que d’autres ne peuvent ou ne veulent pas poursuivre. Ils exploiteront les connaissances scientifiques modernes pour rechercher et développer de nouveaux outils de santé et des médicaments en suivant un modèle de collaboration à but non lucratif. Ils insisteront sur l’importance de renforcer la responsabilité publique en donnant un accès équitable à ces médicaments.
A l’instar de l’OMS/TDR, l’initiative cherchera à développer les moyens existants de recherche et de développement dans les pays en développement où sévissent ces maladies. Comme l’a expliqué le professeur N.K.Ganguly, Directeur général de l’ICMR, un membre actif dans le groupe des partenaires fondateurs de l’initiative : “L’Inde est un exemple de pays ayant à la fois des moyens de recherche et de production. Donc, à la base, des pays en développement pourraient rechercher et développer des produits qui seront utilisés dans d’autres pays en développement. Il est donc indispensable d’instaurer une collaboration internationale pour veiller à ce que ceux qui ont besoin de médicaments puissent les obtenir de ceux qui ont les moyens de mener les recherches et de les produire.”
Avec l’assistance du TDR, l’initiative a déjà lancé avec succès un appel à projets. Les idées soumises montrent que, dans le monde, de nombreux chercheurs sont déjà en quête de nouvelles possibilités de médicaments pour les maladies négligées. Une fois que le Comité consultatif scientifique aura sélectionné les projets de recherche et développement, l’initiative les fera progresser avec le milieu international de la recherche, le secteur public, l’industrie pharmaceutique et tout autre partenaire concerné. En plus des projets communs avec l’initiative, le TDR continuera de travailler sur l’éventail des maladies dont il s’occupe dans ce domaine. En 12 ans, l’initiative compte gérer un éventail équilibré de projets, dont six ou sept sur la maladie de Chagas, la maladie du sommeil et la leishmaniose viscérale. Cette initiative sera enregistrée à Genève comme une entité à but non lucratif le 3 juillet 2003.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à : Samantha Bolton, OMS/TDR, tél. : +41 79 239 23 66 ou à Delhi 011 243 63 030 salle 445 ; Mél. : boltons@who.int ou Jaya Banerji, DNDi, tél. : +41 79 210 93 78 ou à Delhi: 011 2747 9181 ; Mél. : jaya.banerji@geneva.msf.org
(1) Programme spécial PNUD/Banque mondiale/OMS de recherche et de formation concernant les maladies tropicales
Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et articles de fond de l'OMS, ainsi que d’autres informations sur le sujet, sont accessibles sur Internet à partir de la page d'accueil de l'OMS : http://www.who.int/