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L’observance des traitements prescrits pour les maladies chroniques pose problème dans le monde entier

Les patients ne reçoivent pas l'aide dont ils ont besoin

La mauvaise observance des traitements de longue durée pour les maladies chroniques, affections cardiovasculaires, VIH/SIDA ou dépression par exemple, est un problème qui ne fait que croître dans le monde entier. On constate ce phénomène dans toutes les situations imposant au patient de s’administrer lui-même ses médicaments, quel que soit le type de la maladie.

Un certain nombre d’évaluations rigoureuses, analysées dans une étude de l’OMS, ont établi que, dans les pays développés, la proportion de malades chroniques respectant leur traitement n’était que de 50 % et tout porte à croire qu’elle est bien plus faible dans les pays en développement.

En Gambie, en Chine et aux Etats-Unis d'Amérique, seuls 27 %, 43 % et 51 % des patients respectivement suivent bien le schéma thérapeutique qui leur a été prescrit pour l’hypertension artérielle. On a observé des tendances similaires pour d’autres pathologies, comme la dépression (de 40 à 70 %), l’asthme (43 % pour le traitement d’attaque et 28 % pour le traitement d’entretien) et le VIH/SIDA (de 37 à 83 %).

Ces constatations figurent dans le rapport que l’OMS vient de publier : Adherence to Long-Term Therapies. Evidence for Action.

« L’observance insuffisante est la raison principale pour laquelle les patients ne retirent pas tous les bienfaits qu’ils pourraient attendre de leurs médicaments. Elle entraîne des complications médicales et psychosociales, diminue la qualité de vie des patients, augmente la probabilité de développer des pharmacorésistances et provoque un gaspillage des ressources, déplore le Dr Derek Yach, Directeur exécutif, Maladies non transmissibles et santé mentale (OMS). Au total, ces conséquences directes empêchent les systèmes de santé dans le monde entier d’atteindre leurs objectifs sanitaires. »

Aux Etats-Unis d'Amérique, au Royaume-Uni et au Venezuela, seuls 30 %, 7 % et 4,5 % des patients respectivement contrôlent correctement leur tension artérielle. Au Soudan, seuls 18 % des patients qui ne respectent pas leur traitement y arrivent, contre 96 % pour les autres.

Le problème de l’observance ne fera que s’amplifier à mesure que la charge mondiale des maladies chroniques va croître. Les maladies non transmissibles (maladies cardiovasculaires, cancer, diabète, par ex.), les troubles mentaux, le VIH/SIDA et la tuberculose représentaient ensemble 54 % de la charge mondiale de morbidité et cette proportion devrait dépasser 65 % d’ici 2020.

Comme l’affirme le Dr Eduardo Sabaté, Médecin à l’OMS : « L’amélioration de l’observance ne mettra pas en péril les budgets de la santé, bien au contraire. Le respect des traitements prescrits entraînera une baisse significative des dépenses, grâce à la diminution du nombre des interventions coûteuses, comme les hospitalisations prolongées et fréquentes, les soins d’urgence ou les soins intensifs. » L’usage rationnel des médicaments implique de bien les prescrire et ensuite de suivre scrupuleusement le traitement.

On a trop souvent tendance à blâmer les patients qui ne respectent pas leur traitement, alors qu’on a les preuves que les prestataires de soins et les systèmes de santé peuvent exercer une grande influence à ce niveau.

« Les professionnels de la santé constatent le besoin d’améliorer l’observance des traitements prescrits. Compte tenu du fait que le système de santé est partiellement responsable de la situation, il faut trouver des mesures les incitant à travailler dans ce sens », estime le Dr Rafael Bengoa, Directeur, Prise en charge des maladies non transmissibles, OMS.

Actuellement, il est indubitable que, le plus souvent par manque de formation, les équipes de soins n’apportent pas une aide suffisante aux patients. De plus, les systèmes de santé ne permettent pas aux professionnels de soutenir les changements de comportement des patients. Il faudrait qu’ils soient conçus pour cela

Ce rapport a été rédigé à partir de l’étude de diverses pathologies chroniques et facteurs de risque courants. Les enseignements tirés des maladies où l’on a une plus grande expérience des interventions portant sur l’observance, comme l’hypertension artérielle, l’asthme, le diabète, la tuberculose (traitement de brève durée sous surveillance directe) ont servi de fil conducteur pour étudier d’autres pathologies pour lesquelles cet aspect est plus mal connu : cancer, dépression, épilepsie, VIH/SIDA, tabagisme.

Il se pourrait que l’amélioration de l’observance donne de meilleurs résultats sanitaires que l’avènement de nouvelles technologies. C’est un investissement rentable, qui permettra d’éviter des dépenses excessives aux systèmes de santé déjà à la limite de leurs capacités et améliorera la vie des malades chroniques.

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