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l’OMS demande la généralisation de la gratuité des médicaments antituberculeux pour les personnes vivant avec le VIH

Plus de 70 % des Africains vivant avec le VIH qui sont atteints de tuberculose sont actuellement privés de médicaments antituberculeux et de soins de qualité

Dans un audacieux rapport publié aujourd’hui par l’OMS, les rédacteurs du magazine « Colors » établissent, documents à l’appui, l’aggravation de la crise mondiale due à la tuberculose/au VIH

Brendo, 7 ans, est tuberculeux et séropositif. Photo: OMS/STB/Colors Magazine/J. Mollison

L’Organisation mondiale de la Santé a demandé aujourd’hui que l’ensemble des personnes vivant avec le VIH bénéficient de médicaments antituberculeux gratuits et de soins de qualité et que l’on redouble d’efforts pour étendre l’accès aux antirétroviraux dans les pays en développement. La tuberculose est actuellement la principale cause de mortalité chez les personnes vivant avec le SIDA.

Les médicaments antituberculeux associent isoniazide, rifampicine, pyrazinamide et éthambutol. Pris convenablement, ils sont efficaces à plus de 95 % dans le traitement de la tuberculose, quel que soit le statut VIH du malade. Les médicaments antituberculeux ne coûtent que $10 par malade pour un traitement complet.

Le Dr Mario Raviglione, Directeur par intérim du Département Halte à la tuberculose, a souligné que « Dix ans après que l’OMS ait déclaré, fait sans précédent, que la tuberculose était une urgence mondiale, l’épidémie de tuberculose s’est encore aggravée, principalement à la suite de la propagation du VIH. Nous devons redoubler d’efforts pour combattre cette synergie mortelle entre les deux maladies, qui se ravivent mutuellement. »

On estime qu’un tiers des 42 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde sont également infectées par la tuberculose. Environ 90 % des personnes vivant avec le VIH meurent quelques mois après avoir contracté la tuberculose si elles ne bénéficient pas d’un traitement antituberculeux approprié.

En Afrique, sous l’effet du VIH, la tuberculose se propage si rapidement que les services DOTS* sont dépassés. Le VIH attaque le système immunitaire, facilitant la multiplication et la propagation des bactéries responsables de la tuberculose. Le VIH est responsable d’une augmentation annuelle de 6 % des cas de tuberculose en Afrique subsaharienne. Parallèlement, les services DOTS se développent aussi, mais à un rythme qui n’est encore que de 2 %.

Selon le Dr Raviglione, les médicaments antituberculeux utilisés dans le cadre de la stratégie DOTS ont permis l’année dernière de guérir de la tuberculose plus de 80 000 Africains vivant avec le VIH. Il n’en reste pas moins que, faute d’avoir eu accès aux médicaments antituberculeux et aux services DOTS, plus de 200 000 Africains infectés par le VIH sont morts de la tuberculose.

En Inde, la tuberculose et le VIH pourraient être cause d’une crise naissante plus grave encore, estime l’OMS. Le VIH se propage rapidement dans ce pays qui compte le plus grand nombre de cas de tuberculose dans le monde. Déjà, 180 000 Indiens vivant avec le VIH sont aussi atteints de tuberculose. Le programme DOTS de l’Inde est heureusement l’un des programmes du monde dont l’expansion est la plus rapide.

Les médicaments antituberculeux utilisés dans le cadre de la stratégie DOTS peuvent prolonger de plusieurs années la vie d’une personne vivant avec le VIH pour environ US$ 200,00 le traitement de 6-8 mois, y compris le coût des services et du personnel de santé.

Tuberculose – Un nouveau rapport audacieux de l’OMS

« En Afrique, nous sommes surpris d’entendre des responsables politiques et des universitaires parler de « leur initiative de lutte contre le SIDA » ou de « leur programme de lutte antituberculeuse » comme si les deux maladies étaient indépendantes, » a déclaré Winstone Zulu, un Zambien vivant avec le VIH et atteinte à plusieurs reprises de tuberculose jusqu’à ce qu’elle soit finalement guérie grâce à la stratégie DOTS. « Ma famille et moi-même avons toujours su que le VIH et la tuberculose s’étaient ligués contre notre santé. »

Le rapport que publie aujourd’hui l’Organisation mondiale de la Santé rend compte du coût humain réel de la tuberculose que supportent les personnes qui ont vécu la même tragédie que Winstone Zulu et demande comme elles que les personnes vivant avec le VIH et la tuberculose bénéficient des médicaments antirétroviraux et des services de traitement DOTS.

La publication, mise au point pour l’Organisation mondiale de la Santé par les rédacteurs et les photographes du magazine Colors, montre la dimension humaine de l’épidémie de tuberculose et de l’interaction mortelle entre la tuberculose et le VIH. Décrivant l’efficacité du programme DOTS, le rapport dit clairement que la lutte contre la tuberculose nécessite un engagement sans relâche et des ressources accrues.

« Les images dérangent, » a déclaré Renzo di Renzo, rédacteur en chef de Colors, « mais elles ne donnent en fait qu’un aperçu des défis énormes que doivent relever chaque jour ceux qui soignent les malades atteints de tuberculose. »

Bien que huit millions de cas nouveaux – et deux millions de décès – soient déclarés chaque année, le rapport révèle les nombreuses idées erronées que se font les gens sur cette maladie et comment cette ignorance transparaît dans la détresse des personnes atteintes de tuberculose dans le monde.

Le nouveau rapport sur la tuberculose, photographies comprises, peut être consulté ici.

Pour de plus amples informations, s’adresser à Glenn Thomas, Organisation mondiale de la Santé, tél. : (41) 79 509 0677 ou à Patrick Bertrand, Massive Effort Campaign, tél. : (33) 6 60 04 04 42. Pour des détails concernant les communiqués vidéo, contacter : Marion Lindsay, Unité Audiovisuel OMS, tél. : (41) 79 475 5512.

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