Rencontre de l’OMs avec les producteurs de boissons pour discuter des conséquences sanitaires de la consommation d’alcool
31 janvier 2003 - L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) invite à Genève, le 12 février 2003, les représentants de sociétés productrices de boissons alcoolisées totalisant plus de la moitié des ventes mondiales du secteur, à une réunion pour réfléchir sur les conséquences sanitaires de la consommation d’alcool. Cette réunion fait suite aux discussions informelles qui ont déjà eu lieu ces six derniers mois avec un certain nombre de ces entreprises. Elle traduit la volonté de l’OMS d’impliquer toutes les parties intéressées dans l’élaboration d’une politique de lutte contre les répercussions qu’a l’alcool sur la santé publique dans le monde.
Le Rapport sur la Santé dans le Monde 2002 ; Réduire les risques et promouvoir une vie saine a mis en lumière les conséquences sanitaires de la consommation d’alcool : celle-ci figure en effet parmi les dix principaux risques pour la santé. Elle arrive même en tête dans certains pays en développement et en troisième position dans les pays industrialisés. A l’échelle mondiale, l’alcool est à l’origine de 1,8 million de décès et de 4 % de la charge de morbidité mais ce sont les Amériques et l’Europe qui payent le plus lourd tribut. Selon le Rapport, on estime que, dans le monde, il provoque 20 à 30 % des cancers de l’œsophage, des maladies hépatiques, des cas d’épilepsie, des accidents de la circulation, des homicides et des blessures intentionnelles. Ces résultats ont conduit l’OMS à renforcer son action dans ce domaine.
“Dans le monde 5 % des décès de jeunes entre 15 et 29 ans sont dus à la consommation d’alcool et 140 millions de personnes sont dépendantes”, rappelle le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. Lors de la conférence ministérielle européenne de l’OMS sur les jeunes et l’alcool, en février 2001, elle a demandé aux experts internationaux de se pencher sur les stratégies commerciales et la promotion de l’alcool auprès des jeunes.
Lors de la réunion qui s’en est suivie, à Valence (Espagne) en mai 2002, les experts ont conclu que, dans le monde entier, les jeunes sont exposés dans leur environnement à des pressions insistantes et omniprésentes pour les inciter à boire et à consommer de grandes quantités d’alcool. La déclaration de Valence a noté la nécessité d’entreprendre de nouvelles actions contre les stratégies commerciales ciblant les jeunes. “La dimension mondiale du marketing impose d’intervenir au niveau international, national et local.”
La réunion de la semaine prochaine à Genève a pour but d’informer les participants des actions menées actuellement par l’OMS sur le problème de l’alcool ; d’informer l’OMS des initiatives prises par le secteur privé au niveau de ses responsabilités sociales ; d’échanger des idées sur les moyens de progresser dans deux domaines, l’alcool au volant d’une part, les stratégies commerciales et la promotion de l’alcool auprès des jeunes d’autre part.
“Au niveau mondial, l’alcool pose un sérieux problème, estime le Dr Derek Yach, Directeur exécutif à l’OMS de Maladies non transmissibles et santé mentale. Il nous faut agir dès maintenant pour contrecarrer les effets négatifs importants qu’il a déjà dans les pays industrialisés et de nombreux pays en développement.”
“Nous reconnaissons néanmoins que les problèmes liés à la consommation d’alcool sont complexes et imposent de diversifier les actions en fonction des cultures régionales et locales ainsi que des modes de consommation. C’est pourquoi nous accordons une très grande attention à la base des connaissances qui nous permet d’évaluer les dispositions pouvant être prises afin de mettre en place des politiques efficaces contre par exemple l’alcool au volant ou les stratégies commerciales ciblant les jeunes. Nous voyons dans la réunion de la semaine prochaine la possibilité pour l’OMS de travailler d’une manière positive et transparente avec les producteurs de boissons alcoolisées et, pour cette industrie, de faire des propositions qui contribueront à régler certains de ces problèmes.”