Un partenariat mis sur pied en un temps record pour fournir un vaccin antiméningococcique alors qu’une épidemie se déclare en Afrique
Geneve, 6 février 2003 - Accélérant un processus qui prend généralement des années, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), GlaxoSmithKline (GSK) et la Fondation Bill et Melinda Gates mettent à la disposition des pays africains un nouveau vaccin antiméningococcique quelques mois seulement après la découverte d’une forme émergente de méningite épidémique. Le vaccin ACW135 protègera contre les souches de méningocoques que l’on retrouve classiquement en Afrique (A et C) ainsi que la souche W135, que l’on retrouvait uniquement dans des cas isolés sur le continent africain jusqu’à l’année dernière où elle a touché 14 453 personnes et tué 1743 personnes au Burkina Faso.
Des mesures immédiates ont été prises pour expédier 100 000 doses de ce nouveau vaccin au Burkina Faso, où 1 349 cas de méningite W135 ont déjà été confirmés, dont 244 se sont avérés mortels.
La première livraison de vaccin trois millions de doses au total sera mise à disposition à un prix réduit dans la ceinture africaine de la méningite (zone qui s’étend sur vingt-et-un pays de l’Ethiopie à l’est au Sénégal à l’ouest), selon les besoins dans les mois qui viennent.
« Le temps record dans lequel nous avons mis au point un vaccin et le mettons à la disposition de ceux qui en ont besoin témoigne de ce que peuvent faire des partenariats public-privé pour améliorer la santé », a déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l’OMS.
La méningite est une maladie mortelle qui touche principalement les enfants. Les premiers symptômes – fièvre, nausées, céphalées – peuvent évoluer rapidement vers de graves lésions neurologiques, la surdité, le coma et le décès. Sans traitement, jusqu’à la moitié des victimes décèdent. Même traités, jusqu’à 20 % des patients ne survivent pas.
Des flambées de méningite se produisent pratiquement chaque année pendant la saison sèche dans la ceinture africaine de la méningite. Les premiers mois de l’année sont généralement la période cruciale pour les épidémies. Rien qu’en 2002, au moins 44 280 cas et 5531 décès ont été signalés aux systèmes de surveillance de l’OMS dans la Région africaine.
« Il est possible que cette souche ne reste pas circonscrite au Burkina Faso et qu’elle se propage à d’autres pays de la ceinture de la méningite, tout comme la souche A il y a 15 ans », explique le Dr Daniel Tarantola, Directeur du Département vaccins et produits biologiques à l’OMS. « Mais nous avons grand espoir que ce nouveau vaccin sauvera de nombreuses vies et travaillons actuellement sur d’autres vaccins qui pourraient dans les années à venir permettre d’interrompre le cycle infection-maladie-décès dû à la méningite dans cette zone ».
Pour faire face à la flambée impromptue de méningite W135 en 2002, l’OMS a fait appel en urgence à l’industrie pharmaceutique, lui demandant son concours pour mettre à disposition un vaccin trivalent à un prix abordable. GSK a répondu favorablement à cet appel et a mis au point le vaccin en quelques mois. La Fondation Gates a fourni la plus grande partie des fonds nécessaires à l’achat du vaccin.
Jusqu’ici, seul un vaccin quadrivalent assurant la protection contre la souche W135 était disponible mais à un coût compris entre US $5 et US $50 la dose, ce qui signifie qu’il n’était pas à la portée des pays qui en avaient le plus besoin. Le nouveau vaccin est proposé au prix de US$1,50 la dose à la livraison aux pays de la ceinture de la méningite participant à une étude d’impact qui doit commencer ce mois-ci. L’Autorité nationale belge de réglementation a déjà autorisé l’utilisation du vaccin au niveau international.
Le vaccin est distribué par l’entremise du Groupe international de Coordination pour l’approvisionnement en vaccin antiméningococcique (GCI), créé par l’OMS en 1997. Les pays souhaitant se procurer ce vaccin doivent adresser une demande officielle au GCI, dont font également partie la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Médecins Sans Frontières et l’UNICEF. Les demandes sont examinées et les vaccins distribués uniquement aux pays qui satisfont aux critères épidémiologiques et opérationnels fixés par le GCI, que l’on trouvera sur le site www.outbreak@who.int.