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Jimmy Carter demande l’adoption de mesures d’urgence pour éradiquer la maladie du ver de Guinée en Afrique occidentale

Le Ghana accepte de relever le défi

Aujourd’hui, à 650 kilomètres au nord de la capitale du Ghana, l’ancien Président des Etats-Unis, Jimmy Carter, et des hauts responsables du Carter Center, de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’UNICEF se sont rendus dans le village de Dashie, où la maladie du ver de Guinée est endémique. L’objectif de cette visite, qui fera date, était d’inciter le Ghana à mener à bien l’éradication de la maladie du ver de Guinée.

Le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l’OMS, et Kul C. Gautam, Sous-Directeur exécutif de l’UNICEF, se sont joints au Président Carter. Les membres de cette mission étaient les hôtes du Ministre de la Santé du Ghana, le Dr Kweku Afriyie.

« Rien ne justifie les souffrances inutiles provoquées par la maladie du ver de Guinée, » a déclaré Jimmy Carter, Président du Carter Center et lauréat du Prix Nobel 2002 lors de la conférence de presse qui a suivi à Tamale. « Le Ghana dispose de ressources, de soutien, de connaissances et de capacités pour éradiquer la maladie du ver de Guinée. Il lui appartient de relever le défi et de s’atteler à cette tâche sans délai ».

La campagne mondiale pour l’éradication de la maladie du ver de Guinée, depuis janvier 2004, est dirigée contre le 1 pour cent de morbidité restant dans le monde – 27 pour cent des quelque 35 000 cas* déclarés en 2003 étaient concentrés au Ghana.

Au nom du Président et de la population du Ghana, le Dr Afriyie a accepté de relever le défi et a notamment déclaré : « Il est important de sensibiliser l’opinion et un sentiment d’urgence doit prévaloir à tous les niveaux pour inverser la tendance, et afin que le Ghana n’ait plus le triste privilège d’être le premier pays d’endémie en Afrique occidentale. Nous relèverons le défi en faisant de la lutte contre le ver de Guinée une priorité, en améliorant l’approvisionnement en eau des communautés d’endémie et en renforçant l’éducation sanitaire ».

Alors que le Ghana avait réduit rapidement le nombre des cas de maladie du ver de Guinée à la création du programme en 1989, la forte hausse enregistrée au milieu et à la fin des années 90 a conduit le Ghana au deuxième rang des pays d’endémie en 2003, derrière le Soudan, en proie à une guerre civile depuis plus de 20 ans. Fin 2003, 8283 cas étaient déclarés, soit 48 pour cent de plus qu’une année auparavant. Dans son rapport de situation 2003, l’UNICEF estime que la maladie du ver de Guinée au Ghana touchait à 40 pour cent des écoliers.

« L’éradication de la maladie du ver de Guinée sera une grande victoire pour la santé publique, notamment au profit des enfants, qui constituent plus du tiers des cas dans le monde, » a déclaré Kul Gautam, de l’UNICEF.

Les membres de l’équipe, dans la région du Ghana où l’endémicité est la plus forte, ont pu rencontrer des malades, aller voir une source d’eau et visiter un centre de soins ; ils ont également assisté à des séances d’éducation sanitaire. Une réunion d’une heure avec les dirigeants locaux, régionaux et nationaux a aussi été consacrée à l’examen des obstacles auxquels le Ghana se heurte actuellement et aux moyens de raviver les mesures en vue de l’éradication.

La maladie du ver de Guinée devrait être la première parasitose dont l’éradication sera menée à bien, et ce sans vaccin ni médicament. Elle touche les personnes qui boivent de l’eau stagnante, contaminée par des puces aquatiques microscopiques qui véhiculent des larves infectieuses. Dans l’abdomen de la personne, les larves se développent, atteignant parfois 1 mètre de long. Au bout d’un an, une cloque douloureuse se forme sous la peau, en général au niveau des membres inférieurs, et le ver en émerge lentement.

Depuis le début de la campagne pour l’éradication du ver de Guinée en 1986, la morbidité a régressé de 99 pour cent, le nombre des cas déclarés passant de 3,5 millions à 35 000 environ* en 2003. Treize des 20 pays d’endémie sont désormais indemnes ou presque ; la maladie du ver de Guinée ne subsiste que dans certaines zones de l’Ethiopie et de l’Ouganda, de l’Afrique occidentale et du Soudan – l’éradication de la maladie du ver de Guinée est à portée de main.

« Les stratégies d’éradication appliquées par tous les pays d’endémie sont centrées sur trois mesures principales : salubrité de l’approvisionnement en eau, prise en charge et endiguement efficaces des cas et éducation sanitaire. Moyennant ces mesures, l’interruption totale de la maladie est réalisable, au Ghana comme dans tous les pays encore affectés, » a déclaré le Dr LEE.

Le Carter Center, l’OMS et l’UNICEF collaborent avec les programmes nationaux à l’ultime effort précédant l’éradication de la maladie du ver de Guinée. Les autres partenaires principaux sont notamment la Fondation Bill & Melinda Gates, les Centers for Disease Control and Prevention, le Peace Corps des Etats-Unis d’Amérique, la Fondation des Nations Unies et les gouvernements du Japon, des Etats-Unis d’Amérique, de la Norvège, des Pays-Bas, du Danemark, du Koweït et du Royaume-Uni.

(* chiffres provisoires pour 2003)


Le public peut suivre virtuellement le Président Carter sur le site cartercenter.org où il livre ses impressions personnelles. Dès le 2 février, on pourra y lire les réflexions que lui inspire son voyage en Afrique occidentale.

Le Carter Center a été fondé en 1982 par l’ancien Président des Etats-Unis d’Amérique, Jimmy Carter, et son épouse, Rosalynn, en partenariat avec l’Emory University, pour promouvoir la paix et la santé dans le monde. Organisation non gouvernementale à but non lucratif, le Centre a aidé à améliorer la vie d’habitants de plus de 65 pays en réglant des conflits ; en faisant progresser la démocratie, les droits de l’homme et les perpectives économiques ; en prévenant des maladies ; en améliorant les soins de santé mentale ; et en apprenant aux agriculteurs à récolter davantage. Pour en savoir plus sur le Carter Center et la maladie du ver de Guinée, prière de consulter le site : cartercenter.org.

L’Organisation mondiale de la Santé, l’institution de l’Organisation des Nations Unies spécialisée dans le domaine de la santé, a été créée le 7 avril 1948. L’objectif de l’OMS, aux termes de sa Constitution, est d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible. La santé est définie dans la Constitution de l’OMS comme un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité : www.who.int

Fondée en 1946, l’UNICEF s’emploie à protéger la vie, la santé et le développement de tous les enfants et adolescents dans 158 pays. Sur le terrain, elle privilégie la vaccination et l’apport en micronutriments ; l’optimisation des conditions de vie – salubrité de l’eau et assainissement, soins de santé de base et nutrition, et relations affectives ; l’éducation pour tous les enfants ; la lutte contre le VIH/SIDA et les soins aux enfants orphelins du fait de cette maladie ; et un environnement qui protège les enfants des mauvais traitements, de l’exploitation et de la violence. L’UNICEF est entièrement financée par les contributions volontaires de gouvernements, de fondations, d’entreprises commerciales et de particuliers : www.unicef.org


Pour de plus amples informations, s’adresser à : Emily Howard, The Carter Center, Tél. mobile au Ghana jusqu’au 5 février : (233) 24 528931, Mél. pendant le voyage : emilyrhoward@yahoo.com. Après le 9 février : 1-404-420-5126, Télécopie : 1-404-420-5145, Mél. : ehowa01@emory.edu ; Christine McNab, OMS, Genève, +41 22 791 4688 ; + 41 79 254 6815 ; mcnabc@who.int ; Kate Donovan, UNICEF Media, New York, tél. : 212 – 326 – 7452 ; Mél. : kdonovan@unicef.org.

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