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Evaluation commune des besoins pour favoriser la paix et le développement

US $44 millions nécessaires ces deux prochaines années pour mener à bien des projets prioritaires concernant l’eau et la santé

Conférence pour la reconstruction du Libéria, New York, 5 et 6 février 2004

D’ici à vendredi les Libériens sauront si la communauté internationale est prête à consentir un effort suffisant en faveur de la paix, de la reconstruction et de la reprise d’une vie normale dans leur pays. Ces deux prochains jours, une conférence internationale - réunissant notamment les pays donateurs, les voisins du Libéria et les organisations non gouvernementales - se tient à New York pour examiner les moyens d’améliorer l’accès aux services sanitaires de base, à l’éducation, à l’eau potable, au développement agricole, à l’emploi, aux systèmes administratifs, ainsi qu’aux nouvelles mesures susceptibles de garantir la protection des droits de l’homme.

Le plan de reconstruction du Libéria a été élaboré par le gouvernement provisoire national, l’ONU, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Il s’agit d’un document de 105 pages qui constitue une évaluation commune des besoins. Aujourd’hui, à la Conférence pour la reconstruction du Libéria à New York, le gouvernement provisoire, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les autres organismes du système des Nations Unies, la Banque mondiale, les organisations non gouvernementales et les organismes donateurs présenteront le plan ainsi que leurs priorités pour la reconstruction ces deux prochaines années. Les participants savent que s’il est possible de mobiliser les fonds nécessaires et de mettre en place l’organe international chargé de surveiller la mise en oeuvre du plan, une contribution déterminante aura été apportée à l’instauration d’une paix durable, tremplin indispensable pour la réduction de la pauvreté, les transformations sociales et le développement économique

Sur les 3 millions d’habitants que compte le Libéria, près de 500 000 sont des personnes déplacées à l’intérieur du pays et quelque 300 000 ont dû se réfugier dans des pays voisins alors que le Libéria abrite lui-même 73 000 réfugiés provenant de ces pays. La prévalence du VIH/SIDA chez l’adulte, qui est estimée à 10-12 %, augmente encore. Les actes de violence généralisés au cours du conflit, notamment à l’encontre des femmes, les conditions de vie précaires, l’aggravation du problème des infections sexuellement transmissibles restées sans traitement et le manque de sensibilisation aux risques sont les principaux facteurs qui facilitent la propagation du VIH/SIDA.

Les priorités pour 2004-2005 et les stratégies à suivre sont précisées dans une évaluation commune des besoins effectuée par la Banque mondiale et l’ONU avec la participation du gouvernement provisoire. L’évaluation des besoins couvre 13 domaines prioritaires répartis en 9 catégories distinctes. Sept thèmes récurrents retiennent particulièrement l’attention : la situation des femmes, le VIH/SIDA, l’environnement, les droits de l’homme, le logement, l’exploitation forestière et les médias. Les priorités sont notamment le renforcement des soins de santé (y compris les interventions concernant le VIH/SIDA), l’éducation, l’eau et l’assainissement, la protection des droits de l’homme, ainsi que la remise en place des systèmes communautaires, des autorités administratives, de la police et du système judiciaire et pénitentiaire. Les analyses indiquent également les mesures à prendre pour améliorer la gestion de l’économie et la vérification des comptes, relancer le secteur forestier et faire face aux problèmes concernant l’environnement et les femmes. Les dépenses prévues pour les deux prochaines années atteignent US $487,7 millions en plus des US $137 millions de l’appel humanitaire lancé par l’ONU en novembre 2003. Les fonds serviront à faire face aux besoins humanitaires urgents ainsi qu’aux projets de reconstruction. Ainsi, un montant de US $27 millions sera consacré à la santé et US $17 millions à des projets concernant l’eau et l’assainissement. Il faudra également financer des programmes de démobilisation et de réinsertion de quelque 50 000 anciens combattants, dont 20 000 enfants, et venir en aide aux victimes de sévices sexuels, contribuer à réduire les effets du VIH/SIDA et fournir l’appui nécessaire aux réfugiés regagnant le pays. Comme l’a souligné le Dr David Nabarro, Représentant du Directeur général de l'OMS pour les interventions sanitaires en cas de crise et Coordonnateur du Groupe des Nations Unies pour le développement chargé d’évaluer les besoins du Libéria, « La population a connu 25 ans de conflit, de violence et d’abus des droits de l’homme. Avec le retour de la paix, le Libéria ose maintenant espérer et formuler des projets d’avenir. Si nous ne répondons pas aux attentes, nous perdrons une occasion réelle de donner une chance à la paix. Nous ne pouvons tout simplement pas laisser tomber les 3 millions de Libériens. »

Reconstruction du système de santé

Une grande partie de l’infrastructure sanitaire d’avant-guerre n’est plus opérationnelle : 242 centres de santé publique sur 293 ont été pillés ou contraints de fermer faute de personnel ou de fournitures. La situation est encore pire en dehors des villes. Les maladies transmissibles, et notamment le paludisme, les diarrhées, les infections respiratoires aiguës et la rougeole sont les principales causes de morbidité. La mortalité maternelle atteint 578 pour 100 000 naissances vivantes, principalement en raison de l’inexistence de soins obstétricaux d’urgence et de l’état nutritionnel insuffisant des femmes enceintes. On estime à 63 % la proportion des accouchements qui ont lieu à domicile. Moins de 10 % des Libériens ont accès à des soins de santé, et la plupart vivent dans des zones sécurisées en milieu urbain.

Les fonds demandés contribueront à renforcer la capacité des autorités nationales à améliorer l’accès à des services de soins de santé primaires efficaces mettant l’accent sur les problèmes de santé prioritaires comme le VIH/SIDA, le paludisme, la tuberculose, les troubles mentaux, la malnutrition, les maladies maternelles, les maladies diarrhéiques et les victimes d’actes de violence. Ils contribueront à remettre en état les principales installations de santé et à former du personnel de santé. Des fonds seront également consacrés à la gestion de l’évacuation des eaux usées et des déchets solides dans la capitale Monrovia et ailleurs afin de lutter contre la propagation des maladies d’origine hydrique comme le choléra.

Pour plus de renseignements sur l’action sanitaire en situation de crise à l’OMS, voir : disasters

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