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Aggravation de la menace du SIDA dans l’ensemble de l’Europe

L’ONU, la Banque mondiale et le Fonds mondial demandent aux ministres européens de renforcer les programmes de prévention et de traitement du VIH

Communiqué de presse commun OMS/ONUSIDA/UNICEF

Le SIDA se propage rapidement en Europe orientale et le nombre d’infections augmente à nouveau en Europe occidentale car les programmes intégrés de prévention et de traitement n’ont pas été maintenus ou n’existent tout simplement pas. Les pays d’Europe orientale où l’épidémie se propage plus rapidement que partout ailleurs dans le monde seront bientôt aux frontières de l’Union européenne à partir de l’élargissement de celles-ci le 1er mai 2004. Les Etats baltes qui feront bientôt partie de l’Union européenne sont eux aussi confrontés à un accroissement rapide du nombre d’infections à VIH.

Les principales institutions du système des Nations Unies, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme et la Banque mondiale lancent aux ministres européens un appel pour qu’ils prennent d’urgence des mesures décisives afin de prévenir une nouvelle propagation du SIDA dans l’Europe entière et d’apporter un traitement à ceux qui en ont besoin. Ils soulignent que les jeunes et d’autres groupes, comme les travailleurs du sexe, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes et les toxicomanes par voie intraveineuse sont particulièrement exposés au risque d’infection par le VIH. Les organisations participent à une conférence ministérielle sous les auspices de l’Irlande, qui occupe actuellement la présidence de l’Union européenne, dans le but de surmonter les obstacles dans le cadre du partenariat pour la lutte contre le VIH/SIDA en Europe et en Asie centrale ; la conférence s’ouvre aujourd’hui à Dublin.

Comme l’a dit le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, « l’Europe et l’Asie centrale sont au coeur d’une épidémie de VIH qui progresse plus rapidement que partout ailleurs dans le monde. Il n’y a pas de temps à perdre : les ministres européens doivent d’urgence renforcer et adapter leurs programmes de prévention et de traitement. L’Union européenne formera le bloc commercial le plus important de la planète regroupant plus de 500 millions de personnes ; il est donc dans son intérêt d’éviter que l’épidémie ne vienne affaiblir le développement socio-économique de l’Europe ».

Si la plus grande partie de la population de l’Europe occidentale a désormais accès à un traitement gratuit dans le cadre des systèmes nationaux de santé, beaucoup de gouvernements n’ont pas mis sur la prévention le même accent que pendant les années 90. Les taux d’infection recommencent à augmenter. Des programmes intégrés de prévention et de traitement sont nécessaires d’urgence pour veiller à ce que le traitement, qui permet de prolonger la vie, ne soit pas considéré comme un moyen de guérison et faire en sorte que les personnes vivant avec le VIH/SIDA continuent de se protéger elles-mêmes et de protéger leurs partenaires.

Plus de 1,5 million de personnes vivent avec le VIH en Europe orientale et en Asie centrale alors qu’elles n’étaient que 30 000 en 1995. La majorité des nouveaux cas d’infection à VIH chez les toxicomanes par voie intraveineuse touchent des jeunes, qui constituent jusqu’à 40 % de la population de la Région. Un grand nombre d’entre eux ne se protègent pas non plus lors de rapports sexuels, ce qui accroît le risque d’infection. On constate également que les jeunes ont tendance à avoir des rapports sexuels beaucoup plus tôt et qu’ils ne se protègent pas. Le pourcentage de ceux qui indiquent avoir eu des rapports sexuels avant le mariage a plus que doublé entre 1993 et 1999, passant de 9 à 22 %. Au Tadjikistan, 10 % des jeunes filles seulement ont entendu parler du VIH/SIDA.

Comme l’a souligné Carol Bellamy, Directeur général de l’UNICEF, « la meilleure défense dont nous disposons contre l’infection par le VIH, c’est l’école. C’est l’école qui est le meilleur outil pour fournir l’information nécessaire à la prévention ainsi que l’éducation et les compétences sociales à long terme pour la protection contre l’infection. La connaissance joue un rôle déterminant dans la lutte contre le VIH/SIDA et la meilleur défense contre l’épidémie consiste à garder les jeunes qui sont vulnérables à l’école, et en particulier les jeunes filles ».

En Europe orientale et en Asie centrale, 7000 personnes seulement reçoivent un traitement antirétroviral, c’est-à-dire 9 % seulement des personnes qui en ont besoin. Pour beaucoup, le traitement est trop coûteux ou n’est tout simplement pas disponible. Pour faire face à cette situation, l’Organisation mondiale de la Santé et l’ONUSIDA ont lancé un ambitieux programme visant à offrir un traitement antirétroviral à 3 millions de personnes d’ici 2005 dans les pays en développement et les pays à économie en transition. Comme l’a déclaré le Directeur général de l’OMS, le Dr LEE Jong-Wook : « Le traitement sauve des vies. Faute de traitement, les millions de personnes vivant avec le VIH mourront prématurément. La prévention doit aller de pair avec le traitement. L’Europe ne peut se diviser sur la question du traitement en ne l’assurant que dans les pays riches. Le traitement doit être un droit pour tous, y compris pour les travailleurs du sexe et les toxicomanes par voie intraveineuse.»

Dans beaucoup de pays d’Europe occidentale, on constate une augmentation des infections sexuellement transmissibles qui illustrent une résurgence des rapports sexuels non protégés, avant tout chez les jeunes hétérosexuels. Rien qu’en 2003, 30 à 40 000 personnes ont été infectées par le VIH et le nombre de personnes vivant avec le VIH se situe désormais entre 520 000 et 680 000. Pour Lars Kallings, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU chargé du VIH/SIDA en Europe orientale, qui s’est exprimé à la conférence, « L’Union européenne élargie et ses voisins risquent bientôt d’être confrontés à une phase plus vigoureuse de l’épidémie si les dirigeants politiques se contentent d’un engagement verbal et ne prennent pas des mesures concrètes sur le terrain .»

Pour sa part, Kalman Mizsei, administrateur adjoint du PNUD et Directeur régional chargé de l’Europe et de la communauté des Etats indépendants, a déclaré : « Les données concernant la région font bien ressortir clairement la dimension socio-économique de l’épidémie et l’aspect qui concerne la gouvernance. Les membres de groupes à risque sont souvent des exclus, des pauvres ou des détenus et sont par là-même exposés à un risque accru de contamination. »

En plus des fonds supplémentaires consacrés à la lutte contre le SIDA par les gouvernements, la Banque mondiale et l’Union européenne, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme ont approuvé plus de US $400 millions de fonds sur cinq ans pour 22 programmes de 16 pays d’Europe orientale et d’Asie centrale. La plus grande partie de ces fonds sont destinés à des programmes de prévention et de traitement du VIH ainsi qu’à des programmes de lutte contre la tuberculose, principale cause de décès chez les personnes vivant avec le VIH. Le Dr Richard Feachem, Directeur exécutif du Fonds mondial a notamment déclaré : « L’application rapide des programmes est possible, comme le montre l’expérience de l’Estonie, où l’on est passé de la signature aux premières dépenses concrètes et à l’application de programmes de prévention et de traitement ciblés en 12 semaines à peine. Une action d’urgence s’impose dans toute la région pour inverser le cours de la maladie. »

Pour sa part, Shigeo Katsu, Vice-Président régional de la Banque mondiale chargé de l’Europe et de l’Asie centrale, a déclaré : « Pour que les programmes de prévention et de soins concernant le VIH/SIDA soient efficaces, il faudra que les montants provenant de l’ensemble des sources passent à quelque US $1,5 milliard d’ici 2007. Mais l’argent ne résout pas tous les problèmes. Il faut absolument améliorer la base d’information des programmes, afin de subventionner des solutions qui ont fait leurs preuves contre le VIH/SIDA et de surmonter les obstacles politiques et sociaux auxquels se heurtent les mesures efficaces dans l’ensemble de la région.

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