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Journée mondiale de la Santé : l’accident de la route n’est pas une fatalité !

L’Organisation mondiale de la Santé appelle à agir pour que la route fasse moins de victimes

La sécurité routière

Les accidents de la route sont la deuxième cause de mortalité chez les jeunes âgés de 5 à 29 ans et la troisième cause de décès entre 30 et 44 ans, à l’échelle mondiale. Les accidents de la route font chaque année 1,2 million de morts et l’on ne compte pas moins de 50 millions de blessés ou de personnes handicapées. (Voir la carte et le tableau pour connaître les chiffres par zone géographique et par âge) Si l’on n’améliore pas tout de suite la sécurité routière, le nombre de morts sur les routes augmentera selon les estimations de 80% dans les pays à revenu faible ou intermédiaire d’ici 2020. Dans un rapport commun rendu public aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Banque mondiale montrent qu’on peut faire beaucoup pour réduire ce bilan et que « l’accident de la route n’est pas une fatalité ».

« Chaque jour, des milliers de personnes meurent sur les routes. Nous ne parlons pas d’accidents qui sont le fait du hasard. Nous parlons de collisions dont on peut comprendre les risques, et donc les éviter, précise le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. L’accident de la route n’est pas une fatalité. Nous en savons assez pour agir dès maintenant. C’est une question de volonté politique. »

L’ampleur de ce problème de santé publique toujours plus préoccupant, les facteurs de risque à l’origine des décès et des traumatismes ainsi que les moyens efficaces pour les prévenir sont exposés en détail dans le Rapport mondial sur la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation. Le rapport contient des recommandations concrètes à l’intention des gouvernements, des décideurs, de l’industrie, des organisations non gouvernementales, des organismes internationaux et des particuliers pour améliorer la sécurité routière.

A la différence des pays à haut revenu où les personnes les plus exposées sont les conducteurs et les passagers des automobiles, ce sont les piétons, les cyclistes, les motocyclistes et les usagers des transports publics qui, dans les pays à revenu faible ou moyen, courent les plus gros risques.

Coût humain et coût économique

Les accidents de la route causent des souffrances humaines considérables : la famille, les amis et la communauté de chaque victime sont frappées de plein fouet par les conséquences physiques, psychologiques et économiques du décès, des blessures ou de l’invalidité de leur proche. Les rescapés et leurs familles subissent les conséquences souvent longues et douloureuses des traumatismes, des incapacités et de la réadaptation. Il n’est pas rare que la disparition du soutien de famille, les frais d’obsèques, le coût des soins et la perte de revenu consécutive à une incapacité plongent la famille dans la pauvreté.

Si les souffrances humaines sont en elles-mêmes une raison suffisante pour agir dès maintenant, l’impact économique n’est pas négligeable non plus. On estime à US $65 milliards le coût des accidents de la route dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, c’est-à-dire plus que le montant total de l’aide au développement que reçoivent ces pays. Les accidents de la route coûtent aux pays entre 1% et 2% de leur produit national brut, soit US $518 milliards par an.

Source : Peden M et al (eds). Rapport mondial sur la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation, Genève, OMS, 2004.

L’action donne des résultats

Toutefois, nombre de pays ont déjà fait la preuve que les mesures de sécurité routière apportent une protection efficace. Des progrès ont notamment été faits récemment en Colombie, au Costa Rica, au Ghana et en Thaïlande. Depuis plusieurs dizaines d’années, des milliers de vie ont été épargnées en Australie, au Canada, aux Etats-Unis d’Amérique, en Nouvelle-Zélande et dans des pays d’Europe occidentale. Ces résultats sont dus à une meilleure conception des véhicules et des routes, à l’importance accordée au respect du code de la route et à l’échange d’informations sur le port de la ceinture de sécurité et du casque, sur les dispositifs de retenue pour enfants et sur les dangers de la vitesse et de l’alcool au volant.

Il est notamment recommandé dans le rapport de désigner dans chaque pays un organisme chargé de coordonner les mesures multisectorielles, d’élaborer des stratégies et des plans d’action nationaux en matière de sécurité routière qui définissent clairement les rôles et les objectifs de chaque secteur et d’appliquer des interventions éprouvées pour éviter les collisions et limiter les blessures et leurs conséquences. Le rapport souligne que la sécurité routière est l’affaire de chacun et mise sur l’expérience d’un large éventail de secteurs et de disciplines, et notamment sur les compétences des professionnels de la santé publique, des prestateurs de soins, des ingénieurs civils ou de l’industrie automobile ou encore des autorités de police et des enseignants.

World Health Day 2004 logoLa Journée mondiale de la santé 2004 est une occasion historique d’investir davantage en faveur de la sécurité routière

Le Président de la République française est le maître de cérémonie à Paris

Pour la première fois de son histoire, l’OMS consacre la Journée mondiale de la santé à la sécurité routière. Des centaines de manifestations sont organisées à cette occasion dans plus de 100 pays: festival de la sécurité routière au Liban, théâtre pour les enfants dans les parcs publics au Brésil, défilé de mode consacré à une collection de casques au Viet Nam, ou encore jardin du souvenir dédié aux victimes de la route en Afrique du Sud. On note aussi des conférences, des séminaires, des remises de prix, ainsi que le lancement de campagnes de sécurité routière et l’inauguration d’un programme international de recherche de plusieurs millions de dollars sur la prévention des traumatismes.

Organisé par l’OMS et le Gouvernement français, l’événement phare de la Journée mondiale de la santé se déroule aujourd’hui à Paris car l’action menée par la France offre un exemple caractéristique de l’approche préconisée par l’OMS et la Banque mondiale. En effet, grâce aux effets conjugués d’une forte volonté politique et de mesures efficaces, le nombre de morts sur les routes françaises a diminué de 20% en 2003 ; 1 500 vies ont été épargnées et des milliers de traumatismes évités. La manifestation a lieu au Centre de Conférences internationales Kléber en présence du Directeur général de l’OMS, le Dr LEE Jong-wook, du Président de la République française, M. Jacques Chirac, des Ministres de la santé de la République tchèque, de la France, du Ghana et du Nicaragua, des Ministres des transports des Etats-Unis d’Amérique, de la France, de l’Oman et de la Slovaquie, et de 300 représentants des plus grandes organisations pour la sécurité routière comme l’Association for Safe International Road Travel (Etats-Unis d’Amérique), la Fondation de la FIA pour l’automobile et la société (Royaume-Uni), la Ligue contre la violence routière (France), la Direction suédoise de la sécurité routière (Suède) et la Banque mondiale. Cette manifestation de premier plan marquera aussi la sortie du Rapport mondial sur la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation.

Le 14 avril, quelques jours seulement après la Journée mondiale de la santé, l’Assemblée générale des Nations Unies se réunira afin de traiter, pour la première fois, de la sécurité routière.

« L’OMS saisit l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2004 pour tirer la sonnette d’alarme et appeler l’attention sur ce problème mondial. Qu’il s’agisse des petites associations de victimes ou de l’Assemblée générale des Nations Unies, des gouvernements ou du secteur privé, la réaction est immense partout dans le monde. La Journée mondiale de la santé va nous permettre de nous unir et de prendre d’importantes mesures supplémentaires pour mettre fin au carnage sur les routes », a déclaré le Dr Etienne Krug, Directeur du Département Prévention de la violence et des traumatismes à l’OMS.

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