Centre des médias

Une occasion unique d’éradiquer la poliomyèlite : aux gouvernements de jouer

« Nous en finirons avec la poliomyélite avant la fin de l’année », déclarent les Ministres de la Santé

Communiqué conjoint OMS/Rotary International/CDC/UNICEF

Professeur E. Lambo. Ministre de la Santé, Nigéria

La poliomyélite devrait être releguée dans les livres d’histoire au cours des douze mois à venir, ont déclaré aujourd’hui les Ministres de la Santé et représentants des six derniers pays d’endémie lors d’une réunion de haut niveau à Genève. Les Ministres ont dévoilé un nouveau plan ambitieux visant à vacciner 250 millions d’enfants à plusieurs reprises au cours d’une série de campagnes de vaccination de masse en 2004.

Les données présentées par l’Afghanistan, l’Egypte, l’Inde, le Niger, le Nigéria et le Pakistan montrent qu’il n’existe plus qu’une poignée de réservoirs du poliovirus. Ces données et l’introduction de nouveaux programmes agressifs constituent une occasion sans précédent d’éradiquer une maladie qui paralysait jadis des centaines de milliers d’enfants chaque année.

Grâce à un investissement total de US $ 3 milliards en 15 ans et à l’engagement de plus de 200 pays et de 20 millions de volontaires, la poliomyélite pourrait être la première maladie à être éradiquée au XXIe siècle. Les Ministres de la Santé réunis à Genève ont relevé que le succès ou l’échec de la plus grande initiative dans le domaine de la santé publique qui regroupe les gouvernements, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Rotary International, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des Etats-Unis et l’UNICEF, dépend maintenant des autorités des six derniers pays d’endémie. Les niveaux de transmission actuels de la poliomyélite sont les plus faibles jamais enregistrés en Inde, au Pakistan et en Egypte, ce qui donne à ces gouvernements une très bonne occasion d’interrompre la transmission du virus. La première étape marquante en 2004 en matière d’éradication pourrait bien être franchie par l’Egypte selon les épidémiologistes, suivie de près par l’Inde.

C’est au Nigéria que les risques actuels sont les plus importants du point de vue de l’éradication. A la fin de 2003, les activités de vaccination prévues dans l’Etat de Kano, le dernier grand réservoir africain, ont été interrompues à cause de rumeurs sans fondement contestant l’innocuité du vaccin antipoliomyélite. L’arrêt des activités de vaccination dans l’Etat de Kano ainsi que des problèmes de qualité affectant des campagnes dans d’autres Etats du Nord ont permis au poliovirus de s’étendre à nouveau au Nigéria et d’atteindre des pays libérés de la maladie - le Cameroun et le Tchad et, par l’intermédiaire du Niger, le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana et le Togo - exposant ainsi 15 millions d’enfants au risque de la maladie et rendant nécessaire une campagne de vaccination de masse en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Le Ministre nigérian de la Santé, le Professeur Eyitayo Lambo, a souligné les mesures que prendra son pays pour améliorer de façon spectaculaire les campagnes de vaccination au cours du premier semestre 2004, notamment dans les Etats du Nord où le virus continue à circuler largement. « Nous travaillerons ensemble, a-t-il déclaré, autorités au niveau fédéral, des Etats et au niveau local, notables religieux et dirigeants traditionnels, Chrétiens et Musulmans pour que chaque enfant soit vacciné. Il incombe à chaque Nigérian de veiller à ce que la poliomyélite soit éliminée partout au Nord comme au Sud de notre grand pays. Le Nigéria a la ferme intention de briser les chaînes de la transmission de la poliomyélite pour ses propres enfants, les enfants de ses voisins et les enfants du monde entier. »

S’exprimant depuis Delhi, Mme Sushma Swaraj, Ministre indien de la Santé a déclaré pour sa part : « L’éradication de la poliomyélite constitue un énorme défi pour un pays aussi vaste et densément peuplé que l’Inde. Mais en 2003, nous avons montré au reste de la planète que nous avons la capacité, les ressources et surtout la volonté de vaincre ce terrible fléau. ». Le Ministre a évoqué les données préliminaires concernant 2003 faisant apparaître une réduction de 84 % du nombre de cas de poliomyélite comparativement à 2002.

« Nous avons une occasion unique d’en finir avec la poliomyélite, a-t-elle ajouté. Nous la saisirons en vaccinant tous les enfants, en particulier à l’ouest de l’Uttar Pradesh en partout ailleurs en Inde où la transmission n’est pas encore interrompue. La poliomyélite n’a pas sa place dans l’avenir de l’Inde. »

En 2003, on a pu voir les risques graves qui subsistaient dans cette dernière ligne droite avant l’éradication totale. La plupart des pays exempts de poliomyélite ont été contraints en 2003 de mettre un terme à leurs campagnes de vaccination antipoliomyélitique en raison d’un manque de fonds. Des millions d’enfants sont ainsi plus exposés à l’infection par le poliovirus provenant des pays d’endémie, ce qui fait bien ressortir l’urgence que revêt l’interruption de la transmission dans les six derniers pays d’endémie.

Les Ministres ont convenu de tout mettre en oeuvre pour vacciner chaque enfant contre la poliomyélite dès le début de 2004, surtout au Nigéria, en Inde et au Pakistan - qui ensemble enregistrent plus de 95 % des cas mondiaux. Dans ces trois pays, la transmission du poliovirus se limite à des zones bien déterminées, et surtout à cinq Etats ou provinces (Kano au Nigéria, l’Uttar Pradesh et le Bihar en Inde, et la Province de la frontière du Nord-Ouest et le Sindh au Pakistan) où l’on a observé plus de 75 % des nouveaux cas en 2003.

Pour mettre en oeuvre les plans d’éradication ambitieux présentés par les Ministres de la Santé, on doit pouvoir continuer de compter sur le soutien généreux de donateurs publics et privés. Il faut d’urgence US $150 millions supplémentaires pour mener à bien les activités en 2004 et 2005.

L’Initiative pour l’éradication mondiale de la poliomyélite est dirigée par l’OMS, Rotary International, les Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis et l’UNICEF. La coalition en faveur de l’éradication regroupe les gouvernements des pays touchés par la poliomyélite, des fondations privées (par exemple la Fondation des Nations Unies et la Fondation Bill et Melinda Gates), des banques de développement (comme la Banque mondiale), des pays donateurs (par exemple l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, les Etats-Unis d’Amérique, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni), la Commission européenne, des organisations humanitaires et non gouvernementales (comme la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) et des entreprises privées (comme Aventis Pasteur et De Beers).

Sujets connexes


Partager

Pour plus d'informations:

Melissa Corkum
Téléphone: +41 22 791 2765
Tél. portable: +41 79 500 6554
Courriel: corkumm@who.int

Mr Oliver Rosenbauer
Téléphone: +41 22 781 3832
Tél. portable: +41 79 500 6530
Courriel: rosenbauero@who.int

Ms Vivian Fiore
Téléphone: +1 847 866 3234
Tél. portable: +34 67 647 2758
Courriel: fiorev@rotaryintl.org

Steven Stewart
Téléphone: +1 404 639 8327
Courriel: znc4@cdc.gov

Claire Hajaj

Kathryn Donovan
UNICEF Media
New York
Téléphone: +1 212 326 7452
Courriel: kdonovan@unicef.org